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histoire originale par Andrej Koymasky


pin JAUME DE SITGES CHAPITRE 15

Mikel était parti depuis deux jours et Kiril ne lui avait toujours pas fait signe. Jaume décida d'aller le chercher chez lui pendant sa pause de l'après-midi. Il devait lui parler, il devait lui parler d'eux deux, de ce qu'ils ressentaient, de ce qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Il fallait lui proposer sérieusement de se mettre ensemble, d'essayer.

Il vérifiait que la salle était en ordre, prête à recevoir les premiers clients, que les deux tables réservées avaient leur carton, quand quelqu'un entra. Il se tourna avec son habituel sourire de bienvenue quand il vit que c'était Jorge. C'était la première fois qu'un de se "collègues" mettait les pieds au restaurant : ils savaient qu'il ne voulait pas. Jaume vint à sa rencontre, un peu tendu.

"Excuse-moi, Jaume, mais il faut que je te parle."

"Maintenant ? Qu'y a-t-il ?"

"Kiril. Il a été passé à tabac."

"Passé à tabac ? Qui ? Quand ? Où est-il ?"

"A la maison, avec Pablito et Carlos. Et bien amoché. Il semble que ce soit un client qui l'a tabassé, hier soir. On l'a retrouvé au lit et on ne s'est aperçu de rien. Mais après, ce matin au réveil, Pablito l'a vu et il nous a appelé et..."

"Vous avez appelé un médecin ?"

"Non, pas encore. Carlos demande si tu peux venir."

"Bordel mais j'en sais rien ! Attends dehors, je vais demander au propriétaire si je peux sortir maintenant..."

Peu après il sortait à son tour.

"Allons-y, vite. Il me donne ma matinée. Mais comment est-ce arrivé ?"

"Je ne sais pas. Kiril ne veut rien dire. Il dit que ce n'est rien. Mais il est salement amoché. Peut-être rien de grave, mais il fait peur à voir. Ils lui ont bien cassé la gueule..."

Ils coururent presque, montèrent à l'appartement des garçons. Jaume se précipita vers le lit de Kiril. Lequel, quand il le vit, ébaucha un sourire et fit une grimace de douleur. Il avait un œil violacé et gonflé, le nez tuméfié, une entaille à la lèvre inférieure qui ne saignait plus mais paraissait gonflée. C'était un masque de douleur.

"Kiril, qu'est-ce qui t'est arrivé ?"

"Rien... une discussion un peu trop vive avec un client, cette nuit. Pourquoi t'ont-ils appelé ? Ce n'était pas la peine, je regrette."

Jaume se tourna vers Carlos : "Va vite chercher un médecin : le docteur Gutierrez, passeig de Vilafranca, au 23, je crois. Vite."

"Ce n'est pas la peine..." protesta faiblement Kiril.

"Toi, tais-toi, je sais ce qui est nécessaire. Maintenant je veux savoir qui c'était, comment c'est arrivé."

"Non, je ne sais même pas son nom, ce n'est rien. Mieux vaut laisser tomber..."

"Ça, pas question. Ça fait deux ans qu'on n'avait pas eu de tabassage. Et ça ne doit plus arriver. On doit savoir qui c'est et le lui faire payer. Un type comme ça c'est un danger pour nous tous, il faut qu'il sache qu'on ne fait pas le con, ici, à Sitges, et qu'on sait se défendre."

"Mais non, il n'est peut-être même plus à Sitges... Il était peut-être juste un peu ivre, et..."

Jaume insista encore, mais il n'arracha pas un mot à Kiril. Entre temps Carlos était revenu avec le médecin. Lequel vit Kiril et lui prescrivit quelques pommades et médicaments, et dit que par chance il n'avait rien de cassé et que d'ici deux à trois semaines il serait remis, sans aucune trace de cette sale aventure.

Après le départ du médecin, Jaume rejoignit les trois garçons à la cuisine.

