Brett continua. "Les apparences sont trompeuses, Guntar. Toutes les étoiles brillent jusqu'à ce que le soleil se lève."
"Je ne comprends pas... Que veux-tu dire ?"
"Ton étoile brillera au-delà de tous tes espoirs, le jour où le soleil te sourira... Et toi, mon garçon, quand ton frère se dressera contre toi, sois magnanime, et les dieux te seront propices, surtout le Dieu Niel qui te protège spécialement."
"Mais je n'ai pas de frère..." répondit Olaf, déconcerté.
"Et que dites-vous sur nous ?" demanda Guntar en coupant Olaf.
"L'amour qui vous lie est béni des Dieux. Il sera parfait le jour le jour où le plus petit se donnera au plus grand."
"Oui, dans quelques semaines, pas vrai, mon Olaf ?" sourit le chevalier. Le garçon acquiesça en souriant.
"Non. Huit mois passeront avant ce moment. Ce sera un matin plein de soleil, à côté d'une cascade. N'oubliez pas ces mots. Allez, maintenant. J'ai dit ce que vous aviez à entendre."
Ils dirent au revoir au vieil homme et rentrèrent au village.
"Je ne crois pas que le vieux avait toute sa tête... Il a dit que j'ai un frère !" s'esclaffa Olaf.
"Et ce n'est sûrement pas dans huit mois que je te ferai mien, pas vrai ?" répondit Guntar avec un sourire.
"S'il ne tenait qu'à moi, ce serait sur le champ, vous le savez bien. Je n'attendrai pas huit mois. Les quelques semaines qui nous séparent de votre adoubement me semblent si longues."
"Elles sont longues pour moi aussi, mon cher garçon..." dit Guntar en l'attirant vers lui pour le serrer dans ses bras.
Leurs lèvres se touchèrent et leurs corps se cherchèrent. Guntar commença à caresser le garçon.
Ce dernier frémit mais s'écarta avec douceur du jeune homme. "Ne rompez pas votre serment. Nous avons attendu, tous ces mois, nous pouvons encore attendre les quelques jours qui restent."
"Ici, le dieu Niel a pris son Brett et il l'a aimé." murmura le jeune homme, les yeux pleins de désir.
"Oui, et puis il l'a abandonné, vous en souvenez-vous ? Je ne veux pas que vous me quittiez !"
"Cet endroit est magique." Soupira le chevalier. "Tu es plus fort que moi, j'ai de la chance mon bel ami. Je t'aime plus que jamais."
"Je vous aime aussi, Chevalier."
Ils reprirent la route. Guntar chevauchait perdu dans ses pensées. Olaf le regardait en marchant à côté de la monture, et se demandait à quoi pensait son aimé. Il aurait voulu pouvoir lire dans son esprit, directement, sans passer par les mots. Pourquoi, se demandait-il, les amoureux ne peuvent-ils pas lire dans leurs pensées ?
Guntar regarda Olaf, vit ses yeux pensifs et sourit. "Pourquoi me regardes-tu de la sorte ?" demanda-t-il d'une voix douce.
"Je me demandais à quoi vous pensiez."
"Des pensées étranges et mystérieuses. Je pensais juste que nous ne sommes que trois fourmis, dans ce vaste monde, toi, Foudre et moi. Une terre où le soleil se lève et se couche sans avoir conscience de nos existences. Et puis je suis sur le cheval et toi à pied. Je suis un chevalier royal et toi un serviteur. Pourquoi ? Qui l'a décidé ? Je t'aime, tu m'aimes, ne sommes-nous pas égaux ?"
"Pour moi, vous êtes plus que le soleil, et je suis sûr de ça. Et je suis heureux d'être votre serviteur, heureux de vous appartenir."
"Et moi, si je t'aime, je ne t'appartiens pas ?"
"Vous... m'appartenir ?" s'exclama le garçon, ahuri.
"Bien sûr, Olaf. N'est-ce pas l'amour que d'être complètement à l'autre ? C'est pour ça que je sais que je suis amoureux de toi. Je veux me donner à toi, complètement. Le désir veut posséder, et je te désire mais l'amour veut s'offrir et je t'aime. N'est-ce pas extraordinaire, mystérieux ?"
"Oui, je comprends ce que vous voulez dire. Oui, c'est vraiment un grand mystère. Comment peut-on offrir et posséder en même temps ?" dit Olaf, pensif.
