Les hommes étaient abattus et taciturnes. Ils sentaient la fin peser sur eux comme une chape de plomb. Ils arrivèrent à l'endroit où ils étaient sensés rejoindre une autre colonne, mais il n'y avait dans les parages aucune trace de la colonne ou de son passage. Il y avait un village un peu plus loin. Le capitaine y envoya trois hommes en éclaireurs. Ils revinrent après quelques heures : le village était en fête et la seule trace d'allemands, c'était trois soldats morts, pendus à un arbre. Les villageois avaient des armes allemandes et anglaises...
Le capitaine décida de s'éloigner du village. Mais ils devaient avancer à l'aveuglette. La radio portable n'arrivait à contacter aucun émetteur allemand.
La nuit, Simon dormait à côté de Manfred. Ils ne pouvaient pas faire l'amour, mais, en profitant de l'obscurité, ils se tenaient la main pour se réconforter l'un l'autre, pour se dire leur amour.
Le jour, Simon préparait les rations pour tous. Ils allait faire provision d'eau quand ils trouvaient un ruisseau d'eau claire. Il aidait à charger et à décharger quand ils faisaient halte.
Pendant une semaine, rien ne se passa. Puis les résistants recommencèrent à attaquer. Il y eut un bataille longue et acharnée. Tous les résistants furent tués, mais après le combat la colonne ne comptait plus que dix-sept hommes en vie. Tout le groupe de Simon s'en sortit, sauf un soldat tombé tout au début de l'embuscade.
Le capitaine fit choisir aux hommes les trois camions dans le meilleur état, leur fit rassembler tout ce qui pourrait servir et les plaques d'identité des soldats morts, fit brûler tout ce qui restait et, monté dans le camion où étaient aussi Manfred et Simon, il donna l'ordre de partir.
Cela faisait douze jours qu'ils voyageaient quand le camion qui ouvrait la marche sauta sur une mine. Ils n'étaient plus que onze, maintenant. Le capitaine décida de quitter la route et de partir à travers les champs vers la vallée. Tôt ou tard ils trouveraient une ville, et son intuition lui disait que les villes seraient ce que les allemands abandonneraient en dernier.
Ils étaient en vue d'un vieux moulin un peu en ruine, mais aux murs solides. Le capitaine donna ordre d'y aller. Ils y étaient presque quand, dans leur dos, retentit le bruit de moteurs.
"Les nôtres ?" demanda un des hommes en se mettant debout sur le camion pour mieux voir.
"A terre !" cria le capitaine, "vite, au moulin, qui que ce soit. C'est peut-être des résistants !"
Ils étaient à l'entrée quand éclata une rafale de mitraillette et trois camions civils apparurent d'une courbe du chemin. Trois soldats allemands furent fauchés.
Les allemands, dans un tir fourni vers les trois camions ennemis, se précipitèrent dans le moulin, tous en armes.
Une quarantaine d'homme sortit des camions, il se dispersèrent en éventail et encerclèrent le moulin. Les allemands n'étaient plus que huit.
"On est faits comme des rats, capitaine ! Rendons-nous !" cria un soldat d'un ton désespéré.
Simon, touché par ce ton, demanda à Manfred ce qu'il venait de dire. Et Manfred le lui traduisit à voix-basse.
"Tu ne crois pas qu'ils nous tueraient aussi, soldat ?" demanda le capitaine, l'air sombre.
"Non, pas si on sort le drapeau blanc."
"Si tu veux essayer, essaie. Ils vont t'abattre dès que tu seras à découvert. Ce ne sont pas des soldats, ceux-là. Ce sont des résistants. Ça te parle, soldat ?"
"Laissez-moi essayer, capitaine, je vous en, prie."
"Laisse tes armes ici et essaie. Adieu, soldat."
"Mais capitaine, ils vont le tuer. Et nous ne sommes que huit." Protesta un autre.
"Ça ne change rien. Il mourra avant nous." Dit le capitaine d'une voix triste.
Le soldat improvisa un drapeau blanc et l'agita par la porte entrouverte. Les tirs cessèrent. Le soldat sortit, les mains en l'air, en tenant encore le drapeau d'un bras et marcha vers les camions des résistants. Un coup sec retentit et la tête du soldat sembla exploser. Simon, qui le suivait des yeux à la fenêtre du premier, ferma les yeux et se cacha contre Manfred. Ce dernier le caressa, indifférent à la présence des autres. Il leur restait si peu à vivre, de toute façon.
