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histoire originale par Andrej Koymasky


pin NOUS DEVRIONS ETRE ENNEMIS... CHAPITRE 5
LA RETRAITE

Beaucoup des soldats ne savaient pas un mot de français. Mais Simon leur faisait dire leur nom et, de toute façon, il avait la liste avec le numéro inscrit à l'encre indélébile sur les vêtements de chacun. Manfred avait le numéro 6291-1624 et Simon le trouvait facile à retenir : les quatre premiers chiffres étaient son année de naissance à l'envers, puis deux à deux venaient son âge et celui de Manfred... de son Manfred.

Alors qu'il était à la buanderie à faire la lessive du jour, Manfred passa le saluer rapidement.

"Aujourd'hui on ne pourra pas se voir au déjeuner, je suis de garde. Mais on se voit après six heures, avant le dîner." Dit-il.

"Quand as-tu une permission ?"

"Dans deux jours."

"On ne pourrait pas aller quelque part ensemble ?"

"Si, mais pas hors de la ville. On ne peut pas aller loin."

"Où que ce soit, peu m'importe, tant que je suis avec toi..."

Le soir, avant le dîner, Simon attendait Manfred.

Il arriva vite : "Ce soir je n'ai rien pu t'apporter, je n'ai pas pu sortir." Dit-il en s'asseyant au bord du lit.

"Tu es là, ça me suffit." Répondit Simon en tendant ses bras vers lui.

Le soldat se pencha et ils s'enlacèrent. Simon commença à lui déboutonner la chemise, à partir du col. Il le sentit frémir puis il sentit ses mains soulever de sa poitrine son chandail. Il s'assit pour l'aider à l'enlever. Manfred l'embrassa et commença à son tour à lui déboutonner la chemise. Et ils se déshabillèrent lentement l'un l'autre, ravis par le corps qu'ils découvraient.

"Que tu es beau, Manfred." Murmura Simon ému en effleurant la peau duveteuse du soldat.

Puis il ouvrit le bouton du caleçon de Manfred et le descendit, révélant le membre raide et frémissant, auréolé de poils blonds fournis. La main en coupe, il lui soupesa les testicules tandis que de l'autre caressait le sexe, plein de désir.

"Oh, Simon..."

"Oui ?" répondit-il en souriant.

"J'ai tant envie de toi..." dit-il d'une voix chaude et rauque et il lui retira son slip en jersey puis il lui caressa les fesses et le sexe, "je te veux." Murmura-t-il.

"Oui... comment veux-tu me prendre ?" demanda Simon avec émotion.

Manfred sourit : "Comme toi tu veux..."

Simon se coucha sur le dos et remonta ses jambes sur sa poitrine, en s'offrant : "Comme ça..." dit-il, vibrant d'attente.

"Oui... comme ça..." dit Manfred en écho et, en s'installant pour le prendre, il lui caressa le sexe, le ventre et la poitrine. "Dieu sait ce que tu es beau, Simon. Et bientôt tu seras à moi... à moi..."

Simon sentit les mains du soldat lui caresser les fesses, les malaxer légèrement puis les écarter et son sexe se poser sur son trou qui frémissait d'impatience.

Leurs regards, comme magnétisés, ne se quittaient pas. "Je te veux, Simon..."

"Prends-moi."

"Me voila..." dit Manfred et Simon sentit qu'il commençait à pousser.

Une pression légère, mais qui augmentait peu à peu, jusqu'à ce qu'il se sente se dilater et qu'il le sente commencer à glisser en lui lentement, attentif, mais aussi fort et décidé.

Le soldat trembla violemment et s'arrêta à mi chemin : "Oh, Simon, je vais jouir... c'est trop bon, je vais jouir !"

"Peu importe, pousse..."

"Je voulais... prendre du plaisir, t'en donner, mais... bon dieu, je ne peux plus me retenir... je suis trop excité... si je bouge, je jouis..."