Ils arrivèrent en ville et Guntar demanda l'hospitalité dans le château d'un noble. On leur donna une chambre et un bain chaud leur fut préparé. Le large baquet de chêne était ovale et Guntar voulut prendre son bain avec Olaf et ils se lavèrent l'un l'autre.
La longue caresse des mains pleines de savon excita leur désir.
"La tentation de rompre mes vœux est très forte, Olaf." murmura le chevalier en caressant intimement le beau corps de garçon, "... Je te veux de plus en plus..."
"Mais nous résisterons," soupira Olaf.
"Oui, mais c'est merveilleux de sentir le désir dans tes mains, de le lire dans tes yeux, de le sentir frissonner sous ta peau, de l'entendre dans ta voix..."
"Combien de jours jusqu'à votre adoubement ?" demanda Olaf en caressant la large poitrine.
"Huit jours exactement. Je me présenterai au Roi. Je lui raconterai ma quête. Il me remettra le bouclier avec mes armes, je pourrai choisir mon écuyer et je serai libéré de mes vœux. Alors, je te ferai mien !"
"Ces huit jours passeront vite."
"Jamais assez..."
Le noble offrit un banquet en l'honneur de Guntar, et Olaf, pour la première fois, le servit à table, et il se fit honneur. Il regardait tous ces nobles réunis à table, vêtus de tissus précieux. Il remarqua comme les jeunes dames regardaient Guntar avec timidité et comme celui-ci était aimable avec elles et se sentit plein d'orgueil. Guntar était le plus beau dans cette salle, le plus admiré. Son chevalier.
Puis les musiciens se mirent à jouer et les danses commencèrent. Olaf n'avait jamais vu Guntar danser et l'observa, extasié. Il était élégant, beau, raffiné.
Olaf était assis dans un angle, le cœur plein d'amour pour son homme, quand une jeune servante s'approcha de lui.
"Comment t'appelles-tu ?" demanda-t-elle ?
"Olaf."
"Sais-tu que je n'ai jamais vu un serviteur aussi beau que toi ?" lui dit la fille en minaudant.
"Merci."
"Si tu étais habillé comme eux, on pourrait te prendre pour un noble. Quel âge as-tu ?"
"Presque dix-neuf ans."
"As-tu déjà une belle que t'attends ?"
"J'ai déjà trouvé mon amour."
"Oh... bon, elle a de la chance, celle à qui tu as offert ton cœur. Te manque-t-elle ? Quand la verras-tu ?"
"Oui, mon amour me manque. Mais nous serons ensemble dans huit jours."
"Si tu te sens seul, je serais heureuse de te tenir compagnie." murmura la fille rougissante.
"Merci, mais je ne me sens pas seul."
"Ton chevalier est vraiment magnifique, et la jeune dame que je sers en est toute fascinée. Elle est sûre de le revoir, une fois son noviciat terminé, et je suis sûr qu'elle l'invitera de nouveau. Alors nous nous reverrons."
"Il n'y a pas que ta maîtresse qui soit fasciné par lui," dit joyeusement Olaf en regardant la fille avec des yeux rieurs.
"C'est vrai que les autres dames le veulent, mais elle est la fille du seigneur, alors elle passe avant toutes les autres. Vois-tu comme elle est belle, quand ils dansent ensemble ? Et si ton maître courtisait ma maîtresse..."
"Les serviteurs pourraient imiter les maîtres ?" sourit Olaf. "Mais j'ai juré à mon amour de lui être absolument fidèle, alors..."
"Tu n'es pas très courtois !" répondit la fille d'un air revêche.
"Je ne suis qu'un serviteur..." rétorqua Olaf d'un ton léger.
Le soir, ils se retirèrent pour dormir. Dans la chambre de Guntar, il y avait une couchette pour Olaf, dressée au pied du lit, conformément à la tradition.
Olaf plia soigneusement les habits de Guntar, puis se déshabilla et se préparait à se coucher quand Guntar lui dit, "Souffle la lampe et viens te coucher avec moi."
"Oui, Chevalier." répondit joyeusement le garçon.
Guntar le serra contre lui, "La servante te faisait du gringue, non ?" demanda-t-il.
"Comme les dames avec vous."
"Je dansais avec elles, mais je dansais pour toi."
"Vous étiez si beau. Je ne vous avais jamais vu danser."
"J'ai vu que tu ne m'as pas quitté des yeux."
