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histoire originale par Andrej Koymasky


pin L'ORDRE DES RECLUS CHAPITRE 7
RESPONSABILITE

Un des maîtres de ce moutier lui paraissait quelqu'un de particulièrement éclairé et "capable d'amour" pour reprendre l'expression du doyen. Se référait-il à lui ? Jarvis décida d'essayer de lui parler.

"Maître Kente, puis-je voler un peu de votre temps ?"

"Il n'y a rien à me voler, ce temps ne m'apparient pas," répondit-il en souriant, "mais si vous souhaitez me parler, je suis à votre disposition."

Jarvis sourit : "Vous être une des personnes les plus sereines et éclairées de ce moutier."

"Vous errez : c'est le moutier qui est serein et éclairé, je ne suis qu'un de ses reflets."

"Peut-être, mais très agréable. Vous me paraissez quelqu'un capable d'amour : quel est votre secret ?"

"Je n'ai pas de secret : j'aime l'amour, je crois que c'est la plus grande force de l'univers."

"L'amour... de tout genre ?" demanda alors Jarvis.

"Il n'existe qu'une seule sorte d'amour, profès."

"Mais qui se manifeste sous plusieurs formes..."

"C'est exact."

"Et toutes ses manifestations sont bonnes ?"

"En douteriez-vous ?"

"A part moi, beaucoup en doutent."

"Alors, citez-moi une manifestation de l'amour qui ne soit pas bonne."

"L'amour qui veut posséder."

"Qui veut posséder n'aime pas. L'amour est don, il ne peut être possession."

"L'amour pour quelqu'un qu'on ne devrait pas aimer ?"

"S'il reste au fond du cœur, il n'y a pas de mal. S'il se manifeste, et bien... ça dépend."

"C'est à dire ?"

"Aimer, même si ce n'est que physiquement, quelqu'un lié à un autre est un manque à l'amour pour l'autre, c'est donc mal. C'est le cas de l'adultère."

"Et pour l'inceste ?"

"C'est un amour dévoyé : l'amour entre parent et enfant ne peut pas remplacer l'amour entre amants. Mais surtout, c'est une limite que pose la nature : la presque totalité des fruits d'un tel amour naît avec de lourdes tares. L'amour entre consanguins implique de ne pas aimer l'enfant qui en résultera."

"Et pour l'amour entre personnes de même sexe ?"

"Si c'est un amour de don, alors c'est de l'amour et c'est beau."

"Pourtant, on considère ça comme un crime. La loi serait-elle mauvaise ?"

"La loi a ses limites, elle est humaine."

"Elle ne vient pas de Dieu ?"

"Si, bien sûr, comme la lumière nous vient du soleil, c'est indubitable, mais il suffit d'un nuage, du brouillard, d'une éclipse ou juste de la nuit et la belle lumière du soleil, qui néanmoins continue de resplendir, ne nous atteint plus, ou pas dans toute sa pureté."

"Alors, si un homme aime un homme, il ne commet pas de crime ?"

"Votre question est mal formulée : le crime est ce qui va contre la loi, et donc l'amour entre hommes est un crime. Mais que ce soit un crime ne signifie pas que c'est mal : aimez votre homme dans la sérénité, profès."

"Et vous, maître, aimez-vous un homme ?"

"J'aime tous les hommes."

"Un particulièrement ?"

"Nous avons tous quelqu'un de particulièrement cher à notre cœur."

Jarvis comprit qu'il était inutile d'insister. Après tout, il n'était qu'un inconnu pour ce maître et il ne pouvait pas s'attendre à recevoir ses confidences. Mais il décida d'abattre sa dernière carte : "Excusez-moi, mais si j'ai osé vous poser une question si personnelle c'est que j'ai un problème sur lequel j'aimerais votre conseil, c'est pour ça que je vous ai demandé si vous aviez des expériences analogues aux miennes."

"Si le médecin ne savait traiter que les maux dont il a été atteint, le docteur idéal serait mort !" répondit-il en souriant.

Alors Jarvis dit : "C'est très pesant pour moi d'être si loin de mon homme. Il me manque. Y compris l'aspect physique de notre relation. Il y a ici un novice qui m'attire énormément et je ne sais que faire."

"Si le novice est aussi attiré par vous, si c'est un désir mutuel, pourquoi pas ? La fidélité est une qualité du cœur, pas du corps."

"Le fait est que je peux pas demander au novice ce qu'il ressent pour moi, s'il veut faire l'amour avec moi."

"Avec délicatesse et respect, je ne doute pas que vous puissiez le lui faire comprendre."

"Et puis, même s'il disait oui, où, quand, comment ? Je ne saurais pas."

"Certes, vous êtes étranger, ici, mais pas le novice, fiez-vous à lui."

"Il y a des lieux et des moments surs ?"

"En doutez-vous ? Comme votre amant et vous-même, tous les couples d'amants les trouvent. Je vous souhaite une bonne rencontre, profès." Dit maître Kente avec un sourire et une brève révérence avant de partir.