"Kiril n'a pas voulu me dire qui c'était. Mais il faut qu'on le trouve. Passez le mot à tous nos amis. Si je ne me trompe pas il a trouvé ce type au Spray. Peut-être qu'il y traîne encore. Dites que celui qui le trouve ne lui laisse rien deviner, qu'il lui fixe rendez-vous et prévienne le plus de monde possible. D'accord ?"

"Oui, bien sûr. Mais... on ne sait rien du type : est-ce un étranger ou pas, il est grand, petit, vieux, jeune... Ce sera difficile de le trouver." Objecta Jorge.

"Non, il suffira de faire parler les clients, de leurs demander s'ils sont allés avec d'autres tapins, comment ils l'ont trouvé... Peut-être suggérer que parmi les tapins, certains mériteraient une bonne raclée..." suggéra Pablito.

Carlos répondit : "Peut-être pas de façon si explicite, mais je crois que ça peut marcher. Alors d'accord. On passe le mot à tous les copains. Vous allez voir qu'on lui filera une belle leçon."

"Mais on fait quoi, si on le trouve ?"

"On le tabasse comme il a fait à Kiril et en plus on lui met ses habits en lambeaux et on le laisse nu dans la rue."

"Mais il peut nous dénoncer, après !" objecta Jorge.

Carlos répondit : "Mais non, idiot, on ne va pas le laisser voir nos visages. On lui saute dessus et on commence par lui mettre un sac sur la tête."

"Mais celui qui le drague et l'emmène à l'endroit convenu, lui il peut être dénoncé." Objecta encore Jorge.

Alors Jaume intervint : "Non, il ne l'y conduira pas, il lui donne rendez-vous. Et quand il arrive il lui porte secours. Et nous, bien sûr, pas de noms entre nous. Il n'aura aucun indice pour nous retrouver."

Les choses ainsi organisées, Jaume retourna auprès de Kiril.

"Vous parliez de quoi, là ? Qu'est-ce que vous préparez ?" demanda-t-il, un peu inquiet.

"Rien, poulain. Maintenant reste tranquille et essaie de te remettre vite. Je te veux en forme. Toi et moi on doit parler, vite, de choses importantes."

"Importantes ? Il s'agit de quoi ?"

"Pas maintenant. Maintenant je suis là pour te tenir compagnie."

"Mais tu ne devrais pas être au travail, toi, à cette heure ?"

"Je suis libre jusqu'à la fin de l'après-midi, ne t'en fais pas. Tu as très mal ?"

"Assez. C'était un culturiste, le mec et... - il s'interrompit, puis il ajouta - non, peut-être pas un culturiste. Il était juste ivre, et..."

"Je ne comprend pas pourquoi tu le protèges."

"Mais non, je ne le protège pas. Enfin, peu importe."

"Mais il t'a tabassé. Il a levé la main sur toi, ce porc."

"Bah, les clients paient bien pour mettre la main sur nous, non ?" plaisanta Kiril.

"Oui, mais pas comme ça. Comment peux-tu n'avoir pas vu que le type était dangereux ?"

"Non, au contraire, il m'avait l'air bien. Changeons de sujet, tu veux. Qu'avais-tu à me dire d'important ?"

"Quand on sera seuls..." lui murmura Jaume.

Alors Kiril dit : "Pablito, tu veux bien nous laisser un moment ?"

"Bien sûr, Kiril, pas de problème. Tant que Jaume est avec toi. Je vais faire quelques courses pour le déjeuner et je vais chercher tes médicaments. Je reviens tout de suite."

"Alors ?" demanda Kiril en le regardant de son seul œil ouvert.

"Je... je suis amoureux de toi. Je voudrais qu'on essaie, toi et moi, de vivre ensemble. Ça te dirait de t'installer chez moi, dès que tu seras en état ?"

"Chez toi ? Il faut que j'y pense..."

"Pourquoi ?"

"Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Deux tapins amoureux... Tu ne crois pas qu'on aurait tort ? Tant qu'il s'agit de baiser, tous les deux, je ne demande pas mieux, mais..."

