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histoire originale par Andrej Koymasky


pin JAUME DE SITGES CHAPITRE 5

Et enfin, Jaume eut dix-huit ans.

Mercredi 1er Mars il alla dès l'ouverture à la banque lancer son emprunt pour lequel il avait préparé tous les documents, et retirer toutes ses économies. Puis, avec trois millions en poche, il alla voir le propriétaire de l'appartement, ils se rendirent ensemble chez le notaire où ils signèrent le contrat de vente. Avec l'acte notarial en poche et les clés en main, il monta tout de suite dans son appartement. Il était encore presque complètement meublé, même si avec de vieux meubles dont peu étaient beaux, à part la vieille bibliothèque, le bureau et quelques sièges. Il regarda sa montre : il devait aller au travail tout de suite. Il reviendrait plus tard, l'après-midi, apporter ses quelques affaires et il se mettrait tout de suite à le réaménager. Avant tout il fallait un nettoyage à fond. Puis, une pièce à la fois, il reverrait l'arrangement. Les dalles, en grès opaque, bien que vieilles étaient encore belles.

En ne travaillant que les après-midis et les jours de repos, il mit presque un mois à faire un grand ménage et à reblanchir tous les murs. Mais l'appartement avait déjà une autre allure. Alors il alla dans les magasins de meuble de l'avenue de Navarre où il choisit plusieurs meubles, en s'arrangeant pour les livraisons et les paiements. Il lui fallait acheter toute la vaisselle et les casseroles pour la cuisine, le linge de lit et de bain, les rideaux pour les fenêtres. Il voulait du linge fin alors, avant d'acheter, il fit le tour de divers magasins, jusqu'à Barcelone. Quand il avait trouvé ce qui lui plaisait, il payait un acompte pour réserver l'article et il mettait des sous de côté puis il allait l'acheter.

Dès le premier soir il alla dormir dans sa nouvelle maison, campant le premier mois dans une pièce pas encore blanchie. Il avait demandé le téléphone, et la ligne fut installée en Mai. Il s'était fait imprimer d'élégantes cartes de visite. Il décida que tant que l'appartement ne serait pas complètement en ordre, il n'y emmènerait pas de client. Les premiers à le voir furent Miguel, à qui il avait téléphoné pour l'inviter, et Alvino qui, dès son retour à Sitges en Juin, était venu le trouver tout de suite au restaurant. Tous deux lui en firent compliment.

Le salon-entrée, l'alcôve et la salle de bain étaient déjà bien arrangés. Son prochain projet était le jardin d'hiver de la véranda, sur lequel donneraient les fenêtres de sa chambre et de l'alcôve. Puis il installerait la cuisine, puis sa chambre, puis enfin le réduit du lit à bronzer et des appareils de musculation. Il pensait arriver à terminer d'ici la fin de l'année ou, au pire, durant le printemps suivant.

Le premier client qu'il emmena chez lui fut un touriste grec, fils du directeur général d'un armateur. Il s'appelait Basilio, c'était un garçon de 26 ans, vraiment beau comme une statue grecque, mais plutôt antipathique : le genre plein de fric avec la morve au nez. Jaume le fit payer 15 000 pesetas, mais il le traita bien, avec classe. Il lui offrit d'abord à boire dans le salon, le fit parler un peu, puis il l'emmena dans l'alcôve au milieu des miroirs et ils y firent l'amour. Le Grec n'aimait que se faire sucer, mais Jaume le fit avec un tel art qu'il demanda à le revoir. Jaume lui tendit alors sa carte en lui demandant de téléphoner seulement le matin, entre 9 heures et 9:30.

Ça lui avait plu de voir dans les miroirs les reflets de dizaines de Jaume penchés entre les jambes de dizaines de demi-dieux grecs aux sexes dressés et frémissant. Ça l'avait beaucoup excité. Le client aussi avait semblé ravi en regardant ce kaléidoscope d'images érotiques et vivantes.

