Sa double vie pesait de plus en plus à Jaume. Depuis qu'il avait rencontré Kevin, en fait, il n'avait plus eu que deux ou trois clients, les premiers jours, parce qu'il avait pris rendez-vous antérieurement. Puis c'est tout. Et pas que parce que Kevin occupait tout son temps libre, mais surtout parce que, même les soirs où Kevin ne pouvait pas venir à Sitges, Jaume n'avait pas envie d'avoir des rapports sexuels avec d'autres. Deux semaines passèrent, puis trois et ils étaient tous deux de plus en plus attiré par l'autre et ils éprouvaient de plus en plus de plaisir à être ensemble.
Jaume se retrouvait avec peu d'argent et il arriva à peine à payer la traite à la banque. Mais peu lui importait : il avait trouvé l'amour et il était heureux. L'idée de parler à Kevin de sa double vie le tourmentait de plus en plus. Ce dernier, n'étant pas du genre curieux, n'avait jamais demandé à voir la pièce derrière la portes fermée du couloir ou les persiennes baissées de la véranda, et il n'avait pas non plus demandé ce qu'il y avait là ni pourquoi ces portes étaient toujours fermées. Mais cette pièce était un peu la "conscience fautive" de Jaume. Il la voyait un peu comme le symbole de l'infranchissable obstacle qui se dressait entre eux et qui empêchait encore que leur amour soit parfait.
Au lit ça se passait de mieux en mieux, mais en dehors du lit aussi, Kevin lui démontrait son amour de façon de plus en plus explicite, même s'il ne le lui avait jamais déclaré ouvertement.
Il fêtèrent le premier mois de leur rencontre. Jaume avait vraiment peu d'argent, maintenant qu'il avait pratiquement arrêté de faire le tapin. Pour pouvoir payer l'échéance suivante à la banque, il vendit sa vidéo et son écran géant. Kevin, parfois, restait passer la nuit chez Jaume, surtout le samedi quand il ne devait pas aller travailler le lendemain. Kevin adorait faire l'amour dans le petit jardin de la véranda, surtout de jour, sous le soleil qui filtrait par les vitres du toit. A chaque fois Jaume craignait qu'il lui demande ce qu'il y avait derrière ces persiennes fermées, mais cela n'arriva jamais. Mais, à mesure qu'il sentait grandir son amour pour Kevin, il lui pesait davantage de garder ce secret et de ne pas se dévoiler complètement à son amant.
Ils fêtèrent leur second mois. A peine avaient-ils fini de faire l'amour au jardin que Kevin, pour la première fois, lui déclara clairement être amoureux de lui. Jaume se sentit heureux et ému.
Mais il lui demanda : "Pourquoi tu m'aimes?"
"Pourquoi? Parce que je sais que toi aussi tu m'aimes. Et puis parce que tu es un garçon bien, intelligent, bon, simple, passionné. Et puis parce que tu es beau. Et puis parce que j'aime comme tu fais l'amour..."
"Mais tu ne me connais pas encore vraiment..."
"Pendant ces deux mois j'ai appris à te connaître et tu me plais de plus en plus."
"Tu ne sais rien de mon passé. Je ne t'en ai jamais parlé. Et tu ne m'as jamais rien demandé..."
"Il ne vaut pas mieux parler du futur? De ce qu'on fera ensemble? Parce que je veux te demander quelque chose : d'ici deux mois il faudra que je retourne aux States. Mais je ne veux pas te perdre. Pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi?"
"Avec toi? Aux USA?"
"Oui, bien sûr. Tu peux venir chez moi."
"Mais... et le travail?"
"Je suis assez riche. Même si tu n'en trouvais pas, ce ne serait pas un problème. Mais je crois vraiment que tu pourrais trouver un bon travail, tôt ou tard. Tu parles trois langues... et trouver un travail te donnera le visa qu'il te faudra pour rester avec moi. Alors, tu acceptes? Tu voudrais partir avec moi?"
