logoMatt & Andrej Koymasky Home
histoire originale par Andrej Koymasky


pin L'ORDRE DES RECLUS CHAPITRE 2
LE FRERE-AMANT

Son premier amant fut son propre frère Mulke. Deux nuits de suite, Jarvis avait tendu l'oreille avant de reconnaître enfin le léger bruissement de son frère qui se masturbait. Alors il glissa hors de son lit sans faire de bruit, rampa jusqu'au lit où Mulke poursuivait son activité et mit la main là où il pensait être son pubis. Il se trompa de peu. Son frère, se sentant touché, s'immobilisa et lâcha un petit bruit étranglé.

Jarvis trouva alors la main encore serrée sur le membre dressé, l'écarta et se mit à masturber son frère : c'était la première fois qu'il tenait le sexe d'un autre et ça lui plaisait. Son frère restait figé. De l'autre main, Jarvis lui caressa le ventre, le torse et lui frotta les tétons. Mulke sembla se détendre et lâcha un soupire presque imperceptible.

Jarvis se mit alors à genoux à côté du lit et se pencha pour lécher timidement le sexe qu'il masturbait. Mulke gémit à peine et lui caressa les cheveux. Jarvis aimait sentir cette chair solide, chaude et frémissante. Pensant à ce qu'il avait vu Frest faire, il lécha avec plus d'ardeur, le prit entre les lèvres, le fit glisser dans sa bouche et commença à le sucer. Mulke commença à lui caresser les épaules et les bras, manifestant son appréciation et son acceptation. Jarvis était de plus en plus excité.

Ça lui plaisait tant qu'il en voulait plus : il se leva et approcha son propre sexe en érection de la tête du lit et le frotta au visage de son frère. Ce dernier y porta la main, comme pour le repousser, mais en fait il le caressa et le palpa longuement et quand Jarvis fit mine de s'éloigner pour se remettre à le sucer, Mulke le retint et se mit à le lécher, d'abord hésitant, puis peu à peu avec plus d'entrain. Jarvis lui prit le visage entre les mains et le guida pour le prendre en bouche. Mulke écarta les lèvres. Jarvis éprouva un plaisir si intense qu'il crut jouir sur le champ. Il se retira. Mulke crut qu'il voulait s'en aller, il l'attrapa par la taille et le tira vers lui. Jarvis s'assit au bord du lit. Mulke l'attira encore, l'enlaça et le caressa sur tout le corps. Ils frémissaient tous les deux et, les sexes pressés entre leurs ventres, ils découvrirent un plaisir fort et nouveau. Ils jouirent ensemble. Quand l'orgasme et ses spasmes furent apaisés, Mulke prit son pagne et essuya leurs ventres. Puis il murmura à l'oreille de son frère :

"Merci. Retourne à ton lit, maintenant."

Le lendemain, aux champs, Mulke s'approcha : "Tu reviens, ce soir ?" lui demanda-t-il avec un sourire déluré.

Jarvis se demanda comment il pouvait être sûr que c'était lui, la veille, mais il acquiesça. Puis il lui demanda : "Tu l'avais déjà fait avec un garçon ?"

"Non, et toi ?"

"Jamais."

"Mais tu sais que c'est interdit ?"

"Oui, mais ça me plait trop."

"Oui, mais on doit être prudents. Je ne voudrais pas être battu sur la place."

"Qui veux-tu qui nous surprenne ?"

"Nos frères."

"Ils dorment. Il suffit qu'on ne fasse pas de bruit."

"Si ton lit était plus près du mien, ce serait plus facile."

"Et tu l'as fait avec ta promise ?"

"Oui, bien sûr."

"Et tu as aimé ?"

"Oui... mais ce n'est qu'une fois par mois."

"Elle te suce ?"

"Non, elle non."

"Ça te plait ?"

"Tu es très bon."

"Non, je veux dire avec elle."

"Bien sûr."

"Tu la prends aussi par derrière ?"

"Mais non, c'est une fille. Seulement par devant."

"Et moi, tu me prendrais ?"

"Dans le cul ?"

"Oui."

"Oui !"

"Et tu me laisserais te le faire ?"

"A moi ? Dans le cul ?"

"Oui ?"

"Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr d'aimer. Je n'ai jamais essayé."

"Moi non plus. Mais je crois que ça vaut la peine d'essayer."

"Mais le cul n'est pas fait pour..."

"La bouche non plus, pourtant c'est bon, non ?"

"C'est vrai."

"On essaie, ce soir ?"

"Je ne sais pas, on verra. Tu sais que, même si tu as juste quinze ans, ta bite est grande et belle ?"