Alvino lui avait suggéré d'acheter une vidéo à écran géant et quelques cassettes porno gay à montrer aux client. Ils allèrent ensemble dans un sexe-shop de Barcelone bien fourni où il choisit plusieurs vidéos de Cadinot et quelques unes allemandes, américaines, japonaises et hollandaises. Puis dans un magasin spécialisé il acheta deux télés, une normale de 24 pouces pour le salon, et un écran géant pour l'alcôve ainsi qu'un lecteur de VHS.

Rentrés à la maison, Alvino installa et régla tout puis, pour essayer l'installation, ils regardèrent ensemble "Garçon de rêve", à moitié vautrés sur le lit de l'alcôve : ils s'excitèrent et finirent par faire l'amour. Ils se plaisaient bien l'un l'autre et ils étaient bien ensemble. Alvino était très bon, tant pour prendre que pour se faire prendre, et aussi pour sucer, et Jaume ne l'était pas moins. Et chacun, sachant que l'autre était loin d'être novice, se mettait en quatre pour le dépasser dans le plaisir qu'il donnait. Et il s'en donnaient énormément.

Avec le plein de la saison estivale, Jaume fit aussi le plein de clients. Il en avait toujours au moins un par soir, parfois même deux. S'il ne s'était pas imposé de ne jamais se coucher après 3 heures du matin, il aurait pu en avoir bien plus. Quand un nouveau client lui avait plu, il lui donnait sa carte de visite et l'invitait à le rappeler. Beaucoup le faisaient.

Quand Jaume eut dix-neuf ans, l'appartement était complètement terminé et la véranda était devenue un charmant jardin-serre avec plafond et murs en vitres transparentes, vert et fleuri en toute saison. Il arrivait à rembourser ses mensualités à la banque sans difficultés et il lui restait assez d'argent pour avoir une garde-robe élégante et fournie. Et il était aussi arrivé à s'acheter à crédit un beau lit à bronzer, sur lequel il s'étendait complètement nu, juste dix minutes par jour, pour entretenir un bronzage intégral très léger mais uniforme qui rendait plus lumineux tant ses yeux que son sourire.

Peu à peu les trois bibliothèques du salon se remplissaient de beaux livres sur diverses cultures, que Jaume lisait à ses moments perdus. Il s'était aussi abonné à trois revues prestigieuses, une anglaise, une française et une espagnole qu'il lisait avant de les laisser au salon pour ses clients. Au final, Jaume avait une vie très intense, au rythme soutenu et serré, mais somme toute plutôt agréable à ses yeux.

Désormais il ne recherchait ses nouveaux clients que dans quelques endroits choisis avec soin, pas forcément les plus élégants, mais les mieux fréquentés, comme le Bourbon's, le Candil, le Lord's et le Mediterráneo. Mais ses préférés étaient le Reflejos et le Coffee Shop d'Elsa. Au contraire il évitait Chez Antonio, trop de tapins, et surtout des bon marché. Parfois il trouvait aussi des clients dans les boîtes, au Club 33 et surtout au Trailer. Le sauna il y allait rarement, et que l'après-midi parce qu'il fermait à 22 heures. Il lui était arrivé d'y trouver deux ou trois clients, mais il n'y allait pas pour ça : il aimait le sauna.

Ses jours libres, quand il faisait beau, il descendait à la Playa del Muerto, à la seconde petite plage, où s'était formé une sympathique atmosphère de gay nudistes. Là aussi il lui était arrivé parfois de se cacher dans les buissons voisins pour un petit coup avec une conquête occasionnelle. Dans ce cas, il ne se faisait pas payer, mais c'était toujours lui qui choisissait. Parfois aussi il rencontrait un client sur cette petite plage : il s'arrêtait pour lui parler, surtout s'il lui avait été sympathique, mais il ne faisait jamais rien de plus. Au mieux il lui fixait un rendez-vous dans son agenda de plus en plus chargé. Quand il se sentait trop fatigué, il ne fixait aucun rendez-vous pour une nuit ou deux et il pouvait se coucher et dormir dès onze heures et demie.