"Mais moi, j'ai trouvé que vous ne me regardiez jamais..."
"Au contraire. J'étais impatient que la fête se termine, pour que je puisse te tenir comme ça."
"Plus que sept jours..."
"... et je pourrais te donner tout mon amour..."
"... et me faire votre..."
"Oui, te faire mien..." murmura le jeune homme et il l'embrassa avec tendresse et passion.
Olaf frissonna et murmura, "Mais comme ça, il sera difficile de résister encore sept jours."
"Combien de fois ai-je été au bord de rompre mes vœux ? Mais tu m'en as toujours gardé, et je t'en suis reconnaissant. Dès que le Roi m'en libèrera, la première chose sera de faire de toi mon écuyer. Tu peux coudre sur tes vêtements mon blason, et puis je te ferai mien."
"On ne pourrait pas inverser l'ordre ?" demanda le garçon en se serrant contre lui.
"Non. Je ne peux quand même pas te prendre dans la salle du Trône !" répondit Guntar en riant tout en le caressant.
"Et quel sera votre blason ?"
"Je ne l'ai pas encore choisi. Si l'Héraldiste est d'accord, je le ferai peindre sur mon bouclier."
"Et vous n'avez pas encore décidé ?"
"Avant de te rencontrer, je pensais que ce serait un glaive d'agent sur mes couleurs, mais à présent..."
"A présent ?"
"Une rose rouge sur mes couleurs."
"Une rose rouge ?"
"On dit que dans les pays du sud, c'est le symbole de l'amour. Ainsi, je porterai toujours le signe de ton amour pour moi sur mon armure. Ce sera mon porte-bonheur."
"Et alors ma livrée sera brodée d'une rose rouge. Mais ça sera le symbole de votre amour pour moi, c'est ça ?"
"Oui, bien sûr. Dès que nous arriverons au Palais Royal, j'irai tout de suite voir l'héraldiste pour que tout soit prêt pour le jour où le Roi m'adoubera dans la salle des chevaliers."
"La cérémonie ne sera que pour vous ?"
"Non, nous serons quatre. Les quatre devraient être de retour. C'est ce que j'espère."
"Les trois autres chevaliers sont-ils vos amis ?"
"Oui, mais l'un d'entre eux, surtout. Son nom est Kim, on a presque été élevés ensemble. C'est mon meilleur ami."
"Avez-vous fait l'amour ensemble ?"
"Pendant un moment, quand nous étions écuyers."
"L'aimez-vous ?" demanda Olaf, inquiet.
"Non, on était bien, ensemble, mais ce n'était pas de l'amour. On se faisait confiance en tout, et c'est pour ça que le Roi nous a envoyés dans des directions différentes, lui au sud et moi au nord. Il est plus qu'un frère, je peux lui dire que je t'aime, je sais qu'il me comprendra, même s'il préfère les femmes."
"Et vous ?" demanda timidement Olaf.
"Moi ? J'ai toujours préféré les hommes."
"Préféré ?" demanda Olaf en levant un sourcil.
"Oui, préféré. Maintenant, je n'ai plus de préférences. Je sais que je suis amoureux de toi." répondit tendrement le jeune homme en l'attirant à lui pour l'embrasser.
Ils prirent finalement la route de la capitale. Ils arrivèrent dans la grande ville, dominée par le château royal, la traversèrent et Olaf était fasciné. Elle était plus grande que toutes celles qu'il avait traversées, animée, pleine de belles constructions, de boutiques artisanales, d'échoppes. Ils arrivèrent à la porte basse du château et Guntar se présenta. Le chef de la garde sortit qui le reconnut et il le fit escorter jusqu'à la porte intermédiaire. A cet endroit, le chef de la garde était à un chevalier, ami de Guntar, qui le salua cordialement et voulut savoir comment s'était passé son année de noviciat. Pendant que Guntar parlait avec lui, Olaf, tenant Foudre par la bride, les suivait en regardant les yeux écarquillé le système de fortifications et les soldats aux couleurs du roi, blanc et rouge. Ils arrivèrent à la porte haute et un autre chevalier prit Guntar en charge et le conduisit de la porte du château dans la cour intérieure, où il le confia au chevalier de service. Celui-ci les mena au quartier réservé, où Kim les attendait déjà ainsi qu'un autre chevalier.