"Oh oui, je le voudrais. Je quitterais volontiers tout. Mais à plus forte raison maintenant, avant de prendre une décision si importante, tu dois tout savoir de moi. Après, si tu maintiens ton invitation, je viendrai vivre avec toi, où tu veux."
Jaume commença à raconter. Il ne se sentait pas d'affronter tout de suite sa vie de tapin, alors il commença par ses premières expériences avec Pedro Augusto. Au début Kevin écoutait en souriant et acquiesçait. Mais quand Jaume entra dans le vif du sujet, Kevin devint soudain tendu et sérieux. Jaume, qui guettait sa réaction, comprit ce qui se passait mais, bien que tremblant en son for intérieur, il continua et lui dit toute la vérité, crue. Kevin l'écoutait, figé comme une statue de sel. Quand enfin Jaume en vint à leur rencontre, lui dit ce qu'il avait éprouvé et ressenti, Kevin l'interrompit.
"Le reste je le sais. Tu es bien arrivé à me tromper!" dit-il en se levant du matelas et en allant dans la chambre.
Là, il commença à se rhabiller.
Jaume, qui l'avait suivi, lui demanda de la porte, affligé : "Que fais-tu ? Tu te rhabilles ? Tu vas t'en aller ?"
Kevin ne répondit pas. Jaume s'approcha et lui prit délicatement le bras, en essayant de le faire se tourner vers lui, mais l'autre l'écarta brusquement. Jaume lui demanda de lui dire quelque chose, le supplia. Enfin Kevin, à présent habillé, se retourna et son regard épouvanta Jaume. La voix pleine de haine et de mépris, Kevin lui dit qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec lui. Jaume sentit le Monde s'écrouler autour de lui. Il essaya de le convaincre de rester, de parler, de ne pas tout détruire ainsi, sur un coup de tête. Il le supplia d'essayer de comprendre, il lui jura son amour, l'implora d'attendre. Mais Kevin était déjà au salon. Il s'arrêta, s'assit sur la table devant la bibliothèque.
Jaume sentit l'espoir renaître et, conscient de sa nudité, il dit : "Juste un instant, je reviens tout de suite."
Il alla dans sa chambre, enfila sa djellaba et revint vite au salon. Kevin écrivait quelque chose. Quand Jaume s'approcha de lui, il se leva et lui tendit un chèque.
"J'ai calculé combien de fois on a baisé. Cette somme devrait faire l'affaire. Tiens!"
Jaume écarquilla les yeux en ressentant une profonde douleur.
"Tu ne peux pas me faire ça. Tu ne peux pas me traiter comme ça. Je suis venu avec toi par amour. Amour, tu comprends? Amour! Amour! Amour!" hurlait-il de toutes ses forces.
Kevin se mit à rire puis, d'une voix basse et glaciale, cinglante, il se mit à l'insulter avec une litanie d'épithètes féroces. Jaume tremblait violemment, secoué par la violence de cette inattendue agression verbale. Il prit le chèque et le déchira, puis il s'approcha de Kevin en le lui tendant et en le saisissant par un bras. Mais il se dégagea et lui cracha au visage.
Jaume sentit une vague de colère monter en lui et exploser. Et il frappa Kevin de toutes ses forces en hurlant : " Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?"
Kevin essaya d'ouvrir la porte d'entrée, il en trafiquait la poignée pendant que Jaume continuait à le bousculer et à le frapper avec une furie sauvage. Il arriva enfin à l'ouvrir et il sortit et se précipita dans les escaliers. Jaume, pendant sa fuite, avait vu son visage décomposé par la peur et éclaboussé de sang, et soudain il se sentit vidé de toute énergie.
Il referma la porte, s'appuya contre elle et glissa lentement s'asseoir sur le sol en sanglotant et en répétant à mi-voix, inlassablement : "Pourquoi ?"
