Une nuit, Martino fit un rêve.
Dans son rêve, il dormait dans sa chambre, tout nu. Soudain, il entendit qu'on l'appelait par son nom et il se réveilla. Il alluma la lumière et regarda autour de lui, mais il n'y avait personne dans la chambre. Il allait éteindre quand il s'entendit de nouveau appeler. La voix venait de son bureau. Il regarda avec surprise et vit que la petite statue sur le bureau avait changé de posture. Le David avait à présent les mains sur les hanches, les jambes écartées, et il bandait !
Il regarda mieux. La statuette bougea et dit, "Salut, Martino !"
"Salut, David", répondit-il comme si c'était la chose la plus ordinaire.
"Martino, je sais que tu cherches un homme avec qui faire l'amour."
"Oui, c'est vrai."
"Bien. Je veux faire un marché avec toi. Je veux t'aider."
"M'aider ? Et comment ?"
"Je peux te donner le pouvoir de réaliser beaucoup de tes rêves."
"Es-tu sérieux ? Si je désire un homme, tu peux faire qu'il devienne mon amant ?"
"Non, pas ça. Je peux faire que tes rêves se réalisent seulement s'ils n'impliquent pas les sentiments ou la volonté des autres." dit la statuette en riant.
"Mais alors, à quoi ça me servira ?"
"Je peux faire que tes rêves se réalisent, s'ils s'appliquent à des objets."
"Tu veux dire que si je veux une nouvelle voiture ? Peux-tu faire que je l'aie ?"
"Non, ça, pas non plus..."
"Mais alors ? Tu te moques de moi ?"
"Absolument pas, Martino. Mais vouloir que des objets apparaissent ou disparaissent est aussi impossible..."
"Alors... si je veux devenir invisible ?"
"Non, pas ça non plus, parce que ça impliquerait la capacité des autres à voir. C'est pour ton regard, que je peux t'aider."
"Je ne comprends pas..."
"Martino, quand tu vois un bel homme, que veux-tu vraiment ?"
"Faire l'amour, non ?"
"Oui, mais il n'y a rien d'autre que tu veuilles ? Si tu le croises dans la rue ou à l'université ?"
"Et bien... euh, oui, je voudrais pouvoir le voir nu..."
"Bien. Ça, c'est le genre de souhaits que je peux réaliser pour toi."
"Vraiment ? Et que dois-je faire pour avec ce pouvoir ?"
"Tout ce que tu dois faire, c'est me toucher et imaginer la chose que tu veux."
"Bien sûr... Et tu me vois me balader avec toi à la main !"
"Et bien, tu me mettrais dans ta poche, par exemple."
"Oui, c'est vrai... Bon alors donne moi ce pouvoir !"
"Je vais te le donner, mais... Je t'ai parlé d'un pacte. Il y a un prix."
"Un prix ?"
"Oui."
"Et c'est quoi ?"
"Chaque fois que j'exaucerai un vœu, tu perdras un jour de ta vie."
"Juste un ? Ben c'est pas trop."
"Mais sais-tu combien il t'en reste ?"
"Non, c'est vrai, mais je suis encore jeune et j'ai beaucoup d'années devant moi. Et puis, pour que je perde une année de vie, tu devrais exaucer trois cent soixante cinq vœux..."
"Mais s'il ne te restait que quelque mois à vivre ?"
"Et bien au moins j'aurais ce pouvoir tant que je vivrais. Je suis d'accord..."
"Alors établissons le contrat."
"Un contrat ? Comment ?"
"Tu le souscriras en m'offrant ta semence. Et moi, je signerais en devenant plus petit, à la taille de ta poche. Si demain matin, tu te réveilles mouillé de ton sperme, tu me trouveras haut de huit centimètres. Alors tu sauras que le contrat est signé. Alors, accepte-tu ? Y as-tu bien réfléchi ?"
"Bien sûr, que je veux. Considère que c'est fait."