"Bordel de dieu ! Mais moi je t'aime. Et toi aussi tu m'aimes."

"Et ne blasphèmes pas !"

"Pardon. Mais ce que je dis est vrai, n'est-ce pas ?"

"Je crains que oui, mais il faut que ça nous passe."

"Pourquoi ?"

"Je ne sais pas si je pourrais renoncer aux clients..."

"Moi au moins, j'essaierai. Et je crois que je pourrai."

"Oui, toi peut-être. Mais tu as un autre travail, qui te plait."

"Tu ne pourrais pas en chercher un aussi, ça ne te dit pas ?"

"Mais si je préférais continuer à tapiner ?"

"Patience. Tu pourrais toujours le faire."

"Et tu me voudrais quand même avec toi ?"

"Bien sûr. Je t'accepterai comme tu es. Je ne te demande rien."

"Mais tu serais mal..."

"Et toi ? Tu ne serais pas mal si c'était moi qui continuais ?"

"Je crois... que si. Mais je l'accepterais aussi. Moi non plus je ne te demande rien."

"Il n'y a qu'une chose que je te demanderais, moi..."

"Quoi ?"

"Qu'on soit toujours sincères entre nous. De toujours tout se dire. Sinon on commencera à avoir de vrais problèmes. Chacun commencerait à se demander ce qu'il ne sait pas, ce que l'autre fait ou pense, ce qu'il lui cache. Ce serait le pire, tu vois ?"

"Oui, je suis d'accord. Mais tu te rends compte de ce que tu me proposes ?"

"Oui, de t'offrir toute ma vie."

"Et ça ne te fait pas peur ?"

"Si, et sacrément. Mais je crois que ça vaut la peine, avec toi. Je ne voudrais pas te perdre rien que parce que j'ai trop peur, Kiril. Je t'aime et alors... je ne peux que t'offrir mon amour. Et si tu voulais m'offrir le tien, ça ne pourrait être que parfait."

"Jaume... mais si je te décevais ?"

"Et comment ? Je ne me fais pas d'illusions, moi. J'ai décidé de ne pas m'en faire. Tu me plais comme je te connais, et je voudrais te connaître de mieux en mieux, et..."

"Jaume, je ne voudrais pas te faire souffrir, un jour."

"Bien. Pour l'instant tu ne m'as pas fait souffrir, au contraire. Tu veux essayer, avec moi ?"

"Oui... je crois vraiment que oui. C'est vrai que j'ai une sale gueule, là ?"

"Oui, je dois l'avouer. Mais tu redeviendras plus beau qu'avant. Et de toute façon, tu me plais pareil."

"Je ne peux même pas t'embrasser, pour l'instant."

"On se rattrapera."

"Ne disons rien aux autres, pour l'instant."

"Pourquoi ?"

"Avant je veux être plus sûr de moi, de toi... de nous. Commençons par essayer un peu d'être ensemble."

"Les autres comprendront, de toute façon."

"Peut-être bien. Quand m'emmènes-tu chez toi ?"

"Quand tu veux. Dès que tu peux te lever."

"Cette nuit ? Tu passes me prendre en sortant du travail ?"

"D'accord. Mais pourquoi la nuit ?"

"Au moins, personne ne me verra me promener avec cette tête... Je dormirai où ? Dans la chambre aux miroirs ?"

"Comment ? Mais avec moi, dans ma chambre, non ?"

"Bien sûr, je plaisantais. Même si ces prochains jours on ne pourra pas faire l'amour, j'en ai peur. Comment on va faire ? Etre proche sans rien faire ? Moi même maintenant j'ai envie..."

"Moi aussi. Mais on tiendra. Un peu d'abstinence nous fera du bien... Ce sera encore mieux quand on pourra enfin le refaire, tu ne crois pas ?"

"On va dire comme ça. Même si ça me rappelle beaucoup le Renard et les Raisins. Tu sais que tu es beau, Jaume ?"