Il venait d'avoir dix-neuf ans quand il lui arriva quelque chose qui l'amusa beaucoup. Un matin Miguel l'appela. Il lui dit qu'un de ses copains de fac, ayant su que Miguel était gay, bien que restant son ami, faisait tout pour le pousser vers les femmes. Alors Miguel avait dit à son ami que si lui il acceptait d'essayer de faire l'amour avec un homme, il accepterait lui-même d'essayer avec une femme. Son ami avait relevé le défi. Maintenant Miguel demandait à Jaume de faire l'amour avec Juan, son ami, et d'essayer de le faire mourir de plaisir. Jaume trouva l'idée si amusante qu'il accepta tout de suite et ils fixèrent un rendez-vous. Miguel emmènerait Juan à Sitges le 12 Septembre, le jour de repos de Jaume. Il se retrouveraient au Mediterráneo, dans le jardin intérieur du bar, Carrer de Sant Bonaventura.

Ce jour là, Jaume se prépara avec un soin particulier, en choisissant des habits élégants mais très virils, presque classiques. Il savait l'importance de la première impression. A 15 heures il était déjà au jardin du bar, assis à une table. Il savait par Miguel que Juan était un passionné d'uniformes militaires du passé, alors il avait acheté un beau livre sur les conquêtes romaines et qui avait, en annexe, une série de représentations en couleur des uniformes et armures des légions romaines au fil du temps. C'était le style de Jaume : acheter un livre sur les uniformes aurait été trop évident. Lui, quand il voulait séduire un client, il cherchait à savoir les sujets qui l'intéressaient puis se documentait sur un sujet connexe qui présentait quelques points communs avec le sujet visé. Il arrivait ainsi à lancer des conversations intéressantes avec les clients et demander des éclaircissements sur les points que son livre n'approfondissait pas mais que l'autre connaissait bien. En général ça flattait le client...

Pendant qu'il lisait ce livre en les attendant, Jaume se demandait si Juan serait son genre ou pas. De toute façon il avait promis à Miguel de se prêter au jeu et il était là. Juan ne savait pas que Jaume était un ami de Miguel, mais seulement que c'était un tapin rencontré par hasard dont il avait encore le numéro de téléphone. Ils arrivèrent tous deux ponctuellement à 15:45.

Miguel, arrivé dans le jardin avec son ami, regarda partout et, ayant vu Jaume, il s'approcha de lui, suivi de Juan, et lui demanda : "C'est toi, Jaume, non ? Je t'ai appelé pour un rendez-vous..."

"Oui, asseyez-vous, je vous en prie..." répondit-il en regardant Juan et en l'étudiant discrètement.

Il n'était pas tellement beau. Il avait vingt-quatre ans, comme Miguel. Mais son corps, pour ce qu'on en devinait sous le T-shirt et le jeans, avait l'air agréable. Son visage, pas vraiment beau, était quand-même ouvert et sympathique, même s'il montrait une gêne certaine. Et même, pensa Jaume, cette expression un peu appréhensive le rendait sympathique et charmant. Ils se présentèrent, parlèrent un peu et, comme il l'avait escompté, la conversation tomba sur le livre qu'il lisait. Alors Jaume, en en parlant, le feuilleta comme distraitement et Juan entrevit les représentations de légionnaires romains. Il demanda soudain s'il pouvait regarder et Jaume lui tendit le livre. Juan perdit alors toute retenue et se mit à parler avec enthousiasme des costumes militaires dans l'Histoire.

Peu après, Miguel fit un clin d'œil à Jaume dans le dos de Juan et se leva : "Je vous laisse. On se retrouve vers sept heures, ça vous va ?"

"Oui, bien sûr." Dirent aussitôt Jaume et Juan. Miguel les salua et partit.

Resté seul, Juan continua à s'enflammer sur son sujet. Jaume l'écoutait, lui posait des questions, se montrait intéressé et curieux. Quand un garçon passa, Juan demanda à Jaume s'il pouvait lui offrir quelque chose à boire.

"Non, merci. Pourquoi ne viendrais-tu pas plutôt boire quelque chose chez moi, on pourrait y poursuivre cette belle discussion ?"

Juan parut hésiter mais Jaume se leva et dit, décidé : "Viens, c'est à deux pas d'ici."