Le lendemain, dans sa cellule, Jarvis couchait ses notes sur le papier quand il entendit des coups légers à la fenêtre. C'était le novice Fresth. Il alla lui ouvrir.

Ce dernier lui remit un petit panier : "Des raisins de nos vignes. J'espère qu'ils vous plairont."

"C'est pour moi ? Merci, c'est très gentil. J'ai beaucoup pensé à toi ces jours-ci."

"Moi aussi, j'avais envie de vous rencontrer et de parler avec vous."

"Je suis content de te voir. Pourquoi ne viens-tu pas dans ma cellule, on pourra parler."

"Les novices ne peuvent pas entrer dans la cellule de leur supérieur. On pourrait parler ici."

"Mais ici, on ne peut que parler." Dit Jarvis avec un sourire et en le regardant dans les yeux.

Le novice le regarda sans changer d'expression, sans perdre son sourire, et il dit : "Que voudriez-vous faire d'autre, profès ?"

Le novice avait une main sur le montant de la fenêtre, le jeune mystique posa la sienne dessus dans une légère caresse : "Être un peu avec toi."

Le garçon retourna sa main, paume contre paume, et serra légèrement celle de Jarvis : "Même si on ne fait que parler, ça peut être agréable."

"Fresth."

"Oui, profès ?"

"J'aime ton nom."

"Il vous rappelle votre ami ?"

"Oui."

"Vous l'aimiez bien ?"

"Oui, on s'aimait bien."

"Il était beau ?"

"Il me plaisait beaucoup."

"C'est bon d'avoir un tel ami, n'est-ce pas ?"

"C'est vrai. Tu n'as pas d'ami ?"

"Ici ?"

"Oui, ici."

"Aucun vrai ami : j'ai deux compagnons, des novices, qui..." commença-t-il, mais il s'interrompit, hésitant.

"Avec qui tu te sens bien ?"

"Oui, avec parfois l'un, parfois l'autre."

"Vous vous isolez ?"

"Oui."

"Comme je voudrais le faire avec toi, Fresth."

"Et moi avec vous, profès Jarvis."

Leurs main, sur le rebord de la fenêtre, se serraient plus fort.

"Dis-moi comment on pourrait faire."

"Ce ne sera pas facile."

"Comment fais-tu, avec tes amis ?"

"Comme novices nous devons, deux par deux à tour de rôle, faire la quête au village. On rentre le soir. On se cache dans les fourrés au bord de la route."

"Je ne peux pas faire la quête avec toi, malheureusement. Pourquoi ne passes-tu pas par cette fenêtre ? Personne ne te verrait, ici."

"On pourrait venir me chercher."

"J'ai envie de toi, Fresth."

"Moi aussi."

"Je te veux."

"Oui..."

"Il faut qu'on trouve le moyen."

"Oui."

Jarvis guida la main du garçon à ses lèvres et l'embrassa. Comme si sa paume gardait trace du baiser, le garçon s'en caressa la joue puis l'embrassa.

"Je trouverai le moyen, je le jure." S'exclama-t-il en s'enfuyant.

Jarvis le regarda partir, agile et léger et il sentit son désir augmenter.

Trois jours passèrent pendant lesquels Jarvis ne put apercevoir Fresth qu'au sein de groupes : au réfectoire, dans la grande salle. Ils ne pouvaient échanger aucun mot, rien que de longs regards éloquents.

Puis, un matin, il frappa à nouveau à la fenêtre de Jarvis.

"Profès Jarvis."

"Oh, Fresth !"

"Vous savez nager ?"

"Oui, pourquoi ?"

"Demain, tous les novices vont au lac, à la pêche. Chacun devra choisir l'endroit qu'il pense le meilleur et essayer de prendre le plus de poissons possible pendant la journée. La règle est de rester loin les uns des autres. D'habitude je vais sur l'île aux arbres jumeaux. Je l'ai choisie à dessein. Le matin, un acolyte m'y emmènera en bateau, avec mon repas et mes lignes, et il reviendra me chercher le soir. Vous pourriez aller au lac avant nous et rentrer après. Bien sûr, vous devrez y passer toute la journée, et on aura beaucoup de temps pour être ensemble. Mais vous ne devez pas être vu."

"J'aime ton idée. Mais comment vais-je au lac ? Et comment reconnaître ton île ?"

"Il y a une carte à la bibliothèque. Je vous ai fait ce petit plan qui indique où passer à la nage. L'île est impossible à manquer : il y en a six, mais une seule a deux arbres pareils."

"Combien dois-je nager ? Longtemps ?"

"Si vous êtes bon nageur, le temps de chanter l'hymne : laisse moi entrer."

"Et si à la dernière minute, pour une raison quelconque, tu ne pouvais pas venir , ou si on te changeait de place ?"

"Non, aucun risque pour ça."

"Personne ne pourra nous voir, sur l'île ?"

"Personne, je la connais bien. J'y vais depuis que je suis gamin."

"Avec tes petits amis ?"

"Avec eux aussi."