"Oui, tu me l'as déjà dit..."

"Non, tu es plus beau que je ne te l'ai dit. Tu as des yeux splendides. Tu sais pourquoi ? Parce que j'y lis ton amour pour moi..."

"Alors tu as un œil magnifique, maintenant." Répondit Jaume en riant.

"Sale con ! Tu crois que c'est un compliment à faire à celui que tu dis aimer ?"

"Guéris vite. J'ai envie de t'embrasser."

"Seulement ?"

"Non. Juste pour commencer. Puis tu sais ce que c'est, une chose en entraîne une autre et... j'ai envie de toi, Kiril, j'ai si envie de te faire l'amour."

"On pourrait essayer. Tant que tu ne me touches pas la tête, le reste du corps ne me fait pas si mal..."

"Non, je préfère attendre."

"Dommage. Regarde comme il se dressait déjà, celui-là. Il s'y voyait déjà, le pauvre petit."

Jaume regarda le drap soulevé entre les jambes de Kiril et il sourit. Puis il se pencha et, à travers le tissus, il l'embrassa délicatement. Kiril soupira et lui caressa les cheveux.

"Non, ça c'est pire. Si on doit attendre, il vaut mieux que tu restes loin. A distance de sécurité."

Pablito revint et il prépara le déjeuner pendant que Jaume donnait ses médicaments à Kiril et lui étalait de la pommade sur les zones tuméfiées. Puis Kiril voulut essayer de se lever pour manger avec ses amis, même si en fait il se contenta de boire des jus de fruits à la paille et de quelques cuillères de crème à la vanille.

Jaume alla travailler puis, le soir, il vint chercher Kiril et l'emmena chez lui avec tous ses affaires. Kiril avait dit à ses trois amis qu'il s'installait chez Jaume. Ces derniers se doutèrent vite qu'il devait se passer quelque chose de tendre entre ces deux là, mais ils ne firent aucun commentaire.

Kiril était chez Jaume depuis déjà deux jours. Ils avaient réussi à ne pas faire l'amour, même si tous les deux, surtout quand ils étaient ensemble au lit, étaient excités et pleins de désir.

Les garçons n'étaient pas encore arrivés à retrouver le type qui avait tabassé Kiril. Peut-être avait-il vraiment quitté Sitges. Mais personne ne baissait la garde. Certes en partie pour venger l'un des leurs, mais aussi pour la bonne raison de faire en sorte que personne ne se hasarde plus à frapper impunément l'un d'entre eux.

Il arriva une lettre de Mario, ce qui fit très plaisir à Jaume. Il ne disait rien de spécial, juste un salut et ses vœux pour trouver la bonne personne. Jaume lui répondit par une carte postale, il le remercia et lui dit que justement, il l'avait peut-être bien trouvée, sa bonne personne...

Au soir du troisième jour, vers minuit, le téléphone sonna. C'était Benito qui appelait de l'Antlantida. Il avait accroché un client, un culturiste de Lerida, qui lui avait dit avoir "habillé pour les fêtes" un blond qui "jouait au con" un tapin étranger, trois jours avant. Jaume n'eut aucun doute. Ça avait échappé à Kiril que c'était un culturiste. Il lui demanda de trouver un prétexte pour lui donner rendez-vous pour le lendemain soir, au stade d'Aiguadolç.

"Mais le mec veut baiser maintenant, ce soir."

"D'accord, vas-y. Fais-le jouir du mieux que tu peux, demande lui peu et obtiens un autre rendez-vous. Il t'emmène baiser où ? A son hôtel ?"

"Non, il est venu en voiture. Il veut m'emmener vers Garraf et le faire dans sa caisse."

"Alors emmène-le à Aiguadolç, dès ce soir. Tu sais, les fourrés derrière le stade. Là vous serez au calme pour baiser. Mais tâche de le convaincre de revenir demain soir, donne-lui un rendez-vous ferme, c'est clair ? Il ne doit pas s'échapper. De toute façon, par sécurité, note aussi la plaque de la voiture, sans te faire voir."

