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histoire originale par Andrej Koymasky


pin JAUME DE SITGES CHAPITRE 6

Cinq jours plus tard, le matin, Jaume était réveillé par le téléphone. Encore endormi, il prit le combiné et reconnut la voix de Miguel.

"T'as mis dans le mille ! J'en étais sûr. On gagne deux à zéro !"

"Mille ? Deux à zéro ? Mais putain, tu parles de quoi ?"

"De Juan. L'autre jour, après que vous ayez été ensembles, de tout le trajet de retour il n'a fait que me parler de toi..."

"De moi ? Il t'a dit ce qu'on a fait au lit ?"

"Non, même pas une allusion. Il est réservé sur ces trucs-là. Mais il parlait de toi, il était enthousiaste, je dirais fasciné par toi. Et quand je lui ai dit que tu étais le meilleur tapin de la place, pour un peu il m'aurait frappé. Il ne veut pas entendre ce mot pour toi. Il dit que tu es un garçon cultivé, sympathique et remarquable... Enfin, il dit que ça lui a plu, quoi que vous ayez fait. Puis, comme promis, il m'a emmené chez une pute. J'y suis allé. Puis je lui ai dit que ça ne m'avait pas vraiment plu : le cul, il y a peu de différence. Mais les mecs sont bien meilleurs pour les pompiers, je lui ai dit, quant à la chatte, en s'y enfilant on a l'impression de chausser des pompes trop grandes et la lécher... ça a une sale odeur, je préfère l'odeur et le goût d'une bite. Et bien il m'a presque donné raison, tu te rends compte ?"

"Tu veux dire qu'il a viré sa cuti ?"

"Non, ça non. Je ne crois vraiment pas. Les femmes lui plaisent toujours. Mais il m'a dit qu'il excluait pas de réessayer, surtout avec toi. Et même, après il m'a aussi dit que si avant il n'avait jamais eu de préjugés contre les gays, au fond il méprisait un peu les tapins et les putes. Depuis qu'il t'a connu, il dit qu'il ne méprise plus les tapins. Enfin, il n'a jamais utilisé ce mot, il disait gigolo..."

"A moi aussi il m'a plu, Juan. C'est un garçon simple, sincère, honnête. Je ne lui ai pas laissé ma carte de visite. Donne-lui mon numéro de téléphone, au cas où."

"Tu espères le revoir ?"

"Ça ne me déplairait pas, en fait. C'est un chouette garçon, je crois. Et puis... j'ai été son premier homme, non ?"

Après cet appel, Jaume se leva. Il s'étira voluptueusement, fit quelques flexions et se regarda dans le miroir. Son corps était en parfaite forme : le bon poids, les muscles bien dessinés sans être trop accentués, un hâle léger et uniforme... Il prit une douche rapide, se rasa soigneusement, mit la très discrète eau de toilette qu'il utilisait, enfila l'uniforme du restaurant, se peigna avec soin de manière à ce que ses cheveux ne soient ni ordonnés ni rebelles. Il se sourit dans le miroir, satisfait de l'image qu'il lui renvoyait et il partit travailler.

C'était un peu lourd de faire deux métiers, mais il lui restait encore un paquet de traites à payer. L'après-midi il alla à la piscine, puis à ses cours de langue. Le soir, après le second service, il se changea vite et il alla au Reflejos. Il salua le propriétaire et alla s'asseoir à un banc bavarder un peu avec les deux ou trois tapins qui fréquentaient l'endroit. Puis ils se séparèrent, s'installant chacun à une table, de manière à pouvoir ferrer les éventuels clients. Vers minuit un français s'assit à sa table. Il ne lui plaisait pas, alors, en s'excusant, gentiment mais fermement, il lui fit comprendre qu'il souhaitait qu'il le laisse seul. A minuit et quart entra un quadragénaire, plutôt élégant et pas mal du tout.

Jaume le regarda en espérant qu'il vienne à sa table.

Et de fait, après avoir échangé deux mots avec le barman, l'homme vint vers lui : "Je peux m'asseoir à ta table ?"

"Bien sûr, je t'en prie."

Il parlait espagnol mais à son accent on aurait dit un anglais. Il se mirent à discuter. Il était australien.

