Ils échangèrent leurs habits. L'homme semblait content.
Alors Chipi lui demanda : "Ce n'est pas mon quartier, où dois-je aller pour trouver les Pwertan ?"
"Les Pwertans, ils sont dans cette direction, mais tu peux en trouver partout."
"Et les Mahyohs ?"
"Vers là, mais eux aussi... surtout la nuit." répondit l'homme et, sans rien ajouter, il fit signe aux autres et disparut à nouveau entre les blocs de béton et les buissons dans le dos de la vieille.
Chipi prit la direction intermédiaire entre les deux indiquées par l'homme. En marchant, il reconnut l'une des plantes dont Serek lui avait montrée qu'elle était comestible, alors il en cueillit un peu et en remplit son écuelle en se disant que plus tard il aurait faim. Le soleil montait dans le ciel et il faisait chaud. Chipi continua à marcher, jusqu'à trouver un arbre. Il s'assit dessous, le dos appuyé au tronc : il fallait qu'il survive une semaine et qu'il trouve une autre entrée de la cité des Bakji. Eux on pouvait les reconnaître aux bracelets bicolores qu'ils portaient tous.
A un moment il entendit une voix approcher en chantant : enfin je rencontre un vrai Saint, se dit-il. Il attendit, puis il vit un homme d'âge moyen, maigre, arriver en dansant. Il étudia sa façon de danser.
L'homme, arrivé au niveau de Chipi, le regarda et demanda : "Toi, par hasard..." et il se tut.
Chipi le regardait sans rien dire.
L'autre reprit : "Tu ne serais pas un Saint ? Je ne t'ai jamais vu."
"Je viens de loin."
"De Brally ? Ou de Litty ?"
"Non, de plus loin, de Maratta."
"Maratta ? Où est-ce ?"
"Hors de Niokko, loin."
"Ah, il y a aussi des Saints, là-bas ?"
"Bien sûr." mentit Chipi.
Le Saint s'assit à côté de lui. "Et dis-moi, chez nous il y a deux écoles de Saints, les saints Uniates et les Séparés. Et chez toi ?"
"Chez nous il n'y a qu'une école."
"Ah, et laquelle ?"
"Nous n'avons pas de nom particulier, on dit les Saints et c'est tout." improvisa Chipi.
"Oui, c'était pareil ici, autrefois. Mais vous vivez ensemble ou chacun tout seul ?"
"Et bien, ensemble, chez nous." dit Chipi, hésitant, et il ajouta précipitamment : "Mais en petits groupes, jamais plus de huit."
"Ah, vous êtes donc des Uniates, comme moi !" dit le Saint, satisfait.
"Bien. Et vous vivez à combien, vous ?"
"Nous, par groupe de dix ou vingt, selon la capacité du refuge. Mais vous, vous vivez divisés ou mixtes ?"
Chipi sentait que le sujet devenait dangereux : il ne comprenait rien.
Aussi répondit-il par une question : "Je ne comprends pas bien ta question, vous vous vivez comment, mixtes ou séparés ?"
"Séparés, bien entendu !" s'exclama le Saint stupéfait par une telle question.
"Et pourquoi ?"
"Parce qu'en étant mixte il est difficile de respecter le serment de chasteté ! Même si les mixtes disent que non."
"Ah, tu veux dire entre hommes et femmes ?"
"Bien sûr, quoi d'autre ?"
"Ah, alors chez nous aussi on vit séparés. Tous. Je n'ai jamais vu un groupe de Saints mixte, à Maratta." dit Chipi, décidé.
L'autre hocha la tête : "Vous êtes restés purs."
"Où vit ton groupe, loin d'ici ?"
"Pas très loin, pourquoi ?"
"Parce que notre maître m'a envoyé rencontrer d'autres Saints pour apprendre de nouvelles choses, et comme vous êtes purs, j'aimerais..."
"Un maître ? Qui est ce maître ? Nous n'avons aucun maître. Aucun de nous ne peu se dire le chef des autres, ou plus important que les autres."
"Mais non, tu m'as mal compris : nous appelons maître le plus âgé, celui qui peut expliquer aux jeunes qui veulent devenir Saint en quoi ça consiste."