"Pousse, entre tout en moi."

"Oh, Simon..." gémit-il transfiguré par le plaisir. Et il poussa à fond et sombra en lui et il jouit dans un long râle, tremblant de tout son corps même après avoir déchargé. "Oh, mon dieu, je ne voulais pas jouir aussi vite... pardonne-moi, mon amour !" s'exclama Manfred la voix rauque, toujours tremblant.

"Redis-le." Dit Simon, ému.

"Pardonne-moi..."

"Non, l'autre mot !"

"Mon amour !" dit Manfred en souriant doucement.

"Encore..."

"Mon amour !" répéta-t-il et il se pencha vers lui pour l'embrasser. Simon le serra contre lui avec force et l'embrassa passionnément, longtemps.

Puis il demanda d'une toute petite voix : "Tu le penses vraiment ?"

"Oui, je t'aime, Simon. Crois-moi, je t'aime."

"C'est trop beau... non, reste en moi. Tu m'aimes et je suis à toi."

"Je n'ai jamais ressenti pour personne ce que j'éprouve pour toi. Je t'aime, Simon, vraiment, je t'aime."

"Et je suis à toi. Embrasse-moi encore."

Manfred l'embrassa et Simon lui effleura les tétons, et il sentit le membre du beau soldat tressaillir en lui. Il poussa le bassin contre son giron et se frotta contre et il sentit le sexe sursauter à nouveau en lui. Alors Manfred commença à bouger en lui, d'avant en arrière, avec une grande douceur, à nouveau pleinement excité.

"Oh, Simon... j'ai de nouveau envie de toi..."

"Je le sais, mon amour... je le sens..." dit-il heureux, appréciant pleinement le frottement de ce sexe puissant et chaud sur son sphincter qu'il contractait en rythme pour augmenter le plaisir de l'homme dont il avait compris qu'il l'aimait. Spontanément il mit en œuvre tout ce qu'il avait appris dans sa brève mais intense vie sexuelle, et très vite il vit l'expression du visage de son Manfred devenir intense et lumineuse.

"Simon, mon amour... c'est bon, non ?"

"Merveilleux. Tu es fort, tu es mon homme."

"Je t'adore."

"Je suis à toi."

"Tu es magnifique, Simon. Magnifique et à moi. Tout à moi." Murmura le soldat en serrant, comme dans un geste de possession, le sexe de Simon qu'il manipulait avec une douce vigueur, tout en continuant à imprimer à sa virilité frémissante des à-fonds passionnés.

Simon sentit l'orgasme le submerger, presque à l'improviste et il s'agita avec force sous le corps de son amant, gémissant et tremblant, jusqu'à décharger à longs jets, puissamment. Manfred le sentit jouir et la jouissance de Simon déchaîna la sienne : ses poussées se firent encore plus vigoureuses et rapides et lui aussi, alors que Simon tremblait encore dans ses derniers spasmes de plaisir, il plongea à fond en lui et pour la deuxième fois, il déchargea en lui avec un intense tremblement. Alors il se laissa retomber sur le corps de Simon, puis le serra et l'embrassa avec fougue.

Haletants, ils se détendaient petit à petit, encore secoués de sursauts de plaisir. Simon sentait le cœur du soldat battre avec force et en rythme avec le sien et il sentit que leurs corps avaient atteint la fusion parfaite que les amants recherchent toujours. Oui, ils s'appartenaient vraiment, maintenant. La joie que Simon en conçut fut si forte que ses yeux se remplirent de larmes.

Manfred s'en aperçut et comprit la cause de ces yeux humides, il murmura : "C'était vraiment magnifique, non, mon Simon ?"

"Je n'ai jamais rien ressenti de tel, à ce jour. Merci, mon amour, merci."

"Merci à toi, mon cœur. Tu es mon bonheur."

