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histoire originale par Andrej Koymasky


pin UNE CONTE DE FÉE ? CHAPITRE 9
L'HISTOIRE DE DAVID

Le matin suivant Martino se réveilla tôt. Il prit une longue douche, se rasa de près et se coiffa, puis commença à s'habiller. Il se demanda un instant s'il devait se mettre de l'eau de toilette, puis se décida pour une goutte derrière l'oreille gauche. Juste par coquetterie. Il revêtit son ensemble de jean vert d'eau, pantalon, veste et gilet, puis il attrapa son casque et descendit. Son père n'avait pas fait de remarque quand il lui avait dit qu'il allait voir un copain de fac qui vivait dans la montagne et qu'il y resterait pour dîner.

"Je ne sais pas exactement, mais je reviendrai vers minuit," avança-t-il.

"Sois prudent en rentrant, Martino. Il vaut mieux une heure de retard que de finir à l'hôpital." lui répondit tranquillement son père.

Il avait soigneusement fait reluire sa moto le soir précédent, et il la poussa dans la rue. Il vérifia sa montre. Oui, il serait à l'heure. Il mit son casque et démarra calmement. Il n'aimait pas faire cirer l'embrayage comme certains de ses copains. La ville commençait paresseusement à s'animer. Le soleil chauffait déjà quand il arriva au pont de fer. Il vit une moto garée qui devait être celle de David. Le jeune homme était adossé à un arbre un peu plus loin. En s'approchant, il regarda sa montre, neuf heures moins trois. David le salua d'un geste en souriant alors qu'il arrivait sur l'élan, moteur coupé.

Il regarda David. Il portait un ensemble de jean bleu presque neuf et un T-shirt bleu ciel avec le dessin d'un ange rouge et blanc et les mots, "Los Angeles Angels". Ses cheveux propres et doux encadraient son si beau visage.

"Salut," dit-il simplement quand Martino s'arrêta à côte de lui. Il lui montra d'un signe de la tête les coffrets en plastique à l'arrière de sa moto en disant, "J'ai tout amené."

"Bien, moi aussi."

"Je vois ça," répondit David en riant, le détaillant des pieds à la tête à plusieurs reprises. "Il te va bien, cet ensemble en jeans, vraiment bien." Puis, simplement, sans malice, il ajouta, "Mais tu étais bien aussi dans la douche, sans rien."

Juste au même moment, sa montre bipa.

"Pile à l'heure. Suis-moi." dit-il.

Il démarra et partit. Comme David traversait les rues à soixante kilomètres à l'heure, Martino n'avait pas de problème à le suivre parce qu'il y avait peu de trafic. Le soleil se réfléchissait sur son casque, blanc comme sa moto, dans un accord parfait. L'immatriculation montrait que David avait acheté sa moto trois ans auparavant, mais il l'entretenait avec soin et elle avait l'air encore neuf. Ils suivirent la route nationale bordant le fleuve pendant environ trois quarts d'heure, puis David tourna à droite vers la montagne. Bientôt, ils étaient dans les bois. Laissant la route goudronnée, ils passèrent sur une piste de terre battue bien tenue, puis sur un chemin. David avançait prudemment, à petite vitesse sur le sol défoncé. Il était évident qu'il avait fait ce chemin à de nombreuses reprises. La forêt se fit plus profonde, et finalement ils arrivèrent dans une petite clairière où David s'arrêta.

"Les motos restent ici. On les enchaîne à cet arbre." dit-il.

Il détacha les sangles et, prenant les coffrets de plastique, il en tendit un à Martino. Ils les accrochèrent comme un sac à dos. David prit un étroit sentier et Martino le suivit. Ils marchèrent en silence pendant environ dix minutes, puis ils abandonnèrent le sentier et passèrent entre les arbres. Après environ cinq minutes, ils arrivèrent dans une petite clairière avec les ruines d'un vieux chalet de montagne, sans toit ni porte ou fenêtre. David entra dans le chalet et, sur le seuil, fit signe à Martino de le suivre. Il y avait là un escalier de pierre qui semblait encore solide, qu'ils montèrent jusqu'au premier étage. Deux murs étaient encore dressés du côté de la montagne, aux trois quarts de leur hauteur d'origine. Du côté de la vallée, la dalle finissait dans le vide. Les pierres du sol n'étaient plus visibles, complètement couvertes d'une herbe courte qui faisait penser à un gazon anglais. Dessous, la forêt s'étendait, et au fond, serpentait le ruban d'argent de la rivière. C'était un spectacle à couper le souffle.