"Je ferai de mon mieux, Jaume."

"Ne le laisse rien deviner, surtout. Essaie d'en savoir plus : qui il est, ce qu'il fait, s'il vient souvent, etc... Et d'être sûr que c'est lui qui a tabassé Kiril, mais sans dire que tu le connais. Tends-lui des perches..."

"D'accord, laisse-moi faire. Ce ne sera pas difficile, c'est un bavard."

"Rappelle-moi après, quand il sera parti. Quelle que soit l'heure. Et tu me diras si ça a marché pour le rendez-vous."

"D'accord. Je raccroche, maintenant. Il m'attend. Je lui ai dit que j'allais aux toilettes..."

Jaume raccrocha, satisfait. Il était sûr que c'était leur type. Il retourna à la cuisine.

"C'était qui ?" demanda Kiril.

"Benito. Il voulait un conseil."

"Benito ? Un chic type. Il a des problèmes ?"

"Rien de grave. On va au lit ?"

"Oui, étalon. Mais quand est-ce qu'on pourra faire quelque chose ?"

"Bientôt, poulain, j'espère. Mais je ne veux pas encore risquer de te faire mal."

"Moi je prendrais le risque..."

"Non. J'aurais trop peur de te faire mal, je n'arriverais même pas à faire le choses comme il faut. Encore un peu de patience, hein ?"

"Mouais... comme tu veux. Tu n'es pas allé tapiner, ce soir..."

"Non, je n'avais pas envie. Et puis, avec toi ici... ça ne me semble pas une bonne idée."

"Vous vous enfermez dans la chambre aux miroirs..."

"Demain j'irai peut-être. Content ?"

"C'est d'accord. Il faut que tu te sentes libre, tu le sais."

"Je me sens libre, oui, sois tranquille. Demain soir je vais faire des ravages que ce sera un plaisir. Je n'y résiste pas, tu sais."

"Je te crois, être si proches et ne rien pouvoir faire. Je te comprends, Jaume."

Jaume lui sourit. Mais en lui il souriait pour une autre raison : il goûtait déjà sa vengeance annoncée. Oui, il ferait "des ravages". Il le massacrerait bien, ce malheureux. Culturiste ou pas, tous ensemble, ils l'immobiliseraient sans difficulté, et après...

Kiril dormait déjà. Jaume sentait sa respiration légère à côté de lui. Il veillait, la main sur le téléphone dont il avait réglé la sonnerie au minimum.

Vers une heure trente il sonna. Il fit à peine clic et il décrocha.

"Allô ?"chuchota-t-il presque.

"Jaume, c'est toi ?"

"Oui, vas-y."

"C'est Benito. Demain soir, à 11:45, au kiosque du stade. Il a une SEAT blanche, avec une bande jaune et rouge sur le toit, tout du long. Vous ne pouvez pas vous tromper."

"Et tu es sûr que c'est lui ?"

"A 99 pour cent. Il s'appelle Domingo."

"Merci. Tu viens à minuit, comme ça tu lui fileras un coup de main... Au moins tu seras hors du coup."

"Oui, les garçons me l'ont dit. Mais je regrette de ne pas être de la fête. Frappez-le aussi de ma part, ce porc ! Il est plein de merde, il se croit un dieu sur terre, celui-là. Tu sais, le culturiste type, imbu de lui. Et puis, le genre qui se vante d'être un vrai mec, rien qu'actif : après l'avoir battu, baisez-le, cassez-lui le cul, je vous le recommande."

"On verra. Toi, d'ici là, avertis tous ceux que tu peux, ce soir et demain : réunion au kiosque à 11:15 demain soir."

"OK, je passerai le mot, tu verras, ils seront presque tous là."

Ils se dirent au revoir et Jaume raccrocha sans faire de bruit.

Kiril dormait encore, ignorant tout, serein.


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