Juan le suivit. Il savait pourquoi il l'invitait à monter chez lui, ce qui allait se passer, au fond c'est bien pour ça que Miguel l'avait emmené ici. Mais si Jaume n'avait pas semblé si décidé, il aurait sans doute été tenté de prendre ses jambes à son cou. Enfin, ils montèrent chez Jaume. Jaume l'installa au salon et lui demanda ce qu'il voulait boire. Il le laissa seul une minute pour chercher les boissons au frigo. Il avait décidé qu'il n'emmènerait pas le jeune homme dans l'alcôve : il avait peur que tous ces miroirs l'intimident plus qu'ils ne l'excitent. Alors, en passant par sa chambre, il pensait l'emmener au jardin où il avait déroulé un matelas et porté la petite chaîne Sony qu'il avait d'habitude à côté de son lit. Il revint avec les boissons. Juan fouillait avec curiosité dans ses livres.

"Ça te dérange si je regarde ? Je suis fou de lecture et je vois que tu as plein de livres intéressants..."

"Bien sûr, regarde. Il n'y a pas encore grand-chose, je remplis les étagères petit à petit. Je n'ai pas envie de les remplir juste pour la frime. Alors j'y vais doucement, rien qu'avec des livres qui me plaisent et que j'ai lus."

"Les comédies de Bernard Shaw ! Tu les aimes ?"

"Oui, beaucoup, même. Je suis en train de le terminer."

"Ah, mais ça c'est en anglais ! Tu lis l'anglais ?"

"Oui, l'anglais et le français. En plus du castillan."

Juan restait plongé dans les livres, comme si c'était sa façon de ne pas affronter la raison de sa présence ici, ou au moins de retarder l'instant de l'affronter.

Mais Jaume s'approcha de lui dans son dos et posa doucement une main sur son côté en lui disant : "Ne sois pas gêné, Juan. Tu verras que ce sera bien."

"Miguel t'a expliqué que pour moi c'est la première fois, hein ?" lui demanda Juan sans se retourner.

"Bien sûr. Tout le monde a sa première fois, non ?"

"Mais je ne le fais que... que pour faire plaisir à Miguel, pour essayer une fois. Mais moi, j'aime les femmes..."

"Je sais, il me l'a dit. Détends-toi. Je suis là pour faire en sorte que cette première fois ne te déçoive pas trop."

Ce disant, Jaume lui caressait doucement le cou et les épaules.

Puis il lui retira son verre vide et il dit : "Tu préfères prendre une douche avant ou après ?"

"Je ne sais pas... après, peut-être."

"Alors viens par là, on sera plus à l'aise et plus au frais."

Il le prit par la main et il l'emmena dans le couloir jusqu'à sa chambre. Juan, à la vue du lit double, pensa être arrivé, mais Jaume lui fit traverser la chambre et l'emmena dans le jardin-serre.

"Voila, ici on sera bien." Dit-il et il se baissa pour mettre de la musique.

Il avait mis une cassette de musique traditionnelle catalane, à faible volume, en bruit de fond. Il enleva ses chaussures et monta sur le matelas posé par terre. Juan l'imita. Jaume lui souleva alors le T-shirt et lui effleura la poitrine. Il savait bien comment et où toucher un homme pour l'exciter, et il s'y appliqua un moment. Puis il lui enleva complètement son T-shirt. Quand il perçut que Juan commençait à réagir à ses caresses, il commença à lui retirer lentement sa ceinture, puis les premiers boutons du jeans, puis il en baissa la braguette. Juan restait immobile, il le laissait faire. Mais les frissons qui le parcourraient de temps en temps trahissaient son excitation, qui fut vite aussi révélée par le gonflement du slip qu'on entrevoyait par la braguette ouverte.