Olaf fut conduit aux écuries où il étrilla Foudre, puis dans la chambre où il devait dormir pendant les jours qu'il passerait là. C'était une vaste pièce avec une grande paillasse sur un côté.
Là, il rencontra les écuyers des deux autres chevaliers. L'un, nommé Kuno, écuyer de Kim, avait vingt-trois ans. L'autre, nommé Weis, écuyer du chevalier Erich, n'avait que vingt ans. Kuno avait été pêcheur, un vigoureux gaillard aux cheveux châtains. Weis était grand et élancé, les cheveux blond cendré. C'était le dernier fils d'un chevalier. Weis et Kuno étaient déjà amis et ils accueillirent Olaf avec simplicité et camaraderie. Wies était sûr de devenir l'écuyer d'Erich, et ensuite chevalier à son tour. Kuno par contre savait qu'il resterait serviteur, parce que Kim savait déjà qui prendre comme écuyer après avoir été adoubé. Weis, provenant d'une famille de chevaliers, savait beaucoup plus de choses que les deux autres et les leur expliquait.
"C'est vrai que les chevaliers couchent avec leurs écuyers ou leurs serviteurs ?" demanda Kuno à un moment.
"Oui, ça arrive parfois, sûrement sur la route, ou a la guerre. C'est comme les Princes avec leurs pages. Un homme a besoin de faire l'amour, et quand il n'a pas sa femme, il se fait un garçon, ou un jeune homme, c'est normal. Parce que les serviteurs, les écuyers, les pages dorment dans la chambre de leurs maîtres, ça arrive..."
"Et toi, Weis, as-tu déjà fait l'amour avec un homme ?" lui demanda Kuno.
"Bien sûr, plus d'une fois et avec plus d'un. Pourquoi ?"
"Moi... Je l'ai fait quelques fois avec un pêcheur de mon village. Et toi, Olaf, tu l'as déjà fait avec un homme ?"
"Souvent, et avec beaucoup d'hommes."
"Je ne sais pas... Mon ami, le pêcheur, des fois, il m'a pris pendant la nuit, quand nous étions seuls. Il venait sur ma paillasse, baissait mon pantalon, me baisait, puis me quittait sans un mot. Le jour, il ne voulait pas en parler. En fait. Moi. j'aimais ça sans l'aimer, alors j'ai voulu savoir si vous aimez ou non."
"Je crois que comme ça, je n'aurais pas aimé." dit Weis, "Il y a des hommes qui sont comme ça avec leur femme, ils les prennent pendant le nuit et puis ils ne veulent pas en parler. Mais que ce soit entre hommes ou avec une femme, faire l'amour n'est pas différent. Pour mon premier homme, j'avais quatorze ans, il m'a séduit, il ne m'a pas seulement baisé. Il m'a donné envie de faire l'amour avec lui."
"Et toi, Olaf ?"
"Ma première fois ? J'ai été violé par les deux fils de mon maître. Ils ont parlé tout le temps mais j'aurais préféré qu'ils se taisent." répondit Olaf avec un sourire amer.
"J'aimerais bien le faire avec un de vous deux," dit Kuno en regardant les deux garçons.
"Pourquoi pas ?" répondit Weis. "Ce soir, on sera tous là. On pourrait même le faire tous les trois ensemble."
"Non, faites-le tous les deux, mais pas moi." dit Olaf.
"C'est sûr, après une telle expérience, tu n'as plus envie de coucher avec des hommes," ajouta Weis compréhensif.
"Non, c'est pas ça. Simplement, je n'ai pas envie," dit Olaf, "Mais vous pouvez y aller tranquillement."
Cette nuit-là, Olaf les entendit faire l'amour à côté de lui en murmurant, et Kuno soupira, "Oh, oui, j'aime, comme ça !" et ils gémirent pendant l'orgasme.
Olaf était excité en imaginant qu'enfin, il était avec Olaf, il ne manquait plus que deux jours.
Le lendemain, ils furent appelés pour se préparer à la cérémonie. Olaf retrouva Guntar qui lui sembla le plus beau des chevaliers. Du quatrième chevalier, on était sans nouvelles. Ils ne réussirent pas à parler seul à seul, mais Guntar dit à Olaf que l'Héraldiste avait accepté qu'il prenne la rose rouge comme emblème, puis ils durent nouveau de se séparer.