Peu après l'homme lui demanda : "Le barman dit que tu es le plus cher mais le meilleur de Sitges. Cet après-midi il m'a dit que je te trouverais ici ce soir. Ça te dirait de me consacrer cette nuit ?"

"Bien sûr, volontiers. Tu viens chez moi ?"

Ils montèrent chez Jaume. Quand ils se déshabillèrent, vu comme l'homme était bien pourvu, Jaume s'attendait à tout autre chose que ce qui arriva. L'australien s'amusa longuement à lui lécher tout le corps, à lui faire de longues pipes expertes en l'emmenant à un doigt de l'orgasme avant de ralentir pour calmer l'excitation, c'était une délicieuse torture. Il ne le caressa pas ni ne se fit caresser. Au contraire, il voulait que Jaume reste immobile sur le lit, les jambes ouvertes, et le laisse faire. Pendant ce temps l'australien s'affairait sur lui, inlassablement, pensait Jaume.

Il pensait à tous ceux avec qui il avait couché, surtout à ses clients. Il y en avait vraiment de tous les genres et pour tous les goûts. La plupart, après l'orgasme, se rhabillaient en hâte et s'en allaient. Et même parmi les clients qui revenaient. Parfois, en le rencontrant dans la rue, ils ne le saluaient même pas : peut-être ne le reconnaissaient-ils même pas, peut-être avaient-ils honte de lui, peut-être le méprisaient-ils... va savoir. Pourtant, pendant l'amour et surtout en ayant leur orgasme, chacun l'appelait "amour". Quel mot creux, pensait-il. Quelle parole gâchée. Ceux qui lui disaient "cochon", au fond, étaient plus honnêtes et cohérents. Et puis, presque aucun de ces clients ne savait ce qu'est la tendresse. Il baisaient ou se faisaient sauter, un point c'est tout. Presque mécaniquement. Heureusement il y avait de rares exceptions, alors Jaume en profitait, les savourait.

Certains lui parlaient presque comme à un confesseur. Certains n'échangeaient qu'un ou deux mots avec lui. Certains étaient complètement passifs au lit : c'est lui qui devait tout faire, il était payé pour ça. Certains par contre, comme le client de ce soir, voulaient tout faire et il devait rester passif, comme un objet... Jaume devait se laisser manipuler docilement comme une poupée gonflable érotique, ces horribles poupées gonflables... Au moins celui-ci était-il beau... Quelques rares fois c'était équilibré, quelques rares fois le client, en plus évidemment de son propre plaisir, montrait son intérêt pour le plaisir de Jaume. Et même celui-ci, qui en fait lui donnait du plaisir, il ne le faisait pas pour Jaume mais seulement pour lui-même.

Heureusement il y avait aussi les amis, comme Miguel ou Alvino. Et aussi Jorge et Carlos, deux autres tapins.

Il se sentit à nouveau approcher l'orgasme et cette fois l'autre ne semblait pas avoir l'intention de s'arrêter. Il ferma les yeux : ça l'ennuyait de voir la tête de l'australien qui s'affairait sur son sexe mais qui était maintenant si indifférent à son égard. Cet homme n'était intéressé que par ce bout de son corps, et cela uniquement parce qu'il aimait le sentir dur dans sa bouche, le faire frémir et provoquer l'orgasme. S'il avait pu trouver un sexe sans corps, un gode mais qui réponde pareillement à ses sollicitations buccales, ça lui aurait aussi bien convenu. Il ne s'intéressait pas à Jaume mais seulement à ses organes sexuels. Même le léchage initial sur tout son corps, à la réflexion, avait comme seul but de provoquer une érection.

Quand enfin il éjacula dans la bouche avide de son client, Jaume éprouva comme une étrange dissociation : c'est son sexe qui jouissait, pas lui. Le type, après avoir bu la dernière goutte du sperme tiède du garçon et ainsi achevé l'acte, se rhabilla, échangea deux mots avec Jaume par pure formalité, le paya et partit.

Jaume alla prendre une douche, se rhabilla et ressortit. Mais pas chercher un client, il n'en avait absolument pas envie. Il était une heure : il allait faire deux pas jusqu'à la plage de la Bassa Rodona puis il rentrerait dormir. Mais il lui fallait d'abord un peu d'air frais. Une fois dehors il prit l'Avinguda de Sofia, traversa le Passeig Marítim, enleva chaussures et chaussettes et descendit à la plage mettre les pieds dans l'eau.