Le réveil sonna et Martino ouvrit les yeux. Il sourit avec amusement en se rappelant son rêve. Mais quand il sortit du lit, il vit que le devant de son pyjama était trempé. Il avait eu une pollution nocturne. Il secoua la tête, souriant de nouveau à l'étrange coïncidence. Il se tourna vers la table de chevet pour prendre sa montre et se figea, les yeux écarquillés de surprise. La petite statue de David n'était plus sur le bureau où il l'avait laissée. Elle était sur la table de nuit, mais en plus, elle s'était réduite au tiers de sa hauteur ! Il la regarda avec égarement, examina le bureau vide, puis regarda de nouveau son David, à présent de la taille d'un roi d'échec.
Il sentit son cœur battre de plus en plus vite. Lentement, il tendit le bras vers David, l'effleura et le prit. Il était vraiment plus petit.
Alors, la tenant serrée, et se sentant plutôt idiot, il pensa, "Je veux voir dans la chambre de Roberto..."
La cloison en face de lui s'effaça comme un fondu dans un film, révélant progressivement une chambre qu'il n'avait jamais vue auparavant. Il reconnut, couché sur le lit, Roberto, le voisin qu'il avait si souvent voulu voir nu. Il dormait, couvert par un drap.
"Je veux voir sous le drap," pensa-t-il.
Il vit le drap commencer à s'effacer et le beau corps du garçon apparut, seulement vêtu d'un caleçon. Martino commença à se sentir excité.
Il retint sa respiration, serrant presque convulsivement son mini-David, "Je veux voir dans le caleçon !" Immédiatement, il put voir le membre de Roberto. Il était à moitié érigé, émergeant d'un épais tapis de boucles brunes.
Il était circoncis, et il était beau ! C'était comme si Roberto, endormi, inconscient dans la chambre voisine, dormait complètement nu dans un lit voisin du sien, assez près pour qu'il le touche, exposé à ses yeux admiratifs ! Martino était à présent complètement excité.
"Je veux qu'il bande !" pensa-t-il mais rien ne se passa. Il se rappela alors de ce que David avait dit. Il ne pouvait pas agir sur les gens, seulement sur les objets. Pendant un moment, il contempla le corps nu de son jeune voisin, puis laissa la statuette retomber sur le lit. La vision disparut immédiatement, et Martino vit de nouveau le mur qui séparait sa chambre de celle de son voisin.
Martino s'assit sur son lit et regarda la statue. Puis il le leva et alla dans la salle de bain. Il regarda dans le miroir et vit son reflet habituel. Il prit une douche froide, l'esprit en plein tumulte.
Il revint dans sa chambre et reprit de nouveau le minuscule David dans sa main. "Je veux voir Roberto nu," pensa-t-il et il revit le jeune homme, complètement nu, qui se tenait à moins d'un mètre de lui.
Roberto se réveillait. Ses bras bougèrent et il repoussa un drap invisible. Il alla dans la salle de bain, mais l'image ne disparut pas. C'est le mur de la salle de bain qui devint transparent, et il put voir Robert retirer son sous-vêtement invisible. Dès qu'il enjamba le caleçon et entra dans la douche, ce dernier redevint visible. Il regarda pendant que Roberto se douchait, espérant qu'il aurait une érection ou se masturberait, mais rien de tout ça n'arriva. Prenant son temps et l'observant attentivement, Martino s'aperçu que nu, Roberto était moins beau qu'il ne l'avait imaginé. Il était un peu trop poilu à son goût et pas parfaitement proportionné. Il avait aussi un peu de bedaine, bien qu'il soit encore jeune. Mais il était tout de même agréable de regarder un homme nu, pensa Martino.
Quand il le quitta des yeux, l'image disparut. Il réalisa qu'il devait regardait directement l'objet de son attention pour qu'il soit visible.
Pour tester sa théorie, il pensa, "Je veux voir mon père." Il regarda vers la cloison qui séparait sa chambre de celle de son père et le vit en train d'enfiler son uniforme. Dès qu'il détourna le regard, l'image disparut.
Martino si sentit un peu désorienté, comme s'il était un peu ivre.
Quelques instants plus tard, son père frappa à la porte. En hâte, il se couvrit du drap, juste avant qu'il n'apparaisse derrière la porte. "Pas encore habillé ! Dépêche-toi, je pars dans dix minutes !"
"Oui, Papa..." répondit Martino. Dès que son père fut sorti, il s'habilla précipitamment.