Puis il regarda le dessus de ses doigts : il était couvert de sang. Il serra ses tempes entre ses poings et, balançant le buste d'avant en arrière, il donna libre cours à ses larmes.
Il resta longtemps dans cette position, recroquevillé derrière la porte d'entrée, plein d'un sourd désespoir. Son corps continuait à trembler au point de le faire claquer des dents. Jaume serra fort les mâchoires, puis il se leva lentement. Il se sentait faible, presque comme un ivrogne. Il arriva tant bien que mal à sa chambre et il se jeta sur son lit. Il se sentait vidé, épuisé. Il s'endormit presque d'un coup.
Le lendemain matin il entendit le réveil. Il se sentait encore très faible. Il prit le téléphone, appela le restaurant et avertit qu'il ne pourrait pas venir parce qu'il se sentait mal. Puis il s'endormit à nouveau. Il se réveilla à onze heures. Alors il prit le téléphone et il appela Miguel. Il lui demanda de venir chez lui. Ce dernier, au ton de la voix de son ami, essaya de savoir ce qui lui était arrivé. Jaume n'avait pas envie d'en parler au téléphone et il lui demanda à nouveau d'un ton affligé de venir. Miguel, inquiet, prit tout de suite sa voiture et partit pour Sitges. Il monta chez Jaume et sonna. Jaume sortit du lit et vint lui ouvrir. Une fois devant Jaume, quand Miguel vit son expression effondrée, il entra, ferma la porte et il prit son ami dans les bras.
"Qu'est-ce qu'il y a, Jaume ? Que t'arrive-t-il ? Qu'as-tu ?"
Jaume s'agrippait presque à lui et, secoué de violents sanglots, il essaya en vain de raconter ce qui s'était passé. Miguel l'emmena sur le divan, le fit s'asseoir, s'assit à côté de lui, lui passa un bras sur l'épaule et l'attira contre lui.
"Calme-toi, Jaume, je suis là... calme-toi..."
Petit à petit Jaume arriva à reprendre le contrôle et il commença à raconter à son ami ce qui lui était arrivé. Miguel l'écoutait tout en le serrant contre lui. A la fin, pour le consoler, il lui dit de ne pas s'en faire et il lui promit qu'il resterait aussi longtemps qu'il voudrait pour lui tenir compagnie. Puis il le convainquit de prendre un tranquillisant et d'essayer de dormir encore un peu. Il l'accompagna jusqu'à son lit et le fit s'étendre. Miguel le borda et retourna mettre un peu d'ordre au salon, remettre en place les sièges tombés et ramasser sur le tapis les morceaux du chèque déchiré.
Il repensait au récit de son ami et il se ressentait une grande peine pour lui. Certes, il n'avait jamais approuvé le choix de Jaume de faire le tapin, mais il ne pensait pas pour autant qu'il méritait un tel traitement. Kevin avait mérité les coups que Jaume lui avait mis. D'ailleurs, souvent un poing dans la gueule ou dans l'estomac fait moins mal qu'un seul mot méchant.
Vers 15 heures, il alla à la cuisine manger quelque chose. De temps en temps il allait dans la chambre surveiller son ami. Il dormait d'un sommeil agité. Il était justement en train de l'observer quand on sonna à la porte. Il se demanda qui ça pouvait être. Peut-être ce Kevin qui avait compris le mal qu'il avait fait à Jaume ? Il alla regarder par le judas en se demandant comment reconnaître l'américain, dont Jaume lui avait souvent parlé, qu'il lui avait décrit, mais qu'il n'avait jamais rencontré. Il y avait un policier à la porte. Il ouvrit, inquiet. L'homme lui tendit une enveloppe, lui fit signer un reçu et s'en alla. Miguel, en retournant dans la chambre de Jaume, étudia l'enveloppe : elle avait l'en-tête du poste local de la Guardia Civil. Il se douta que ce devait être une assignation à comparaître pour un interrogatoire. Kevin, évidemment, l'avait dénoncé.