"Ah, ce que nous appelons le Vieux, alors." dit le Saint, rassuré, "Bon, si tu veux...Tu n'as pas de refuge, c'est ça ?"
"Non, bien sûr."
"Si les autres sont d'accord... Viens avec moi. Là, ils sont tous en tournée pour la sanctification, mais on se retrouve ce soir."
Chipi suivit le Saint, toute la journée, et chanta et dansa avec lui, à sa façon, mais l'autre ne semblait pas y attacher d'importance. Ils obtinrent un peu de nourriture, mais peu, et Chipi en cueillait un peu quand il voyait une plante comestible. L'autre le regardait cueillir mais ne cueillait pas.
"Pourquoi ne cueilles-tu pas de plantes ?" lui demanda Chipi.
"Je ne les connais pas. Chez vous vous en cueillez ?"
"Oui, certaines sont comestibles."
"Mais vous n'avez pas la loi qu'on ne doit manger que ce qu'on reçoit en aumône ?"
"Si, bien sûr, mais ça c'est l'aumône que nous fait la nature."
"Un point de vue intéressant." dit le Saint, songeur.
Le soir, le Saint le guida sur le chemin du retour, jusqu'à un amas de ruines. Il se glissa sous une travée en béton, le guida jusqu'à un mur avec une fente large de trois empans et se glissa à travers. Ils arrivèrent dans une pièce avec le toit en pente et seulement deux murs droits, les autres étaient formés de blocs irréguliers écroulés. Au milieu, une dizaine d'hommes étaient assis autour d'un petit feu.
"Saints, j'ai avec moi un Saint voyageur qui vient d'une ville lointaine qui s'appelle Maratta. Peut-il rester avec nous quelques jours ?"
"Maratta ? Tu as un nom étrange, Saint. Et d'où viens-tu ?" demanda l'un des Saints.
"Non, je viens de Maratta, je m'appelle Chipi." corrigea le garçon.
"Ah, Chipi. Et où est Maratta ?"
"Très loin de Niokko." dit Chipi en se préparant à expliquer, mais le Saint qui l'avait conduit ici raconta tout ce que Chipi lui avait expliqué.
"Mais... tu as fait le serment de chasteté ?" demanda un Saint.
"Evidemment !" dit Chipi en prenant l'air stupéfait.
"Et de liberté ?"
"Mais bien sûr !"
"Et de misère ?"
"Je ne serais pas un Saint, sinon !" répondit-il et beaucoup acquiescèrent.
"Assieds-toi là avec nous. Quelqu'un a des questions à lui poser ?" dit l'homme. Chipi s'assit et son guide s'assit près de lui.
Un autre homme lui demanda : "D'après vous, Saint Loran était un homme ou un être supérieur ?"
Chipi sourit, mais se demanda ce qu'il devait répondre : "Ah, vieux débat, hein ? Moi je crois que tout vrai homme est un être supérieur. Alors..."
"Il semble qu'ils utilisent des termes un peu différents des nôtres." intervint son guide.
"Je vois, Gotem, alors je m'explique mieux : c'est un homme qui a eu une idée juste ou elle lui a été envoyée par quelque... dieu ?"
La question, mais surtout la façon dont elle avait été posée, suggéra la réponse à Chipi :
"Tu crois en quelque dieu ?"
"Bien sûr que non."
"Et bien Saint Loran non plus." conclut Chipi.
Tous acquiescèrent gravement à ses mots. Chipi lâcha un silencieux soupir de soulagement. Il ne pensait pas risquer gros, mais il voulait être accepté, au moins il dormirait à couvert, en sécurité.
"Je propose de l'accepter." dit un des hommes.
"Moi aussi." dit son guide, Gotem.
"Moi aussi." dirent un à un tous les autres.
Ainsi Chipi fut-il admis dans le groupe. Gotem tendit l'écuelle avec la nourriture qu'il n'avait pas mangée à un des hommes, alors Chipi l'imita. La nourriture fut mise en commun, repartagée et ils se mirent tous à manger.
Puis ils chantèrent une louange à Saint Loran que Chipi essaya d'apprendre : c'était une litanie facile, heureusement. Puis ils se remirent à poser des questions à Chipi qui, en inventant un peu et en s'inspirant de sa vie chez les Raptors, répondit sans problème particulier. Petit à petit, certains Saints, sans rien dire, se couchèrent pour dormir. Alors Chipi, à un moment, se coucha lui aussi. Personne ne lui dit rien. Et il put enfin dormir lui aussi.
