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histoire originale par Andrej Koymasky


pin CONTES DE PLAGE 11 ème CONTE
LA 'STROLOGUE

Saverio est vraiment beau garçon, dans la fleur de ses vingt-quatre ans. Il est joyeux, aimable toujours convié dans les groupes. Il travaille comme matelot sur un cargo. Lors des repos, il rentre dans son village où il a une petite amie. Il lui est totalement fidèle, ne la trompe pas, et comme il s'échine à le répéter à ses amis, c'est totalement faux que sur les bateaux, les marins se prennent entre eux. Non, seulement il ne l'a jamais fait, mais il n'a jamais vu, entendu ou soupçonné que ses camarades puissent le faire. Il y a longtemps, peut-être, quand les bateaux restaient en mer plusieurs mois, mais maintenant...

Le seul point faible de Saverio, c'est qu'il est terriblement superstitieux, et aussi assez crédule, alors parfois, ses amis aiment se moquer de lui. Mais il ne s'en formalise pas, au contraire, il en rit. Il a vraiment bon caractère.

Comme il a cinq jours d'escale, il est rentré dans son village, où il a immédiatement retrouvé ses vieux copains, les locaux et des touristes habitués. Un groupe de garçons et de filles avec lesquels il s'entend bien. Il est parti à la plage avec eux.

Valentina, la cousine de la copine de Saverio, profitant d'un instant où le couple n'est pas là, dit aux autres qu'elle a pensé à une blague pour Saverio. Tout le monde lui demande laquelle. Valentina connaît un garçon qui est là pour les vacances, un gentil garçon, dix neuf ans, qui fait de très bonnes imitations. Il est capable de copier une voix, un comportement, une attitude, un vrai artiste. Elle a pensé à lui demander de se déguiser en diseuse de bonne aventure, une de ces gitanes qui déambulent sur la plage pour dire le future et elle lui demandera de venir sur la plage et de lire les lignes de la main pour l'effrayer, et puis on lui dira que ce n'est qu'une blague et tout le monde rira... Sitôt dit, sitôt fait, ils sont tous d'accord.

Valentina part donc à la recherche de ce garçon, Alberto. Elle lui explique le jeu. Lui aussi est tout de suite d'accord. Ils préparent, organisent tout. Alberto va chez Valentina chercher le costume pour le déguisement, de vielles jupes amples et longues dont elle ne se sert plus, un vieux cabas, un foulard voyant, de gros anneaux d'oreille, un jeu de tarots abîmé... Puis Valentina donne à Alberto quelques anecdotes et des détails sur Saverio et aussi sur ses amis, pour que ses "prémonitions" soient crédibles.

Le matin convenu, Alberto se rase très soigneusement, puis va chez Valentina. Elle l'aide à mettre les habits, un soutien-gorge rempli de chaussettes, le maquillage, du rouge à lèvres, les boucles d'oreilles, le foulard sur les cheveux... Alberto se regarde dans le miroir, il est méconnaissable. On le prendrait facilement pour une de ses filles gitanes, grandes, fortes, élancées, qui passent parfois le long de la plage. Puis le garçon imite leur accent, la voix traînante, la démarche et les mouvements. Valentina éclate de rire.

"Si je ne t'avais pas aidé à te déguiser, je te prendrais vraiment pour une tireuse de cartes. Tu es méconnaissable, habillé comme ça !"

"'Strologue, 'strologue ! J'suis pas chiromancienne, j'suis 'strologue, rappelle-toi!" dit Alberto et Valentina éclate encore de rire.

Elle retourne avec les autres sur la plage, sous le parasol. Alberto sort sur la plage, mais au loin. Il doit jouer son rôle en s'approchant. Et en effet, il commence à remonter la plage entre les parasols, en poussant son appel, "'Strologue, qui veut 'a 'strologue ! Ammour, travvail, famiiiille, santééééé !"

Quelqu'un l'appelle. A peu de distance de Valentina et de ses amis, et il dit la bonne aventure au touriste, prend son argent et repart. Un autre client l'appelle. Tout le monde y croit vraiment, à la bohémienne. Puis, enfin, elle passe devant eux, poussant son appel strident, devant le parasol sous lequel Saverio est assis.