"Ça te plait ?"

"C'est merveilleux !"

"Et regarde l'herbe. Je l'entretiens, j'enlève les chardons et les feuilles mortes qu'amène le vent. Alors l'herbe pousse douce et épaisse. C'est mon royaume ! Si tu veux, aujourd'hui, il est à toi aussi."

Ils posèrent les coffrets.

"A moi ?" demanda Martino, ébahi.

"Oui, si tu veux."

Instinctivement, Martino le prit dans ses bras et le serra. Leurs yeux se rencontrèrent, lumineux, brillants, limpides. Et ils s'embrassèrent. Et ce ne fut pas un baiser chaste, mais plein du désir réciproque qu'enfin ils se révélaient. Il fut long et passionné. Martino sentait contre lui le corps puissant de l'autre et il pensa qu'il était très beau.

Puis David se détacha de son ami et regarda sa montre. "Une heure et cinq minutes. Je pourrais faire cette route les yeux fermés."

"Tu n'as vraiment jamais amené personne ici ?"

"Non, jamais. Tu es le premier. J'ai senti que tu... pouvais venir."

"Pas même tes frères ?"

"Pas même eux."

"Ça fait combien de temps que tu viens ?"

"Deux ans et... huit mois. Je l'ai découverts le jour de mon dix-neuvième anniversaire."

"Et personne ne vient jamais ici ?"

"Je n'y ai pas vu âme qui vive de toutes ces années."

"C'est vraiment merveilleux." répéta Martino, en regardant autour de lui.

"Alors installons-nous." dit David.

Il ouvrit un des coffrets et en sortit un léger sac de couchage de nylon bleu qui s'ouvrait en couverture et l'étendit sur l'herbe au centre de l'espace. Puis il retira ses chaussures et s'installa dessus. Fouillant dans la boîte, il en tira une petite radio qu'il alluma en musique de fond sur une station de musique moderne, puis un trépied avec une longue-vue qu'il installa rapidement. Martino le regardait avec un sentiment confus de bonheur.

"Pendant la journée, tu peux voir les oiseaux sur la rivière, leurs nids, les pêcheurs, plein de choses. La nuit, avec un autre oculaire, on peut voir les anneaux de Saturne. Mais je n'ai pas amené mon livre des étoiles. Et puis on ne peut pas voir Saturne à cette époque de l'année." David finit ses explications et il fit signe à son ami de s'asseoir près de lui.

"Il faut s'acclimater un peu. Dans une heure, il fera assez chaud pour qu'on puisse enlever quelques vêtements."

Martino mit une main sur la jambe de David qui la couvrit de la sienne. "Parle-moi de toi, je veux tout savoir." lui dit-il joyeusement.

Martino commença à parler. Il lui dit des choses qu'il n'avait dites à personne. Il parla de son enfance, et d'autres souvenirs lointains. De ses relations avec son père, des frictions et des problèmes et sans la moindre hésitation de la découverte de sa sexualité et de l'explosion de ses désirs, du David, ses rêves, ses pouvoirs, l'emploi qu'il en avait fait... Tous jusqu'à la rencontre avec lui, les étranges coïncidences qu'il avait remarquées... Tout, même son désir pour lui.

Pendant qu'il lui racontait la dernière partie, il se dit qu'elle ressemblait à un conte de fée, mais sentit qu'il devait la lui raconter. Son ami écoutait en silence, tranquille et attentif.

A la fin, il lui demanda simplement, "Et cette petite statue, tu l'as toujours ?"

"Oui, elle est là." répondit Martino, en ouvrant son sac, la prenant et la lui tendant. David la regarda en la tournant entre ses mains avec curiosité. "Elle te ressemble presque..." ajouta Martino.

David ne dit rien et continua à tourner la statue entre ses mains et dit, "L'original de Florence est bien plus beau."

"Comme toi. Tu es bien plus beau."

David sourit, hocha la tête et commenta, "Tout est plus beau pour celui qui sait regarder. Et puis, tu ne m'as pas vu nu comme lui. Tu n'as plus ce pouvoir." ajouta-t-il avec un sourire malicieux.

Martino fut tenté de dire, "Alors déshabille-toi !" Mais malgré le baiser brûlant de l'instant précédent, il dit seulement, "Mais toi, David ? Tu me parleras de toi ? Je voudrais tout savoir de toi, moi aussi."