"Elle te plait ?"

"C'est la première que je touche, à part la mienne."

"Moi aussi."

"Et si je te dénonçais ?"

"Comment prouverais-tu que c'était moi ?"

"En te touchant, je t'ai reconnu."

"Là c'est toi que tu dénoncerais. Moi, tu ne peux plus, hein ?" dit Jarvis malicieux. Mulke rigolait.

Cette nuit-là ils se pénétrèrent l'un l'autre et ça leur plut beaucoup, à tous les deux, et ils se mirent à faire ça chaque nuit. Mais quand Jarvis eut découvert le plaisir du sexe entre mâles, son frère ne lui suffit plus.

Un jour il réussit à entraîner Frest à la rivière et il lui demanda sans détour de faire l'amour. Frest prit d'abord l'air scandalisé, mais quand Jarvis lui dit qu'il l'avait vu avec Kempi, il accepta. Avec Frest aussi ils se prirent l'un l'autre, à leur plus grande satisfaction mutuelle. Puis, grâce à lui, Jarvis put aussi le faire avec Sekor qui jusque là l'évitait. Par Sekor il sut qu'un autre garçon du village aimait cette façon interdite de faire l'amour : son cousin Premke, d'un an son aîné.

Jarvis n'avait jamais eu l'intention de se marier et sa détermination était renforcée maintenant qu'il avait découvert combien il aimait faire l'amour avec ceux de son sexe.

Il pensait à tous ceux avec qui il avait fait l'amour : son frère Mulke aimait le faire avec sa promise, mais comme ce n'était qu'une fois par mois, il s'amusait avec lui. Frest disait que pour lui c'était aussi bon de le faire avec sa promise qu'avec un garçon. Sekor préférait les garçons, mais il se résignait à le faire à sa promise. Premke et lui n'étaient pas en âge d'avoir une promise. Premke paraissait quand même plus attiré par les hommes : il lui raconta que depuis tout petit son passe-temps favori était de se cacher pour épier un homme qui enlevait son pagne. Mais contrairement à Sekor qui n'aimait qu'être pénétré, Premke, comme Frest, préférait pénétrer. Jarvis par contre aimait les deux rôles. Le premier à l'avoir pris, c'était son frère, mais il préférait la façon qu'avait Frest de le prendre. Le premier qu'il avait pris, c'était aussi son frère, mais il préférait prendre Sekor.

Cette véritable révolution dans la vie sexuelle de Jarvis s'était déroulée en à peine trois mois, pendant l'été. Il avait frénétiquement rattrapé le temps perdu. Mais il se demandait : "Se peut-il que seuls les garçons fassent ça au village ?" Bien sûr, chaque adulte avait une femme et Mulke lui avait dit qu'une fois marié il ne serait plus intéressé par un homme. Mais il savait que Sekor avait demandé à Frest de continuer à le faire avec lui après son mariage, et que Frest avait accepté. Alors, il devait y en avoir d'autres.

Peut-être bien que certains "grands copains" étaient plutôt des amants ? Il ne pouvait pas le savoir, et certainement pas le demander.

Il en parla à Premke : "Et toi, quand tu te cachais pour regarder la bite des adultes, tu n'en as jamais vu faire ça ensemble ?"

"Non. J'en ai vu beaucoup se masturber, mais toujours tout seul."

"Pourtant, il doit y en avoir."

"Je le crois aussi. Mais tu sais, par peur d'être pris, ils doivent être très prudents. C'est une chose de prendre des coups de canne, c'en est une autre d'être décapité !"

"Mais puisque ce n'est pas difficile pour nous les garçons de trouver un endroit, tu ne crois pas que les grands ont aussi leurs cachettes ?"

"Oui, mais où ?"

"Des endroits où ils sont surs de ne pas être vus, comme nous à la rivière."

"Mais moi-même j'y ai surpris Frest."

"Bah, il y a toujours un risque. Mais par exemple, quand ils vont chasser, c'est normal qu'ils aillent en forêt par deux. Et s'ils se cachent dans la forêt, tous seuls, qui veux-tu qui les trouve ? Mais je crois que les grands le font aussi. Tu sais bien qu'il y a douze ans ils ont pris les pères de Klaro et de Mastam à le faire ensemble. N'ont-ils pas été tous les deux décapités ?"

"Oui. Tu sais où ils ont été surpris ?"

"On dit que c'est dans la maison de Mastam. Sa mère soupçonnait quelque chose, elle a appelé des gens en disant qu'il y avait un voleur chez elle. Après elle a rejoint un moutier de Réunies, en ville. Et Mastam est devenu chef de famille."