Le siège dura quatre jours. Les hommes dans le moulin étaient décidés à vendre cher leur peau. Mourir pour mourir, ils voulaient emmener autant d'ennemis que possible avec eux dans la tombe.
Il y avait des heures de calme, de silence, où rien ni personne ne bougeait. Simon portait à manger aux sept hommes répartis aux points stratégiques. Puis soudain de sauvages fusillades éclataient. Puis le silence, à nouveau.
Pendant qu'Otto montait la garde, Manfred et Simon étaient étendus côte à côte. Indifférent à Otto, Simon ouvrit la braguette de son amant, baissa un peu son pantalon et s'offrit à Manfred. Qui le prit. Otto sourit, mais tourna la tête et regarda ailleurs. Ils firent l'amour avec la passion du désespoir. Ils savaient que ce serait peut-être la dernière fois. Simon voyait les œillades rapides d'Otto et lisait le désir dans ses yeux. Pendant ce temps Simon le prenait avec sa passion habituelle et lui murmurait des mots d'amour déchirants. Simon prenait plaisir à la tendre vigueur de son amant, mais il était conscient du gonflement apparu entre les jambes de l'homme de garde. Même à deux pas de la mort, l'amour ou simplement le désir réclamaient leur dû. Lui et son Manfred seraient bientôt morts.
Quand Manfred atteignit l'orgasme, Simon le prit dans ses bras.
"Manfred ?"
"Oui, mon amour."
"Ne te mets pas en colère, mais... Otto a envie. On va tous mourir. Je peux lui donner du plaisir ?"
"Oui..." dit-il d'une voix étrange. Puis il l'embrassa et demanda dans un soupir : "Mais tu m'aimes, non ?"
"Bien sûr, je n'aime que toi, tu le sais."
"Je vais prendre sa place."
"Mais ne regarde pas... j'aurais honte..."
Manfred acquiesça. Il s'approcha de son camarade : "Va, Otto. Simon t'attend."
Otto le regarda stupéfait, puis acquiesça. Il s'approcha de Simon qui était assis par terre, le dos au mur. Simon, sans un mot, le fit se mettre à califourchon sur lui, ouvrit la braguette tendue, en sortit le sexe raide et se mit à le lécher et à le sucer avec une passion qu'il n'avait jamais eue quand l'homme profitait de lui à la caserne. Otto appuyait les mains au mur, tremblant, et regardait un peu gêné vers Manfred. Ce dernier regardait dehors, comme s'il ne voulait pas voir ce qui se passait. Otto frémit encore plus fort, en proie à un plaisir incroyable. Il aurait voulu gémir, mais il se restreignait par respect pour Manfred. Et, en silence, il se vida dans la bouche accueillante de Simon.
Sans rien dire, il remit son pantalon puis fouilla dans ses poches et en sortit un pendentif en or qu'il tendit à Simon : "Ceci mon porte-bonheur... le tien, maintenant, garçon..." Simon allait refuser mais le regard d'Otto, visiblement ému, le poussa à accepter. Il remercia d'un signe de la tête et le mit en poche.
Otto retourna à la fenêtre. "Danke..." murmura-t-il à Manfred. Manfred acquiesça avec sérieux.
Simon se glissa près de Manfred et lui dit : "Je vais voir les autres hommes."
Manfred comprit et fit oui de la tête.
Simon alla voir Alfred. Il le trouva couché près d'une fenêtre et près de lui il y avait Heinrich.
"Tu veux me prendre, Alfred ?" demanda-t-il.
L'homme demanda quelque chose à son compagnon, lequel sourit et acquiesça. Alfred posa sa mitraillette près d'Heinrich et se glissa près de Simon, qui baissa son pantalon et se mit à quatre pattes. Il lui caressa les fesses, y posa un petit baiser, et dit : "Toi bon garçon..." puis il le saisit par la taille, le prit et en jouit. Simon eut l'impression que, bien qu'il le prenne encore avec sa vigueur habituelle, l'homme se montrait cette fois plus délicat qu'à son habitude. Et cette fois, Simon aussi éprouva du plaisir à cette baise pas imposée. Alfred jouit. "Danke, Simon..."
