- Lundi 07/09/1990
- Saint Gratus
De son nom de famille, Orlando s'appelle Valle. Aujourd'hui, il est venu chez moi, et la plante qu'il m'a donnée était toute en fleur. Je le lui ai fait remarquer, cinq fleurs, d'un clair violet rouge, si beau. Maintenant, il est juste minuit passé et il vient de partir. Il a appelé vers 7 heures 30 pour me dire qu'il serait en retard. Il est arrivé à 8 heures 18 et s'est excusé de son retard. Il m'a donné les pochettes en plastique et je lui ai offert ma petite statue et il était content. Nous avons dîné. Comme il était gentil ! Mais je n'ai pas osé lui faire des avances. A 9 heures, j'ai dû passer un long coup de téléphone et je lui ai demandé s'il pouvait attendre pendant la communication. "Bien sûr !" a-t-il dit avec un grand sourire. "Après, je t'apprendrais un jeu," lui ai-je dit. "D'accord."
J'ai passé mon coup de téléphone. Assis sur le canapé, il m'a écouté en fumant une cigarette. Et puis il s'est endormi. Après avoir raccroché, je me suis penché sur lui et j'ai murmuré son nom. Il était profondément endormi. Alors je me suis assis à côté de lui et j'ai commencé à caresser sa jambe en continuant à l'appeler, mais il ne s'est encore rien passé. Je lui ai caressé la cuisse, j'aurais voulu poursuivre sur le renflement de son jeans, mais je n'ai pas osé. J'ai caressé son bras nu en continuant à l'appeler à voix basse, mais il n'y avait toujours pas de réponse. Il était si beau, si désirable, j'aurais voulu l'embrasser, mais j'ai juste caressé sa joue en continuant à l'appeler doucement. Et puis il a ouvert des yeux ensommeillés, m'a regardé, s'est tourné vers moi et m'a embrassé sur la bouche. Je l'ai embrassé en silence. Il me serrait contre lui et son baiser était plein d'une vraie passion. Puis, doucement, en se caressant, en s'embrassant, on s'est étendu sur le divan, enlacés. Puis j'ai commencé à le déshabiller. Orlando m'a laissé faire, soupirant de plaisir, m'embrassant et me touchant partout. Rapidement, nous avons été complètement nus, étroitement enlacés et Orlando réagissait à mes frissons, à mes gémissements et me renvoyait mes baisers, mes caresses, me léchait et me suçait avec une réelle passion. Son corps jeune, svelte, me plaisait beaucoup, mais plus encore son expression, son évident désir de se donner à moi, que je le prenne.
Je ne l'ai pas pris tout de suite, mais j'ai prolongé ces moments de plaisir croissants en lui faisant l’amour. Nous nous sommes embrassés intimement, sucés longuement, mutuellement excités jusqu'à ne plus pouvoir résister plus longtemps. Alors j'ai attrapé du gel et des préservatifs. Il s'est offert à moi en me mettant ses jambes sur les épaules. Après l'avoir préparé, je l'ai pénétré par devant. Je ne sais lequel de nous était le plus en extase, moi à glisser en lui ou lui à me sentir en lui.
Il me serrait fort, gémissant bruyamment, heureux de mes va et vient passionnés. Dieu que j'ai aimé faire l'amour avec Orlando ! Je sentais que je l'aimais. Après que nous ayons tous deux joui, je lui ai dit que je voulais qu'il devienne mon garçon (en fait je lui ai dit "mon trésor"). Avec un air triste, il m'a répondu ce que je craignais d'entendre, "Mais j'ai déjà un amoureux..." Je me suis senti mal. Il m'a embrassé et m'a dit, "Mais tu me plais tellement..." "Mais tu as un amant..." "Comment puis-je faire, à présent ?" a-t-il murmuré, plus à lui-même qu'à moi.
Nous sommes restés nus, enlacés en silence. Nous avons fumé, mangé un gâteau et plaisanté un moment. Je lui ai donné ma photo et demandé de m'apporter la sienne. Puis il m'a demandé, presque timidement, si j'avais encore envie de faire l'amour, parce que lui avait encore envie. Moi aussi. Alors nous avons recommencé. "Prends-moi !" m'a-t-il supplié. Je l'ai pris de nouveau. Il disait que ça lui faisait mal, "Tu es bien monté..." murmurait-il, mais il ne voulait pas que j'arrête. "Je t'aime." lui ai-je dit pendant que je le pénétrais. "Oh oui, tu es si viril, tu me plais trop !" a-t-il encore murmuré. Nous avons encore eu un orgasme intense. Et puis, pendant qu'enlacés, je le caressais, il s'est endormi. J'aurai voulu prendre une photo de lui. Il était si sensuel, ainsi abandonné sur le divan, son pénis à présent souple mais beau, le corps glabre, désirable. Au bout d'un moment, je l'ai réveillé, et, à regret, il m'a dit qu'il ne lui restait que trente minutes pour attraper le dernier bus. Il m'a embrassé et nous étions de nouveau excités.