"A la maison, c'est sans doute l'endroit le moins sûr." Ajouta Jarvis songeur. Puis il demanda à son ami : "Mais pourquoi donc est-ce interdit, entre hommes ?"

"Je ne sais pas. On dirait que tout ce qui est bon est interdit. On dit aussi que c'est parce que dieu à fait l'homme pour être avec la femme. Mais moi je n'y crois pas. Quand ils ne savent pas expliquer quelque chose, les grands disent toujours que c'est parce que dieu l'a voulu ainsi et ça termine la discussion. Mais pourquoi, alors que c'est si bon ? Et pourquoi les animaux aussi font-ils ça entre mâles ?"

"Les animaux ? Entre mâles ?"

"Oui, mon chien encule toujours celui des voisins." Dit Premke en riant.

"Et toi, Premke, c'est arrivé comment, ta première fois ?"

"Moi ? J'avais quatorze ans. On était allé en ville, vendre du bétail. Un garçon de la ville m'a approché et m'a dit qu'il me donnerait une pièce d'argent si j'allais avec lui. J'ai cru que, me voyant fort, il voulait que je l'aide pour quelque chose, alors je l'ai suivi. Il m'a emmené au bain public.

"Il a dit à l'homme à l'entrée : 'La chambre est libre ?' Ce dernier a rigolé : 'Oui, il n'y a personne, en ce moment, vas-y tranquillement'. Il lui a donné une pièce, m'a emmené dans une petite chambre avec une pile de matelas, il a fermé la porte et m'a dit : 'déshabille-toi.' Et s'est déshabillé lui aussi. D'abord je n'ai pas compris, je croyais qu'il voulait peut-être m'emmener au bain. L'idée de le voir nu me plaisait alors je me suis déshabillé aussi. Puis il a dit : 'allez, active-toi !' et moi : 'A quoi ?' Et lui : 'Mais tu ne connais rien ?' il m'a tout expliqué et je l'ai enculé.

"J'ai adoré : rien à voir avec une branlette ! Quand je suis revenu au marché mon père était furieux : où avais-je été ? Qu'avais-je fait ? Alors je lui ai donné la pièce : 'Un type m'a donné ça pour l'aider, prends-la.' Ça l'a calmé tout de suite : 'Mais que t'a-t-il demandé de faire ?' m'a-t-il demandé, curieux.

"'J'ai dû l'aider à faire entrer un tube dans un trou d'évacuation, il n'y arrivait pas tout seul, alors il m'a demandé de l'aider à pousser tout ça bien au fond.' Ai-je répondu."

"Tu lui as vraiment répondu ça ? Et il n'a pas compris ?"

"Tu parles ! Il a ri et m'a dit : 'Et bien, si tu te mets à la plomberie maintenant !' et il s'est tranquillement remis à négocier le prix d'une bête, en empochant ma pièce."

"Et après ?"

"Ben après... ça m'avait trop plu, je voulais recommencer. Un jour un marchant de tissus est passé au village. Mon père m'a donné un peu d'argent et m'a dit : 'Va m'acheter le tissus pour un bleu de travail. Mais discute bien le prix, essaie de ne pas tout dépenser.'

"J'y vais, je dis au vendeur ce que je veux. 'Voila' me dit-il, 'ça fait cinq pièces de cuivre.' Je marchande et mon dernier argument est : 'tout ce que je ne te donne pas, je peux le garder, alors, fais moi un bon prix.'

"Et il m'a dit : 'Si tu es gentil avec moi, je te le fais gratis.' 'Vraiment ?' ai-je dit, 'mais gentil, comment ça ?' et lui : 'Tu es un bien beau garçon. J'aimerais m'amuser avec toi.' Et il m'a effleuré le cul. Il n'y avait personne alentour. J'ai compris et lui ai dit : 'Oui, mais où ?' Et lui, 'Là, derrière le rideau.' 'Et si quelqu'un vient ?' 'On le verra à temps.' On est allé derrière le rideau, il a remonté ma tunique, a dénoué mon pagne, s'est mis derrière moi, m'a étalé quelque chose sur le cul et me l'a mise en entier avec une telle hâte que j'ai crié. 'Tais-toi, gamin !' dit-il et il s'est mis à m'enculer."

"Et ça te plaisait ?"

"Au début, non, mais il savait y faire et j'ai vite bandé, il s'en est aperçu et m'a branlé, et c'est devenu agréable. J'étais encore si étroit qu'il a joui très vite. Puis il m'a donné le tissus. 'Tu es très étroit, garçon ! Il faut que je vienne plus souvent à ton village !' a-t-il dit avant d'ajouter : 'Tu t'appelles comment ?' J'ai répondu 'Premke' et lui : 'tu connais un garçon qui s'appelle Sekor ?' 'Oui, bien sûr.' Et lui : 'Il me plait aussi, mais il est moins étroit que toi.'