"Demande à Heinrich s'il veut aussi." Dit Simon.
Alfred parla à son camarade, qui accepta. Alfred prit la garde pendant que le soldat approchait de Simon qui l'attendait à genoux par terre, le pantalon encore baissé. Heinrich lui caressa les fesses avec un désir évident. Simon lui ouvrit la braguette et en sortit un beau sexe qui commençait à durcir, le caressa, puis il se mit en position. Le jeune soldat se mit derrière lui et l'enfila avec un petit gémissement de plaisir, puis il se mit à fourrager en lui à coups brefs et rapides, continuant à gémir doucement, en proie à un plaisir croissant. Rapidement, il déchargea en lui, haletant et en lui tâtant tout le corps.
Simon fit le tour du moulin, s'offrit au gentil Kurt, puis à son camarade Hans. Enfin, il alla voir le capitaine. Il était étendu, les yeux clos, et se reposait.
Simon s'approcha et l'appela : "Capitaine ?"
"Qu'y a-t-il, Simon ?" demanda-t-il d'un air fatigué.
"Avant que nous ne mourions tous, je voudrais faire l'amour avec vous."
"Tu... toi pas avec Manfred ?"
"Vous le saviez ?"
"Je toujours su. Depuis premier jour." Répondit-il en souriant. "Manfred sait toi ici ?
"Oui... désormais..."
"Non merci. Toi beaucoup... dire comment... plaire moi ? Mais non, merci. Va avec ton Manfred. Rester petit temps..."
Simon comprit. Il retourna vers Manfred : "Maintenant je ne te laisserai plus, tant que nous vivrons." Dit-il tendrement.
Manfred lui sourit et lui caressa les cheveux tendrement. Ils gardèrent le silence, appuyé l'un sur l'autre. Soudain, les résistants reprirent l'assaut, furieux.
Le capitaine appela les hommes et les réunit à l'étage, où ils remontèrent l'échelle et s'en servirent pour barricader la trappe. C'était leur dernière retraite, leur ultime résistance.
Les allemands économisaient leurs munitions, ils ne tiraient qu'à coup sûr. Les résistants par contre faisaient feu continu. Une grenade arriva, lancée à travers une des quatre fenêtres de la pièce. Otto se jeta dessus et explosa avec elle, sauvant ainsi ses camarades. L'avait-il fait pour eux, ou pour en finir ? se demanda Simon impressionné. Une balle atteignit Heinrich. Puis ce fut le tour d'Alfred... Kurt et Hans tombèrent presque ensemble. Manfred continuait à tirer quand le capitaine dit à voix haute : "Aufwiederseen!" et sortant son revolver, il se tira dans la tête.
Alors Manfred posa la mitraillette : "C'est fini..." dit-il à Simon. Il était livide.
Simon, ces derniers instants avait eu une idée fulgurante. Il descendit vite son pantalon, tendit une corde à Manfred et lui dit : "Ligote-moi et bâillonne-moi ! Vite !"
"Je ne comprends pas..."
"Vite, on a peu de temps. Puis tu te cacheras sur l'armoire. Je leur dirai que j'étais votre prisonnier et que vous êtes tous morts. Ils me croiront, ils ne fouilleront pas. Toi, tu resteras là-haut. Je reviendrai te chercher. Peut-être qu'il me faudra quelques jours, mais je reviendrai. Vite, c'est la seule façon... vite.."
Les résistants avaient cessé le feu. Manfred ligota son amant, le bâillonna et le mit dans un coin. Puis il grimpa sur la grande et vieille armoire. Il crut qu'il ne pourrait pas s'y cacher, mais il finit par s'aplatir entre son dessus et le plafond, caché par un linteau décoratif. Simon espérait qu'il était complètement invisible et que son plan marcherait.
Des voix arrivaient de l'étage inférieur. Les résistants entraient dans le moulin abandonné.
"Attention, il pourrait y avoir des survivants qui nous attendent..." fit une voix.
"On va entrouvrir la trappe et jeter deux grenades là-dedans..." dit une autre voix.
"C'est plus simple de les jeter par la fenêtre..." dit un autre.