Ils étaient enlacés, jouissant de cette douce intimité, quand sonna la première cloche du couvre feu. Ils se détachèrent à contre-cœur et se rhabillèrent. Il était dur de se séparer après ce qu'ils venaient de vivre dans les bras de l'autre. Ils se donnèrent un dernier baiser et Manfred s'en alla, sans un mot. Simon éteignit, se glissa sous les couvertures, pour rejoindre avec plaisir la chaleur que leurs corps y avaient laissé et, alors que sonnait le couvre feu, il glissa dans le sommeil, le cœur, la tête et le corps pleins de son Manfred.

Simon rayonnait de bonheur. Le garçon, gentil par nature, était désormais particulièrement attentionné avec tous les soldats si bien qu'il devint vite un peu la mascotte de tous et nombre lui faisaient de petits cadeaux : des objets faits par eux, des friandises et même parfois un habit.

Ceux qui savaient un peu de français essayaient de parler avec lui, mais Simon commençait à comprendre quelques mots d'allemand. Ils étaient aussi tous contents de son travail : blanchisserie et repassage et le capitaine lui-même lui fit compliment.

Manfred lui avait fait voir ses dessins, et lui en avait donné quelques uns et Simon les gardait dans son armoire comme un trésor.

Il était à la caserne depuis quatre mois. Manfred était de garde. C'était un jour gris et un peu froid. Simon étendait les draps bien régulièrement, dans la cour derrière la buanderie, joyeux et souriant comme toujours.

"Ohé, Simon !" dit une voix derrière lui. Il se tourna, c'était Alfred. Il le salua d'un sourire. Le soldat lui prit des mains le panier avec le derniers draps et le posa par terre.

Simon le regarda l'air interrogateur et demanda : "Tu fais quoi ?"

Le soldat, en guise de réponse, l'attira vers lui et se mit à déboutonner son pantalon.

"Hé, que fais-tu ? Arrête !" dit-il d'un ton inquiet, en tentant de lui échapper.

"Tu donnes ton cul à Manfred, je sais ! Toi maintenant donner à moi aussi, non ?" dit-il en le tenant d'un bras et en continuant à se battre avec sa braguette.

"Non, s'il te plait... non... arrête, Alfred." Gémit Simon en se débattant, mais Alfred continuait.

"Tu fais Alfred content et Alfred pas dire capitaine. Si capitaine savoir, capitaine chasser Simon et mettre Manfred prison. Si me donner ton cul, Alfred rester silence." Dit-il à voix basse, en faisant glisser le pantalon sur les genoux de Simon. Ce dernier, à cette menace, cessa de lutter : il ne voulait pas perdre Manfred. L'homme sourit et répéta : "Tu donner petit cul Alfred et Alfred muet." Et baissant son pantalon, il sortit un sexe déjà dressé et dur, fit se tourner le garçon, humecta son trou, le saisit par les hanches et l'enfila en trois ou quatre coups énergiques.

"Ah, bon garçon." Dit Alfred en commençant à pomper vigoureusement.

Simon subissait ce vigoureux assaut en silence, espérant juste qu'il se soulagerait vite et lui ficherait la paix. Il sentait ce sexe massif fourrager en lui à un rythme puissant et rapide, étroitement serré par son doux et chaud canal, mais cela ne l'excitait pas. Peu après, Alfred grogna à voix basse et se mit à marteler violemment en lui, jusqu'à ce que, soulevant presque le garçon, il appuie son bassin sur ses fesses et décharge en lui, en chuchotant à son oreilles des mots allemands d'une voix rauque de plaisir. Puis il le laissa aller.

Pendant que Simon ajustait ses habits, la tête basse, l'homme lui donna une petite claque sur le dos : "Toi bon garçon. Tu donner ton petit cul Alfred et Alfred pas dire à capitaine, hein ? Et pas dire Manfred, comprendre ?" dit-il. Simon se taisait. "Comprendre ?" demanda-t-il encore. Simon acquiesça : comment aurait-il pu en parler à Manfred ? Alfred caressait ses fesses : "Cul bon, ya. Alfred joui bon." Et il s'en alla. Simon reprit le panier et recommença à étendre les draps. Alfred reviendrait pour le prendre. Et il ne pourrait que subir, pour ne pas perdre son amant.

