Ce soir-là, au travail, Jaume fit de son mieux pour être attentif et efficace comme d'habitude. Ses yeux, ses pensées et son esprit étaient pleins de Kiril. Ils s'étaient quittés en se donnant rendez-vous le soir au Club 33. Jaume sentait une chaleur dans son cœur en pensant qu'il allait le revoir et il comptait les heures, et les minutes. Rencontrer Kiril avait été un vrai coup de tonnerre dans un ciel calme. Il émanait de ce garçon force et douceur, sérénité et magnétisme. Il semblait impossible qu'il puisse exister au monde une créature aussi merveilleuse. Et pourtant si jeune.
Quand enfin il put quitter le restaurant, il courut chez lui. Il prit une douche, se rasa, se parfuma légèrement, il choisit avec soin ses habits, se peigna. Il lui semblait se préparer pour un rendez-vous important, très important. Il se regarda dans le miroir : il n'était pas satisfait. Il se déshabilla, se changea et se repeigna. Là ça pouvait aller. Il regarda sa montre pour la énième fois et se précipita dans les escaliers : l'ascenseur aurait été trop lent.
Il parcourut Carrer de Sant Mus presque en courant, tourna Carrer dels Llops, traversa en diagonal la place d'Espanya et s'engouffra rapidement Carrer d'Espalter. Il se sentit le cœur serré, ému, au fur et à mesure qu'il approchait du Club 33. Il salua Eric à la porte et il fut vite enveloppé par l'ambiance du lieu, avalé par les dizaines de clients qui se pressaient déjà dans la boîte, par la musique rythmique qui résonnait dans sa tête et se confondait presque avec le rythme assourdissant de son cœur. Il fouilla l'endroit du regard pour chercher Kiril. Enfin il le vit.
Il était appuyé au comptoir, un verre à la main. Un spot, juste au dessus de lui, faisait briller sa toison de boucles blondes comme l'auréole en or ciselé d'une ancienne icône russe. Il portait le complet bleu acheté l'après-midi. Jaume s'arrêta pour le contempler, encore émerveillé qu'il puisse exister quelqu'un de si beau et son cœur battait plus fort que jamais. Kiril était de trois quarts. Son expression était sereine, très douce, un sourire à peine marqué illuminait son visage parfait. Ses yeux bleus, du même ton que sa veste, mais d'une nuance plus violette, brillaient comme des améthystes veinées de myriades de pailles d'or.
Kiril promena lentement son regard à l'entour jusqu'à voir Jaume. Il s'ouvrit dans un délicieux sourire et Jaume se sentit fondre, incapable de bouger, de parler, de penser, mais il sourit à son tour. Kiril vint à sa rencontre.
"Salut, Jaume." Dit-il et il regarda sa montre. "Ponctuel à la seconde. Mais j'ai l'impression de t'attendre depuis un siècle. Je peux t'offrir à boire ?"
Jaume sentit la main de Kiril se poser légèrement sur son bras et il en frémit de plaisir.
"Une orange pressée, merci."
Kiril fit oui et ils s'installèrent à une table libre.
"Assieds-toi, je reviens tout de suite."
Jaume le regarda aller vers le bar. Il se demanda comment il se pouvait que ce garçon le trouble tant. Lui qui avait toujours été si maître de lui, plutôt détaché et réaliste. Kiril était très beau, d'accord. Mais ce n'était qu'un garçon, un tapin comme lui. Il est plus que séduisant, certes, mais il ne le connaissait même pas encore. Peut-être n'était-il qu'un de ces nombreux garçons imbus d'eux-mêmes, présomptueux, odieux...
Kiril revint, le verre de Jaume dans une main et le sien dans l'autre, et il lui sourit. Et ce sourire tua sur place la faible maîtrise de soi que Jaume était arrivé à retrouver. Ses oreilles sifflaient, ses jambes tremblaient un peu. Kiril lui tendit son verre et s'assit à côté de lui.
Ils touchèrent leurs verres dans un toast silencieux et Kiril, de sa voix douce au ton velouté et chaud comme une étreinte, dit : "Je suis content de t'avoir rencontré. Pablito et les autres m'ont beaucoup parlé de toi. Ils disent que tu es le roi de Sitges, le meilleur. A première vue je dirais qu'ils se trompent : tu es au moins un dieu !"