"Bien sûr, c'est normal." lui répondit son ami en le regardant d'un œil limpide et il commença à parler.

"Je suis né à Florence, comme tu sais. Mon père n'était pas sculpteur mais tisseur de brocard. Maman était infirmière. Lorenzo est né le premier, et puis moi, et enfin Matteo. Quand j'étais petit, mon père nous emmenait parfois tous les trois regarder les étoiles. Il se servait d'un livre pour nous expliquer les constellations. D'habitude, Matteo s'endormait et Papa devait le porter sur le chemin du retour. Lorenzo venait aussi parce qu'il était bien élevé et respectueux, mais en réalité les étoiles ne l'intéressaient pas beaucoup. J'étais le seul à être vraiment fasciné et je buvais les explications de Papa. Je l'admirais tellement. Il savait lire le ciel !

Mais je l'admirais aussi pour d'autres choses, surtout son habileté à tisser de merveilleux brocards. Tu m'as parlé de tes phantasmes, mais j'avais les miens. Quand je voyais ces merveilleux brocards, j'imaginais que j'étais un prince de la renaissance, comme Laurent de Médicis, habillé de brocards, entouré d'artistes. Même mon lit était couvert de brocards et j'avais vingt pages, prêts à me servir, choisis parmi les fils les plus beaux de Florence.

Mon père est mort quand j'avais quinze ans. Ils l'ont trouvé mort sur son métier, il finissait de tisser un brocard blanc que la ville voulait offrit au Pape. C'est un autre qui l'a achevé, et le Pape l'a porté, mais c'était aux neuf dixièmes le travail de Papa, y compris le dessin. Lorenzo est devenu un peu notre père, à Matteo et à moi. Et à présent que Papa était mort, c'était à Maman de faire bouillir la marmite. Alors elle devait travailler toute la journée à l'hôpital, et puis le soir, elle faisait des tournées pour faire des piqûres à domicile, elle était très peu à la maison.

Lorenzo était gentil, attentif, plein de bon sens, mais Papa me manquait. Et lorsque je lui ai dit que je voulais continuer à observer les étoiles, il s'y est mis sérieusement. Il a étudié le petit livre de Papa et parfois, on sortait le soir pour les voir. Il faisait parfois de grossières erreurs, mais comme je ne voulais pas qu'il se sente mal, je faisais semblant de ne pas m'en apercevoir...

J'avais treize ans quand un camarade de classe m'a montré comment on se branle. Bien sûr, j'ai aimé, mais c'était bien mieux de le faire avec lui que tout seul. C'est comme ça que j'ai compris que je préférais les garçons aux filles. Les filles, ça allait bien pour discuter ou même comme amies, mais rien de plus.

Une nuit qu'on observait les étoiles, et que Matteo qui ne se sentait pas bien était resté à la maison, j'ai demandé à Lorenzo :

"Pourquoi toi et les autres vous dites tout le temps les filles ceci et les filles cela, et que moi, je ne suis attiré que par les garçons ? Qu'est-ce que je dois faire ?"

Il a répondu, "C'est pas toujours ceux qui parlent des filles qui en font le plus. Toi aussi tu peux en parler."

"Mais en parler n'est pas le seul problème, un jour, le problème sera de le faire." lui ai-je dit.

Et lui, "David, chacun est comme il est. Si tu es toujours attiré par les hommes, alors tu devras en trouver un comme toi, et vivre heureux. Sois seulement prudent, parce que les gens peuvent être méchants. Ne dis jamais que tu es attiré par les autres hommes sauf à des gens à qui tu confierais ta vie."

Quand j'ai eu quinze ans, Maman est morte à son tour. Elle avait attrapé une infection à l'hôpital, une petite coupure à laquelle elle n'avait pas prêté attention. En quelques jours, tout son corps a gonflé, et ils n'ont pas pu la sauver, et nous avons été complètement seuls.

Et puis Lorenzo a trouvé un boulot ici, et on a décidé de déménager tous les trois parce qu'on ne voulait pas être séparé. Sinon, Matteo se serait retrouvé chez une tante, moi chez un oncle et Lorenzo loin de nous. Moi aussi, j'ai cherché un boulot pour que Matteo puisse continuer ses études puisqu'il réussit bien. Moi, non, je n'avais pas envie de me casser la tête sur les livres, je préfère travailler.