"Alors tu es un vétéran."

"Un vétéran ?"

"De l'amour."

"J'avais treize ans, la première fois. Trois garçons d'environ seize ans m'ont violé."

"Violé ? Et ça t'a plu ?"

"Non, pas cette fois-là."

"Mais comment est-ce arrivé ? Ça t'ennuies de me le raconter ?"

"Non. J'avais compris que j'aimais les garçons. J'ai vu l'un d'eux qui pissait et je lui ai dit que j'aurais aimé le toucher. Il a souri et il a dit : 'Ici, on pourrait nous voir, viens ce soir au vieux moulin.'

"Alors j'y suis allé en pensant que j'y passerais un bon moment. Je l'ai attendu. Il est arrivé avec deux autres. Ils m'ont sauté dessus et m'ont déshabillé puis ligoté sur une vieille caisse. J'ai cru qu'ils voulaient me tuer. Mais l'un après l'autre, il me l'ont mise, d'abord dans la bouche puis dans le derrière. Et ils riaient, riaient, riaient !

"J'ai éprouvé une grande douleur et une énorme rage. Je me sentais sali. Le dernier me détacha puis ils s'en allèrent. Je me suis juré de me venger. Mais heureusement, à quatorze ans, j'ai rencontré un garçon de dix-huit ans qui devait épouser ma sœur. C'était un garçon doux et très beau. On est d'abord devenus amis et, un soir, on a fait l'amour. Ça a été très bon. Il m'a fait comprendre que la vengeance me blesserait plus que ces garçons ne l'avaient fait ce jour-là.

"Il venait, une fois par mois, faire l'amour à ma sœur puis, le soir, il rentrait à son village. Moi, je devais l'accompagner un bout de chemin, alors on faisait l'amour dans une cabane à outils, dans un champ à mi parcours. Mais lui, même s'il continuait à faire l'amour avec moi, il avait toujours aimé les garçons, est petit à petit tombé amoureux de ma sœur. Et après un peu plus d'un an, il m'a dit qu'il voulait arrêter. Alors je me suis cherché un autre partenaire. J'ai essayé un jour au lac avec un cousin, d'un an mon cadet. C'est lui qui m'a emmené à l'île et il m'y a fait connaître ses amis. Parfois, on était jusqu'à cinq à le faire." Dit-il alors en riant, à peine gêné, puis il poursuivit : "J'ai décidé d'entrer chez les Réunis. Quand j'étais candidat, j'ai commencé à le faire avec un des deux dont je vous ai parlé. Devenu Novice, c'est lui qui a trouvé l'autre novice et me l'a fait rencontrer. Voilà, c'est là toute mon expérience." Conclut-il serein. Puis il ajouta : "Vous serez donc mon premier homme." Et un sourire plein d'espérance s'épanouit sur son visage et fit trembler Jarvis.

"Et le douzième de ta liste." Sourit Jarvis.

"Vous les avez comptés ?" demanda-t-il, amusé.

"Oui, et j'ai hâte d'être demain."

"A qui le dites-vous !" répondit-il.

Quelqu'un appela Fresth. Il salua et s'en alla.

Jarvis entendit le bruissement des rames et resta caché. Après un moment il entendit la voix du garçon : "Vous êtes où ?"

"Ici."

Dans le bruit des branches écartées, le garçon lui apparut, vêtu de son seul pagne violet. Jarvis aussi ne portait que son pagne noir, il avait étendu ses habits à sécher.

"Dieu ce que vous êtes beau !" s'exclama le garçon en approchant.

Le garçon n'était pas mal fait. Jarvis, encore assis dans l'herbe, tendit la main et dénoua le pagne de Fresth. Il sourit, ravi de voir un début d'érection. Le garçon rougit un peu mais s'assit devant lui et caressa sa poitrine large et musclée. Puis il descendit lentement les mains jusqu'à caresser l'érection de Jarvis à travers la toile tendue de son pagne : "Vous aussi, vous êtes excité." Dit-il à voix basse, ému et content.

"Bien sûr, parce que je te désire. Allez, déshabille-moi."

"Je peux ?" demanda le garçon et il le retira d'un coup, libérant l'érection majestueuse.

"Vous êtes vraiment très beau." Soupira-t-il en lui caressant le membre, puis il découvrit le gland et se pencha pour y mettre la pointe de la langue.

Jarvis lui caressa le dos, les flancs, la poitrine. Fresth lui léchait les testicules et le sexe sur toute sa longueur, puis à nouveau le gland gonflé. "Vous le mettrez en moi, hein ?" demanda-t-il à un moment.

"Tu en as envie ?"

"Bien sûr, mais avant je voudrais en profiter un peu en bouche. Elle est belle, grande et dure !" murmura-t-il et il replongea sur le sexe et le fit glisser dans sa bouche. Et il se mit à pomper de haut en bas, tout en caressant la poitrine de Jarvis.

Un peu après, Jarvis le fit se rasseoir : "Maintenant, à moi de te goûter."

"Mais..."