Etant en dernière année de droit, il savait ce que cela signifiait : s'il y avait le moindre début d'élément pour confirmer la véracité de l'accusation, Jaume serait incriminé et il y aurait procès. Et il pouvait même y avoir perquisition si Kevin avait dit dans sa dénonciation que Jaume se prostituait. Et si l'homosexualité entre adultes consentants n'était plus un crime, la prostitution était encore punie par la loi. Il se dit qu'il fallait tout de suite faire disparaître tout ce qui pourrait être compromettant. Mais il ne saurait pas par où commencer. Il fallait réveiller Jaume.
Il vint à côté du lit et commença à le secouer doucement et à l'appeler. Après plusieurs tentatives, Jaume ouvrit les yeux. Il regarda Miguel avec un air de profonde tristesse et il ébaucha un sourire fatigué.
"Tu es encore là, Miguel ?"
"Ceci est arrivé. Ouvre-le. Ce doit être une convocation à un interrogatoire à la Guardia Civil."
"Ouvre-la, s'il te plait."
Miguel l'ouvrit et la lut rapidement. Il avait vu juste.
"Tu dois t'y présenter demain matin à huit heures trente."
Jaume acquiesça sans rien dire. Alors Miguel lui expliqua ce qu'il avait pensé et lui dit qu'il l'aiderait par tous les moyens à s'en sortir. Il convainquit Jaume de se lever et de lui confier tout ce qui pourrait se être compromettant : les adresses de ses clients, les vidéo et revues gays, sa correspondance avec des amis gays, les livres gays, et ainsi de suite. Même ses cartes de visite, au nom de "Jaume de Sitges", son numéro de téléphone et, en petit, "merci de m'appeler le matin entre 9:00 et 9:30" : il était clair qu'il ne s'agissait pas de cartes de visite standards.
Puis il lui dit qu'il allait lui trouver un bon avocat et il passa quelques coups de téléphone. Il appela aussi chez lui pour avertir qu'il passerait la nuit dehors. Puis il appela Juan, qui lui promit qu'il viendrait le lendemain à Sitges. Il discuta avec lui les conseils à donner à Jaume pour son interrogatoire du lendemain.
Puis il força Jaume à manger quelque chose avec lui et le remit au lit. Quand il se fut endormi, il prit tout ce que Jaume lui avait confié, le mit dans quelques sacs en plastique et l'emporta jusqu'au parking où il l'enferma dans le coffre de sa voiture. Puis il revint. Il entra dans la chambre de Jaume, mit le réveil, se déshabilla et se coucha près de son ami. C'était la première fois qu'il venait dans son lit sans que ce soit pour y faire l'amour. A cet instant, réalisa-t-il, il n'éprouvait aucun désir mais seulement une grande tendresse. Il se rappela le choc que Jaume avait connu avec Pedro Augusto et il se dit que ce garçon était vraiment malchanceux. Il sentit qu'il méprisait ce Kevin, mais il méprisait bien plus Pedro Augusto. D'ailleurs ils s'était brouillé avec lui, depuis.
Quand il entendit le réveil, Miguel sauta du lit. Il se lava, s'habilla, prépara un café et alla réveiller Jaume. Il le fit se lever, prendre une douche, s'habiller. Jaume avait recommencé à trembler. Il lui donna un autre tranquillisant, puis il lui rappela comment il devrait se comporter pendant l'interrogatoire : tout reconnaître à propos de ses relations sexuelles avec Kevin et des coups, mais nier catégoriquement qu'il faisait le tapin. Il lui proposa de l'accompagner à la Guardia Civil, mais Jaume ne voulut rien savoir.
"Attends-moi ici. Tu as dit que Juan allait venir, non ?"
"Oui, bien sûr."
"A quelle heure ?"