Jaume prenait son temps, il continuait à l'exciter lentement mais inexorablement, en faisant en sorte qu'il s'habitue à être touché de façon de plus en plus intime par un autre homme. Il ne s'était pas déshabillé, parce que tant que Juan n'était pas pleinement excité, la proximité du corps nu d'un autre homme aurait pu le bloquer. Juan bougea à peine et son pantalon glissa sur ses hanches. Alors Jaume commença à effleurer légèrement d'une main le renflement de son slip, pendant que de l'autre il lui titillait les tétons qui durcirent bien vite en témoignage du plaisir qu'éprouvait le jeune homme. Il sentit le sexe de Juan durcir, presser contre l'étoffe du slip, alors il y posa légèrement la paume de sa main, appuyant à peine. Puis le sentant palpiter, il se mit à en souligner la forme de la pointe des doigts d'une main, pendant que l'autre caressait les flancs maigres de Juan, puis se glissa sous le slip pour caresser ses petites fesses fermes.

Juan frémit et eut comme un bref soupir. Jaume le regarda et vit qu'il avait fermé les yeux. Alors, gardant une main pour lui caresser le sexe, la poitrine et le ventre, il commença à se déshabiller de l'autre. Juan semblait ne s'être aperçu de rien. Alors il se lova contre lui et, faisant glisser son slip des deux mains, il découvrit son sexe qui soudain libre se redressa vite, dur et palpitant. Jaume approcha les lèvres et se mit à l'effleurer, à le lécher, à le sucer délicatement. Juan eut comme un sanglot étouffé et il trembla de la tête aux pieds. Jaume intensifia le travail de ses lèvres sa langue et sa bouche sur le sexe de Juan, tandis que ses mains couraient sur ce corps maintenant nu et frémissant, en touchant avec art les points les plus érogènes.

Puis, l'ayant pris par les poignets, il le tira délicatement jusqu'à ce qu'il soit couché sur le matelas. Il le libéra de son jeans et de son slip et il s'étendit à côté de lui, en lui faisant sentir sa propre nudité, dans son dos, en prenant encore garde de ne pas lui faire sentir son érection. Il le caressa longuement, l'embrassa, le lécha et le suça ça et là sur tout son corps, en s'attachant aux points les plus sensibles. Quand il le sentit vibrer de plaisir, il se plaqua complètement contre lui et se pencha pour l'embrasser sur la bouche, en lui faisant à peine sentir la langue et lui suçotant tour à tour une lèvre ou l'autre.

A ce stade Juan, en proie à une excitation profonde et insoutenable, ouvrit les lèvres et lui rendit son baiser alors que ses bras ceignaient le corps de Jaume en le tirant contre lui. Alors Jaume le laissa sentir sa propre érection contre lui et leurs corps, et leurs sexes, se frottèrent l'un contre l'autre. Ils s'embrassèrent longuement et maintenant les mains de Juan aussi commençaient à explorer tout le corps de Jaume, comme à la recherche des points les plus sensibles, comme avide des frissons de plaisir de l'autre. Maintenant, réalisa Jaume, Juan avait les yeux ouverts et de temps en temps leurs regards se croisaient et Jaume pouvait y lire, sinon un sourire de participation, au moins un sens d'agréable surprise. Quand il sentit que Juan était maintenant complètement pris, Jaume lui demanda doucement ce qu'il voulait faire à présent.

Sa réponse le stupéfia : "Tout. Si je dois essayer, je veux vraiment tout essayer."

Jaume se pencha entre les jambes de Juan et se remit à sucer son sexe fort et dur. Un peu après Juan voulut essayer de sucer Jaume. Il était malhabile, il était clair qu'il n'avait jamais fait ça, mais Jaume vit qu'il perdait un peu de son excitation. Alors il bougea pour se mettre en position de soixante neuf et Juan retrouva un certain enthousiasme. Quand il le sentit proche de l'orgasme, Jaume se détacha de lui et, lui faisant relever les jambes sur la poitrine, il descendit entre les fesses lisses et fermes de Juan pour lui lécher longuement l'anus et le préparer à la pénétration.

Ce serait, il le savait, la partie la plus difficile pour Juan, pas seulement psychologiquement, mais aussi et surtout parce qu'il était encore vierge. Il le travailla longtemps de la langue et il le sentit vibrer de plaisir. Alors il prit un gel lubrifiant anesthésiant qu'il utilisait avec le client un peu trop généreusement pourvus, et il lubrifia bien longuement son sphincter, y introduisant un doigt, puis deux, de façon à bien le lubrifier en dedans.