"Hé, on l'appelle ?" propose un des amis.

"Oh oui, d'accord !" répond un autre.

Une des filles appelle, "Hé, l'astrologue, venez, s'il vous plait."

Alberto se dirige vers le parasol, regarde lentement chacun des amis, l'un après l'autre, et dit, d'une parfaite voix de femme avec l'accent gitan,

"Quelle belle jeunnesse... vous voulez ji lis les lignes de la main ou li tarots ? Qui tenter sa chance ?"

La première est une fille. Ce que lui dit la bohémienne en lui lisant les lignes de la main fait mouche, et la fille, simulant l'étonnement, s'exclame, "C'est vrai ! C'est tout à fait ça..."

Elle paye Alberto. Puis c'est le tour d'un garçon. Avec lui aussi, l'astrologue est phénoménale, révélant des faits passés que les autres, dont Saverio, connaissent très bien... Lui aussi paye Alberto.

"Saverio, essaye aussi !" dit Valentina.

Le garçon acquiesce et tend la main vers Alberto qui l'étudie puis commence. Il lui dit que quand il était petit, il a eu un accident de voiture qui lui a laissé une cicatrice dans le dos (Saverio porte un T-shirt, alors "elle" ne peut pas la voir) qu'il n'était pas très bon à l'école, qu'il a redoublé une classe, qu'il a deux grands frères, qu'il travaille sur la mer mais qu'il n'est pas pêcheur.

Saverio est ahuri, "C'est vrai..." murmure-t-il à chaque affirmation.

L'astrologue lui dit qu'il promène toujours une amulette rouge dans sa poche, mais qu'elle ne marche pas si souvent...

"Mais, parle-moi du futur, maintenant." demande anxieusement le garçon.

L'astrologue hoche la tête, amour... elle t'aime, elle te rendra heureux. L'argent... pas trop, mais tu en auras suffisamment. Travail... Là, l'astrologue s'arrête soudain, s'assombrit et se tait.

"Le travail ? Qu'est-ce qu'il y a, je vais le perdre ?" demande le jeune homme, inquiet.

"Nooon, y' n' von' pa' t' virer..."

"Alors, où est le problème ?"

"C'i que... T'i fort ?"

"Dis-le moi..."

"C'i que... qu'on t'a jeti la poisse..."

"Un sort ? A moi ? La poisse ? Pourquoi ? C'est quoi ? Dis-le moi."

"Que'qu'un qui t'en veux. Atten', ji vois une issue... Mais j'i peur..."

"Quoi ? Je vais tomber malade ?

"Nooon, c'i p't-être un problèm' sur li batteau, au travvail, sur ton batteau... Tout i possib', ji vvois di l'eau, bicoup d'eau... trop... ti comprends ?"

Saverio pâlit, il est vraiment inquiet. "Mais... c'est possible d'enlever cette malédiction ?" demande-t-il.

"Eh bé... on pourrait tirer li tarots pour voir..."

"Oui, tire-moi les tarots..."

"Ça coûtera cinq cents lirres di plus..."

"Oui, oui..." dit Saverio en lui donnant tout de suite l'argent.

Alberto prend les tarots, les regarde, les tourne, pense...

"Et alors ?"

"Ehhhh... C'est pas si facile..."

"Quoi ?"

"D'enlever ine poisse com' ça."

"Quoi que ce soit, vraiment... dis-moi..."

"Heu... En face de tout ci monde..."

"Allons ailleurs alors, mais tu dois tout me dire, vraiment tout..."

Les amis sont un peu déçus, mais ils pensent que l'atmosphère de mystère est une autre bonne invention d'Alberto pour mieux faire peur à leur ami, alors ils ne se plaignent pas.

Les deux s'éloignent un peu, et puis Alberto fait semblant de chercher les bons mots, comme s'il parlait à contre-cœur, comme si Saverio devait lui tirer les mots de la bouche... et il dit à Saverio soucieux que la seule manière d'annuler la malédiction sera de trouver un garçon de moins de vingt ans, habillé comme il l'est à l'instant, un T-shirt blanc à rayures bleues et un jean blanc, et... qui soit d'accord pour faire l'amour avec lui ! Ainsi la malédiction passera dans ce garçon et sera annulée.