"Je pense vers neuf heures et demie."
"Alors il vaut mieux que tu l'attendes ici. Je ne vais pas mal, enfin pas trop, ne t'en fais pas. Le tranquillisant fait son effet."
Jaume sortit. Miguel prit un recueil de poèmes de Garcia Lorca, s'installa dans un fauteuil du salon et se mit à lire pour tuer le temps. Vers 9:15 Juan arriva. Ils parlèrent du problème de Jaume. Juan avait contacté un bon avocat de Barcelone qui les attendait dans l'après-midi. Peu après 10 heures Jaume revint.
"J'ai répondu comme tu m'as dit, Miguel. Maintenant je vais dormir. Excuse-moi, Juan."
"A 17 heures un avocat nous attend à Barcelone."
"Je ne peux pas quitter Sitges. On en reparlera plus tard, excusez-moi..."
Jaume alla dans sa chambre. Juan appela alors l'avocat qui, comprenant la situation, dit qu'il viendrait lui à Sitges, mais après 19 heures. Puis Miguel dit qu'il emmenait chez lui les affaires que Jaume lui avait confiées et qu'il reviendrait d'ici une heure. Juan, resté seul, alla dans la chambre de Jaume. Il enleva d'une chaise les habits qui y étaient et il s'assit à côté du lit. Il regardait Jaume : il lui paraissait beau malgré son air un peu contracté. Il se rappelait les trois fois où ils avaient fait l'amour. La première par défi. Puis les deux autres où ça avait été lui qui avait voulu le retrouver.
Jaume n'avait absolument pas voulu être payé : "Des clients j'en ai plein. Je voudrais que toi tu sois un ami, Juan!" lui avait-il dit.
Juan avait accepté : au fond lui aussi préférait le voir comme un ami que comme un professionnel du sexe. Et d'autre part, dès la première fois, Jaume n'avait jamais voulu lui faire l'amour dans l'alcôve aux miroirs.
"Ça c'est pour les clients. Je n'ai pas envie de faire ça là, avec toi, Juan." Lui avait-il dit.
Il avait aussi découvert le petit subterfuge de Miguel qui, au début, ne lui avait pas dit être l'ami de Jaume. Ce petit mensonge ne l'avait pas gêné. Au fond il avait découvert une nouvelle dimension de sa sexualité, grâce à ce petit piège. Et Jaume lui plaisait. Et la deuxième et la troisième fois, il fallait l'avouer, être pénétré par Jaume lui avait donné de plus en plus de plaisir. Même s'il préférait encore le prendre lui. Mais il avait voulu continuer à faire "tout" avec lui.
Il était presque une heure. Juan commençait à avoir un peu faim mais il décida d'attendre Miguel. Celui-ci revint vers trois heures. Jaume dormait encore. Miguel alla à la cuisine préparer quelque chose à manger. Puis, ayant mis la table, il alla appeler Juan et réveiller Jaume. Ils l'obligèrent presque à manger. Puis ils se mirent à bavarder pour le distraire.
A 19:25 l'avocat arriva. Jaume lui raconta toute l'affaire et répondit à ses questions. En racontant il fut de nouveau ému et il recommença à trembler et les larmes envahirent de nouveau ses yeux. Miguel et Juan intervinrent souvent. A la fin l'avocat dit que la meilleure technique était de contre-attaquer avec une plainte pour diffamation. Si Kevin retirait sa plainte pour coups et blessures et son accusation de prostitution, il retireraient la leur pour diffamation. Sinon il y aurait double procès : Jaume serait certainement condamné pour les coups, mais juste à une amende, parce qu'avec un casier judiciaire vierge, on lui appliquerait la peine minimale. Mais la partie adverse ne pourrait certainement pas prouver que Jaume se prostituerait et serait condamné à son tour. Et une condamnation lui rendrait très difficile le renouvellement de son visa pour l'Espagne.