Simon n'y avait pas pensé : tant pis, on mourra ainsi, pensa-t-il, résigné. Mais juste à cet instant une ombre attira son regard : quelqu'un grimpait de dehors. Une mitraillette apparut à une fenêtre, suivie par la silhouette d'un jeune homme, la mitraillette à la main. Il sauta à l'intérieur et il le vit. Il approcha, regarda les cadavres par terre et s'assura qu'ils étaient bien morts, puis il vint vers Simon et lui enleva son bâillon. La tension fit fondre Simon en larmes.
"Qui es-tu ? Tu es français, toi..." demanda le jeune homme en le regardant.
"Oui... j'étais leur prisonnier..."
"Et bien, on t'a libéré. Ils sont tous là ?"
"Tous morts... Enfin."
"Ton pantalon, ton slip, tiens..." dit-il après l'avoir détaché et pendant que Simon se rhabillait, il appela ses compagnons en bas : "Ils sont tous morts. Il n'y a qu'un garçon, ici, qu'ils gardaient prisonnier. L'échelle est ici, attention, j'ouvre la trappe et je descends l'échelle..."
"Tu es sûr qu'ils sont tous morts ? Personne ne se cache, peut-être sur le toit ?" demanda la voix en dessous.
"Non, ils sont tous morts : c'était les cinq derniers. Il n'en reste pas un en vie, de ces porcs. Et pourquoi ils t'ont ligoté comme ça, le pantalon baissé ?"
"Tu n'as pas une idée ? Ces salauds dégénérés..." dit Simon en tremblant, espérant être convainquant.
"Tu veux dire... qu'ils t'ont..."
"A tour de rôle, comme passe-temps... depuis deux semaines, depuis qu'ils m'ont fait prisonnier." Dit Simon, pleurant de tension.
Ils installèrent l'échelle et descendirent. Un homme monta voir mais il redescendit très vite en confirmant qu'ils étaient tous morts. Simon étouffa un soupir de soulagement. Ses jambes lâchèrent.
"Eh, ça va pas ?" lui demanda un homme en le soutenant.
Le jeune qui l'avait libéré dit tristement : "Tu m'étonnes, le pauvre garçon, ils l'ont violé pendant deux semaine, ces sales boches."
"Violé ?" demanda l'homme en écarquillant les yeux.
"Oui, je l'ai trouvé ficelé comme un saucisson avec même pas un slip sur le cul, le pauvre. Prêt à l'usage ! Enculés de schpountz !"
"J'ai faim..." dit Simon d'une toute petite voix.
"Viens, en bas on a trouvé les provisions de ces salauds. Viens manger quelque chose." Dit l'homme en le portant presque pour l'aider à descendre.
Simon jouait la faiblesse, mais en fait l'émotion de ces derniers instants lui avait vraiment coupé les jambes. Mais pour l'instant Manfred était sain et sauf.
Le bruit de ce que les allemands avaient fait au pauvre garçon se répandit de bouche à oreille et tous les résistants étaient pleins d'attention pour Simon. Ils lui demandèrent qui il était, ce qu'il faisait. Il raconta son histoire, omettant bien sûr les mois qu'il avait passé à la caserne, mais avouant même les cambriolages qu'il faisait avec Didier. Quand il dit avoir connu le capitaine Jacques de la brigade Voltaire, deux hommes qui l'avaient connu lui posèrent quelques questions auxquelles Simon répondit avec précision, gagnant ainsi leur confiance. Il le conduisirent à la ville voisine où était le comité de libération local. Là, Simon eut une surprise : Marcel, son vieux copain de l'orphelinat, faisait partie du comité. Marcel le reconnut tout de suite et, ravi, l'accueillit avec chaleur. Quand ils furent seuls, il lui présenta son amant, Christian, un garçon de dix-neuf ans, pas très beau mais très sympathique.
Marcel proposa à Simon de rester avec eux. Mais Simon pensait à son Manfred caché là-haut dans le vieux moulin. Il devait y retourner, le chercher et organiser la fuite. Il dit qu'il resterait quelques jours mais qu'il voulait partir vite, rejoindre son amant.
"T'as trouvé un amant ?"
"Oui, il m'attend à Aix-les-Bains."
"C'est loin d'ici, et ce coin est encore contrôlé par Pétain et les fascistes. Ce ne serait pas un fasciste, ton homme, hein ?" demanda Christian.
"Non, enfin je ne crois pas. Je sais juste que je l'aime et que je veux le rejoindre. J'y allais quand ils m'ont fait prisonnier."