Un garçon ? Un homme ? Demande Saverio épouvanté. Il n'y a pas d'autre moyen ? Non. Et puis tu ne dois pas en dire un mot à qui que ce soit où la malédiction reviendra. Mais... objecte Saverio, comment je vais trouver quelqu'un comme ça, habillé pareil et... qui soit d'accord ? Tu le cherches, et quand tu l'as trouvé, tu lui demandes. C'est le destin qui te le présentera. Et fais-lui l'amour comme il te demandera.

Pour rester crédible, Alberto continue un moment son chemin, se faisant toujours plus d'argent, jusqu'à être hors de vue du parasol de Valentina, puis il rentre chez elle pour se changer et enlever son maquillage. Valentina est déjà là à l'attendre. Elle lui dit qu'il a été magnifique, que Saverio a cru à toute l'histoire.

"Mais qu'est-ce que tu lui as dit quand vous étiez seuls ?" demande-t-elle.

"Rien de spécial, des conneries. Il doit porter les mêmes vêtements que ceux qu'il a aujourd'hui jusqu'à ce qu'il trouve quelqu'un de vêtu exactement comme lui. Mais je l'ai fait jurer de n'en parler à personne, où la malédiction reviendra. C'est pour ça que je l'ai pris à part."

Valentina gobe le bobard et rit. Alberto est content. Il a déjà le jean blanc, et le T-shirt blanc à bandes bleues, il sait où en acheter un. Saverio est vraiment beau garçon, et Alberto est gay, même si Valentina et les autres n'en savent rien.

Alberto va acheter le bon T-shirt. Il lui coûte moins que ce qu'il a gagné sur la plage... Il le ramène dans sa chambre et le cache dans un tiroir. Il veut attendre deux ou trois jours pour que le jeune homme cuise un peu dans son angoisse. La vieille du jour où Saverio doit retourner travailler, il croisera sa route, pour qu'il le remarque... Il est certain que Saverio ne reconnaîtra pas en lui la bohémienne.

Au jour dit, Alberto porte les vêtements identiques à ceux de Saverio, et va s'asseoir à une table du bar devant la Mairie. Il doit juste attendre, Saverio passe par là, sur la route de la plage. Il porte des lunettes de soleil, il fume une cigarette et fait semblant de lire un journal. Et voilà, Saverio arrive.

Saverio regarde autour de lui. Il ne fait que ça, depuis l'autre jour, et voit Alberto. Son cœur bondit. Mon dieu, heureusement il l'a trouvé... pense-t-il. Hésitant, il avance vers Alberto, s'arrête à côté de lui, et quand Alberto lève la tête de son journal et le regarde, Saverio lui dit d'une voix hésitante.

"Je peux... m'asseoir là... avec toi ?"

"Oui, si tu veux..."

"Je... je te regardais... on est habillé pareil..."

"C'est vrai, quelle coïncidence !" dit Alberto.

"Oui. Tu es d'ici ?"

"Non, juste de passage. Je pars demain..."

"En fait, je ne t'ai jamais vu auparavant... Tu es à l'hôtel ?"

"Non, j'ai une chambre chez des amis."

"Alors, tu n'es pas seul..."

"Ils sont tous à la plage... Pourquoi ?"

"Je peux venir dans ta chambre alors ?" bafouille Saverio en rougissant.

"Oui pourquoi pas... Tu voudrais qu'on passe un moment ensemble ?" demande Alberto d'un air coquin.

Saverio rougit de nouveau, "Si ça ne t'ennuie pas..."

"Non, au contraire... Et puis, tu es vraiment mon genre..." insinue Alberto.

Saverio baisse les yeux, se tord les mains, il ne sait que dire.

"Alors, on y va ?" l'invite Alberto en se levant.

Il conduit Saverio dans sa chambre, ferme la porte à clé, pose sa main sur l'épaule du jeune homme. "Bon, alors... qu'est-ce que tu veux qu'on fasse, maintenant ?" demande-t-il d'une voix chaude.