"Nous avons tout le temps, non ? Et j'ai envie de te sucer." Dit Jarvis en se penchant à son tour sur le giron de Fresth.

Après l'avoir un peu caressé et léché, Jarvis le prit en bouche.

Le garçon gémit : "Oh, vous êtes bon ! C'est bon, magnifique !" il planta ses mains derrière lui et pencha la tête en arrière, dans un geste instinctif d'offrande.

Jarvis lui pinça légèrement les tétons et le garçon gémit encore : "Oooh, comme ça vous allez me faire jouir tout de suite, c'est trop bon !"

Non, Jarvis ne voulait pas le faire jouir trop tôt et quand il le sentit se tendre, dangereusement près de l'orgasme, il se releva et s'offrit à nouveau : "A toi de me sucer de nouveau, allez."

Fresth ne se le fit pas répéter et il se pencha goulûment sur Jarvis. Ce dernier sentait ses lèvres serrées, la bouche chaude et douce, la langue infatigable sur son membre raide et il éprouvait un intense plaisir. Ils se relayaient ainsi, comme dans un concours pour donner à l'autre le plus de plaisir possible sans le laisser atteindre le point de non retour, jusqu'à ce que Jarvis fasse s'étendre le garçon et s'étende à côté de lui, mais tête bêche.

"Maintenant on le fait ensemble, mais sans s'arrêter."

"Mais je vous voulais en moi..."

"Plus tard, ne t'en fais pas, après je te prendrai et tu me prendras."

"Oh, bien !" dit le garçon et il se remit à l'ouvrage avec application.

Jarvis posa les mains sur les fesses de Fresth et l'attira pour prendre en bouche tout son sexe, puis, tout en le suçant, il commença à agacer des doigts et à titiller son petit trou. Le garçon gémit et l'imita rapidement.

Le soleil, pas fort mais agréable, était maintenant au zénith et il brillait sur leur corps réunis dans un cercle de plaisir grandissant. Et seuls le doux clapotis de l'eau et le chant des oiseaux accompagnaient leurs gémissements alors qu'ils arrivaient enfin au sommet de leur plaisir. Jarvis sentit le garçon trembler avec de plus en plus de force et il se prépara à recevoir son doux tribut, qui ne tarda pas à exploser dans sa bouche et qu'il avala avec plaisir. Au premier jet, Jarvis se laissa aller et il déversa lui aussi sa charge de sperme dans la bouche de Fresth. Ce dernier l'avala à grandes gorgées, attentif à ne pas en laisser une goutte se perdre.

Ils continuèrent à se sucer l'un l'autre jusqu'à ce que leurs orgasmes réciproques se calment, puis le novice se tourna avec agilité et embrassa Jarvis sur la bouche.

"Vous êtes content d'être ici avec moi, Profès ?"

"Très."

"Moi aussi. C'est incroyable ce que vous me plaisez."

"Mais maintenant, on ferait mieux de pêcher un peu, ou tu reviendras bredouille."

"J'ai bien placé mes lignes. Ne bougez pas d'ici ou d'autres pourraient vous voir. Je vais les vérifier et les remettre, puis on mangera quelque chose."

"Oui, et après ?"

"Et puis j'ai encore envie de vous... Vous me l'avez promis..."

"Bien sûr. Mais ça fait combien de temps que tu n'as pas fait l'amour ?"

"Dix jours."

"Aujourd'hui, tu t'en remettras."

"Oui, avec vous. Mais je dois y aller. Reposez-vous pendant ce temps." Dit le garçon en lui caressant doucement le sexe et en y posant un baiser.

Il remit vite son pagne et disparut entre les buissons vers le rivage.

Jarvis le regardait s'éloigner et se disait que ce garçon avait la fraîcheur du cœur pur qui fait l'amour sans complexe. Il n'était pas beau, juste gracieux, mais il avait un autre genre de beauté.

Il revint rapidement, avec son panier de poissons et un sourire radieux : "J'ai eu de la chance, ils ont mordu à toutes mes lignes, sauf une. Et ce sont des gros. Je ne ferai pas mauvaise figure. Regardez ça." dit-il en posant le panier à côté de Jarvis et, d'un geste élégant, il enleva de nouveau son pagne.

Jarvis jeta un coup d'œil au panier, puis il regarda le corps nu du garçon : "Je préfère te regarder toi."

"Et moi, vous : voyez l'effet que vous me faites !" dit-il en montrant l'érection qui se réveillait déjà entre ses jambes.

"Tu veux faire l'amour maintenant ?"

"Oui, bien sûr que je voudrais, mais mangeons un peu, d'abord." Dit Fresth en allant chercher le repas.

"Mais tu n'as qu'une ration, mange-la, ne t'en fais pas."

"Non, j'en ai pris plus sans me faire voir. Mangez tranquille."

"Tu es un bon garçon." Dit Jarvis en l'attirant à lui pour le caresser.

"Mais vous allez me faire oublier le repas, comme ça." feignit-il de se plaindre, d'évidence ravi par ces caresses.