Le lendemain, Gotem lui demanda s'il préférait aller sanctifier le monde seul ou avec lui. "Je ne connais pas l'endroit. Ce serait peut-être mieux avec toi, si tu veux bien."
"Bien sûr. Comme ça je pourrai apprendre tes danses et tes chants. Et reconnaître les aumônes de la nature."
"Bien sûr. Il y a beaucoup de dangers, dans le coin ?"
"Des dangers ? Non. Au pire on pourrait être tués par quelqu'un. On a eu quelques martyrs. Mais il suffit de ne pas s'approcher des fils de la violence, en général."
"Et comment reconnaît-on les fils de la violence ?"
"Aux armes, évidemment. Ce n'est pas pareil, chez toi ?"
"Chez nous il n'y a qu'un groupe de guerriers, ils s'appellent les Raptors, mais ils n'ont jamais tué de Saints." répondit Chipi.
Pendant leur tournée, Chipi entrevit quelques guerriers Bakji qu'il reconnut au bracelet bicolore, ils marchaient en groupe.
"Ils sont armés... ils sont dangereux ?"
"Ceux-là ? Non, pas ceux-là. C'est des guerriers, pas une bande. Eux, ils ne nous donnent pas à manger, mais ils ne nous font pas de mal. Les plus dangereux sont les Waspi, les Pwertan, les Klukka, les Mahyoh et d'autres... On les reconnait au dessin sur leur veste, les Waspi ont un cercle blanc, les Pwertan un serpent vert, les Mahyoh un soleil jaune et les Klukka une croix rouge."
Chipi prenait note mentalement. Puis il demanda à Gotem : "Et les guerriers qu'on a vu avant, ils vivent où ?"
"Sous terre."
"Ah, mais où ?"
"Partout, ils ont beaucoup d'entrées."
"Même près d'ici ?"
"Bien sûr, une là, une vers là et une dans cette direction."
"Loin d'ici ?"
"Oh, tu pourrais toutes les voir en un jour, et d'autres je crois."
"Et comment on les reconnaît ?"
"Il y a toujours leurs sentinelles à l'entrée. Mais pourquoi tu t'intéresses tant à ces guerriers ?"
"M'y intéresser ? Mais pas du tout : je m'intéresse à tout ce que je ne connais pas, ce que j'ignore. Et ici, je ne connais rien."
"Je vois..."
Ils marchèrent toute la journée, mangèrent un peu, reçurent un peu à manger. Ils furent menacés deux fois et durent changer de direction trois fois parce que Gotem avait reconnu des membres de bandes, mais le soir ils rentrèrent sains et saufs au refuge.
Le troisième jour, ils dansaient devant un groupe de gens quand ceux-ci se mirent à fuir en criant.
Gotem se tourna : "Des Pwertan... allons-nous en !" dit-il d'une voix calme mais il s'éloigna à grands pas du groupe.
Chipi le suivit. Il se retournait de temps en temps : le groupe aux vestes noires avec un serpent vert peint dessus, approchait rapidement dans leur direction.
Soudain Gotem s'immobilisa : "Les Klukkas !" s'exclama-t-il en désignant devant lui et il s'écarta rapidement à droite.
Chipi le suivit et regarda les deux groupes : les Pwertans étaient plus proches, mais maintenant les Klukkas aussi se dirigeaient vers eux. Gotem connaissait la route, aussi avançait-il vite et agile, Chipi avait un peu de mal à tenir son rythme.
Puis Chipi glissa et tomba. Il vit Gotem s'éloigner très vite. Quand il se releva son compagnon avait disparu dans les ruines et les buissons. Les Pwertans étaient plus près que jamais. Les Klukkas s'étaient arrêtés. Chipi enfila son écuelle dans sa chemise déchirée et se remit à courir, mais soudain surgit un Pwertan qui lui coupa la route :
"Eh, Saint, où cours-tu ? Tu ne veux pas me sauver ?" lui demanda-t-il en ricanant. Chipi s'arrêta, le regarda, puis se mit à danser et chanter. L'autre se mit à rire : "Bravo, danse !"