Quand il revit son Manfred, il ne lui dit rien. Mais ils firent l'amour et quand son amant le prit, il se sentit comme régénéré, purifié par l'amour du beau soldat. Il se donna avec une passion renouvelée, heureux de le voir jouir de lui.

Manfred, après, lui dit avec sa douceur habituelle : "Aujourd'hui, tu m'as paru plus chaud que jamais. Tu es magnifique, je t'aime."

"Tu ne m'abandonneras jamais, hein ?" dit Simon en pensant à Alfred, craignant qu'un jour Manfred vienne à le savoir.

"Non, bien sûr, tu le sais." Répondit Manfred en le caressant.

"Quoi qu'il advienne ?" insista Simon en le regardant l'air suppliant. Manfred le caressa tendrement et lui murmura :

"Oui, quoi qu'il advienne. Tu es tout, pour moi."

Simon s'habitua aux attentions d'Alfred. Il ne venait pas souvent, pas plus d'une ou deux fois par semaine. Il le prenait rapidement, avec force, se soulageait et partait. Quand ils étaient avec d'autres, Alfred le traitait comme toujours.

Un matin, à la buanderie, arriva Otto, un soldat de trente quatre ans, un ami d'Alfred. Il parlait moins bien français qu'Alfred, mais quand il eut laissé son linge sale et pris le propre, il lui dit avec un sourire tranquille : "Alfred dire toi gentil. Otto aussi vouloir toi gentil. Toi viendre avec Otto après déjeuner, vrai ?"

"Je ne comprends pas..." dit Simon, qui avait peur d'avoir trop bien compris.

Otto posa sa main en coupe sur sa braguette et dit avec un sourire malicieux : "Tu faire plaisir à ça, non ? Alfred dire ça. Tu venir après déjeuner avec Otto, non ?"

"Où ?" demanda-t-il résigné et désespéré.

"Otto savoir bon endroit. Toi venir avec Otto. Et Otto pas dire capitaine kleiner Simon et Manfred. Bien, non ?"

"Comme tu veux." Dit-il l'air fatigué.

Après le repas, Otto lui fit signe de la tête pour l'inviter à le suivre. Il l'emmena au magasin, derrière une pile de caisses.

Simon allait baisser son pantalon, mais Otto le poussa à genoux et, sa braguette ouverte, il lui mit son sexe devant le visage : "Tu ouvrir bien bouche." Dit-il excité en saisissant des deux mains le visage du garçon qu'il guida vers son membre à moitié raide.

Il ne l'avait pas aussi grand et long qu'Alfred, et il courbait un peu vers le côté. Otto le lui enfila entre les lèvres écartées. Simon ferma les yeux et, pendant qu'Otto poussait à fond, il sentit l'odeur acre de son sexe. Otto lui tenait la tête fermement et il entama un va-et-vient au rythme soutenu dans sa bouche. "Sucer, bouger langue !" lui ordonna-t-il. Simon obéit. "Ainsi bien." Dit-il, satisfait, en continuant à fourrager dans sa bouche.

Simon se dit qu'il devait le faire jouir vite : plus vite il jouirait, plus vite il lui ficherait la paix. Il y mit tout son art : il caressait et palpait le sac lourd de ses bourses, et il travaillait de la langue sur le sexe, de manière à lui procurer le plus possible de plaisir. Et de fait, Otto se mit vite à vibrer comme la corde d'un violon et déchargea à jets puissants dans la gorge de Simon qui avala à grande gorgées cette charge de sperme tiède.