Jarvis s'arrêta : "Alors mangeons sans perdre plus de temps."

Ils apprécièrent le repas, simple mais bon. Puis Jarvis lui dit : "Etends-toi, pose la tête sur mon ventre. On peut prendre quelques instants de repos, non ?"

Le garçon obéit, s'assit entre les jambes de Jarvis et appuya la tête sur son ventre. Jarvis le caressait doucement : "Ah, s'il était possible de rester ainsi sans soucis." Soupira le novice.

"Ça te plairait de vivre dans un moutier où tu pourrais faire l'amour ainsi, sans craintes ?"

"Et vous me le demandez ?"

"Oui... comment aimerais-tu que soit la vie au moutier ?"

"Comme elle est... et avec ceci en plus. Nous avons des jardins magnifiques, au moutier. Imaginez si on pouvait y être comme ça, comme on est maintenant nous deux."

"Devant les autres ?"

"Non, bien sûr, seuls."

"Et les autres ? Il faudrait un jardin par couple !"

"Non, il suffirait que le jardin ait assez de coins où s'isoler."

"Mais les maisons ne devraient pas avoir de fenêtres donnant sur le jardin, sinon ce serait comme le faire devant tout le monde."

"Il suffit de bien concevoir le jardin : de hautes haies, ou des murets, pour protéger l'intimité. Et puis pouvoir aller se baigner juste à deux. Ce serait parfait. Pouvoir aller passer la nuit dans la chambre de celui qu'on aime ou avec qui on veut faire l'amour."

"Mais si deux personnes veulent faire l'amour au même ?"

"Et bien, celui-là doit choisir avec lequel des deux il fera l'amour."

"Mais celui qui est exclu sera malheureux, tu ne crois pas ?"

"Bah, entre personnes raisonnables, ce sera aujourd'hui avec lui, demain avec toi. Mais un tel moutier est tout à fait impossible."

"Mais s'il existait ?"

"Je postulerais immédiatement pour y être transféré."

"Qui sait, peut-être existera-t-il un jour."

"Vous êtes encore plus rêveur que moi. Un tel moutier, même s'il venait à exister, serait fermé sur le champ ! Et tous ses habitants décapités."

"Il suffira que personne n'en sache rien hors des murs."

"Mais si personne n'en sait rien hors des murs, comment pourrais-je y aller ?" demanda-t-il en riant.

Jarvis secoua la tête et se mit à caresser la poitrine du doux novice. Ils parlèrent encore un peu du moutier idéal et le garçon se mit aussi à caresser Jarvis, jusqu'à sentir l'érection presser dans son dos. Alors il glissa de côté pour pouvoir lécher cette nouvelle érection. Ils arrêtèrent de parler pour s'occuper l'un de l'autre.

Quand ils furent complètement excités, Fresth murmura plein de désir : "Prenez-moi, maintenant, profès."

Jarvis prit le garçon par la taille et le fit se mettre à quatre pattes, puis il plongea la tête entre les fesses fermes et solides et commença à lécher entre les fesses, qu'il écartait des deux mains, pour humecter de la langue la rosette de chair. Sa langue dardait habilement dans le trou tendre et doux et Fresth à chaque fois tremblait intensément et gémissait en proie à un plaisir grandissant. Quand le novice fut tout frisson, Jarvis le prit à nouveau et le tira vers lui, le faisant s'asseoir sur les genoux, le dos appuyé contre sa propre poitrine.

Fresth comprit comment il voulait le prendre et, saisissant le beau sexe de la main, il le guida vers son trou glissant de salive puis se laissa descendre de manière à ce que son propre poids facilite la pénétration.

"Aaah," cria le novice, submergé de plaisir en se sentant empalé, "c'est trop bon !"

"Tu aimes ça ?"

"Oh, tellement ! Et vous aimez me prendre ?"

"Bien sûr." Répondit Jarvis en continuant toujours plus profond son chemin dans le chaud canal où le garçon l'accueillait avec un sourire radieux.

Quand le garçon fut bien fixé sur lui, il le fit s'étendre sur le flanc, l'épaule appuyée sur l'herbe. Puis il se tordit au dessus de lui pour lui sucer un téton et il se mit à pomper en lui par dessous, avec de petites poussées. Fresth gémit faiblement, dodelinant de la tête dans son plaisir grandissant. Sans y penser, le garçon saisit son sexe raide et commença à se masturber.

Jarvis l'arrêta : "Non, après il faut que tu me prennes, tu ne dois pas jouir."

"Mais je le ferai quand même." Gémit-il.

"Non, s'il te plait, résiste." Insista Jarvis et il continua à le prendre avec vigueur et à caresser son corps tendu de plaisir.

Puis, sans glisser hors de lui, il le fit peu à peu changer de position de manière à se trouver à genoux entre les cuisses écartées du garçon qu'il tenait suspendu sur son bassin puis il passa les jambes du garçon par dessus ses épaules et il le prit par devant. Il pouvait à présent appliquer plus de force à ses poussées et le novice parut apprécier le changement.