En dansant, Chipi se retourna et il vit qu'à présent il était entouré. Le Pwertan qui l'avait arrêté l'attrapa par un bras et le bloqua. C'était un jeune homme dans les vingt-cinq ans, fort, au regard pénétrant. Le Pwertan le jaugea de pieds en cap . Les autres avaient approché en silence, l'air amusés.
L'un d'eux dit : "Et bien, Miku, tu as attrapé un Saint ?"
Un autre demanda en riant : "Qu'en fais-tu, Miku ? Tu veux essayer le fil de ta faucille ?"
Celui appelé Miku sourit : "Non, je veux juste m'amuser un peu. Passe-moi une corde, Kosse."
Celui qui répondait à ce nom lui en tendit une. Miku attacha les poignets de Chipi et, sans rien dire, le traîna derrière lui. Les autres le suivirent en riant et en plaisantant. Chipi vit que les Klukkas étaient restés loin à regarder, immobiles. Les Pwertan marchaient vite, d'un pas assuré. Chipi arrivait à peine à tenir le pas sans tomber.
Enfin ils arrivèrent à un endroit gardé par d'autres Pwertans qui saluèrent le petit groupe. Ils étaient arrivés au camp de la bande.
"Bien, mes amis, maintenant je dois vous quitter." dit Miku.
"Eh, que fais-tu, Miku ? Tu l'emmènes où ?"
"Chez-moi, je veux lui parler entre quatre yeux."
"Tu veux qu'il te sauve ? Tu vas te convertir ?" fit l'un en riant.
"Non ! C'est moi qui vais le convertir."
"Et comment ?"
"Tu ignores que ce pauvre petit a fait vœu de chasteté ?"
"Non ! C'est vrai ?" répondit l'un des autres et ils rirent tous.
Miku le traîna dans une ouverture carrée, le long d'une sorte de couloir où s'ouvraient des portes fermées par des rideaux et il s'engagea derrière un rideau en y trainant Chipi. C'était une petite chambre avec un matelas dans un coin. Miku ferma l'entrée de dedans avec un panneau qu'il encastra en force, puis il revint vers Chipi et le délia.
"Enlève tout !" lui dit-il d'un ton décidé.
"Je..." dit Chipi, mais l'autre dégaina et brandit l'arme qui pendait à son flanc :
"Tu préfères que je te coupe en tranches ?"
"Non..."
"Bien, bravo. Alors déshabille-toi, à poil !"
"Que veux-tu me faire ?"
"Tu ne t'en doutes pas ? Te faire rompre ton vœu de chasteté. A poil, vite !"
Chipi se dit que, tous comptes faits, ça ne l'ennuyait pas : ce Miku était bel homme et ça faisait un bout de temps qu'il n'avait plus couché, et il en avait envie. Il enleva tous ses haillons en faisant attention de laisser dedans l'écuelle et il posa le tout en tas à côté du matelas.
"Mmmh, tu n'es pas mal du tout, Saint. Je sens que je vais bien m'amuser avec toi." dit Miku et il lui passa la main sur la poitrine, lui palpa les fesses et serra son membre. "Oui, tu me plais. Allez, étends-toi sur mon lit." dit-il en commençant à se déshabiller.
Chipi obéit en regardant le corps qui se révélait : solide, musclé et au membre déjà dressé et dur. Miku approcha du lit et son sexe et ses testicules bougeaient de façon sensuelle.
Le jeune homme se coucha sur lui, en pesant de tout son corps : "Ne fais pas d'histoires, ne m'énerves pas et tu verras que ça te fera plaisir à toi aussi." dit-il, la voix rauque de désir en frottant son sexe dressé contre son pubis, le ventre contre son ventre et la poitrine contre la sienne.
Chipi devenait excité.
"Alors, Saint, ça te plait ?"
"Je ne sais pas..." murmura Chipi pour jouer son rôle, dans un effort pour ne pas se mettre à le caresser et l'embrasser.
"Mais si, ça te plait, dis-moi que ça te plait." dit Miku d'un ton persuasif sans cesser de se frotter contre lui et en le regardant les yeux rieurs.
"Je ne dois pas..." dit Chipi qui espérait qu'il continue.