Il se peigna, prit ses livres et il allait partir quand il se rappela la petite statue. Il revint, la prit et la glissa dans la poche de son pantalon.
"Pas le temps de prendre un petit déjeuner, tu es en retard," dit son père et ils sortirent.
"J'y vais en moto..."
"Non," dit son père et il le conduisit à l'université avec sa voiture.
"Qu'est-ce que tu as ce matin ?"
"Rien, Papa."
"Tu as l'air bizarre."
"Non, non, rien." Insista Martino.
Ils restèrent silencieux jusqu'à l'arrivée devant la grille de la faculté.
Pendant qu'il sortait de la voiture, son père lui dit, "Il faudra que tu rentres tout seul."
"Pas de problème, Papa."
Martino regarda la voiture de son père s'éloigner, puis entra dans le bâtiment. Il était encore un peu sous le choc de son nouveau pouvoir. Dans le couloir, il rencontra ses camarades et entra avec eux dans la salle. Quand il s'assit, Franco s'assit à côté de lui.
Martino glissa sa main dans sa poche et toucha le David en pensant, "Je veux voir Franco nu." Immédiatement, les habits de son camarade disparurent. Ça faisait un drôle d'effet, de voir Franco assis, tout nu, sur le banc de l'amphithéâtre, comme si c'était normal.
"Oui, mais en vrai, il est toujours habillé, je suis le seul à le voir nu." pensa-t-il.
Il regarda autour de lui et vit que tout était parfaitement normal. Il regarda de nouveau vers Franco mais il vit qu'il était de nouveau complètement habillé, bien qu'il tienne encore le David. Ainsi, s'il quittait du regard l'objet de son désir, la scène redevenait normale. Il devait apprendre à se servir de son nouveau pouvoir. Combien de jours avait-il déjà utilisé ? se demanda-t-il, mais il haussa les épaules et ne s'en préoccupa plus.
Plus tard, alors qu'il buvait un café à la cafétéria, il vit un étudiant d'une autre année qui parlait avec une fille. Il avait l'air de la draguer. Il était beau. Martino se déplaça pour avoir un meilleur point d'observation, glissa la main dans sa poche, saisi le David, regarda le jeune homme et pensa qu'il voulait le voir nu. Pouf ! Le jeune homme se tenait au centre de la pièce, parlant à la fille, nu... Et il remarqua immédiatement qu'il avait une érection, même si le membre était serré contre le bassin, fermement maintenu par le sous-vêtement que Martino ne pouvait voir. Et le membre dressé palpitait, poussant contre le tissu invisible.
Martino regardait, fasciné. "Je me demande si la fille sait l'effet qu'elle a sur lui. Quel dommage qu'il courre après les filles," pensa Martino, continuant à profiter de l'excitant spectacle que fournissait le beau et ardant jeune homme.
Mais ce dernier finit par noter l'attention que lui portait Martino et lui demanda brutalement, d'une voix dure, "Tu veux ma photo ?"
Martino détourna le regard, réalisant que s'il voulait regarder à loisir un beau mec, il devrait porter des lunettes miroir pour masquer aux autres la direction de son regard.
Pendant plusieurs jours, Martino se consacra à littéralement déshabiller des yeux tous les hommes qu'il voyait et qui lui plaisaient. Les lunettes miroir évitaient les situations gênantes. Il fut surpris de constater que le moniteur d'éducation physique était petitement pourvu, malgré sa constitution athlétique. Mais il remarqua que le fils du gardien, un garçon de vingt cinq ans, avec une figure ni belle ni laide, avait un corps merveilleux et une queue remarquable, même au repos. Molle, ça faisait déjà une appétissante saucisse, au moins de la taille de sa main.
Un après-midi qu'il étudiait à la maison, sans plus penser ni aux hommes ni à son nouveau pouvoir, il toucha son David sans y réfléchir et pensa, "Quel ennui ! Je voudrais bien que ce bouquin passe par la fenêtre !" Et soudain, à sa grande surprise, le livre fit un petit saut en direction de la fenêtre.
Il avait à peine bougé de quelques centimètres, mais... Non, c'était une coïncidence, se dit-il... mais le doute s'insinua en lui. Après tout, le David lui avait dit qu'il pouvait avoir un pouvoir sur les objets...