"D'accord, remets-toi en forme et pars." Dit Marcel, "mais pour l'instant tu peux habiter avec nous, on a une chambre en ville, on mettra un matelas pour toi."
Simon se dit qu'il pouvait en profiter pour se faire donner une carte et des conseils pour éviter les contrôles : comme il n'avait pas de papiers, il pouvait se faire arrêter par les allemands comme par les résistants selon la zone qu'il devrait traverser.
"Pas de problème, je peux te faire des papiers." Répondit Marcel.
Ce soir là, Simon alla dormir chez Marcel. Il ne savait pas comment aller voir son Manfred. Pendant qu'il s'endormait doucement, il entendit Marcel et Christian faire l'amour. Il devinait leurs silhouettes étroitement enlacées qui s'agitaient sur le lit. La scène l'excita et il se masturba en rêvant que Manfred était avec lui.
Le lendemain matin, Christian partit tôt au centre de coordination où il devait prendre le premier poste.
Alors Marcel, en slip et maillot, vint s'asseoir au bord du lit de Simon : "Tu es vraiment devenu un beau mec, depuis la dernière fois que je t'ai vu. Tu n'étais alors qu'un enfant. Tu me plais beaucoup, tu sais ?"
Simon comprit au regard de Marcel ce qu'il coulait lui dire. "Tu n'aimes pas Christian ?" lui demanda-t-il.
"Bien sûr que je l'aime. Mais ça n'empêche pas que, face à un beau garçon comme toi..."
"Dis-moi, si mon mec était vraiment un fasciste... il faudrait que je le quitte ?" demanda Simon pendant que Marcel le caressait sous le maillot, en pinçant ses tétons.
"Mais non, c'est des conneries. Un homme c'est un homme. La guerre est finie, non ? Si je me suis fait résistant, c'est que mon amant d'avant l'était. Et Christian l'est aussi. S'il ne l'était pas, je pourrais être dans l'autre camp..." dit Marcel tout sourire et sa main s'aventura à caresser sous le slip de Simon, "allez, faisons l'amour..." dit-il, excité, en lui palpant le sexe qui commençait à réagir.
"Marcel... mais si Christian le sait ?"
"Il ne manquerait plus que ça ! Il m'arracherait les yeux, il me tirerait dans la tête. Mais doit-il le savoir ? Touche-moi aussi, sens comme je suis dur..."
"Si... si tu m'aidais... je te promets une baise que tu n'es pas près d'oublier. Tu sais, je suis devenu doué..." dit Simon en le caressant entre les jambes, à travers le coton de son slip, affichant un sourire provocateur.
"Que veux-tu ?" demanda Marcel, excité.
"Si tu me jures de garder le secret, je ne dirai rien à Christian sur nous et tu pourras faire de moi tout ce que tu veux tant que je suis là..." dit Simon en sortant la bite de Marcel et il se pencha pour la lécher et la sucer.
"Je le jure ! tu me plais trop !" dit Marcel sans hésiter.
"Mon amant... est un jeune soldat allemand, beau à mourir, doux, gentil. Je suis fou amoureux. Je l'ai caché. Je veux l'emmener en Suisse et vivre avec lui. Tu m'aideras à arranger sa fuite ?" dit Simon en enlevant son slip.
"Putain, tu me demandes l'impossible !"
"Non, rien qu'une carte, des habits civils pour lui, un peu d'argent. Puis je me débrouillerai..." dit Simon en continuant à le lécher avec tout son art, "et peut-être des papiers..." dit-il en enlevant son slip et en s'offrant.
"On verra... si je peux..." dit Marcel d'une voix rauque, concentré sur sa prochaine pénétration. Simon fit son possible pour lui donner le plus grand plaisir, espérant qu'il tienne parole. A l'orphelinat, Marcel avait toujours été de parole : il espérait bien que cela n'avait pas changé en quelques années.
Après, quand Marcel se détendait, il lui dit : "Tu es vraiment une bombe... si tu n'étais pas si amoureux de ton chpountz, je quitterais Christian pour me mettre avec toi... Bon, voyons ce qu'on peut faire. Tu te rends compte que si on te trouve avec lui, tu risques le peloton, hein ?"
"Ça m'est égal..."
"Ah, la puissance de l'amour ! Des habits pour lui et une carte, ça c'est facile à trouver. L'argent aussi. Des papiers pour toi, pas de problème. Mais pour lui c'est quasi impossible. A moins qu'il ne parle français mieux qu'un français."