"Bien sûr que si, tu dois, tu es mon prisonnier. Et puis, tu dois accepter l'aumône que te font les gens, non ? Et je te fais l'aumône de cette belle bite, que j'enfilerai dans l'écuelle de ta bouche puis dans celle de ton cul jusqu'à te faire chanter et danser de plaisir, c'est juré. Tu sais que tu as un très beau cul ?"
Chipi se sentait mourir de désir, il le voulait.
L'autres sentit son désir : "Ça te plait, hein ? Tu vois à quoi tu avais renoncé ? N'est-ce pas un péché ? Mais fais jouir Miku et Miku te fera jouir. Tu oublieras les Saints et tu adoreras le serpent que j'ai entre les jambes. D'ailleurs, pourquoi ne commencerais-tu pas par l'embrasser ?" dit le jeune homme et il glissa de côté et s'assit les jambes écartées : "Assieds-toi entre mes jambes, devant moi !" dit-il en le regardant avec un sourire libidineux et il lui poussa la tête vers son sexe. "Touche-le, caresse-le." dit Miku et Chipi obéit avec plaisir mais en feignant une timidité qu'il ne ressentait pas. "Bravo, embrasse-le maintenant... lèche-le... voilà, comme ça... bravo, lèche... c'est bon, hein ? Apprivoise mon serpent. Tu sais que les serpents aiment se glisser dans les trous chauds et humides ? Laisse-le se glisser dans ta bouche."
Chipi le prit entre ses lèvres et, pendant que Miku lui poussait la tête vers le bas, il le sentit glisser lentement dedans : il était grand, chaud, dur, frémissant. Chipi caressa le sac ferme et gonflé des testicules.
"Oui, bravo, suce, suce. Ne me fais pas sentir les dents, bouge la langue. Comme ça, bravo. Je crois que j'aurais dû penser plus tôt à me prendre un Saint. Oooh, oui, comme ça, tout en bouche..." haleta Miku satisfait à mesure que Chipi se laissait aller à le sucer avec entrain. "Bravo, comme ça. Mais dis-donc, vous ne le feriez pas entre vous chez les Saints ?"
"Non, jamais." répondit Chipi et il se remit aussitôt à sucer.
"Alors tu as un talent naturel, toi."
Miku se mit à genoux, prit entre ses mains la tête de Chipi et se mit à lui baiser la bouche avec élan, mais sans rudesse. Chipi regardait le beau ventre plat glisser devant ses yeux, il se remit à caresser les testicules et les cuisses fermes et musclées du jeune homme. Puis, sans y penser, il se mit aussi à caresser ses fesses, petites et fermes. Miku accéléra le rythme et gémit doucement. Chipi poussa ses caresses entre les fesses et d'un doigt il lui titilla le trou chaud.
Miku frémit : "Non, pas là. Que fais-tu ?" dit-il sans cesser ses va-et-vient en bouche. Chipi feignit de n'avoir pas entendu et continua.
"Non, arrête." dit Miku, mais Chipi insista.
Miku se retira d'un coup de sa bouche : "Je t'ai dit non !" dit-il avec un regard dur.
"Pardon... je... c'est la première fois, je croyais que ça te plaisait." dit-il d'un ton volontairement humble.
Miku le regarda, puis dit d'une voix calme : "Ne fais plus jamais ça. C'est compris ? Un Petwan ne le prend jamais là. Tourne-toi, maintenant. C'est moi qui vais t'enculer."
"Tu vas me faire mal ?" demanda Chipi.
"Bien sûr, j'en ai une grosse. Vite, je te veux." dit le jeune homme, très excité.
Chipi se retourna et s'offrit à lui et, sans être vu, il attendit en souriant que l'autre le pénètre. Il poussa pour ne pas le laisser deviner qu'il était plus qu'habitué et, quand Miku commença à pousser avec force, il se plaignit : "Aïe, tu me fais mal."
"Et bien, à quoi t'attendais-tu ?" dit le jeune homme excité en poussant plus fort.
Chipi comprit que le "dépuceler" excitait le Pertwan, alors il joua son rôle, se serra et se plaignit puis soudain se relâcha en lançant un cri comme s'il sentait une forte douleur.
Miku, très excité, commença à fourrager vigoureusement : "Aaah ! tu me plais, tu es étroit."