Cette nuit là, Kuno et Weis firent de nouveau l'amour. Puis Olaf entendit l'ex-pêcheur dire à Weis, "Je suis triste qu'on doive se séparer, tu me plais beaucoup."
"Oui, toi aussi, tu me plais. Mais nos vies ne nous permettront pas d'être ensemble. Demain, je deviendrai écuyer, et un jour, je serai chevalier. Et puis je me marierai et toi aussi."
"Oui, je sais, mais... Pourquoi deux hommes ne peuvent-ils pas se marier ?" demanda Kuno.
"Ne dis pas n'importe quoi ! On se marie pour faire des enfants. Deux hommes ne le peuvent pas, non ? Deux hommes ne couchent ensemble que pour le plaisir." répliqua Weis.
Alors, dans l'obscurité, Olaf lui dit, "Non, ils peuvent aussi le faire par amour. Deux hommes peuvent être amoureux."
"Tu es encore réveillé ? Amoureux, deux hommes ? Allons donc ! Ils peuvent être vraiment amis, être très bien ensemble, faire l'amour, mais l'amour, c'est autre chose. Un homme ne peut aimer qu'une femme, c'est évident !"
"Je n'en suis pas si sûr. Je crois que deux hommes peuvent tomber amoureux, s'aimer vraiment." insista Olaf.
"Moi... je pense comme Olaf." dit Kuno, "Même si je ne suis jamais tombé amoureux de personne, je pense que ça pourrait arriver. Je ne crois pas que ce soit sexuel, c'est juste question d'être avec celui qu'il te faut."
"Mais l'homme est fait pour la femme, et la femme pour l'homme, c'est évident," insista Weis.
"Si tu parles de faire des enfants, je suis d'accord, mais pas pour le reste. Je pense que Kuno a raison, si tu trouves le bon, tu tombes amoureux, que ce soit un homme ou une femme."
"Alors vous pensez tous les deux que deux hommes devraient être autorisés à se marier ?" demanda Weis abasourdi.
"S'ils s'aiment, pourquoi pas ?"
"Mais on se marie pour faire des enfants." insista Weis.
"Ce n'est pas vrai. Mon père et ma mère n'étaient pas mariés, et je suis né, comme mes trois frères et mes deux sœurs." dit Kuno.
"Oui, c'est vrai..." dit Wies songeur.
"Avoir des enfants, être amoureux et se marier, ce sont trois choses complètement différentes." dit Olaf. Il n'y avait pas tellement pensé jusqu'à présent, mais la discussion avec ses compagnons l'avait fait réfléchir.
"Mais si on avait les trois ensemble, ça ne serait pas parfait ?" demanda Weis d'un air triomphant.
"Oui, c'est vrai, mais si tu regardes autour de toi, il y en a beaucoup qui en n'ont que deux sur les trois. Ils s'aiment et ont des enfants sans être mariés, comme les parents de Kuno, ou qui se marient et on des enfants sans s'aimer, ou qui s'aiment et se marient sans avoir d'enfants."
"Et même, qui en aiment une, se marient avec une autre, et font des enfants à une troisième," dit Weis en riant.
Le lendemain, se tint la grande cérémonie, et les rites. Pour la première fois, Olaf vit le Roi, la Reine et le Prince Bjorn dans toute leur splendeur. Bjorn avait quinze ans, il était beau dans ses atours. Olaf l'admira, mais il était particulièrement impressionné par le Roi Harold, majestueux et serein, malgré le léger voile de tristesse sur son expression.
Les trois chevaliers reçurent leurs boucliers peints aux couleurs qu'ils avaient choisies, puis Weis et Olaf furent faits écuyers. Enfin les trois chevaliers se retirèrent, chacun dans une pièce, suivis de leur écuyer ou de leur serviteur. Et enfin Guntar et Olaf furent ensemble, seuls.
"Demain, il y aura une grande fête, un tournoi en notre honneur. Viens ici, Olaf, le Roi nous a enfin libérés de notre vœu de chasteté. Viens, mon amour. C'est le moment que nous attendons depuis un an. Enfin, je peux te prouver mon amour."
"Laissez-moi vous déshabiller." dit Olaf en se penchant pour retirer les éperons de son homme."
Il le déshabilla lentement, progressivement, savourant cette acte qu'il avait fait si souvent, mais qui prenait à présent un autre sens. Guntar le laissa faire, le cœur plein de désir, puis à son tour, il déshabilla son écuyer. Quand ils furent tous deux nus, Olaf admira la glorieuse érection de son homme, et presque en adoration, il la porta à ses lèvres.