Alors, il reprit la statue et pensa, "Bouge, livre... bouge... bouge..." et le livre bougea de nouveau. De quelques centimètres, mais il bougea !
L'effort de concentration le fatigua, provoquant une légère migraine, mais il livre avait bougé. Il avait découvert une autre possibilité inattendue, un nouveau pouvoir que lui offrait le David.
"Peut-être le livre est-il trop lourd", pensa-t-il.
Il regarda alors un trombone et tenta de le déplacer par la pensée. Cela marcha, sans le fatiguer. Il le poursuivit des yeux, le faisant glisser sur le dessus du bureau jusqu'à ce qu'il tombe dans la corbeille à papier !
"Ben merde alors ! Mais à quoi ça peut bien me servir ?" se demanda-t-il.
Il eut alors une idée. Il regarda la glissière de sa braguette, et pensa, "Descends !" La braguette s'ouvrit d'un centimètre.
"Ben merde alors ! Je peux déshabiller une personne. Mais à quoi ça me sert, si je peux déjà le voir sans le déshabiller, et sans me fatiguer ?"
Mais son esprit scientifique le poussa à mesurer la "force" de ce nouveau pouvoir. Allant dans la cuisine, il prit la balance et par la pensée, il tenta de baisser la poêle tout en regardant le cadran. Il obtint au début cinquante grammes, et puis cent, sans difficultés, mais quand enfin il arriva à cinq cents grammes, il avait une vraie migraine.
Il revint dans sa chambre et s'assit, pensant à la manière d'utiliser son pouvoir pour arriver à ses fins. Il se caressait inconsciemment la joue, et ça lui donna une idée. Il essaya de regarder sa main et d'exercer une pression sur la peau, mais rien ne se passa. Il n'avait aucun pouvoir sur le corps, mais sur les objets. Puis il eut une nouvelle idée. Il regarda sa chemise au niveau des seins et exerça une pression mentale... et il sentit une pression sur ses tétons. Il regarda entre ses jambes et donna l'ordre mental, et le tissu de son jean commença à pousser contre son sexe, presque comme si quelqu'un appuyait légèrement. Quand il déplaça son regard de haut en bas, se fut comme si un doigt le caressait légèrement...
"Vache ! Ça pourrait être intéressant. Et utile !"
A côté du pouvoir de "vision" il pouvait aussi utiliser la "caresse", ainsi il pourrait provoquer des érections. S'il pouvait faire ça, que pouvait-il faire d'autre avec la petite statue ? Mais, pour le moment, c'était suffisant de jouer avec ceux-là.
Excité par cette nouvelle découverte, il quitta sa chambre avec le David dans sa poche. Il marcha un moment avant de remarquer un beau garçon appuyé contre un arrêt de tramway. D'abord il le regarda nu, et vit que son pénis était au repos. Fixant ses yeux sur un point précis, il commença à utiliser la "caresse". Il ne pouvait plus voir le sexe du garçon, mais il savait que le tissu de son caleçon le poussait et le caressait. Le garçon passa sa main sur sa braguette et fit un mouvement rapide, comme s'il arrangeait son pantalon. Martino répéta sa "caresse" et le garçon se toucha de nouveau. Après plusieurs de ces stimulations, il utilisa de nouveau sa "vision" et remarqua avec plaisir que le garçon commençait à bander. Il continua à exercer ses "caresses" plusieurs fois sur le tissu du pantalon, et quand il regarda de nouveau, l'érection était évidente. Le garçon portait un boxer, et le pénis s'était tendu vers le bas, pressant contre la cuisse et battant délicieusement. Martino sourit, satisfait de ce succès.
Ce nouveau jeu l'excita, alors il l'essaya à plusieurs reprises sur des hommes différents, et il leur donna à tous des érections. Il s'aperçut que pour que ça marche, son sujet devait rester immobile. Il découvrit qu'il était plus efficace d'alterner les pressions sur le sexe, puis sur les seins. En quelques jours, il en maîtrisa la technique, mais en sortit épuisé, avec de fréquentes migraines. Il décida alors d'utiliser la "caresse" moins souvent, seulement pour les très beaux garçons.