"Assez, non, par pitié." gémissait Chipi tout en prenant plaisir à cette virile saillie qui ne lui donnait pas la moindre douleur mais un très grand plaisir.
Miku, sans cesser de le chevaucher avec plaisir, tâtonnait sur tout son corps et gémissait. Chipi, feignant de vouloir se soustraire, faisait son possible pour augmenter le plaisir du jeune homme, et le sien, et gémissait sans cesse : "Assez... je n'en peux plus..."
Finalement Miku, dans un cri de triomphe, se poussa à fond, vigoureusement, et jouit. Chipi se laissa aller sur le matelas, gémissant et haletant : il avait joui lui aussi. "Alors, Saint, qu'en dis-tu ? Ce n'était pas bien ?" lui murmura Miku à l'oreille en restant couché sur lui.
"Tu m'as fait mal."
"Oui, les premières fois..."
"Mais c'était..." commença Chipi, puis il se tut.
"C'était ?" l'encouragea Miku.
"C'était bizarre, mais aussi..."
"Aussi ?" le poussa le jeune homme.
"Agréable."
Miku, triomphant, se glissa à côté de lui et le fit se tourner pour le regarder : "Ça t'a plu, alors ?"
"Non, mais tu es si fort, et si fougueux. Tu es un vrai homme."
"Dis-le que tu as aimé !"
"Maintenant je ne peux plus revenir chez les Saints, après ce que j'ai fait avec toi."
"Ah oui ?"
"Alors, peut-être, si tu essayais encore, peut-être que ça ne me ferait plus aussi mal et que peut-être..."
"Ça t'a plu !"
"Oui."
Miku sourit, satisfait. "Ah ! je le sentais : tu n'es pas né pour être Saint, tu es né pour baiser, crois-moi. Dès que je t'ai vu je l'ai senti. Tu es trop bien fait pour te gâcher avec ces serments idiots. Non, tu ne rentreras plus chez les Saints."
"Je suis ton prisonnier ?" demanda Chipi, feignant la timidité.
"Oui, pourquoi pas. Et je te baiserai. Et tu sais quoi, avant je pensais appeler les copains pour qu'ils s'amusent avec toi... mais non, je te garde rien que pour moi. Comment tu t'appelles ?"
"Chipi."
"Oui, beau nom : parfait pour un garçon à baiser. Chipi au beau petit cul. Chipi le suceur. Tu as aimé me sucer, n'est-ce pas ?"
"Oui."
"Tu pourras le refaire, ne t'en fais pas. Tu m'es sympathique, je te laisserai me sucer."
"Merci." murmura Chipi en feignant d'être gêné.
Miku se rhabilla. "Non, ne remets pas ces haillons, tu mérites mieux si tu dois être mon garçon à baiser. Attends-moi là." dit-il et il quitta la chambre.
Chipi l'entendit, avant de s'éloigner, dire à quelqu'un que Chipi était à lui. Puis il revint : "Voilà, maintenant tu peux te rhabiller, ça devrait bien t'aller."
"Je ne pourrais pas avoir une veste avec un serpent ?" demanda Chipi en se rhabillant.
Miku rit : "Si tu deviens un Pertwan, oui."
"Et comment devient-on Pwertan ?"
"Tu dois surmonter une épreuve de courage. C'est vrai, tu aimerais devenir l'un des nôtres ?"
"Oui, comme ça je pourrais rester avec toi."
"C'est vrai." dit Miku et il ajouta : "Mais je commence à avoir faim. Attends-moi ici, je vais chercher à manger et on dînera ensemble. Après on ira dormir, il fait nuit dehors, maintenant."
"Et tu referas ces choses avec moi ?"
Miku rit : "Pourquoi pas ?"
Chipi resta trois jours dans la chambre de Miku, lequel en profita pour lui faire l'amour au moins deux fois par jour.
Puis Chipi, qui avait entre temps gagné la sympathie de Miku, lui dit : "Je voudrais faire l'épreuve de courage."
"Ah oui ? Et à quelle épreuve de courage penses-tu ? Elle doit être convaincante, et tu dois la réussir."
"Qui sont vos pires ennemis ?"
"Nos pires ennemis ? Et bien, on en a beaucoup, mais les pires doivent être les Bakjis."