Il regardait vers la pleine mer, de plomb dans la nuit, parsemée des reflets d'argent de la pleine lune. Il respirait à plein poumons l'air saumâtre que de petites rafales ramenait de la mer. Près de l'horizon, les lumières de quelques lointains bateaux, des navires ou des yachts, et peut-être le ferry pour Palma, ondoyaient un peu. Ses pensées firent naufrage dans cette mer de plomb et il se sentit enfin l'esprit libre, tandis qu'un calme serein descendait dans son cœur. Des odeurs, des bruits, quelques douces lumières et couleurs l'enveloppaient. Seuls ses pieds nus, caressés par l'incessant va et vient des vaguelettes, lui procuraient des sensations nettes et précises.

Il était ainsi, absorbé dans cet espèce d'état quasi onirique, quand il sentit quelqu'un s'arrêter à côté de lui. Il regarda : c'était un homme de trente cinq ou quarante ans.

L'inconnu lui sourit et lui dit, en anglais : "Belle nuit, n'est-ce pas ?"

Jaume lui rendit son sourire et répondit, en anglais : "Oui, ça vous nettoie l'âme."

"Ah, heureusement tu parles ma langue. Quel âge as-tu ?"

"Vingt ans, pourquoi ?"

"A vingt ans l'âme est encore pure. Elle n'a pas besoin d'être nettoyée."

Jaume sourit tristement et secoua la tête : "A vingt ans votre âme peut avoir cent ans."

"Tu es triste, peut-être ?"

"Oui et non. Je ne suis pas triste. Ni joyeux."

"Tu veux rester seul ?"

"Peu importe. Vous ne m'ennuyez pas du tout."

"Tu es d'ici ?"

"Oui."

"Tu travaille ?"

"Je suis garçon au restaurant La Brasa."

"C'est un bon restaurant ?"

"C'est le meilleur."

"Alors il faudra que j'y aille. Et pas juste pour la cuisine..."

Jaume le regarda et l'autre lui fit un petit sourire réservé mais chaleureux.

"Vous êtes touriste ?"

"Non. Je viens à Barcelone pour mon travail."

"Vous y resterez longtemps ?"

"Quelques mois. J'aime Sitges : des amis m'en avaient beaucoup parlé. Alors je me suis décidé à venir... et j'ai bien fait. Tu habites loin d'ici ?"

"Non, à deux pas, juste là derrière. Mais mon appartement donne sur la montagne..."

"Tu habites seul ?"

"Oui, seul."

Jaume avait la nette impression qu'il s'intéressait à lui, mais il ne semblait rien se passer. Le type lui plaisait et l'attirait.

"Tu as beaucoup d'amis ici, à Sitges ?"

"Non, presque aucun. Des connaissances beaucoup, mais de vrais amis, un ou deux..."

"Moi non plus je n'ai pas de vrais amis à Barcelone. Des connaissances que par... paresse on appelle amis. Alors parfois je me sens seul."

"Votre pays vous manque ?"

"Les Etats-Unis ? Non, du moins pas encore. Je me sens bien, ici, vous êtes des gens affables et chaleureux. Il est facile de communiquer avec vous et agréable de converser. Comme maintenant avec toi. Tu parles bien anglais, tu es déjà allé en Angleterre ou aux States ?"

"Je ne suis jamais sorti de Catalogne. Je l'ai appris à l'école et maintenant je prends des cours particuliers. Dans mon travail il est utile de bien connaître les langues."

"Tu aimes ton travail ?"

"Oui, j'y rencontre toutes sortes de gens, du Monde entier. Et je gagne plutôt pas mal, surtout grâce aux pourboires."

"Oui, ça ne m'étonne pas que tu aies de gros pourboires, tu as un sourire captivant et tu suscites la sympathie. Tu as aussi une belle voix, une belle présence, un port élégant... C'est un plaisir de te regarder, d'être en ta compagnie..."

Jaume se sentit rougir et cela l'émerveilla : il n'avait jamais été timide et ce n'était pas la première fois que quelqu'un le complimentait sur son corps.