On a trouvé un petit appartement. Tous les trois, on dort dans la même pièce, alors le soir, on peut discuter de ce qu'on a fait dans la journée et écouter ce que les autres en pensent. Ça aide à mettre les idées au clair. Couché dans le noir, même les problèmes les plus délicats, les plus intimes peuvent sortir sans honte, sans difficultés. La chaleur de deux frères qui t'entourent, c'est une chose merveilleuse.

A seize ans, je travaillais chez un plombier. On m'a envoyé avec un compagnon plus ancien et expérimenté pour faire des travaux dans une villa. Entre autres, la douche avait une fuite, l'évier de la cuisine devait être remplacé. L'autre gars m'a demandé de réparer la douche pendant qu'il travaillait dans la cuisine. Il ne fallait que changer le joint, alors je pouvais le faire seul, et il n'avait pas besoin de moi à ce moment.

Je suis monté sur un tabouret dans la douche pour démonter la pomme. Et puis j'ai enlevé le vieux joint qui était abîmé, et j'en ai sorti un autre de mon sac. J'ai entendu la porte s'ouvrir, et quelqu'un est rentré et il y a eu un bruit comme s'il fermait à clef. J'ai essayé de l'avertir de ma présence en descendant du tabouret, mais je portais des chaussures de tennis et il ne m'a pas entendu. Et quand je suis sorti, il y avait là un beau garçon de dix neuf ans. Il venait d'enlever son peignoir et se tenait là, tout nu, et il bandait... Je l'ai regardé, un peu embarrassé, mais complètement fasciné.

Ça ne l'a pas du tout dérangé. Il a dit, "Ah, tu es là ? Je te croyais à la cuisine."

"C'est le patron qui est dans la cuisine..."

"Et toi, tu es là."

"Je changeais le joint de la pomme de douche."

Il a remarqué la façon dont je le regardais et il m'a dit, "Tu n'as jamais vu d'homme nu ?"

"Si... mais tu es très beau", ai-je dit.

"Merci !" a-t-il dit, et il est venu vers moi. Il ne s'est même pas caché, et son érection rebondissait quand il marchait.

Je ne pouvais pas enlever mes yeux de cette verge érigée. Il a mis sa main entre mes cuisses et il a senti que j'étais déjà excité. Il a baissé la fermeture de mon bleu de travail, et dessous, j'étais entièrement nu parce qu'il faisait chaud. Il a sorti ma queue, et il la tripotait en me regardant. Je l'ai laissé faire, surpris et embarrassé, mais excité. Il m'a lâché, et a ramassé son peignoir par terre, l'a enfilé et fermé. Je me sentais mal et je l'ai rentrée dans le bleu que j'ai fermé jusqu'à la poitrine.

Il s'est tourné vers moi et m'a dit, "Tu me plais vraiment, mais là, c'est trop risqué, et en plus on n'a pas assez de temps. Reviens ce soir et dit que tu es un ami d'Aldo. C'est moi. D'accord ?"

J'ai à peine pu murmurer "Oui", et il est sorti aussi vite qu'il était entré. Tout avait été si rapide, si inattendu que j'en suis resté là comme une andouille. Et puis j'ai fini mon boulot et je suis retourné aider le chef. On est rentré. A la boutique, je me suis changé, et puis je suis retourné à la villa et j'ai sonné.

Sa mère a ouvert la porte et elle a dit, "Ah, oui, Aldo vous attend."

Aldo arriva. "Viens." m'a-t-il dit tranquillement.

Je l'ai suivi dans un escalier en colimaçon qui craquait bruyamment, et on est arrivé dans un comble de la partie la plus basse de la villa.

Il m'a dit en commençant déjà à me déshabiller, "C'est une vieille salle de jeux de quand on était petits. On sera tranquille, ici." J'étais excité mais tendu, et il l'a senti. "Sois tranquille, personne ne vient jamais ici. Et puis on les entendrait. Tu as entendu comment l'escalier craque ? On aurait le temps de se rhabiller. Et maintenant, déshabille-moi !"

Sur le sol, il y avait deux vieux matelas empilés. Quand on a été tous les deux nus on s'est couché et il m'a demandé, "Qu'est-ce que tu aimes faire ?"

"Mais... je ne sais pas, c'est ma première fois."

Il m'a demandé avec étonnement, "Tu ne l'as jamais fait ?"