"Si j'affrontais les Bakjis et que je vous rapportais un de leurs bracelets, serait-ce une épreuve de courage ?"
"Putain, oui. Si tu t'en sortais vivant, tu serais accepté sans problèmes. Tu penses vraiment les affronter ? Et comment ?"
"Si tu me conduisais près d'un de leurs endroits. Peut-être avec la veste des Pwertans sur moi."
"Tu n'aurais aucune chance de t'en sortir, seul."
"Si, je crois. Mais pas à l'entrée de Chita, là ils me connaissent comme un Saint, ils savent que je ne suis pas Pwertan."
"Alors à la sortie de Bronko. Ils te connaissent, là-bas ?"
"Non."
Ainsi, le septième jour, Miku lui procura une veste noire avec le serpent vert. Chipi, sans être vu, cacha son écuelle dedans. Miku et d'autres l'accompagnèrent jusqu'à un endroit donné.
"Bon, continue toujours tout droit et tu les verras. Si tu t'en sors vivant, reviens ici : on t'attend jusqu'au coucher du soleil. Si tu ne reviens pas, c'est que tu t'en es mal sorti. Mais si tu reviens sans bracelet, tu devras affronter une autre épreuve, c'est clair ?"
"Oui, j'ai compris."
"Va, maintenant, Chipi. J'espère que tu pourras revenir avec un bracelet, je suis sincère, même si j'en doute. Bonne chance, quoi qu'il en soit."
Chipi fit un signe de la tête et s'éloigna. En marchant, dès qu'il fut hors de vue des Pwertans, il sortit l'écuelle et, à l'aide d'un éclat de caillou, il en frappa le bord jusqu'à arriver à séparer les deux couches. Il en sortit le sauf-conduit qu'il garda en main, il enleva sa veste, la retourna et la passa à l'épaule de façon qu'on ne voie pas le symbole des Pwertans et il poursuivit sa route. Il finit par voir les sentinelles d'un des accès de la ville souterraine des Bakjis.
Il approcha à grands pas. Quand il fut à quelque pas, une sentinelle cria : "Halte-là, où crois-tu aller, toi ?"
"Chez le contrôleur Volle : voici mon sauf-conduit !" cria Chipi en réponse.
"Avance, et fais-nous voir." dit la sentinelle et Chipi lui montra le papier.
Le guerrier l'examina : "Ça m'a l'air en règle. Viens." dit-il et il le conduisit dedans.
Là, il le confia à quatre guerriers : "Emmenez-le chez Volle, il a un sauf-conduit."
Ils se mirent à descendre les volées d'escaliers, à la lueur des flambeaux. Ils suivirent un long couloir et descendirent jusqu'à une place où il fut confié à d'autres guerriers qui le conduisirent à une galerie et, à la place suivante, Chipi reconnut les couleurs violet et blanc.
"Nous sommes arrivés." dit-il.
Un des guerriers le regarda, intrigué : "Mais ne serais-tu pas l'intrus dont tout le monde parlait il y a quelques jours ?"
"Peut-être, je ne sais pas." dit Chipi, en souriant pour lui.
Il fut confié aux guerriers de la station qui lui firent monter le grand escalier de la place et l'emmenèrent à la porte du contrôleur Volle. La sentinelle entra pour dire qu'il était arrivé, puis il revint et introduisit Chipi chez Volle.
Ce dernier l'accueillit d'un regard un peu émerveillé : "Alors tu es encore vivant ! Tu l'as fait ! Dis-moi comment, je suis curieux." Chipi raconta tout, à part le détail de sa baise avec Miku, et il montra sa veste.
Volle se mit à rire et il n'arrivait plus à s'arrêter, il avait la larme à l'œil à force de rire.
"Tu es incroyable, tu as vraiment mérité que je demande à Klare de te recevoir. Je ne sais pas s'il voudra, mais pour ce qui dépend de moi, je lui recommanderai de te recevoir. Je souhaite juste que ce que tu as à lui dire soit vraiment important, sinon tout ce que tu as fait pour lui parler se retournera contre toi." Il appela un guerrier et lui confia Chipi : "C'est un hôte, il doit être bien traité. Mais gare à toi s'il quitte la chambre où tu le mets avant mon retour : je ne voudrais pas qu'il fasse encore quelque tour, il est l'astuce incarnée." dit-il, sévère, mais Chipi voyait le rire au coin de l'œil du contrôleur.