"Non, arrête ! Je suis un tapin comme les autres." Murmura Jaume en essayant que sa voix ne tremble pas.
"Ils disent que tu es le meilleur sans contexte. Ils ont tous l'air de t'admirer et j'aimerais découvrir pourquoi. A part ta beauté, je veux dire. Tu es le plus bel homme que j'aie jamais vu, vraiment. Tu as quel âge ?"
"Vingt-quatre ans. Et toi bientôt dix-huit, c'est ça ?"
"Oui. Mais je veux tout savoir sur toi, je veux te connaître bien, si ça ne t'embête pas. Tu sais que tu es vraiment fascinant. Et, habillé comme ça, tu es encore plus sexy que cet après-midi."
Ils discutèrent. Jaume lui parla de lui, lui raconta son histoire, ses expériences, bonnes et mauvaises, sa vie de tapin, de ce qui lui semblait important. Il s'ouvrit comme il ne l'avait jamais fait avec personne, il mit son âme à nu, comme une offrande à un dieu inconnu.
Kiril aussi parla de lui. Il raconta ses expériences, sa vie. Il raconta comment il avait découvert sa sexualité à treize ans, quand le capitaine de son équipe de basket au collège lui avait appris à faire l'amour et combien ça lui avait plu. Puis quand, à quinze ans, pour la première fois il était tombé amoureux d'un copain de classe d'origine polonaise et avec qui pendant une année il avait eu une magnifique relation amoureuse. De ce qu'il avait été mal quand sa famille avait déménagé et qu'ils avaient dû se quitter. De sa recherche d'un nouveau partenaire et de sa découverte du Boston gay. De comment à seize ans il avait été violé par un groupe de blousons noirs, pendant toute une nuit, au parc. De ses début de tapin. De sa famille, catholique traditionaliste, qui avait dû soupçonner quelque chose sur sa sexualité et qui s'était mise à le surveiller de près, à le garder à l'œil.
Il raconta comment son oncle, le plus jeune frère de sa mère, lui avait proposé de faire l'amour avec lui en échange d'une couverture devant ses parents : chaque fois que Kiril allait coucher avec son oncle et le laissait le prendre, après il lui laissait deux ou trois heures libres pour aller chercher ses aventures, et il disait à se parents qu'ils étaient restés ensemble chez lui tout le temps. Kiril avait accepté, ce qui lui avait permis d'avoir quelques agréables aventures, mais surtout il avait pu continuer à tapiner pour mettre assez d'argent de côté pour fuir en Europe. Et à présent il était là...
Ils parlèrent longtemps. Puis Kiril invita Jaume sur la piste pour danser. Jaume n'arrivait pas à détacher les yeux du corps de Kiril qui dansait avec une grâce fascinante et sensuelle : il se sentait de plus en plus attiré par lui. De temps en temps leurs regards se rencontraient et Kiril s'ouvrait dans un de ses sourires assassins et Jaume sentait ses jambes céder d'émotion. Après qu'ils aient dansé un moment, Kiril fit un geste vers leur table et ils retournèrent s'asseoir.
A peine assis, il lui murmura : "Quel dommage qu'ils n'aient pas mis de slow..."
"Pourquoi ?"
"J'aurais voulu te serrer contre moi, sentir ton corps contre le mien... ça m'aurait beaucoup plu."
"A moi aussi..."
Jaume aurait voulu lui proposer de sortir, d'aller chez lui, de faire l'amour, mais étrangement il n'y arrivait pas. Kiril se pencha sur lui et lui posa un rapide baiser sur les lèvres. Puis il lui posa une main sur la cuisse et la caressa doucement. Jaume était tout frisson.
Kiril le sentit : "Tu trembles ? Ce n'est pas de froid, ici..."
"Tu... c'est toi qui me fais trembler... tu es trop beau."
"Pas autant que toi. Tu sais que tu me plais... à en crever."
"Vraiment ?"
"Oui. Emmène-moi hors d'ici. Emmène moi n'importe où, mais où on puisse être seuls toi et moi."
Jaume eut un frisson de plaisir par anticipation : "Tu viendrais... chez moi ?"