"Il parle très bien français, mais malheureusement il a un léger accent allemand. Il ne passerait jamais pour un français. Même physiquement, il a bien le type allemand."
"Peut-être qu'on pourrait le faire passer pour un suisse. Mais comment pourrais-je justifier une demande de papiers pour un suisse... et puis il me faut sa photo, et il ne peut pas venir en faire une ici. Non, je ne peux rien pour lui."
"Et bien, fais ce que tu peux. D'ici là, tu peux me prêter un vélo et me donner de la nourriture, je voudrais au moins lui apporter à manger."
"Il est caché dans le coin, alors ! Peut-être même au moulin où on t'a trouvé. Oui, c'est toi qui a dit que tous les allemands étaient morts."
"Ne me trahis pas !" dit Simon inquiet.
"Non, sois tranquille. Mais tu dois faire très attention à ne pas être pris, c'est des fanatiques, ici. Et je ne pourrais rien faire pour toi, s'ils découvraient le pot aux roses. Mais pourquoi fallait-il que tu tombes amoureux d'un ennemi, toi ?"
Et finalement Simon put retourner au moulin. Tout du long du chemin, il fit attention à n'être vu de personne, mais les chemins étaient déserts. Il rentra le vélo dans le moulin et monta vite l'échelle en appelant son amant. Les corps des soldats allemands avaient disparu. Quand il arriva dans la pièce d'en haut, Manfred était déjà descendu de l'armoire et faisait des flexions pour réactiver la circulation dans ses jambes. A peine vit-il la tête de Simon pointer à la porte, il lui fit un sourire tendre.
"Manfred, mon amour, je n'ai pas réussi à venir plus tôt. Je t'apporte à manger. Comment vas-tu ?"
"Mieux, maintenant que je te sais vivant."
"Tu es resté là-haut tout le temps ?"
"Non, je suis descendu cette nuit, il fallait que je fasse mes besoins, je ne tenais plus. Et toutes mes articulations me faisaient mal."
"Sois prudent, mon amour, je t'en prie."
"Oui, bien sûr."
Ils s'assirent sur le sol et Simon lui donna un plein sac de pain et de nourriture et une bouteille de vin. Manfred mangea une partie des provisions et garda le reste pour plus tard. Simon entre-temps l'avait mis au courant de l'aide qu'il avait trouvé et lui promit de revenir vite avec des habits civils et une carte pour qu'ils tentent de gagner ensemble la Suisse.
"Tu crois vraiment qu'on peut y arriver ?" demanda Manfred d'un ton un peu triste.
"Bien sûr, il faut qu'on réussisse. En tout cas, on essaiera. Mais tu verras, on va le faire, Manfred. On a survécu jusque là."
"Simon... Otto m'avait dit de te demander pardon."
"Demander pardon ? Mais de quoi ?"
"De t'avoir obligé à le faire avec lui et avec les autres, à la caserne... Je ne savais pas que... Pourquoi, après ça, as-tu voulu le faire ? Lui, il était secoué. Mais moi aussi je voudrais comprendre."
"On était sur le point de mourir, tous. Je ne voulais pas qu'ils meurent comme des rats dans un piège, mais comme des êtres humains. Alors j'ai pensé à le faire avec eux, avec tous. Tu m'en veux ?"
"Non, mais... tu m'aimes, pas vrai ?"
"Oh oui. Avec les autres ce n'est que de la baise, avec toi c'est vraiment de l'amour. La différence est énorme, non ? Tu es tout pour moi, Manfred, tu devrais le savoir."
"Mais je le sais bien."
"Alors pourquoi es-tu si... je pensais que tu me prendrais dans tes bras, que tu me serrerais, que tu m'embrasserait... et te voici, là, abattu... Qu'y a-t-il, mon amour ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?"
"Je... Ici sont morts tous mes amis... Pardonne-moi, mais je ne me sens pas de... Je t'aime, c'est sûr, mais ici..."
"Oui, je comprends. Excuse-moi. C'est que ça m'a tant pesé d'être loin de toi. Mais on va vite pouvoir partir d'ici. Marcel a promis de m'aider autant qu'il le peut."