"Alors moi, en plus des trois pièces de cuivre que j'avais gagnées en en rendant à mon père que deux, et il en fut content, j'avais gagné une information utile. J'avais décidé que je devais baiser Sekor.

"La première fois que je l'ai vu seul, je lui ai dit : 'Sekor, ça ne te plairait pas que je t'encule ?' Il m'a dit : 'Tu es fou ? On ne fait pas ces choses-là. Laisse-moi !' Et moi : 'Allez, le vendeur de tissus te l'a bien mise, non ?' Et lui : 'Ce n'est pas vrai !' Alors je lui ai montré ma bite raide et j'ai dit 'avoue que ça te plait.' Il la regarde, me regarde, la regarde encore. Un moment il ne fait rien, ne dit rien, mais après il se penche et me touche, me palpe et enfin il me lèche ! Ça me plait, c'était la première fois ! Alors je soulève sa tunique, lui enlève le pagne et lui mets un doigt dans le cul et je sens que ça lui plait. Et il se tourne et m'offre son cul."

"Mais vous étiez où ?" lui demanda Jarvis, curieux.

"Sur les prés du Carob. Tu vois, le rocher en forme de selle ? Sur son haut. De là, même si quelqu'un arrive, il ne peut voir que nos têtes et pas ce qu'on fait, alors on était tranquilles."

"Ah, oui, un bon endroit, vraiment."

"Ça lui plaisait et tu parles qu'à moi aussi. Alors on remettait ça chaque fois qu'on pouvait."

"Et le marchand de tissus ?"

"Je l'ai revu deux ou trois fois. Les miens, vu que j'avais fait mes preuves en marchandage, m'ont envoyé lui faire des achats et j'y ai gagné à chaque fois quelques pièces et une bonne baise, même si je préfère être actif. Mais j'aimais le sucer. La dernière fois, je le suçais derrière le rideau et lui, debout, a vu arriver des femmes mais il ne m'a rien dit et j'ai continué tranquille.

"Quand j'ai entendu les voix des femmes, je me suis précipité pour fuir mais il a bloqué ma tête de sa main et m'a fait continuer, pendant qu'il parlait comme si de rien était aux femmes qui ne se doutaient pas de ce qui se passait derrière le rideau. C'était excitant, Jarvis !"

"Mais dangereux !"

"Non, elles ne pouvaient rien voir, sauf sa tête et ses épaules. Alors je me suis remis à le sucer avec entrain, encore plus excité qu'avant. Et lui riait et plaisantait avec les femmes qui palpaient les étoffes, tout en me caressant les cheveux et en me la poussant à fond dans ma bouche : 'Caressez-les, ça ne vous fait pas envie ?' dit-il, puis il sortit un peu de m'a bouche et y glissa de nouveau : 'Pensez seulement à vous glisser dans cette tunique puis à l'enlever... Un vrai plaisir, non ?' dit-il joyeux. Et pendant qu'il jouissait dans ma bouche en me pressant la tête contre son pubis, il disait : 'C'est un vrai bonheur !' et les femmes rirent de son expression d'extase ! Il la laissa dans ma bouche jusqu'à ce qu'elle redevienne molle, alors il la sortit et la remit sous sa tunique sans même remettre son pagne puis sortit de la tente en m'y laissant caché à me masturber et leur vendit les pièces. 'Tu peux sortir, à présent.' Me dit-il peu après. Il m'a donné le tissus que je voulais et il a dit : 'ça a été vraiment bon, non ?' "

"Merde ! Moi je serais mort de peur." S'exclama Jarvis.

Premke rit joyeusement : "Rien qu'à te le raconter, je bande. Tu me suces ?" dit-il en montrant son état à Jarvis.

Jarvis ne se fit pas prier. Comment aurait-il pu résister à la tentation d'une aussi belle bite raide ?

Vint la fin du huitième mois et Jarvis obtint la permission de son père d'aller passer un mois au moutier des mystiques. Là il vit Kempi, mais n'eut pas l'occasion de se retrouver seul avec lui. D'ailleurs durant ce mois au moutier il dut s'abstenir de toute activité sexuelle : il ne pouvait même pas se masturber parce qu'il dormait trop près des autres du village dans la chambre d'hôtes.

Il parla avec maître Trake.