Otto se retira alors de la bouche du garçon et rajusta son pantalon. Simon se leva, enleva la poussière aux genoux de son pantalon.

Otto était satisfait : "Oui. Toi bon. Presque comme femme, oui. Quand Manfred de nouveau sentinelle, Otto viendre, hein ? Et toi faire Otto plaisir."

Simon alla se rincer la bouche à l'eau fraîche, abondamment pour enlever le goût aigre qu'il gardait. Puis il revint à la garde-robe. Il espérait que ces deux-là ne répandraient pas la combine : il ne voulait pas devenir la putain de tout le monde dans cette caserne. Et quand il vit Alfred, il le lui dit.

Alfred rit et répondit : "Non, mais mon ami Kurt... moi dire juste encore à ami Kurt. Lui et c'est tout, ça te va ?"

"Je préfère pas..." gémit Simon.

"Seulement ami Kurt. Lui gentil. Et lui mon bon camarade. Tu fais juste encore Kurt, puis Alfred et Otto. Puis plus, parole. Bon ?"

"Ça va. Mais après plus personne, hein ?"

"Oui, toi pas putain, toi brave garçon. Après plus, d'accord ?"

Ce soir-là, quand les amant se retrouvèrent, à peine furent-ils nus que Simon voulut sucer Manfred. Il n'avait encore jamais senti son goût et maintenant il voulait le connaître, comme pour oublier celui d'Otto. Il le fit s'étendre sur le lit, s'installa entre ses jambes et commença à le lécher puis le sucer avec passion : que c'était différent ! Il aimait cet homme et son sexe. Il aimait le sentir frémir dans sa bouche, ce n'était pas un corps étranger comme avec Otto.

Manfred frémissait : "Oh, Simon... que c'est bon... tu me rends fou, comme ça... je n'osais pas te le demander..."

"Pourquoi ? Si tu en avais envie, il fallait me le dire."

"Je ne savais pas que tu aimais ça."

"Pour toi je ferais n'importe quoi, tu le sais. N'importe quoi. Parce que je t'aime, toi, tu le sais." Dit-il avec passion.

"Alors tourne-toi : je veux te le faire aussi." Murmura-t-il excité, en tirant vers lui le bassin de Simon.

Ils s'unirent en un soixante-neuf passionné, se suçant l'un l'autre et Simon réussit à oublier Otto et les autres. Ils firent l'amour, longtemps extasié l'un par l'autre dans une spirale de plaisir. Et quand enfin Manfred laissa partir sa charge de sperme, Simon la goûta, la savoura : c'était doux, c'était le goût de son homme. Il était comme ivre et à son tour il se laissa aller dans la bouche de son Manfred qui le but goulûment.

"Que c'est bon, Simon." Soupira Manfred en se retournant sur le lit pour l'enlacer. Il l'embrassa puis dit, heureux : "Je t'aime tant. Et maintenant... maintenant je connais aussi ton goût."

"Et moi le tiens. Et je l'aime."

"Tu sens le mâle, tu es mon homme. Ton corps devient de plus en plus adulte et beau. Quand la guerre sera finie, tu viendras vivre avec moi ?"

"Ce serait bien... mais finira-t-elle jamais, cette guerre ?"

"Bien sûr qu'elle finira. Et alors, tu viendras vivre avec moi ?"

"Oui, toi et moi seuls, ensemble à jamais."

"Je t'aime tant."

"Moi aussi, Manfred. Sers-moi fort. J'ai besoin de sentir que je suis à toi."

Avant, cela ne l'avait jamais embêté de coucher avec plusieurs hommes, bien au contraire. Mais à présent, seul Manfred existait pour lui. Devoir satisfaire les autres lui pesait. Même s'il se répétait que ce n'était que de la baise, rien de plus qu'un rapport physique sans signification, il aurait voulu pouvoir s'y soustraire. Et y être obligé lui pesait énormément.