Ils parlèrent encore un peu, puis Simon jugea plus prudent de rentrer en ville. Ils se saluèrent en se serrant.
Deux jours plus tard, Marcel donna à Simon une carte routière, des papiers d'identité pour lui, de l'argent, des habits pour Manfred, des provisions et une lettre du comité de libération qui chargeait Simon Canard d'accompagner à la frontière suisse le citoyen suisse Andy Froebel.
"Froebel était un suisse qui nous a rejoint et qui est mort dans une action de la résistance. Il parlait toujours de son frère Andy. Lui, c'était Hans. L'histoire pourrait tenir un examen rapide. Hans est né là, tu vois, dans ce coin de la Suisse. Sa famille tenait une épicerie, je crois." Expliqua Marcel avec d'autres détails.
Simon le remercia. Ils se dirent au revoir et Simon partit, le sac plein de provisions et de tout ce que Marcel lui avait donné. Marcel lui avait aussi donné les dernières nouvelles de la guerre : les allemands étaient en déroute sur tous les fronts. Les alliés avaient débarqué en Normandie et en Sicile et les Russes arrivaient à la frontière orientale. La fin de la guerre n'était plus qu'une question de mois.
Simon se rendit au moulin à pieds. Il monta en appelant Manfred, qui l'accueillit avec le sourire.
"Manfred, avant tout, retire tout ce que tu portes et mets ces habits. Ils devraient bien t'aller."
"Merci..." dit le soldat. Il se mit nu et Simon ne put s'empêcher d'être excité en revoyant le beau corps nu de l'homme qu'il aimait. Il ramassa l'uniforme et les sous vêtement et en fit une boule qu'il cacha au dessus de l'armoire, là où Manfred s'était caché les jours précédents. Puis il fit voir la carte à Manfred et lui montra la route à suivre.
"Ça fait quatre cents kilomètres..." nota Manfred, l'air songeur devant la carte.
"Oui, ça fera plusieurs jours de marche, d'autant qu'il faudra faire attention à éviter les barrages routiers. Ah, si tu avais moins une tête d'allemand... Mais on s'en sortira, Manfred..."
"Ce ne serait pas mieux que tu t'habitues à m'appeler Andy ?" demanda Manfred avec un sourire las.
"C'est vrai... mais j'aime tant ton nom... Bon, on y va ?"
"Oui. Si... si quelque chose tournait mal... saches que je t'aime tant, Simon... Sache que je suis heureux d'avoir pu te rencontrer, te connaître, t'aimer..."
"Mais tout se passera bien..." répondit Simon d'un ton décidé.
Ils partirent et s'éloignèrent du moulin en descendant un peu vers la vallée, puis en évitant la ville par le sud-ouest. Au début, ils marchaient côte à côte, sans parler. Marcel lui avait conseillé de ne marcher que de jour, pour attirer moins de suspicion. Vers midi, ils s'arrêtèrent près d'un ruisseau pour manger.
Manfred dit : "Je voudrais prendre un bain, avant de manger... ça fait des lustres que je ne me suis pas lavé."
"Allons-y." dit Simon.
Ils se mirent nus et Manfred vit que Simon était excité. Il sourit gentiment : "Viens, mon amour, le bain peut attendre."
"Tu as envie de moi ?" demanda-t-il en s'illuminant et, ému, il s'approcha.
Manfred le prit dans ses bras et l'embrassa. Simon le sentit frémir et il sentit son sexe se réveiller et commencer à presser contre lui. Manfred, le serrait contre lui et continuait à l'embrasser, il le porta se coucher dans l'herbe, sous lui et se mit à lui sucer les tétons, à lui lécher la poitrine et le ventre.
Simon frémissait, submergé par un plaisir intense, et quand les lèvres de son amant se refermèrent sur son sexe, il gémit et arqua le dos, en caressant les cheveux et le dos du jeune homme : "Tourne-toi, je veux te sucer aussi... viens sur moi, mon amour, donne-moi ton beau sexe, j'ai soif de toi..." supplia Simon.
Manfred offrit son membre raide à ses lèvres douces et avides. Ils se sucèrent l'un l'autre avec une passion croissante. Simon s'enivrait de l'odeur mâle du sexe de son homme, qui, comme lui, faisait glisser au fond de sa propre gorge celui de son amant et dont les doigts, en même temps, commençaient à fouiller délicatement entre les fesses de Simon.