Un soir, il l'essaya avec son voisin Roberto, couché dans son lit, qui se retrouva avec une belle érection. Martino l'observa l'empoigner et commencer à se masturber. Lui aussi se masturbait à "l'unisson" jusqu'à ce qu'ils jouissent simultanément.
Se pouvait-il que le pacte conclu avec David comprenne aussi d'autres pouvoirs ? Il essaya d'exprimer d'autres désirs, mais sans succès. Il essayait de se rappeler les mots exacts qu'il avait échangés avec le David dans ce "rêve". Il savait qu'il ne pouvait pas agir sur le corps, les pensées ou les sentiments des gens. Il ne pouvait pas faire apparaître ou disparaître des choses, mais avec des efforts suffisants, il pouvait les déplacer. Il pouvait voir à travers les choses, comme si elles étaient parfaitement transparentes, mais il ne pouvait les regarder que de face, et il ne pouvait bouger les yeux que dans son champ de vision. S'il détournait le regard, la vision redevenait normale. Il avait des possibilités, mais aussi des limites. Mais quoi d'autre ? Martino ne savait pas, mais était déterminé à le découvrir.
Il eut soudain une idée. Il ferma les yeux et pensa, "Je veux encore voir le garçon à l'arrêt de tramway, nu et excité." Immédiatement, l'image lui apparu, claire dans son esprit, comme s'il avait les yeux ouverts. Ce qu'il voyait n'était pas une image figée, mais plutôt comme un petit film qu'il pouvait voir et revoir.
Il ouvrit les yeux et la vision disparut. Il les referma. "Je veux voir Roberto éjaculer," pensa-t-il et il le vit. Cette fois il n'éjacula pas une fois, mais encore et encore, et Martino le regarda pendant un bon moment, observant ses muscles se tendre, son pénis bandé vibrer, sa figure se contracter en une grimace de plaisir, et même ses orteils se crisper. Il pouvait analyser chaque détail qu'il n'avait pas eu le temps de remarquer sur l'instant.
Il eut alors une nouvelle idée. Il put confirmer la sélectivité de sa nouvelle "mémoire". "Je veux voir la page 234 du livre de pathologie", pensa-t-il, et il y était, comme si le livre avait été ouvert devant lui ! Il pouvait en lire chaque mot, étudier chaque illustration. Il avait une mémoire photographique, au premier sens du terme. Photographique et sélective. Cela lui donna une idée pour l'utiliser. Cela ne concernait pas tant la recherche d'un partenaire que ses études qui, ces derniers temps, marchaient plutôt au ralenti, et ceci lui permettrait de consacrer plus de temps a à ses expériences. Quelques essais lui montrèrent que, si cette nouvelle mémoire ne le dispensait pas de travailler, elle réduisait considérablement la durée de ses révisions. Pour visualiser certains paragraphes, il devait les avoir lus attentivement. Il découvrit qu'il ne devait pas non plus connaître le numéro des pages. Il suffisait qu'il visualise la matière dont il ne maîtrisait pas le détail pour avoir immédiatement accès au bon chapitre du livre. Cette faculté lui permit d'accroître ses performances mais ne le dispensait pas de réviser.
Il utilisa ce pouvoir quand le jour des examens arriva, et il obtint les meilleures notes aussi bien aux tests écrits qu'aux oraux. Son père grommela une sorte de félicitation et le houspilla moins pour qu'il étudie et perde moins de temps.
Un jour, il vit deux garçons qui parlaient tranquillement. "Je veux entendre ce qu'ils se disent." pensa-t-il et immédiatement le flot de leurs paroles arriva dans ses oreilles, comme s'ils parlaient à quelques centimètres de lui, clairement, distinctement ! Il vérifia à quelle distance cette "audition" était possible et découvrit que tant qu'il pouvait voir la personne, il pouvait aussi espionner sa conversation.
Il pensa alors, "Je veux les entendre", pendant qu'il observait les deux garçons avec sa "vision", et ça marchait aussi.
Si la "vision" disparaissait, "l'audition" cessait aussi. Martino était de plus en plus excité. Son imagination se déchaîna et lui suggéra d'autres expériences. Il ne découvrit pas d'autres pouvoirs mais maîtrisa mieux ceux qu'il connaissait, et devint plus habile à les utiliser.