L'homme, après un bref silence, dit : "Ça fait un moment qu'on discute et on ne s'est même pas présentés : je m'appelle Kevin Bowens."

"Et moi Jaume Isidre Ferret. Enchanté."

"Tout le plaisir est pour moi. Et ce n'est pas qu'une formule de politesse, je le pense vraiment."

"Vous êtes très gentil, monsieur."

"Ne sois pas si formel. Tu ne peux pas m'appeler Kevin ?"

"Avec plaisir, Kevin."

"Il est très tard, il faut que je rentre."

"Tu ne peux pas rester encore un peu ? Tu prends un train ?"

"Non, je suis en voiture. Mais demain matin je dois me lever tôt pour aller au travail. Tu veux bien m'accompagner jusqu'au parking ?"

"Oui, volontiers. Tu es garé où ?"

"Plaça d'Espanya."

"Alors on va passer devant chez moi, comme ça tu verras où j'habite.

"D'accord."

Kevin ne l'avait pas invité, il ne l'avait pas touché, ne lui avait rien dit, à part des compliments. Mais Jaume était sûr qu'il était attiré par lui, comme lui-même se sentait attiré par cet américain. Ils marchèrent et firent une brève halte devant le porche de chez Jaume.

Ce dernier, étrangement ému, lui dit : "Tu veux monter chez moi un instant ? Pour le coup de l'étrier ?"

"Non, merci. Il est bien tard. Une autre fois ce serait volontiers. Ça te dit qu'on se revoie ?"

"Bien sûr, j'espère bien."

Il l'accompagna jusqu'à sa voiture. Là ils échangèrent leurs numéros de téléphone.

Puis Kevin lui donna un baiser rapide et léger sur les lèvres, monta en voiture, mit en marche et lui dit par la fenêtre : "A bientôt, j'espère." Et il partit.

Jaume, en regardant s'éloigner ses feux arrière, se rendit compte que son cœur battait très fort. Il rentra chez lui, monta et se mit au lit les yeux encore pleins de l'image de Kevin, sa voix encore dans ses oreilles et son petit baiser encore sur ses lèvres.

Kevin l'appela dès le lendemain matin : "On pourrait se voir aujourd'hui ?"

"De 14 à 19 heures je suis libre. Tu peux ?"

"Oui. On se retrouve devant l'église ?"

"Plaça del Baluard ? D'accord. J'y serai à deux heures et quart."

"J'ai beaucoup pensé à toi. J'espère qu'on deviendra amis."

"Oui, moi aussi. Je suis content de t'avoir rencontré, Kevin."

Ils se retrouvèrent. Ils se promenèrent un peu puis s'arrêtèrent à la plage d'Aiguadolç. Ils se mirent torse nu pour prendre un peu le soleil. Jaume regardait la poitrine de Kevin... et elle lui plaisait. Il ressentait l'envie de poser ses lèvres sur ses petits tétons plats et foncés.

Ils parlèrent longtemps, d'eux-mêmes, de leurs idées, de leurs goûts, comme pour faire en sorte que l'autre sache mieux à qui il avait à faire. Jaume avait eu à plusieurs reprise envie de lui dire qu'il était escort, tapin de luxe, mais il n'en eut jamais le courage. Ils n'abordèrent pas non plus le sujet de leur orientation sexuelle, même s'il était de plus en plus évident que chacun était attiré par l'autre.

"Je suis bien avec toi, Jaume. Le temps passe si vite. Bientôt il faudra que tu retournes au travail, n'est-ce pas ?"

"Oui, mais on a encore quelques minutes. Tu as envie de prendre un verre dans un bar ?"

"D'accord."

Ils remirent leurs chemises.

Kevin le regardait : "Ça m'a plu de regarder ta poitrine. Tu fais de la gymnastique ?"

"Un peu, juste pour garder la forme."

"Tu as un beau corps. Tu es vraiment beau garçon..."

"Tu n'as rien à m'envier. Tu es vraiment bien fait."

Après avoir bu un thé glacé, Kevin accompagna Jaume jusqu'au Passeig de la Ribeira, devant le restaurant.

"Je peux t'attendre à la sortie ?"