"Pendant ce mois, Jarvis, essaie de vivre intensément la vie du moutier, cherche à comprendre si tu es vraiment fait pour ça. Et à la fin, si tu es encore convaincu, on demandera à l'ancien ton admission."

"Mais si mon père s'y oppose ?"

"Il devra s'y opposer, la coutume l'exige. Mais en fait il ne pourra rien, une fois que l'ancien aura dit oui. C'est la loi."

"Mais si l'ancien disait non ?"

"C'est à toi de le convaincre. Je peux lui glisser un bon avis - et je le ferai - mais ça dépend de toi."

"Comment ?"

"Il te posera des questions : pourquoi veux-tu devenir Réuni ?"

"Parce que je ne veux pas me marier."

"Ça pourrait être une réponse, mais peut-être pas suffisante..."

"Que dois-je lui dire, alors ?"

"Que tu veux suivre la grande route des enseignements de Galil le prophète, que les lectures qu'on fait au village ne te suffisent pas."

"Oui, bien sûr."

"Puis il te demandera : pourquoi les mystiques ?"

"Parce que je les connais et parce que vous, maître Trake, êtes un mystique."

L'homme sourit : "Non, je ne crois vraiment pas que cette réponse lui suffira. Ce n'est pas faux, tu peux le dire aussi, mais..."

Jarvis ajouta vite : "Parce que je veux atteindre l'illumination et la transmettre à d'autres."

"C'est une bien meilleure réponse, mais réfléchis encore, Jarvis. Pourquoi spécialement l'ordre des mystiques ? Tu es un garçon intelligent..."

"Parce que, en voyant la danse des mystiques, la vie me paraît belle à vivre, si je dansais avec eux, je vivrais cette beauté."

"Très bon. Et puis ?"

Jarvis réfléchit un instant puis dit : "S'il n'y avait pas les éleveurs et les paysans, nul ne pourrait profiter du don de Dieu que sont les bons repas. S'il n'y avait pas de mystiques, nul ne pourrait connaître le don divin de l'extase, l'extase de Dieu."

"Très bien. Peut-être qu'il te posera d'autres questions, mais tu ne devrais pas voir de problème."

"Mais si je suis admis, pourrai-je vraiment apprendre tant de chose ? Il y a tant de questions que je me pose et auxquelles à ce jour personne n'a su me répondre."

"Par exemple ?"

"S'il est vrai que tout est tel que Dieu l'a décidé et que rien ne change jamais et ne doit jamais changer, pourquoi la langue du Prophète a changé ?"

Trake sourit : "Je répondrai à toutes tes questions de ce genre, mais seulement quand je connaîtrai la réponse. Souvent les réponses tu devras les chercher toi, en étudiant les écrits du prophète et les commentaires."

"Je vais étudier la langue du prophète ?"

"Bien sûr, dès que tu seras admis novice."

"Comment devient-on maître ?"

"Tu commences comme Candidat. Après en général trois ans tu peux devenir Novice. Et après deux ou trois ans, tu peux devenir Acolyte, puis, encore trois ans et tu peux devenir Profés. A ce stade, les meilleurs Profès deviennent Maîtres, quand ils sont prêts. Moi j'ai mis, en tout, treize ans à devenir Maître. Puis entre les maîtres sont choisis les Conseillers et entre les Conseillers les Anciens, lesquels élisent le grand maître de l'ordre. Et tous les grands maîtres, après la mort du patriarche, élisent le nouveau Bergalilam".

"Et au dessus de Bergalilam, il n'y a personne ?"

"Non, mais au même niveau il y a l'Amgalilam des Servants et les dix Galilam des nations, qui forment le conseil des Galilam. L'Amgalilam et le Bergalilam président à tour de rôle le conseil, avec deux voix. Les décisions sont prises avec un minimum de sept voix, même s'ils ne sont que douze."

"Ainsi en a décidé Galil ?" demanda Jarvis.

"Ça aussi, on en parlera, si tu es admis."

Ce mois fut particulièrement intense. Jarvis aimait la vie au moutier. Tout le monde y semblait serein. Les gens du village, chaque fois qu'ils participaient à la retraite du neuvième mois, recevaient un anneau qu'ils pouvaient mettre à leur ceinture. Au dixième anneau ils avaient le droit de revêtir les couleurs de l'ordre : jaune et noir. Au village seules deux vieilles avaient ce privilège. Pendant ce mois ils apprirent quelques danses simples, les chants et les exercices physiques qui permettent la concentration, une condition indispensable pour approcher l'extase, les techniques de base de la méditation.