Quand Manfred fut de nouveau de garde, au quart de nuit, Kurt lui murmura pendant le dîner : "Après, je pouvoir trouver toi dans garde-robe, correct ?"

Simon regarda la tablée en se demandant si d'autres avaient entendu, mais il comprit que, sauf Alfred qui lui fit un clin d'œil, personne n'avait rien remarqué. Alors il fit un bref oui de la tête. Kurt lui sourit et, à son tour, lui fit un clin d'œil. Mais Simon ne voulait pas que Kurt profite du lit qui était le témoin de son amour pour Manfred. Il se demanda où il pouvait emmener Kurt. Peut-être au magasin. Ou à la buanderie. Alfred le prenait parfois dans la petite cour, entre les draps qui séchaient, comme la première fois. Otto, lui, allait presque toujours au magasin, mais deux ou trois fois il s'était fait sucer à la cave, près des chaudières.

Quand Kurt arriva, Simon se demandait encore où l'emmener. Kurt le salua : "Alfred dire toi et moi pouvoir faire ces choses. C'est vrai ?" lui demanda-t-il, un peu gêné.

"Oui, c'est vrai. Mais où ?"

"Je... tu me plais. Toi très beau garçon. Me faire penser à petit ami j'avais à Dresde."

"Tu avais un petit ami ?" demanda Simon stupéfait : les deux autres ne lui parlaient que de femmes, et Kurt était le premier à admettre qu'il préférait les hommes.

"Oui, lui nom Damian. Moi beaucoup aimer lui. Lui dix-huit ans. Mais après lui marin."

"Il te manque ?" demanda Simon.

"Pas savoir si lui vivant, si aller bien... Toi très beau. Alfred savoir moi aimer hommes et... dire toi petit ami Manfred. Mais que toi gentil aussi avec lui et peut-être avec moi. Vrai ?"

"Alfred dit que si je ne suis pas gentil avec lui, il me dénonce au capitaine et je ne veux pas perdre Manfred." Dit Simon.

"Alors toi préférer pas faire avec moi. Je comprendre. Ich... je pas vouloir profiter toi, même si toi plaire moi."

""Kurt, merci. Mais si Alfred le sait, il me dénoncera, alors... où allons-nous ?"

"Non, moi pas vouloir comme ça..." dit Kurt en secouant vigoureusement la tête.

"Ça ne change pas grand chose, à ce stade. Et toi, au moins, tu es honnête. Je le ferai aussi avec toi. Où allons-nous ?"

"Vraiment, toi d'accord faire avec moi ?" demanda-t-il en le dévisageant comme s'il voulait lire ses pensées.

"Mais oui... où ?"

"Je... je pensais... venir avec moi ?"

"Oui..."

Il le suivit. Kurt était affecté à la table des officiers. Il l'amena à la cantine et, sortant la clé, il ouvrit la porte de la réserve du mess des officiers. Du vin de garde, du jambon de Parme, plein de dons de Dieu. Kurt referma la porte.

Il étendit par terre quelques sacs vides : "Ici être sécurité. Mais toi vraiment vouloir ?"

"Oui..." répondit sincèrement Simon.

Kurt l'embrassa alors sur la bouche, en lui caressant l'entrejambe : "Toi doux, Simon. Kurt avoir envie Simon..."

Cette fois, Simon sentait son excitation monter : il était touché par la gentillesse de l'homme. A son tour il caressa la braguette gonflée de Kurt et il lui dit : "Déshabille-moi, Kurt, et déshabille-toi."

Kurt, reconnaissant, sourit et il commença à le mettre nu. Il le caressait et l'embrassait partout. Simon s'abandonnait. Certes, ce n'était pas Manfred, mais au moins c'était agréable. Il n'était pas aussi beau que Manfred, un peu trapu, mais pas si mal que ça.

"Tu faisais quoi, avec ton petit ami ? Dis le moi, il te faisait jouir comment, lui ? Je veux te faire jouir pareil."