"Bien sûr. Mais que vas-tu faire, tout ce temps ?"

"Je vais retourner à la plage. Puis j'irai dîner quelque part et peut-être au cinéma."

"Pourquoi ne mangerais-tu pas à La Brasa ? Je te ferai avoir un prix..."

"Une autre fois. J'aimerais tant te donner un baiser, mais ici il vaut sans doute mieux pas. Fais comme si je te l'avais donné."

"Merci Kevin. Tu es très gentil. J'ai hâte qu'il soit 23 heures."

Pendant ses quatre heures de travail, Jaume ne fit que penser à Kevin. Il lui plaisait beaucoup. Il aurait voulu lui faire l'amour. Mais il se sentait étrangement gêné à l'idée de le lui demander. Il pouvait l'inviter chez lui. Mais il ne l'emmènerait pas à l'alcôve, il ne la lui montrerait même pas. Il en avait un peu honte. Et puis, s'il la voyait, il ne pouvait que deviner quel était son second travail...

Quand enfin Jaume sortit, il trouva Kevin appuyé au monument à Le Greco. Il agita la main en guise de salut et, heureux et souriant, il vient à sa rencontre.

"Salut Kevin. Où veux-tu que je t'emmène, ce soir ? Un bar, une boîte ?"

"Hier... tu m'avais invité à monter chez toi. Ça vaut toujours ?"

"Bien sûr, bien sûr, évidemment. Alors allons-y."

Jaume était vraiment heureux pendant qu'ils marchaient vers chez lui à grands pas. Ils montèrent, il fit passer Kevin dans le salon et le fit s'installer.

"Je mets un peu de musique. Tu veux quelque chose à boire ?"

"Tu as de la bière ?"

"Oui, bien sûr. J'en cherche au frigo et je reviens."

Quand il revint Kevin avait enlevé ses chaussures et il était à moitié couché sur le divan. Jaume lui tendit le verre de bière et il allait s'asseoir sur le fauteuil en face, mais Kevin frappa une main sur le divan, à côté de lui, dans un geste d'invitation. Alors Jaume s'assit à côté de lui.

Kevin sirota la bière, puis il dit à voix basse : "Je suis très bien avec toi, Jaume."

Il se souleva pour s'asseoir, posa son verre et, en se tournant, il approcha son visage jusqu'à effleurer celui de Jaume. Leurs regards se rencontrèrent, leurs visages se rapprochèrent lentement et ils s'embrassèrent doucement sur les lèvres. Alors Kevin prit Jaume dans ses bras et leur baiser se fit plus chaud, plus fort, plus intime. Ils commencèrent à se caresser, puis Jaume déboutonna la chemise de Kevin. Il n'avait rien dessous et il lui caressa la poitrine, les côtés et le dos en passant les mains sous le tissus léger. Kevin aussi prit l'initiative et peu après ses mains descendaient ouvrir le pantalon de Jaume pour pouvoir s'y glisser sous le slip et caresser doucement son érection naissante. Jaume frémit de la tête aux pieds et lâcha un petit gémissement de plaisir.

"Qu'y a-t-il, Jaume ?" lui demanda-t-il avec un sourire chaleureux.

"Tu me plais, Kevin, tu me plait tellement."

"Toi aussi. J'ai eu envie de toi dès le premier instant, hier sur la plage."

Ils continuaient à se caresser, à s'embrasser et petit à petit ils se débarrassèrent de tous leurs habits qui, l'un après l'autre, tombaient en vrac sur le tapis à côté du divan. A mesure que leurs corps s'offraient à la contemplation de l'autre, ils se sentaient pris par une excitation croissante mais si agréable, comme s'ils entraient dans un rêve.

Cette première fois ils firent l'amour là, sur le divan et ce fut pour tout deux une expérience très tendre, malgré l'inconfort de leur position. Vers deux heures du matin Kevin partit, en promettant à Jaume qu'il reviendrait l'après-midi même. Ils se virent tous les jours, jour après jour, et à chaque fois ils faisaient l'amour avec plus de passion et de plaisir. Souvent ils faisaient de longues promenades ensemble ou ils allaient au cinéma ou faire des achats. Ils s'aperçurent peu à peu tous les deux qu'ils tombaient amoureux.


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