"Où tu veux..." répondit-il.
Ils se levèrent et partirent. Ils marchaient en silence, côte à côte. Leurs corps s'effleuraient à peine, de temps en temps. Jaume se sentait comme en transe. Ils ne parlèrent pas, sur le chemin, réunis dans une espèce de silence complice. Mais dans leurs têtes s'entassaient mille pensées, mille émotions. De temps en temps ils se regardaient et se souriaient. Ils savaient tous les deux ce qui arriveraient bientôt et ils en étaient heureux et excités.
Ils montèrent l'escalier. Jaume ouvrit la porte et s'effaça pour faire entrer Kiril, il alluma, entra et ferma derrière lui.
Kiril, maintenant de face et souriant, lui posa les mains sur les côtés et lui demanda dans un murmure fébrile : "Je peux t'embrasser, Jaume ?"
Ils se prirent des les bras et ils échangèrent un long baiser passionné. Leurs corps se collèrent et se serrèrent l'un à l'autre et ils sentirent vite chacun l'érection de l'autre presser à travers les habits, chercher le contact du corps de l'autre.
Jaume se détacha un peu, prit une main de Kiril et lui murmura : "Viens..."
Il le guida jusqu'à la porte de sa chambre, à côté du lit. Là il le fit se tourner et il commença à ouvrir sa veste. Kiril se mit à ouvrir celle de Jaume. Les deux vestes glissèrent à terre. Alors Jaume enleva le papillon de Kiril et lui la cravate de Jaume. Puis ils s'attaquèrent chacun à la chemise de l'autre. Ils ne parlaient pas, mais leurs yeux étaient lumineux. A peine les chemises ouvertes, leurs mains se glissèrent dessous pour caresser la poitrine et les côtés nus de l'autre. Jaume tira le bas de la chemise de Kiril, pour la faire sortir du pantalon, et se pencha pour embrasser sa belle et large poitrine glabre. Il prit un téton entre les lèvres, l'agaça, le suça, le mordilla. Kiril lâcha un soupir de plaisir et fourra ses doigts dans les cheveux de Jaume, les caressa et lui pressa la tête contre sa propre poitrine. Leurs mains descendirent ouvrir les ceintures, déboutonner le pantalon de l'autre.
Les mains de Kiril furent les premières à se poser sur le slip gonflé de l'autre, à souligner du bout des doigts le sexe dressé et les testicules contractées, à travers le tissus léger. Leurs slips glissèrent aux genoux. Jaume caressa les fesses petites et fermes de Kiril puis les serra chacune dans une main. Leurs bouches se trouvèrent encore. Kiril s'affaira des pieds à enlever ses chaussures, puis il sortit de son pantalon, toujours sans se détacher de Jaume. Ce dernier lui glissa les doigts sous l'élastique du slip qu'il tira vers le bas, et il se baissa pour l'accompagner, et ses lèvres et sa langue glissaient toujours plus bas sur la poitrine, puis sur le ventre tendu, et enfin le sexe dressé et palpitant de Kiril lui toucha la gorge et le menton.
Mais Kiril, à ce moment, le força gentiment à se relever, s'accroupit devant lui et d'un geste rapide il baissa pantalon et caleçon aux chevilles, libérant ainsi le sexe dur et fort de Jaume qui se dressa et pointa vers le visage de Kiril. Lequel alors lui caressa d'une main les testicules contractées et de l'autre son beau membre, et il y posa les lèvres. Il les referma et le goûta de la pointe de la langue, puis, sa bouche desserrée, il l'accueillit avec une douceur goulue, gémissant doucement du vrai bonheur d'enfin goûter la chaude virilité de l'autre. Jaume sursauta de plaisir et il sentit ses jambes céder dès que le garçon commença à bouger la tête d'avant en arrière, en suçant et bougeant la langue avec art le long du sexe qui apparaissait puis disparaissait du chaud réceptacle de sa bouche. Il prit Kiril par les aisselles et le tira vers le haut, puis il le poussa avec douceur mais détermination sur le lit.
Il se libéra en hâte de ses chaussures et de son pantalon et son caleçons roulés à ses chevilles, puis il regarda le corps nu de Kiril et il lui dit : "Viens..."