"Vous êtes si beau !" s'exclama le garçon, embrassant le sceptre de chair qu'il allait bientôt accueillir en lui.
"Mais tu m'as déjà vu, touché des centaines de fois." murmura Guntar, frissonnant sous la caresse en passant la main dans les cheveux d'Olaf.
"Mais jamais comme ça. Vous êtes plus beau que jamais."
"Et toi, tu es plus désirable que jamais, Olaf."
"Prenez-moi..."
"Oui, viens." dit Guntar en le tirant vers le lit. "Tu es plus beau que jamais."
Guntar coucha le garçon sur le lit et s'étendit sur lui, pressant son érection contre la sienne, le serrant entre ses bras et ses jambes, et il l'embrassa.
"Prenez-moi," supplia Olaf.
"Oui, bientôt. J'ai rêvé de cet instant, Olaf, quand enfin tu serais à moi."
"Prenez-moi," murmura Olaf.
Guntar se glissa entre les jambes d'Olaf et se pencha pour sucer le membre du garçon.
Olaf frissonna comme l'herbe nouvelle sous le vent de Juin. "Oh... Vous aimez faire ça ?" demanda-t-il, ému.
"Bien sûr! Ça te plait, mon amour ?" demanda Guntar, en recommençant à le sucer, à le lécher, à l'embrasser.
"Oh, comme c'est bon, vos lèvres comme ça... Mais... prenez-moi... faites-moi vôtre."
"Tu me veux en toi ?"
"Oui, tellement..."
"Tellement... comment ?"demanda Guntar en soulevant les jambes du garçon et en les repoussant contre la poitrine et les épaules, lui caressant les cuisses, les flancs et la poitrine avec plaisir.
"Enormément... prenez-moi..."
"Guntar prit un flacon qu'il avait rempli d'huile parfumée, et se mit à lubrifier soigneusement le trou de son écuyer, qui frémissait et palpitait sous ses doigts.
"Oh, prenez-moi..." implora le garçon.
"Oui, maintenant..." répondit le jeune homme excité, qui se mit à étendre de l'huile le long du son pieu raide. Il referma le flacon, le mit de côté et écarta les petites fesses fermes du garçon, il guida l'extrémité de son membre sur l'orifice brûlant. "Et voilà, je te fais mien, enfin..." murmura-t-il en commençant à pousser.
"Oh, oui, je vous sens... que c'est beau... vous entrez en moi... oh, oui, oui, je suis à vous, tout à vous..."
"Oui, mon amour... Je t'aime... tu es à moi, enfin, ahhh, que c'est bon..."
Olaf sentit la toison pubienne et les boules gonflées du jeune homme pousser contre ses fesses et le dur et beau membre profondément en lui, chaud, palpitant et eu alors un sourire doux et reconnaissant.
"Vous êtes en moi ! Enfin..."
"Je t'adore... c'est bon d'être en toi... de te faire mien..." murmura Guntar avec délice en commençant à le pomper à un rythme doux mais décidé dans une sorte de danse érotique et passionnée.
Olaf vibrait à chaque poussée et goûtait ce pieu profondément enfoncé en lui, le recevant enfin avec une vigueur virile.
Guntar regardait l'expression béate qui baignait le visage du garçon et sourit. "Tu aimes ?"
"C'est merveilleux de vous sentir en moi, comme ça. Je n'ai jamais rien senti de plus beau. Vous m'emmenez au paradis."
"Et tu me le rends bien, Olaf, je n'avais jamais rien éprouvé de tel. Je suis heureux de t'avoir."
Pendant que Guntar continuait à prendre Olaf, ils se caressaient sur tout le corps, échangeaient des mots d'amour pleins de passion et se noyaient joyeusement dans le regard comblé de l'autre.
"Ooooh, Olaf... Je vais... te donner... ma semence..."
"Oh, oui... je la sens... allez... faites le moi sentir... Je veux la sentir jusqu'au fond... Oh, comme ça... que c'est beau..." souffla le garçon en faisant palpiter son canal tout en se serrant contre lui et en oscillant son bassin dans un mouvement de rotation pour mieux sentir la forte consistance du beau pieu qui se vidait en lui.