"Lui... Damian suçait moi, puis moi prenait lui." Murmura Kurt visiblement ému.

Simon se mit à genoux devant lui et commença à sucer son sexe en érection pendant qu'il lui caressait les cheveux et le dos : "Oh, Simon, toi très bon, toi comme mon Damian... Oooh, oui... bon..." gémit-il, puis il se retira et l'embrassa sur la bouche, en lui caressant le sexe : "Kurt pouvoir prendre Simon, maintenant ?"

Simon se tourna pour s'offrir. Kurt ne le prit pas tout de suite, il commença à frotter longtemps son gland entre ses fesses, à lui exciter le trou, tout en caressant, excité, la poitrine et le sexe. Puis il le pénétra, lentement, comme de peur de lui faire mal. Simon le sentit entrer et glisser en lui. Son sexe était plus fin mais plus long que celui de Manfred. Il savait y faire et d'évidence se souciait de lui donner du plaisir.

"Oh, Simon, être bon faire avec toi, très bon." Dit Kurt en haletant de plaisir. "Moi payer beau garçon, une fois, mais pas bon comme toi. Toi spécial. Manfred beaucoup chance."

Simon avait du plaisir, mais quand Kurt nomma Manfred, il se sentit coupable. Kurt lui plaisait. Pas comme Manfred, bien sûr, c'était différent, mais agréable. Il n'y avait pas l'amour qu'il avait pour Manfred, rien que du plaisir, mais pas que physique, et ça le culpabilisait. Avec Alfred et Otto, il n'y avait pas de plaisir, c'était plus facile à supporter. Mais Kurt était gentil, passionné : il ne le baisait pas, il lui faisait l'amour. Il le prenait avec une tendresse extraordinaire, même s'il bougeait en lui sans y mettre moins de virilité qu'Alfred ou de passion qu'Otto.

Quand Kurt jouit en lui, en l'embrassant sur le cou, Simon jouit aussi, à grands jets, dans la main chaude et douce de Kurt. Ils restèrent immobiles un moment et Kurt lui caressait la poitrine et le ventre. Puis il se détachèrent.

Pendant qu'ils se rhabillaient, Kurt vit l'expression songeuse de Simon : "Quoi passer, garçon ? Quoi penser toi ?"

"Je me sens coupable... pour Manfred. Avec Alfred et Otto, je n'ai pas de plaisir, mais avec toi si : tu me plais."

"Comprendre... Toi aimes Manfred, hein ?"

"Oui, je l'aime. Et il m'aime."

"Comprendre. Peut-être mal moi prendre toi. Mais désirer toi tellement... Toi pardonner Kurt ?"

"Tu es gentil, Kurt. Si je n'avais pas Manfred... tu me plais beaucoup, ça m'a beaucoup plu. Mais j'aime Manfred."

"Je... je content avoir fait avec toi. Mais plus faire si toi mal. Moi respecter sentiments Simon."

"Pourtant... il faut que je continue avec Otto et Alfred. Alors, pourquoi pas avec toi ? Toi au moins, tu es gentil et sympa."


Les choses tournaient mal, pour l'armée allemande. La retraite commença. Au début, on parlait juste de repli stratégique, mais vite il devint clair que ce n'était rien de moins qu'une retraite. Les résistants étaient de plus en plus entreprenants et dangereux. Et même le régiment avec lequel Simon était dut abandonner la vieille école et commencer la retraite. Ils s'affairaient tous à charger le matériel de guerre dans les camions et à détruire ce qu'ils ne pouvaient pas emporter.

Manfred dit à Simon : "On va vers des jours difficiles, dangereux pour nous. Tu ferais peut-être mieux de rester ici, parmi les tiens."

"Non ! je ne veux pas te quitter. C'est toi, les miens, désormais. Je ne veux pas. Je viens avec vous."