Il lui retira sa chemise et enleva la sienne. Ils étaient enfin complètement nus tous les deux. Ils se regardaient l'un l'autre avec admiration réciproque, frémissant de l'attente du premier geste.
"Tu es... tu es divin, Kiril !" murmura Jaume, la voix rauque d'émotion.
Kiril secoua doucement la tête et ses boucles ondoyaient. Puis il murmura : "Je veux être tien... tu me veux ? Tu me prends ?"
Jaume déglutit deux ou trois fois puis, ému, il fit oui de la tête. Il monta sur le lit, s'étendit sur le garçon et ils se serrèrent très fort, leurs impétueuses érections comprimées entre leurs ventres fermes et lisses. Jaume sentait sous ses mains la peau du garçon, douce comme du satin, lisse et veloutée, et il sentait en dessous les muscles glisser, fermes et élastiques comme de l'acier trempé. Il se redressa à genoux pour contempler le corps de son compagnon : il était bien proportionné et fin, les muscles bien dessinés et lisses, avec vraiment la perfection d'une statue grecque. Du buisson de poils frisés, d'un blond à peine plus foncé que ses cheveux, s'élevait une colonne d'albâtre, vraiment magnifique, dressée, palpitante et attirante.
"Que tu es beau, Kiril !"
"Vraiment, je te plais ?"
"Tu es stupéfiant, parfait. Je n'aurais jamais rêvé à rien de si enchanteur, de si érotique, de si excitant. Et tu es là, avec moi... et tu es réel !"
Kiril sourit, avec un je ne sais quoi de timide ; joyeux et doux et ses yeux brillaient, perdus dans les yeux de Jaume, dans une muette mais éloquente offrande de lui.
Le corps légèrement mais parfaitement bronzé de Jaume faisait un beau contraste avec la pâleur de celui de Kiril, comme ses cheveux châtain foncé, et ondulant à peine, avec le riche vieil or du garçon. Jaume se détacha de Kiril et s'agenouilla à côté de lui et se mit à le caresser sur tout le corps, en l'admirant comme en extase. Puis il se pencha pour l'embrasser avec une dévotion frémissante, jusqu'à capturer entre ses lèvres son beau sexe palpitant. Kiril se tourna de manière à amener ses propres lèvres devant le solide et beau sexe de l'autre et il commença à son tour à le sucer. Alors Jaume se coucha sur le côté et profita pleinement de ce soixante-neuf passionné, le ventre de l'un contre la poitrine de l'autre, leurs mains caressant le dos et les fesses de l'autre dans un crescendo de merveilleuses sensations.
Puis Kiril se détacha, se tourna de nouveau pour l'embrasser sur la bouche.
"Oh, Kiril ! Ce que tu me plais !"
"Et toi tu me rends fou ! Tu es un cyclone, tu m'as littéralement dévasté. Il ne me semble pas possible que tu ne sois pas un rêve..."
"Non, nous ne sommes pas des rêves, toi et moi. Touche-moi, je suis réel comme toi... par chance. Je voudrais que cet instant ne termine jamais."
"Moi aussi. Ne jouis pas trop vite, je t'en prie..."
"Bien sûr, jeune beauté."
Ils continuèrent à s'embrasser, se caresser, se sucer l'un l'autre et à s'exciter presque jusqu'au point de non retour, avec de plus en plus de passion, puis ils ralentissaient un peu, pour se calmer et reprendre la maîtrise d'eux avant de recommencer. C'était un très doux supplice de Tantale qu'ils savouraient tous deux pleinement et avec bonheur. Chacun était attentif au plaisir de l'autre, chacun cherchait à donner à l'autre le meilleur de soi, comme dans une merveilleuse joute.
Quand enfin Jaume pénétra Kiril, il se sentit comme un roi qui prend possession de son royaume : c'était bien là chez lui, le lieu auquel il appartenait. Le visage de Kiril était en extase pendant qu'il l'accueillait, et il semblait en transe quand il le sentit glisser en lui d'avant en arrière, dans une danse passionnée.
"Ooohhh... enfin !" murmura Kiril ému en se pressant avec passion contre le sexe qui l'avait enfin conquis.