"Vous êtes un homme splendide et fort. Je n'aurais jamais rêvé que ce soit aussi bon, avec vous. Emmenez-moi avec vous, je vous en prie."

Jarvis ne répondit pas, mais l'embrassa sans cesser de pomper en lui avec plaisir. Le novice délirait presque : il serrait le profès entre ses bras, s'agitait sous lui, suçait avec avidité sa langue et gémissait avec force. Le plaisir intense du garçon augmentait celui de Jarvis qui le prenait avec un plaisir croissant. Les deux corps luisaient d'une myriade de gouttelettes de sueur. Le garçon faisait palpiter son anus avec passion autour du membre glorieux qui s'agitait en lui et Jarvis éprouvait un intense plaisir, alors il redoubla l'énergie de ses poussées, haletant dans sa frénésie croissante.

Soudain le garçon jouit avec des spasmes forts qui déclenchèrent tout de suite l'orgasme de Jarvis qui déchargea en lui en lâchant un long et rauque cri de jouissance. Ils s'étendirent, épuisés.

Fresth murmura alors : "Je vous aime. Je vous aime !"

"Non..." gémit Jarvis.

"Si, je vous aime. Emmenez-moi, je vous en prie."

"Ce n'est pas possible."

"Pourquoi pas ? S'il vous plait."

"J'aime un autre homme qui m'attend à mon moutier."

"Peu importe, aimez qui vous voulez, mais emmenez-moi avec vous."

"Quand je serai avec lui, je ne pourrai plus faire l'amour avec toi, tu ne le comprends pas ?"

"Peu m'importe : je veux être à vous, vivre près de vous."

"Tu ne peux pas être à moi, parce que je suis, moi, à mon homme."

"Je veux venir avec vous."

"Tu souffrirais d'être près de moi sans pouvoir m'avoir."

"Je souffrirais plus à être loin."

"Sois raisonnable, Fresth, je t'en prie."

"Je ne peux pas, je ne peux pas." Répondit-il en fondant en larmes.

Jarvis était troublé. Il le caressa, essaya de la calmer.

Le novice se débattit et se dégagea et se jeta à terre face à lui : "Je vous en prie, emmenez-moi avec vous ! S'il vous plait, je vous en PRIE !"

"Fresth, s'il te plait, écoute-moi : il te semble maintenant que tu ne peux pas vivre sans moi, mais ce n'est qu'une impression passagère, due à l'intensité du plaisir que tu as ressenti."

"Non. Non, non et non ! Je vous aime."

"Mais moi, je ne peux pas t'aimer !"

"Ça m'est égal."

"Fresth, lève-toi et arrête ça."

"Je vous en prie, je vous en prie, je vous en prie."

"ARRETE !" cria Jarvis retourné par l'intensité des sentiments du novice.

Le garçon se tut mais resta prostré, le corps secoué de sanglots. Jarvis sentit de la pitié et d'instinct il se pencha sur lui et le serra dans ses bras. Le garçon s'agrippa à lui, sans parler.

Alors Jarvis lui dit avec douceur : "J'ai encore de nombreux mois de voyage devant moi, puis je rentrerai pour un mois au moutier, à mon homme, puis je ferai un autre voyage. Mon cheval ne peut pas porter deux personnes, alors même si je le voulais, je ne pourrais pas t'emmener avec moi. Et pendant le voyage, je dois être seul, libre de faire mes recherches, je ne pourrais pas m'occuper de toi. Tu ne comprends pas que c'est impossible ?"

"Non." Geignit-il.

"Maintenant, non, mais tu y repenseras à tête reposée, tu comprendras toi aussi."

"Non, non."

"Fresth, je n'aurais pas dû faire l'amour avec toi."

"Mais nous l'avons fait."

"Je ne croyais pas... je ne pensais pas..."

"Moi non plus..."

"Je te demande pardon, Fresth."

"Et de quoi ? Je voulais faire l'amour avec vous, au moins autant que vous. Et si vous ne voulez pas de moi, je vous suivrai quand même. Vous ne pourrez m'en empêcher qu'en me tuant."

"Fresth, ne sois pas stupide !"

"Je ne suis pas stupide. Je dis ce que je ressens."

"Fresth, tu es un garçon charmant, vraiment. Mais malheureusement il n'y a pas de place pour toi dans ma vie, essaie de le comprendre."

Le garçon ne répondit pas.

"Je ne voulais pas te faire de mal, Fresth."

"Vous ne m'avez fait pas de mal, mais rien que du bien."

"Mais maintenant, obligé que je suis de refuser ton amour, je t'en fais, du mal."

"Non. Vous faites ce qui vous paraît le plus juste. Et j'en ferai autant, ne vous en faites pas pour moi." Dit le garçon en affichant un sourire forcé. Puis il se releva : "Je vais vérifier les lignes, excusez-moi." Et, remettant son pagne, il s'éloigna.