"Moi non plus je ne veux pas qu'on se quitte, mais tu sais comme les résistants sont sans pitié pour ceux qui étaient de notre côté. Tu risques plus que nous, si on doit tomber entre leurs mains. Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal."

"Je ne veux pas te quitter. Et puis, vous êtes plus de cent, bien armés. Que veux-tu que les résistants vous fassent ? Tout ira bien, tu verras. Je veux venir avec vous."

"Je ne sais pas si le capitaine voudra."

"J'irai lui parler." Dit Simon résolu. "Tu seras mon interprète."

Quand ils furent devant le capitaine, Simon dit : "Capitaine, je vous ai bien servi."

"Oui, c'est vrai. Tu as été un employé modèle. Tu veux une récompense, de l'argent ?"

"Non, capitaine, je veux venir avec vous."

"Tu es un civil, et français, de plus."

"Capitaine, ici tout le monde sait que je travaillais pour vous. Si je reste ici, ils me tueront, dès que vous aurez tourné le dos. Emmenez-moi, je vous en prie. Je crois que je vous serai encore utile et je mange peu et je ne vous ferai pas d'ennuis."

"Les hommes sont contents de ton travail, tu pourrais peut-être aider le cuisinier et soulager un soldat de cette tâche. Je vais y penser et je te donne ma réponse."

"Si vous ne m'emmenez pas, autant que vous me tuiez : ce sera moins violent que si les résistants s'en chargent." Insista Simon la voix décidée. Manfred traduisait, inquiet. Puis il dit quelque chose en allemand au capitaine, qui répondit en acquiesçant.

"Le capitaine dit que c'est bon. Pour le moment tu nous suis." dit Manfred, visiblement soulagé.

"Merci Capitaine. Je ne serai pas un poids, je le jure." dit Simon, souriant et heureux.

Ils partirent. Simon monta dans le camion où étaient Manfred, Alfred, Kurt et Otto. La longue colonne quitta la ville aux premières lueurs du jour. Les rues étaient désertes, les fenêtres fermées. Les gens du coin, derrière les persiennes, épiaient avec joie et soulagement la colonne qui s'éloignait. Mais l'ennemi était encore fort, il pouvait revenir, et par prudence nul n'osait manifester ses sentiments.

La retraite fut longue et lente. Les résistants lançaient des attaques, rapides et brèves, causant au convoi des dommages pas sérieux mais continuels. Puis alors que la colonne allemande traversait tranquillement un pont suspendu, il y eut une terrible explosion et le pont fut pulvérisé. Trois camions et une jeep sautèrent avec le pont, et la colonne fut coupée en deux. La jeep du capitaine et le camion de Simon avaient déjà traversé. Le capitaine était furieux. Il demanda qui avait contrôlé le pont avant la traversée. Les responsables étaient justement ceux qui avaient sauté. Le capitaine ordonna, par radio, à ceux qui étaient restés sur l'autre berge, de suivre la rivière jusqu'à trouver un pont ou un gué pour rejoindre la tête de la colonne. Et ils partirent sur leur berge. Ceux qui avaient passé le pont se rassemblèrent, ils étaient quarante-cinq. Une vingtaine avait péri sur le pont et trente cinq hommes environ restaient sur l'autre rive.

Comme le capitaine l'avait craint, les résistants attaquèrent à plusieurs reprises le groupe resté sur l'autre rive et le capitaine vit, impuissant, l'autre colonne diminuer peu à peu. La nuit, une série d'explosions se fit entendre sur l'autre rive, suivies d'une rafale de mitraillettes. Ça dura presque trois heures. Puis le silence. A l'aube, une épaisse fumée noire montait du lieu du reste de la colonne, mais aucun mouvement n'était visible. Le capitaine regarda longtemps dans ses jumelles. La rivière était trop puissante pour essayer de la traverser sans bateau. Alors, après avoir longtemps regardé sans voir signe de vie, le capitaine donna ordre de reprendre la marche.


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