A la fin du mois, Jarvis était enthousiaste : il demanda audience à l'ancien du moutier. En fait l'ancien était un homme jeune, il devait avoir quarante ans, il y avait des maîtres et des conseillers plus vieux que lui. C'était un honneur, pour un moutier de village, d'avoir en son sein un ancien, un électeur du grand maître.

L'ancien accueillit Jarvis dans son bureau : "Entre, jeune Jarvis. Maître Trake me dit que tu demandes à rejoindre notre moutier comme candidat. Est-ce vrai ?"

"Oui, ancien."

"Maître Trake m'a dit le plus grand bien de toi. Il dit te connaître depuis trois ans, tu en auras bientôt seize, non ?"

"Au troisième mois de l'an prochain."

"Le mois même de la naissance de Galil, l'illuminé. C'est un honneur. Les natifs du troisième mois sont doués de fantaisie, selon nos érudits, fantaisie, ténacité et audace. Trois dons précieux, si bien dirigés."

"C'est pourquoi je souhaite être bien guidé."

"C'est là l'aide que tu attends de nous ?"

"Oui, si vous m'acceptez."

L'homme acquiesça puis dit : "Mais les natifs du mois de Fié, comme toi, sont aussi indépendants : saurais-tu vivre au moutier ? Sa première loi est l'obéissance, tu le sais ?"

"Celui-là même qui est indépendant a le plus besoin d'apprendre à obéir."

"Bonne réponse. Tu es intelligent, comme maître Trake me l'a dit. Sais-tu déjà lire et écrire ? Es-tu allé à l'école des Servants?"

"Oui, mais je voudrais apprendre aussi la langue des écritures."

"Pourquoi ?"

"Pour comprendre les enseignements de Galil le prophète tels qu'il les a énoncés."

"C'est louable. Mais tu sais que l'orgueil d'un homme est son épouse et ses enfants ? Es-tu prêt à renoncer à cela ?"

"Oui."

"Pourquoi ?"

"J'ai appris la parole de Galil : qui est le vrai homme ? Regardez les oiseaux du ciel, ils ne tentent pas d'imiter les poissons de la mer. Regardez le lys, il ne cherche pas à imiter la rose. Regardez le silex, il ne se prend pas pour une pierre précieuse. Mais les oiseaux volent librement, le lys resplendit dans les prés et le silex est précieux à l'homme. Alors toi aussi, sois toi."

"Oui, bonne citation. Et toi, qui es-tu ?"

"J'espère être un mystique. Mais j'aurai le temps, comme Candidat d'abord puis comme Novice, d'en devenir sûr. Comme oiseau, je suis encore un poussin, je ne sais pas voler, comme lys, je suis un bourgeon, je dois m'épanouir et comme silex je suis encore dans le rocher, il faut que quelqu'un me libère."

"Et si toi ou nous comprenons que telle n'est pas ta voie ?"

"J'en chercherai une autre, jusqu'à la trouver."

"Et si tu ne la trouves pas ?"

"Au moins, j'aurai essayé."

"N'est-il pas plus facile de te marier et suivre la vie de tes ancêtres ?"

"N'est-il pas plus simple de suivre la bonne route ?"

"Oui, bien sûr. Une dernière question, garçon, si tu es admis, à quel niveau veux-tu arriver ?"

"Au niveau de maître."

"Rien de plus ?"

"Jusque là, ça dépendra de moi. Après, des autres. Je ne peux porter ma volonté que ce sur ce qui dépend de moi."

"Mais si un jour on te proposait de devenir, par exemple, un ancien ?"

"S'ils me le proposaient, c'est qu'ils m'en croiraient capable, alors j'accepterais."

"Juste. Maintenant maître Trake, qui te connaît bien, t'assignera un acolyte qui t'expliquera en détail quoi faire pour devenir un candidat."

Jarvis retint un soupir : il avait été admis. Il se leva, s'inclina profondément devant l'ancien : "Merci de votre bienveillance."

"Je crois que tu va être une bonne recrue pour l'ordre. Tu peux partir, garçon."

Maître Trake l'attendait : "L'ancien t'a accepté."

"Comment pouvez-vous le savoir ? Vous ne lui avez pas parlé."

"S'il ne t'avait pas accepté, avant de te congédier, il t'aurait donné l'anneau de la retraite et tu ne l'as pas. Viens, que je t'explique ce que tu dois faire maintenant."

Il l'emmena à la garde-robe du moutier et lui fit donner par l'acolyte l'habit de candidat : les chaussures, les chaussettes et le pagne noirs, la tunique, la ceinture et le collier jaunes et les lui fit mettre . Il se dévêtit devant Trake sans hésiter. La maître le regardait en silence.