Jarvis était profondément troublé : qu'avait-il donc déclenché chez ce garçon ? Quelque chose de supérieur à eux deux. Il avait été inconscient et il ne pouvait pas se le pardonner. Comment y remédier, maintenant ? Que faire ? Il prit une décision : quelles que soient les conséquences, il devait tout avouer au doyen, pour le bien du garçon, il allait prendre toute la faute sur lui. Oui, c'était la seule chose à faire.

Fresth revint avec d'autres poissons : "L'acolyte ne va plus tarder à venir me chercher. Mais il n'y a pas à s'en faire : il ne débarquera pas, il m'appellera juste en approchant et j'irai le rejoindre sur la rive. Attendez une heure avant de repartir à la nage jusqu'au rivage."

"Comment te sens-tu, garçon ?"

"Bien, pourquoi ?"

"Je me sens coupable envers toi."

"Vous ne devriez pas, c'est ma faute, pas la vôtre. C'est moi qui suis tombé amoureux de vous, non ?"

"Mais je..."

Fresth sourit, cette fois de son habituel sourire frais et doux : "Ce problème est le mien, et c'est moi qui le résoudrai."

"Tu... tu ne penses pas à faire une bêtise, hein ? Je ne voudrais pas."

"Comme me tuer ? Non, absolument pas. J'aime trop la vie, n'en doutez pas."

"Fresth..."

"Même dans votre moutier idéal, de telles choses pourraient advenir, non ?" demanda doucement le garçon.

Jarvis le regarda, ahuri par ce subit changement d'humeur. Il demanda : "Et comment, selon toi, résoudre un tel problème, dans notre moutier idéal ?"

"Dans notre moutier idéal, les deux hommes continuent à s'aimer et le garçon se retire sans drame, par amour."

"Tu le dis sérieusement ?"

"Tout à fait."

Jarvis lâcha un soupir silencieux de soulagement. Mais une voix intérieure lui disait qu'il devait quand même en parler au doyen, à son retour.

Ils entendirent l'appel. Le garçon se leva et s'approcha de Jarvis : "Vous ne me donnez pas un dernier baiser ?" demanda-t-il presque timidement.

Jarvis le serra dans ses bras et l'embrassa. Puis le novice reprit ses paniers.

"On se voit au moutier, profès Jarvis." Lui dit-il avec un sourire et il se hâta vers la rive.


Jarvis demanda audience au doyen. Il fut reçu sur le champ.

"Alors, profès Jarvis, vous avez fait une bonne excursion ?" lui demanda le vieil homme avec un sourire serein.

"Oui, justement, je voulais vous en parler."

"Je vous en prie, mettez-vous à l'aise."

"Ce que je dois vous dire est grave. Mais il faut... je dois vous le dire et je suis prêt à en subir toutes les conséquences."

"Je vous écoute."

"Je me suis senti très attiré par un des novices de votre moutier."

"Oui ?"

"Et j'ai éprouvé un fort désir d'avoir un rapport physique avec lui."

"Je comprends."

"Aujourd'hui, je l'ai retrouvé au lac et, à l'insu des autres, je l'ai invité à avoir un rapport avec moi."

"Pas par la force, n'est-ce pas ?"

"Non, bien sûr que non, mais le problème est que maintenant... le garçon est éperdument amoureux de moi. Il veut à tout prix me suivre, venir avec moi."

"Et vous, que pensez-vous de lui ?"

"Ce n'est pas possible, absolument pas."

"Pourquoi ?"

"Parce que j'aime un autre homme et je ne pourrais pas lui donner mon amour, même si c'était permis, même si j'ai quand même un penchant pour lui."

"Est-ce un prétexte pour le décourager ?"

"Non, c'est la pure vérité."

"Je comprends."

"Maintenant, si vous croyez juste de me punir, j'accepterai votre décision, mais je vous demande d'être magnanime avec le garçon, il n'y est pour rien, et de l'aider à retrouver le calme et l'équilibre. S'il vous plait, ne le punissez pas."

"Quel est son nom ?"

"Ai-je votre parole d'honneur qu'il ne sera pas puni ?"

"Vous l'avez."

"C'est le novice Fresth, doyen."

Il sourit : "Je le savais."

Jarvis le regarda, stupéfait : "Vous le saviez ? Comment pouviez-vous ?"

"Dès qu'il est rentré du lac, Fresth est venu me parler de ce qui est arrivé entre vous, sauf que sa version est légèrement différente de la vôtre."

"Différente, comment ça ?"

"Le garçon prend toutes les fautes sur lui et me demande de l'expulser de l'ordre."

"Je ne comprends pas."

"Parce qu'il veut vous suivre. Et il ne pourrait pas le faire autrement. En fait, s'il s'échappait du moutier, je serais forcé de le dénoncer et de le faire rechercher."

"C'est ce que je craignais... mais la faute est entièrement la mienne, pas du garçon, je vous demande de me croire."

"Mais qu'avez-vous donc fait à ce garçon pour le séduire de la sorte ?"

"Je lui ai fait l'amour."

"Vous l'avez déjà dit. Mais au point de lui faire perdre aussi éperdument la tête !"