"Ben juste une branlette avec un copain, il y a à peu près un an."

"Alors il va falloir que je t'apprenne tout." m'a-t-il dit avec un sourire. Il m'a pris dans ses bras, il m'a serré et m'a poussé sur le lit en se couchant sur moi.

Il me plaisait trop. Et puis il m'a embrassé. Quel baiser, pour moi, un novice ! Sa main était sur mon sexe dur et il a doucement repoussé la peau en arrière. J'ai fermé les yeux et je me suis détendu, sans penser à rien. Et puis, j'ai senti ses lèvres sur mon gland et ensuite il m'a pris dans sa bouche brûlante et il a commencé à bouger la tête de haut en bas. Et puis une de ses mains fouillait entre mes fesses et l'autre était sur mes tétons. J'étais terriblement excité. Mes jambes ont commencé à trembler et tout mon corps s'est tendu et, d'un coup, j'ai déchargé dans sa bouche. J'étais à peine conscient du fait qu'il avalait tout.

A la fin, il m'a dit, "Tu as joui vite."

Je lui ai dit, "Je suis désolé, mais c'était trop bon."

"Bon, mais maintenant, c'est ton tour."

J'ai obéi de bon cœur. J'ai senti que c'était le moins que je pouvais faire pour lui rendre le bien qu'il venait de me faire. Il lui a fallu plus de temps pour jouir, mais enfin, à la fin, il a joui lui aussi et il était content.

Après, on s'est encore caressés un moment et il a dit, "Si tu reviens demain soir, je t'apprendrai autre chose."

"Oui, volontiers".

Il m'a demandé en descendant l'escalier, "Mais au fait, comment tu t'appelles ?"

Cette nuit là, dans mon lit, j'ai dit à mes frères que j'avais fait l'amour avec Aldo.

"C'est ta première fois ?" m'a demandé Matteo.

"Oui."

"Moi, j'ai encore rien fait, ni avec une fille ni avec un garçon, "a-t-il dit.

"Tu n'as que treize ans, c'est trop tôt," à répondu Lorenzo. "Attends d'être plus vieux, ça sera mieux." Et puis il s'est tourné vers moi, "C'était bon, David ?"

"Oui."

"Très bien, alors !" a commenté Lorenzo.

Petit à petit, Aldo m'a tout appris. Il me prenait très doucement, et ça ne m'a pas fait mal, peut-être parce qu'elle était moins grosse que la mienne. Et puis il m'a fait le prendre. Aldo me plaisait mais au fond, il me manquait quelque chose. Je n'étais pas très satisfait. Je l'ai dit à Lorenzo, comme d'habitude dans la chambre, dans le noir.

Il me posa quelques questions et conclut, "Je pense que ce qui te manque, c'est l'amour. Avec Aldo, il n'y a que le plaisir, rien de plus. Le sexe ne devient vraiment bon que quand il accompagne l'amour. Ne t'inquiète pas, ça viendra, peut-être plus tard, peut-être avec quelqu'un d'autre, quand tu seras prêt, au bon moment. Vis cette histoire comme elle vient. Sois honnête avec toi et avec lui et ne te préoccupe pas du reste. Et puis quand l'amour viendra, cette histoire, et peut-être d'autres qui suivront resteront précieuses."

Aldo et moi, on a continué pendant quinze mois à se voir, et progressivement, on s'est séparé. L'attrait de la nouveauté avait disparu et comme il n'y avait rien d'autre entre nous, ça s'est terminé tranquillement. Jusqu'à mes dix huit ans, il ne s'est plus rien passé.

Quand j'avais dix huit ans, j'ai dû aller en train à Venise où les gens pour qui je travaillais devaient faire des travaux. Un soir je suis allé à la gare pour prendre le train. Je devais rencontrer un collègue, mais je ne l'ai pas trouvé. Quand le train est parti, j'ai remonté tous les wagons en regardant dans tous les compartiments, mais sans le trouver. Le train n'était pas plein et j'ai vu plusieurs compartiments vides, alors je suis entré dans l'un d'eux, j'ai éteint les lumières et je me suis couché sur la banquette.

A la gare suivante, quelqu'un a ouvert la porte. Deux garçons sont entrés et se sont assis en face de moi.