"Allez, prends-moi..." supplia Juan à un moment

"Je ne voudrais pas te faire mal. La première fois..."

"Fais doucement. J'essaierai de résister..."

"Détends-toi..."

"Oui...."

Jaume lui appuya sur le trou et commença à manœuvrer de manière à se glisser doucement en lui, tout en lui caressant les testicules et le sexe, en se penchant pour l'embrasser et lui mordiller les tétons, en le pénétrant lentement et en s'arrêtant souvent pour lui donner le temps de s'habituer à cette inexorable invasion, jusqu'à ce qu'enfin, après plusieurs minutes, il soit tout en lui, jusqu'à la garde, ses testicules pressant contre les petites fesses fermes de l'étudiant.

Ce n'est qu'alors qu'il se mit à bouger d'avant en arrière, dans ce si étroit et si chaud canal de chair, d'abord lentement et avec précaution, guettant l'expression de l'autre, puis, n'y voyant aucun signe de douleur, avec de plus en plus de vigueur et de rythme, jusqu'à décharger en lui en quelques vigoureuses poussées, jouissant au plus profond de ce canal désormais plus vierge. Ils s'embrassèrent de nouveau. Puis Jaume se retira lentement et s'offrit à Juan avec un sourire. Juan sourit en retour et se prépara à le pénétrer.

"Prends-moi, Juan. N'ai pas peur. Moi j'ai l'habitude..." lui murmura-t-il.

A la fin, quand ils arrivèrent tous deux à l'orgasme (pour Jaume c'était le second, et il sentit que Juan en avait un exceptionnel) ils se détendirent sur le matelas, leurs corps encore partiellement enlacés.

Juan, un peu après, demanda : "ça t'ennuie si on en parle ?"

"Non, bien sûr, Juan. Ça t'a plu ?"

"Je ne crois pas être converti aux mecs, mais oui, ça m'a plu. Tu sais... te débrouiller avec ta bouche d'une façon délicieuse. Aucune femme n'a jamais su me le faire aussi bien que toi."

"Les femmes, je crois, ne peuvent pas faire ça bien. Elles ne savent pas comment faire, elles n'en ont pas l'expérience. Un mec, qui a vécu ça sur lui, sait comment donner du plaisir à un autre homme..."

"Oui, c'est vraisemblable."

"Mais... tu as aimé me sucer ? Et te faire mettre ? Et m'enculer moi ?"

"Tu sucer... oui et non. Enfin, quand on a fait un soixante neuf, c'était plutôt chouette de te sentir... en moi. Moins quand je le faisais seul. Quand tu m'as mis ça me gênait. Ce n'est pas ta faute, j'ai bien senti que tu cherchais à être doux, mais c'est pas mon truc."

"Vraiment pas ?"

"Un peu de plaisir, si, vers la fin, mais ça ne valait pas la gêne que j'ai ressentie..."

"Les premières fois, moi aussi je ressentais de la gêne, et même de la douleur. Mais maintenant, j'aime beaucoup.... Et me prendre, c'était comment ?"

"Ça c'était vraiment bien. Ça m'a énormément plu. Et de façon très différente d'avec une fille, que ce soit devant ou derrière... Je ne sais pas l'expliquer, mais... l'idée même que tu sois un mec et que tu m'acceptes en toi... en plus du plaisir physique de la pénétration... c'est autre chose, si agréable..."

"De dominer un mec ?" demanda Jaume avec un petit sourire.

"Non... c'est comme si... la femme est là pour être prise, tu vois ? l'homme lui, il veut être pris... je n'arrive pas à m'expliquer... c'est si nouveau pour moi..."

"Tu m'as senti comme ton égal, pas comme ton... assujetti ?"

"Peut-être. En tout cas, merci, Jaume. Honnêtement je crois que j'aimerais bien, un jour, remettre ça avec toi. Tu sais caresser de façon... si spéciale. Et tu es si doux."

"Moi aussi j'aimerais bien, Juan. C'est quand tu veux..."


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