Quand il fut habillé, le maître l'accompagna dans la grande salle : "Et maintenant tu dois rentrer chez toi. Quand les gens du village et ta famille te verront ainsi vêtu, ils comprendront. Les tiens te ligoteront et t'enfermeront à la maison comme le veut la tradition. Ta mère pleurera, ton père te menacera. Ne crains rien.

"Demain, une procession partira du moutier et ira au village te réclamer. Ils te chercheront et tous les guideront vers ta maison. Alors le chef de la procession demandera aux tiens de te donner au moutier. Tu seras détaché. Tu devras feindre d'être faible. Tu seras soutenu et mis sur une litière sur laquelle ils t'emmèneront au moutier.

"Là, l'ancien t'attendra à la porte et il t'admettra officiellement en te remettant le manteau jaune, symbole de la protection de l'ordre. On t'installera au dortoir des candidats et un acolyte sera nommé comme ton tuteur. Tu devras faire tout ce qu'il te dira. Et à part lui, tu devras obéissance à tous ceux qui ont le rang de Profès ou supérieur. C'est clair ?"

"Maître, vous ne serez pas mon tuteur ?"

"Non, enfin pas pour l'instant. Mais je te suivrai de près. Et ton tuteur, l'acolyte Doler, est le meilleur des acolytes, tu seras bien avec lui."

"Maître, je suis heureux de pouvoir vivre près de vous."

"Moi aussi, mon garçon. Tu m'as toujours plu et j'espérais t'avoir un jour au moutier."

"Vous ne me l'avez jamais dit."

"Non, bien sûr. Ce désir devait naître spontanément en toi. Maintenant va, rentre au village. Demain tu seras à nouveau avec nous."

Jarvis sortit du moutier. Pour la première fois il portait chaussettes et chaussures : il lui semblait marcher sur des nuages : que c'était commode ! Il allait vite vers le village, droit, fier, rapide et content. Il remarqua que ceux qui comme lui rentraient le regardaient avec respect et s'inclinaient à son passage : à la veste ils avaient compris que Jarvis, un fils de paysan, allait devenir un Mystique. Jarvis répondait à ces signes par un sourire et un signe de la tête, comme il savait que faisaient les Réunis. Au village, il parcourut les ruelles jusqu'à chez lui.

Son frère le reconnut de loin, comprit et courut à l'intérieur appeler les autres. Sa mère sortit en criant et en pleurant avec ses sœurs. Son père sortit, menaçant, entouré de ses frères et la scène que Trake lui avait décrite commença. Sa mère et ses sœurs le conjurèrent de renoncer, son père et ses frères le menacèrent et jurèrent qu'il l'en empêcheraient. Tous les voisins se pressaient autour et regardaient la scène en silence. Le père prit alors une corde et, avec l'aide des frères, il ligota Jarvis comme un criminel, puis il prit une canne et le battit. Ça ne lui faisait pas trop mal, mais les coups n'étaient pas feints. Puis ils le saisirent, l'emmenèrent dans la maison et l'étendirent, ligoté, sur son lit. Il resta seul.

Bien que Trake l'aie averti, la scène l'avait impressionné. Les larmes de sa mère étaient vraies, la colère de son père aussi. Un peu après Mulke arriva.

"Mais qu'est-ce qui t'a pris ? Tu veux vraiment te faire mystique ?"

"Oui."

"Tu sais que les Réunis sont chastes ? Tu feras comment ?" lui demanda-t-il dans un murmure.

"Nous deux aussi, aurions dû l'être, non ?"

"Si, mais tu veux dire qu'ils le font, là-dedans ?"

"Non, je ne sais pas. Je veux dire que c'est un petit problème." Mentit Jarvis.

"Mmmh, ça te plaisait trop. Mais tu n'aimes que les hommes, hein ?"

"Oui."

"Et là-bas, tu pourrais en trouver un comme toi."

"Je ne sais pas."

"Ou peut-être que tu l'as déjà trouvé, hein ? C'est ce qui t'a décidé à y aller ? Tu peux me le dire, je sais garder un secret."

"Non... mais j'espère le trouver."

"Mais je regrette que tu t'en ailles."

"De ne plus pouvoir t'amuser avec moi ?" demanda Jarvis malicieux.

"Mais non, enfin, un peu, mais j'ai ma promise, moi. Tu sais, je lui ai appris à me sucer. Maintenant elle le fait."

"Et elle te laisse aussi l'enculer ?"

"Non, pas ça, mais je n'en ai pas besoin, elle me donne son autre trou et ça me plait."

"Elle est meilleure que moi pour les pipes ?"

"Non, tu es bien meilleur."

"Si tu veux, cette nuit, on peut le faire une dernière fois."