C'était des soldats en permission qui rentraient chez eux. Ils discutaient gaiement alors j'ai abandonné l'idée de dormir. L'un avait des traits ordinaires, massifs, et l'air de monsieur "je sais tout". Il n'était pas laid, mais il ne m'attirait pas. L'autre par contre, avait une figure régulière, classique mais des yeux brillants, mobiles, incisifs. Ils parlaient de leur caserne, de filles, et encore de caserne. Ils riaient beaucoup. Comme je ne pouvais pas dormir, je les écoutais. Mario, le moins beau, était le plus bavard. Il jurait sans arrêt. L'autre, Benedetto, l'écoutait, parlait moins mais avec un humour qui me plaisait bien.

"... et je dis au caporal. "Ben merde, tu ne vas pas me punir à cause de ce connard de Bianchi, non ?" Et cet enfoiré répond, "Bien sûr que je vais le faire, et c'est même le double si tu ne la boucles pas..."

"Quel caporal, le fouille-merde ?" demanda Benedetto.

"Oui, lui-même. Quel empaffé." Et ainsi de suite.

Au bout d'un moment, leurs histoires ont commencé à m'ennuyer. J'ai fermé les yeux et j'ai essayé de dormir. Mais j'ai eu de la chance, parce qu'au deuxième arrêt, Mario est parti et il n'est resté que Benedetto. Et j'ai commencé à bander. Au lieu de le cacher, j'ai écarté les jambes et je les ai tendues devant moi pour mettre en évidence la bosse de mon pantalon. Benedetto a allumé une cigarette, m'a regardé, mais il n'a rien dit. Ses yeux allaient de ma figure à ma braguette. Je l'ai fait palpiter pendant qu'il la regardait. Il a soigneusement éteint sa cigarette et, se levant, il a éteint les lumières et tiré les rideaux, ne laissant que la veilleuse bleue. Et puis il s'est assis exactement devant moi, lui aussi a écarté les jambes et m'a regardé.

Très vite, la forme de son pantalon d'uniforme a laissé deviner la taille de son membre tendu. Il avait les yeux brillants. Je lui ai souri. Il a passé la main sur son paquet en me regardant. J'ai tendu les jambes et les ai croisées avec les siennes. Alors Benedetto s'est penché en avant, il a posé une main sur ma cuisse et il m'a souri. J'ai frissonné et j'ai serré ma cuisse contre la sienne. Il a poussé sa main en avant vers mon sexe en me regardant tout le temps dans les yeux. Sa main a caressé ma braguette gonflée, la palpant. J'ai frissonné de nouveau. Il a glissé ses genoux entre mes jambes écartées, il a ouvert ma braguette, me l'a sortie et l'a prise dans sa bouche. Ses mains caressaient mes boules, et puis elles sont passées sous la ceinture de mon slip pour caresser mes fesses. Et puis elles sont remontées sous la chemise et le gilet, caressant mon ventre et ma poitrine, s'attardant sur mes tétons.

Mes mains sont parties aussi à la découverte de son corps. J'ai défait deux boutons de sa chemise pour pouvoir le caresser, une main sur sa poitrine et l'autre sur son dos penché pour pousser son outil contre le mien. J'ai caressé un téton et puis l'autre, et il a frissonné. Il s'est levé et a ouvert son pantalon. J'ai tiré vers le bas l'élastique de son caleçon d'uniforme et j'ai découvert une belle verge, grosse et dure, avec des testicules gonflés. Je me suis penché pour les lécher, et puis les sucer, l'un après l'autre, comme Aldo m'avait appris. J'ai remonté sa chemise pour pouvoir lui lécher le ventre, et puis j'ai décalotté sa massue et j'ai agacé le champignon violet du bout de ma langue. Et j'ai commença à le sucer, pendant que je baissais son pantalon et son caleçon pour pouvoir jouer avec ses fesses et trouver son petit trou. Je le sentais trembler, et il a commencé à caresser mes cheveux.

Tout d'un coup, nous avons entendu le contrôleur demander les billets à deux ou trois compartiments de là. Nous nous sommes rhabillés en hâte, il a rallumé la lumière et s'est assis en face de moi avec un air complice. Au bout d'un petit moment on a dû montrer nos billets. Dès que le contrôleur est parti, il a éteint la lumière et est revenu vers moi. Il m'a poussé sur le dos sur la banquette, m'a ouvert le pantalon, attrapant mon membre toujours dur. Il s'est mis à genoux et m'a sucé avec ardeur. J'ai relevé ma chemise, me découvrant la poitrine et j'ai poussé pantalon et slip jusqu'aux genoux.