"Tout ce que tu voudras." répond précipitamment Saverio, répétant les mots qu'il a appris par cœur.

"Très bien. Déshabille-moi, alors, et déshabille-toi..."

Saverio semble hésiter, mais il s'exécute. Alberto se couche sur le lit et le fait se coucher à ses côtés. Il a déjà une complète érection. Saverio pas encore.

"Caresse-moi, embrasse-moi... comme si tu étais ma copine..." lui dit Alberto.

"Moi, ta copine ?"

"Oui, bien sûr, et moi la tienne. Tu dois me faire du bien, et moi te faire du bien."

"Mais toi... tu aimes faire ça ?"

"Quand j'étais un gamin, mais plus depuis ce temps-là..." ment Alberto.

"Mais alors, pourquoi le ferais-tu ?" demande Saverio, surpris, mais en se décontractant.

"Je ne sais pas, je ne l'explique pas non plus, je ne comprends pas... D'un coup, j'ai senti que je devais... et puis tu es arrivé, habillé comme moi... Allez, avant que je change d'avis..." dit Alberto.

Saverio semble préoccupé. Il n'avait pas pensé à cette possibilité. Avoir été si loin et perdre la possibilité de résoudre son problème... Alors il s'active. Alberto, avec plaisir, s'aperçoit que l'autre s'excite progressivement. Ils s'embrassent, se caressent, se sucent les seins... Alberto juge que Saverio est maintenant suffisamment excité, et se penche pour le sucer puis se tourne lentement pendant que Saverio gémit de plaisir, et place son membre face à lui. Le matelot est incertain puis, hésitant, commence à le lécher... et finalement, ils sont unis dans un bon soixante neuf.

Alberto se glisse sous lui et commence à lui caresser le derrière, puis il lui lubrifie l'anus avec le gel qu'il a préparé, et enfile un préservatif.

'Hé ! qu'est-ce que tu fais ? Tu ne penses quand même pas..."

"Je me prépare à baiser ton petit cul, et puis tu prendras le mien..."

"Mais..."

"C'est bien toi qui m'as demandé de faire l'amour ? Si tu veux on arrête..."

"Non ! Eh non !" cède Saverio, "S'il te plait, continue..." ajoute-t-il, résigné.

Alberto le prend alors par les hanches, pointe son membre sur son petit trou et commence à pousser. Il ne réussit pas à entrer.

"Ecoute, tu dois te détendre et pousser comme pour chier ou alors je réussirai pas à entrer !" lui commande Alberto.

Le marin obéit et finalement le garçon commence à le pénétrer. Saverio n'émet pas un murmure, pas un son. Alberto s'aperçoit que malgré tout, Saverio ne perd pas du tout sa forte érection, le signe qu'il ressent du plaisir. Il plonge tout doucement dans le cul du matelot, se poussant vers lui, attirant Saverio contre lui. Simultanément, il caresse la verge toujours bandée du beau marin. Et enfin, quand il est entré jusqu'à la garde, il commence à le pomper avec joie. Prendre la rondelle d'un jeune homme de cet âge, un hétéro en plus, c'est une vraie conquête !

Saverio laisse le garçon le baiser sans la moindre résistance, maintenant. Alberto jouit longtemps de lui, jusqu'à ne plus être capable de se contrôler et, avec de vigoureuses poussées, il se vide dans le canal brûlant du beau marin.

Le garçon est pleinement satisfait, alors, couché sur le dos, tirant ses jambes contre sa poitrine, il s'offre au beau marin et l'invite à la prendre. Le jeune homme prend une expression bizarre, il est troublé mais excité, sa figure est rouge et il transpire. Il se baisse sur le garçon et le pénètre sans difficulté. Et puis il commence à bouger, au début sur un rythme hésitant, et puis de plus en plus assuré, jusqu'à se ruer en un galop furieux. Maintenant la figure de Saverio est détendue, il profite visiblement de la baise et le fait avec passion.

Après l'avoir un moment pompé avec une énergie virile, sans qu'Alberto le lui ait demandé, Saverio se penche et l'embrasse avec une vraie passion bien qu'un peu maladroitement. C'est vraiment excitant.

Alberto se dit joyeusement, "Vive la superstition !"


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