"Je ne peux pas te délier."

"C'est pas la peine, si ?"

"Papa dit que tu dois dormir seul."

"Dis-lui que tu veux me surveiller. Fais-lui croire que tu es furieux contre moi. Et il te laissera peut-être dormir ici avec moi. Et quand on sera seuls dans le noir, tu pourras me la glisser dans ma bouche..."

"J'aimerais... j'essaierai. Mais toi, ligoté comme ça, je ne pourrai pas te faire jouir."

"Peu importe, je veux te sucer."

"Je bande rien qu'à t'écouter !"

"Fais-moi voir."

"Tu es fou ? Pas maintenant, c'est trop risqué. J'espère pouvoir dormir ici, ce soir. Mais là, il faut que je parte. Si je peux, je t'apporterai à manger."

Il revint plus tard.

"Me voilà ! Papa a tout avalé, il dit que je fais bien de te surveiller, alors je dors ici. Je t'ai apporté à manger. Attends, je te donne la becquée." Dit Mulke en s'asseyant à côté de lui et il commença à lui mettre en bouche de petits bouts de patates sautées. Quand il eut fini, il souffla la lampe. Puis il revint s'asseoir à ses côté, sur le bord du lit.

"Vas-y..." dit Jarvis.

"Attends, ils ne dorment pas encore."

"On s'en fout, tu n'as pas envie ?"

"Si, bien sûr."

"Et alors ?" demanda Jarvis, plein de désir.

Il le sentit bouger. Puis il sentit son doigt effleurer son visage, ses lèvres.

Et puis, à la place du doigt, il sentit le sexe raide de Mulke sur ses lèvres : "Tu le veux, Jarvis ?"

"Oui, s'il te plait."

"Le voici, suce-le." Murmura Mulke excité.

Jarvis ouvrit la bouche et la referma en anneau autour du gland chaud et tendu. Son frère poussa le bassin en avant et fit glisser lentement tout son membre dressé et frémissant entre les lèvres dans sa bouche chaude et accueillante.

"Oh, frérot, que tu es bon, même sans les mains : tu me plais trop, tu sais ?" murmura-t-il d'une voix rauque en commençant à s'activer dans sa bouche.

Jarvis adorait ce sexe décidé, chaud et fort, malgré l'inconfort de sa position. Les deux frères poursuivrent ces ébats étranges en savourant tous deux pour la dernière fois ce plaisir doublement interdit.

Jarvis pensait qu'il aurait aimé pouvoir rendre le même service à maître Trake à qui il s'imagina faire comme à son frère, ce qui l'excita énormément. Il suçait avec un plaisir avide alors que son frère continuait à bouger le bassin d'avant en arrière à un rythme régulier mais soutenu, à lui caresser les cheveux et les oreilles. Et il sentait les testicules de son frère frapper contre ses joues au même rythme.

Il sentit le plaisir envahir son frère depuis son membre quand ce dernier lui caressa le tête, les joues et la nuque sans cesser de marteler avec détermination le fond de sa bouche. Il le sentit se raidir, frémir de la tête aux pieds et se mettre à haleter.

"Fais-moi jouir, frérot, fais-moi jouir : bois toute ma liqueur, enivre-toi ! Je voudrais tant de délier, te déshabiller et la mettre dans ton beau cul, mais je ne peux pas malheureusement... Oooh, tu es bon... Oooh... Je....jouis... je jouis !" gémit-il d'un filet de voix et déversant dans la bouche de Jarvis des vagues de sperme chaud et parfumé.

Jarvis l'avala goulûment, heureux des forts tremblements du beau sexe entre ses lèvres. Et enfin, ils se séparèrent lentement.

"Ça a été merveilleux, pas vrai, Jarvis ?"

"Oui, magnifique, Mulke."

"Tu sais que je t'aime, frérot ?"

"Tu m'aimes ?"

"Oui, je regrette de te perdre, je t'aime."

"Mais tu n'aimes pas ta promise ?" demanda-t-il ému, dans un filet de voix.

"Bien sûr, je l'aime et je suis content de l'épouser, mais je t'aime aussi et je suis désolé de te perdre." Dit-il, confus, et il se pencha et, pour la première fois, lui donna un profond baiser sur la bouche.


Chapitre précédent
back
Couverture et table des matières
couverture
3eEtagère
Etagère 3
Chapitre suivant
next


navigation map
recommend
corner
corner
If you can't use the map, use these links.
HALL Lounge Livingroom Memorial
Our Bedroom Guestroom Library Workshop
Links Awards Map
corner
corner


© Matt & Andrej Koymasky, 1997 - 2008