Et puis il a parlé pour la première fois. "Attends une seconde." Il a dit et il a sorti un truc de sa poche. Il a été à la porte et j'ai entendu un clic et il a dit avec satisfaction, "C'est fait," et il a remis le truc dans sa poche et il est revenu vers moi et baissant son pantalon.

Je lui ai demandé "Qu'est-ce que tu as fait ?" en prenant son sexe bandé dans mes mains.

Il a répondu, "J'ai verrouillé la porte, alors on est tranquille," en ouvrant sa chemise et en dénudant sa belle et forte poitrine.

"Mais si quelqu'un cherche à entrer ?"

"Si c'est un voyageur, il pensera que c'est le contrôleur qui a fermé et il s'en ira. Si c'est le contrôleur, il pourra l'ouvrir, mais le temps qu'il le fasse, on pourra se rhabiller." Il dit ça en descendant son sac du filet à bagages. Il l'a ouvert et en a sorti des vêtements civils."

"Tu fais quoi ?" lui ai-je alors demandé.

"C'est pour le contrôleur, comme ça, je pourrais leur dire que j'avais verrouillé pour me changer. C'est les preuves, ça marche, je l'ai déjà fait sans problèmes."

"C'est rusé. Tu le fais souvent dans le train ?"

"Assez souvent." a-t-il répondu avec un sourire farceur. Il s'est couché sur moi en frottant son corps sur le mien et il m'a embrassé. Nos érections pressaient l'une contre l'autre en palpitant fort. Il m'a demandé "Qu'est-ce que tu aimes faire ?"

"Tout."

"Parfait, alors tu commences."

On s'est levé, et il s'est tourné vers la banquette. Il a attrapé la barre du filet à bagages et il m'a présenté ses fesses. Il me plaisait beaucoup et j'étais excité, alors je l'ai attrapé par les hanches et j'ai essayé de le pénétrer.

Il m'a demandé, "Tu n'as pas de gel ?"

"Non..."

Il m'a dit, "Alors attends", et il a fouillé dans ses poches. Il en a sorti un tube, et il a passé un bon moment à me lubrifier le bout. Quelles sensations ! Et puis son trou et enfin, je l'ai pris.

Je suis entré dedans et c'était bon. Je l'ai attrapé et j'ai commencé à le pomper. J'ai joui assez vite. Il s'est retourné, m'a caressé, embrassé sur la bouche, mordillé les tétons, et puis on a échangé les positions. Il était bien monté, et au début, ça m'a fait un peu mal, mais ses caresses sur les points les plus sensibles m'ont fait oublier la légère douleur et le plaisir a bientôt pris le dessus. Sa pénétration a duré plus longtemps que la mienne, mais j'ai vraiment aimé.

Après, quand on s'est rajustés, il a déverrouillé la porte et s'est rassis en face en moi. On a discuté. Je lui ai dit que j'avais beaucoup aimé et je j'aimerais le revoir. Il était d'accord, mais c'était difficile, voire impossible. Dix jours après, j'ai reçu une lettre de lui. Il me disait qu'un de ses amis, gay lui aussi, qui vivait dans ma même ville, et qu'il pensait qu'on pourrait se plaire. Il me demandait la permission de lui donner mon adresse, et lui demandait pareil. Ça m'a émoustillé, et je lui ai répondu que je n'y voyais pas de problèmes.

C'est comme ça que j'ai rencontré Claudio. Il a été mon dernier copain avant que je te rencontre. Il avait trois ans de plus que moi. Il était dessinateur de mode, pas de ceux qui créent les modèles, mais ceux qui les développent. Il était vraiment bon, dans ce travail. Mais notre histoire était banale, ni moche ni belle. Je ne sais pas comment t'expliquer, mais c'était comme... comme si faire l'amour était obligé... je ne sais pas. Il le faisait mécaniquement, sans enthousiasme. Ce n'est pas qu'il était désagréable, mais c'était presque meilleur de parler avec lui que d'être dans son lit. Et même, tu peux enlever le presque. Alors, au bout de deux ans, ça s'est fini par... manque d'intérêt. Il n'y a jamais eu l'étincelle entre Claudio et moi. Peut-être qu'avec Benedetto, ça serait arrivé, je ne sais pas. Claudio était comme Aldo. Bon au lit, beau gosse, mais... je sentais qu'il manquait un truc à notre relation..."


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