Jaume lui sourit, heureux et reconnaissant : il ne s'était jamais senti aussi totalement accueilli, et il sentit qu'il avait lui-même été créé dans le but de donner du bonheur à ce splendide garçon.
"Oui, Jaume... oui... comme ça... ne t'arrêtes pas, cette fois... ooohhh, Jaume, comme ça, comme ça... Oooohhh Jaaaumeee !"
Quand enfin ils atteignirent ensemble le pic du plaisir et de la jouissance, incapables de se retenir plus longtemps, à l'unisson, ce fut comme si le temps et l'espace n'existaient plus et ils déchargèrent dans une série de vagues en se laissant emporter par la crue de leurs sensations. Alors ils s'abandonnèrent sur les draps froissés, épuisés, apaisés, encore étroitement serrés dans une étreinte forte et passionnée qui se transforma tout doucement en un océan de tendresse. Au début, aucun ne parla. Ils échangèrent de petits baisers, de longues et douces caresses pendant que leurs cœurs revenaient lentement au rythme normal.
Jaume regarda Kiril dans les yeux et lui chuchota : "Tu es fantastique..."
"C'est toi, c'est toi qui l'es. Jusque là je n'avais jamais... fait l'amour.'
"On est les meilleurs du monde."
"Je le crois bien... sans fausse modestie."
"Tu es un poulain sauvage."
"Et toi un étalon de race. Bordel, plus je te regarde et plus tu me plais !"
"Toi aussi, toi aussi..."
Jaume sentait son cœur déborder de bonheur, d'espoir et... d'amour !
Il se secoua : l'amour, non ! Ces vestes me suffisent, se dit-il. Il ne voulait pas être blessé de nouveau. Ce garçon était une bête de sexe, il était magnifique. Point, à la ligne.
Il était vraiment magnifique. C'était bon de faire l'amour avec lui. Mais tout devait en rester seulement sur le plan du sexe. Peut-être aussi de l'amitié, pourquoi pas, comme avec Pablito, Michel, Juan ou Alvino. Mais il ne fallait pas qu'il retombe dans l'illusion que l'amour puisse exister.
Comme pour appuyer ses pensées, il dit à voix haute : "C'est bon de baiser ensemble, n'est-ce pas, Kiril ?"
"Plus que bon." Suggéra-t-il en le regardant l'air un peu surpris par son ton soudain sec.
"Tu es bon, au lit. Tu feras de l'or, ici, à Sitges, comme tapin." Ajouta Jaume comme pour remettre les choses à leur place, en accentuant nettement le dernier mot.
"Soit. Mais je ne te ferai pas concurrence, sois tranquille."
"Heureusement, sans quoi je serais ruiné."
"Non, jamais. Tu es spécial. Les garçons avaient raison."
"Oh, bordel de dieu ! Il est déjà quatre heures. Je n'avais jamais fait ça aussi tard, avant."
"Ne blasphèmes pas !" le reprit-il avec douceur, puis il murmura : "Alors il vaut mieux que je m'en aille..."
Kiril se leva, ramassa ses habits et commença à s'habiller. Jaume eut envie de lui demander de rester, de dormir avec lui cette nuit, mais il ne dit rien.
"On se revoit ? Bientôt ?" demanda Kiril en boutonnant son pantalon, et en le regardant avec un sourire timide.
"Je ne sais pas. Peut-être. Je te laisse mon téléphone. Fais-moi signe. Vous n'avez pas le téléphone, n'est-ce pas ?"
"Non, malheureusement. Je t'appelle, un de ces jours."
"D'accord. C'est bon de baiser avec toi. Je compte sur toi."
"Inutile de me raccompagner. Bonne nuit, Jaume."
Kiril se pencha lui donner un baiser, lui fit un clin d'œil et il sortit de la chambre. Peu après Jaume entendit la porte d'entrée claquer. Il éteignit. Il se détendit, et se recouvrit des draps. Il y sentait encore la bonne odeur de Kiril.
"Tu es trop beau, Kiril, trop sexy... trop doux, trop tendre... je dois faire attention, tu peux devenir dangereux." Murmura-t-il à mi-voix cherchant dans le noir à trouver une position confortable pour s'endormir.
"Ça aurait été bon de m'endormir en t'ayant dans les bras... Oui, j'aurais vraiment aimé..."