Ce qui déchaîna l'orgasme du jeune homme. Il poussa son membre à fond en Olaf, tira à lui le torse du garçon, le remplit de sa crème tiède en gémissant. Tous deux tremblaient à l'unisson, saisi par le plaisir intense. Puis Guntar se retira du garçon et se glissa rapidement pour prendre entre ses lèvres le membre du garçon. Olaf était plus qu'excité et ce contact doux, chaud, le fit jouir immédiatement, cambrant son dos, tremblant. Avec de bruyants gémissements de plaisir, il se vida directement dans la gorge de son homme qui but, tout à grande gorgées goulues.
Quand Olaf commença à se détendre, frémissant, transpirant, hors d'haleine, Guntar s'étendit de nouveau sur lui, et lui murmura en l'embrassant. "Tu as un goût délicieux. A présent, ma semence est en toi, et la tienne est en moi. Ainsi, je fais partie de toi et toi de moi. Je t'aime, oui, tu es vraiment à moi, maintenant. C'est merveilleux, non ?"
Olaf hocha la tête en signe d'assentiment et que les larmes envahirent ses yeux.
Guntar le regarda inquiet. "Qu'est-ce qui se passe ? J'ai dit ou fait quelque chose..."
"Non, on peut aussi pleurer de joie. Je me sens si heureux que... Je suis triste que ça soit fini, c'était si beau !"
"Oh, mon bel amour ! Mais ça n'est que le début. Tu dormiras toujours dans mon lit, dans mas bras."
"Et vous me ferez vôtre chaque nuit ?"
"Pourquoi seulement la nuit ?" demanda doucement le jeune homme.
"Non, bien sûr, chaque fois que vous voudrez." soupira Olaf, embrassant avec dévotion la main qui caressait sa joue, "Je vous appartiens, vous le savez. Je suis vraiment à vous !"
"Oui, je sais, et je t'en remercie."
"Vous m'en remerciez ? C'est à moi de vous être reconnaissant."
"Je t'en remercie parce que tu t'es entièrement donné à moi. Je dois te remercier pour la joie avec laquelle tu m'as accueilli en toi. Je dois te remercier pour ta fidélité et ton amour."
Le lendemain, il y eu le tournoi, puis le grand dîner à la cour pour honorer les nouveaux chevaliers.
Puis Guntar acheta un bel étalon pour Olaf, et rentra avec lui dans sa demeure. Il présenta Olaf à sa famille, et suivant la coutume, un lit fut placé au pied de celui de Guntar. Mais dès la première nuit, ils n'utilisèrent que celui de Guntar qui ne laissait pas passer une nuit sans faire l'amour à son Olaf.
Ils étaient de plus en plus unis, de plus en plus amoureux. Ils s'entraînaient ensemble, dans de longues séances éreintantes, chassaient, galopaient et ne manquaient jamais une occasion de faire l'amour, en pleine nature, et ils adoraient ces occasions.
Olaf avait dix-neuf ans quand, un beau matin, après une mémorable chevauchée dans les bois, ils se baignaient sous une cascade dans les rochers. Guntar prit Olaf dans ses bras et le conduisit dans une clairière entre des buissons et commença à l'embrasser et à le caresser avec passion. Le garçon s'abandonna contre lui, se préparant à être pris. Comme d'habitude, Guntar, commença à sucer le beau membre érigé du garçon.
Olaf s'offrit à son chevalier, tout attente. Mais Guntar le caressa en disant, "Non, pas aujourd'hui. Je ne veux pas te prendre."
"Non ? Pourquoi ? Etes-vous lassé de moi ?" Olaf était inquiet et déçu. Il regarda Guntar dans les yeux.
"Non, pas du tout, mais je ne veux pas te prendre... Depuis un moment, j'ai envie de quelque chose d'autre, alors..."
"Dites-moi ce que vous voulez, quoi que ce soit, et je le ferai pour vous, pour vous plaire, pour que vous soyez heureux." dit le garçon avec des yeux lumineux.
"Aujourd'hui, je veux que tu..." commença Guntar en caressant tendrement son membre frissonnant.
"Que je... Dites-moi..."
"Je veux que tu me prennes."
"Moi ? Vous prendre ? Mais je suis votre écuyer !" dit Olaf avec surprise.
"Non, tu es mon amour, et ça fait un moment que j'ai envie de te sentir en moi. Tu as promis de faire tout ce que je te demanderais, non ?"
"Si... si c'est vraiment ce que vous voulez...."