"Je suis vraiment impardonnable, je sais. Aussi j'accepterai quelque punition que vous décidiez de m'infliger."

"Même la mort ?"

"Si vous croyez que c'est juste. Je m'en remets complètement à vous. Mais aidez le garçon."

"Vous êtes un homme incroyable, profès Jarvis. Indubitablement honnête et courageux. Rares sont ceux capables d'assumer leurs responsabilités aussi complètement que ce que vous faites."

"J'aurais dû avoir plus le sens des responsabilités avant..."

"On ne fait pas l'histoire avec des conditionnels : ce qui est fait est fait. Pour l'instant j'ai ordonné au garçon de rester au noviciat en attendant mon prochain ordre. Je l'ai isolé dans la chambre des malades, pour qu'il soit seul. Nous devons trouver une solution.

"Ce n'est certainement pas en vous donnant une punition que je l'aiderai. En mettant bout à bout vos deux récits, je crois bien qu'il désirait votre rencontre au moins autant que vous."

"Mais je suis profès, et lui novice."

"Un profès de peu d'années de plus que mon novice. Il y a ici même des acolytes plus vieux que vous et, à dire vrai, des vieux moins murs que vous. Le garçon semble prêt à tout pour vous suivre. Il m'a dit que vous ne le vouliez pas, mais il a ajouté qu'il vivrait en mendiant, couchant à la porte de votre moutier, pour pouvoir au moins vous voir."

"Oh, mon dieu !"

"Et je crains que si je refuse sa demande d'expulsion il ne s'enfuie. Il a vraiment perdu la tête pour vous. Alors nous devons trouver, ensemble, une autre solution."

"Mais je ne peux pas l'aimer, je ne pourrai pas non plus lui faire l'amour, une fois dans mon moutier." Dit Jarvis d'une voix désolée.

"Il semble que le garçon l'a bien compris. Et je ne crois pas que ce soit ce qu'il attend."

"Mais alors, quoi ?"

"Vous avez dit que vous assumeriez votre responsabilité pour ce que vous avez provoqué chez ce garçon, non ?"

"Bien sûr."

"Et que vous vous en remettiez à moi ?"

"Complètement."

"Bien. Vous m'avez aussi demandé de penser au bien du garçon, exact ?"

"Oui, bien sûr."

"Bien. Alors je vais vous dire quelle sera la punition que je vais vous donner et comment je compte aider le garçon. Je n'expulserai pas le garçon de mon ordre, pour l'instant. A la place, je vais lui donner un cheval et une lettre de présentation. Et après-demain, ensemble, vous quitterez ce moutier. Vous emmènerez le garçon pendant votre voyage, puis dans votre moutier. Là, le garçon demandera à être admis parmi les Mystiques. Vous appuierez sa demande. L'autorisation, de notre part, viendra sans problème."

"Mais je ne peux pas donner au garçon ce qu'il désire."

"Je ne vous le demande pas. Je vous demande juste de l'emmener avec vous. Peut-être que le garçon, en vous connaissant mieux, changera d'idée tôt ou tard et demandera à revenir ici où il sera le bienvenu. Même si, en toute sincérité, ça m'étonnerait, si je connais bien les hommes. Mais c'est le seul espoir que nous ayons."

"Et s'il ne change pas d'avis ?"

"Il deviendra Mystique. Ça vaut bien mieux que fugitif, non ? Et peut-être pourra-t-il trouver dans la danse mystique l'apaisement des sentiments qu'il éprouve pour vous. Telle est ma décision."

"Je ne peux que m'y soumettre, je l'ai promis. Même si je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. Mais comme je ne saurais vous en proposer de meilleure, je n'en ai pas trouvée, je me fie à vous."

"Je ne dis pas que c'est la bonne solution, je dis juste que moi non plus je n'en ai pas trouvée de meilleure. Vous m'avez facilité la tâche par votre attitude et très sincèrement, je vous en remercie."

"Vous me remerciez, moi ?"

"Mais certainement, merci d'avoir été aussi honnête avec notre novice."

"J'aurais été plus avisé de ne pas faire l'amour avec lui."

"Mais vous l'avez fait : vous étiez trop attiré l'un par l'autre."

"Pour moi ce n'était guère plus qu'une attirance physique. Je n'ai pas su comprendre qu'il n'en était pas de même pour lui."

"D'après ce qu'il m'a dit, il en était de même pour lui. C'est sur l'île que les choses ont changé. Je n'ai pas l'expérience des rapports physiques, mais n'est-il pas vrai que l'extase mystique et l'extase sexuelle ont de fortes ressemblances ?"

"Si, c'est vrai."

"D'évidence, vous lui avez fait éprouver l'extase."

"Je crains que oui."

"Ne soyez pas si abattu. Vous verrez que les choses vont s'arranger."

"Vous le croyez vraiment ?"

"L'homme est, dans l'absolu, l'animal le plus adaptable qui soit, comme disent nos frères les savants. Ferez-vous ce que je vous demande ?"

"Oui..."


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