Le guerrier l'amena dans une petite pièce avec un lit, une table et une chaise, sans fenêtre. "Si tu veux dormir, il te suffit de passer la main sur ce carré noir et la lumière s'éteindra. Je t'apporterai à manger trois fois par jour. Si tu as besoin de quelque chose, ouvre le jour à la porte et dis à la sentinelle ce qu'il te faut. Tu as des questions ?"
"Non, ça va. Enfin si... et si je dois aller aux toilettes ?"
"Tu le dis à la sentinelle."
"Ah, d'accord." dit Chipi en s'asseyant à table.
Le guerrier sortit et Chipi l'entendit fermer la porte à clé.
Le temps passait lentement, Chipi, sans rien à faire, commençait à s'ennuyer. Combien de temps devrait-il attendre ? Il s'étendit sur le lit. Il vit, à la tête du lit, le carré noir, il y passa la main : la lumière s'éteignit et la chambre fut plongée dans le noir complet. Mais Chipi n'arrivait pas à s'endormir. Il joua un peu avec le carré noir, à faire s'allumer et s'éteindre la lumière. Puis, à nouveau dans le noir, il se mit à réfléchir. Volle le disait astucieux, il craignait une blague de sa part. Ne pourrait-il pas lui en faire une ?
Excité, il ralluma et se mit à étudier minutieusement la pièce. Il y avait un trou d'aération, mais trop étroit pour y passer. La table et la chaise n'avaient rien de particulier. En les superposant, il pouvait arriver au trou d'aération, ou au bâton lumineux, mais il ne savait pas comment il marchait et de toutes façons il n'avait en tête aucune blague à faire avec. Le lit était une surface d'une matière dure qui rappelait le métal, mais en plus chaud : il n'avait aucune idée d'en quoi il était fait. Le matelas était doux, comme une écume épaisse. Des draps en tissu blanc, une couverture légère mais chaude et un oreiller de la même matière que le matelas...
Il se recoucha et réfléchit. Appeler et dire qu'il se sentait mal... et après ? Les sentinelles étaient toujours deux, l'un aurait pu entrer, mais... et sortir, même s'il y arrivait, ça l'exposerait à de grands risques, puisque Volle lui avait repris son laissez-passer. Et il ne connaissait pas encore assez l'endroit. Il réfléchissait mais aucune blague ne lui venait à l'esprit. Mais il aurait vraiment aimé en faire une. Il s'endormit.
Il se réveilla en sursaut : il avait l'idée ! Oui, c'était clair dans sa tête et ça pouvait marcher ! Excité et amusé, il réfléchit soigneusement à toutes les phases, aux étapes. Il ignorait s'il disposerait d'assez de temps, mais il pouvait quand même essayer. Il attendit dans un sommeil agité qu'on lui apporte à manger. Il les entendit arriver avant qu'ils n'ouvrent la porte. Il mangea et, quand il eut fini, il rendit l'écuelle à travers le jour de la porte.
Puis il prit une des écuelles qu'il avait encore dans sa veste et en force et en plusieurs fois, il arriva à la casser en deux. Avec un morceau, il décousit le fond du sac du matelas et le déhoussa. Puis il se coucha dessus et se mit à le couper en suivant la forme de son corps, il utilisait comme couteau le morceau de métal de l'écuelle. Il avançait lentement, mais sans grand problème. Il avait presque fini de découper sa silhouette dans le matelas quand il entendit du bruit dehors. Il couvrit vite tout avec les draps et la couverture, coucha son couteau improvisé et s'assit sur le lit juste à temps : un guerrier ouvrait la porte et lui apportait encore à manger. Plusieurs heures avaient passé sans que Chipi ne s'en aperçoive. Il mangea, rendit l'écuelle et se remit au travail. Il enleva du matelas le morceau découpé, le réduisit en morceaux assez petits pour les faire passer par la bouche d'aération, monta en mettant la chaise sur la table et jeta tous les morceaux de matelas par la bouche. Il refit le lit : on remarquait à peine une petite dépression au milieu, là où le matelas était vide. Il attendit.