"Quand est-ce qu'on se revoit ?" lui ai-je demandé. "Je vais voir ma famille ce week-end, mais après, je t'appelle." M'a-t-il dit doucement en me caressant la figure. Et puis on s'est habillés. Avant de partir, il m'a encore serré dans ses bras en m'embrassant sur la bouche. Et puis il a dû partir.
Et maintenant, je me demande. Ne suis-je pour lui qu'une simple (mais plaisante) aventure ou éprouve-t-il quelque chose en plus ? Que me réserve le futur avec Orlando ? Va-t-il encore faire l'amour avec moi, tout en restant le copain de l'autre ? Ou va-t-il décider de le quitter pour se mettre avec moi ? Je suis sûr qu'il a vraiment apprécié de faire l'amour avec moi, et il me l'a dit que ça lui avait beaucoup plu. Il ne voulait pas que je m'habille parce qu'il voulait voir mon corps nu. Mais va-t-il passer le week-end avec son amant ? Fait-il des comparaisons entre cet homme et moi ? Que va-t-il décider ?
Je sens que je tombe amoureux de lui. En fait, Livio et Nuccio me semblent moins désirables, moins intéressants qu'avant. Orlando me plaît vraiment beaucoup, et aussi sa façon passionnée de faire l'amour. Je commence à rêver qu'un jour Orlando me demande à venir vivre avec moi. Je suis vraiment un incurable rêveur ! Il restera probablement avec son amant et viendra ici de temps en temps pour s'amuser. Je ne regretterais même pas cette option, mais je voudrais vraiment qu'il devienne mon copain. Il me plait tant.
A cette heure, il doit être rentré chez lui. Je suis si heureux d'avoir fait l'amour avec lui ! Mais lui ? Quand nous reverrons-nous ? Peut-être mardi prochain ? Que me dira-t-il ? Va-t-il tomber amoureux de moi ? Peut-être pas tout de suite, mais que dois-je faire pour conquérir son cœur ? Oui, je suis déjà amoureux de lui...
C'est tout Papa, là, dans ces lignes. Il se sent amoureux d'Orlando et les deux autres garçons commencent presque à s'effacer. Et puis il y a là tout son besoin, donner et recevoir de l'amour.
J'avais quinze ans (Papa quarante et Maman trente cinq) quand je leur ai dit que j'avais compris que j'étais gay. Je me le rappelle très bien. C'était le soir, tard, et je venais de rentrer de chez Donato, le capitaine de l'équipe d'aviron. Il m'avait dit que pour lui, j'étais le membre le plus important de l'équipe. J'en étais fier mais étonné. Je savais que je n'étais pas le meilleur et je le lui avais dit. Alors, il m'avait mis la main sur l'épaule et me regardant droit dans les yeux, il m'avait dit que pour lui, j'étais le plus important parce qu'il m'aimait et il m'avait demandé si je voulais être son amoureux et faire l'amour avec lui. Je n'avais jamais pensé à ces choses là, comme faire l'amour, mais quand j'ai vu le désir, l'amour, dans ses yeux, je lui ai immédiatement répondu, incertain mais décidé, (même si ça peut sembler une contradiction) que je serais heureux d'être à lui. Il m'a porté jusqu'à son lit pour faire l'amour. Ce fut une très belle expérience car il était très doux et m'a pris sans me faire mal, mais au contraire, en me donnant beaucoup de plaisir.
Alors, en rentrant à la maison, j'ai senti que je devais dire à mes parents cette chose merveilleuse qui m'était arrivé, je venais de faire l'amour avec un garçon splendide et que nous étions amoureux.
"Papa, Maman, je suis amoureux!" ai-je dit tout heureux. "Très bien." a répondu Papa avec un grand sourire "et qui est la fille?" Ma mère aussi souriait. "Ce n'est pas une fille, c'est Donato, mon capitaine." ai-je répondu, radieux et inconscient.
Papa n'a pas changé d'expression, mais Maman si. Elle a littéralement blanchi. Papa qui la regardait (la connaissant bien, il s'attendait probablement à cette réaction), m'a demandé, "Es-tu sûr d'être amoureux? Ce n'est peut-être que de l'admiration, tu ne crois pas?" "Non, je viens de faire l'amour avec lui." ai-je répondu, un peu hésitant et ennuyé à voir l'expression de Maman. Papa a demandé, "Et ça t'a plu?" "Beaucoup..." Mes réponses étaient de plus en plus hésitantes. "Alors je suis content pour toi, Raffaele" a-t-il quasiment murmuré.
"Content? Qu'est-ce que tu dis?" a demandé Maman, parlant presque avec difficulté. "Si Raffaele se sent amoureux de Donato et que c'est réciproque, et si l'acte physique lui plait et qu'il est heureux... pourquoi ne pas être heureux de son bonheur?" demanda Papa avec douceur. "Mais... mais Gian-Maria, te rends-tu compte de ce que tu dis?" "Oui, Gabri,,j'en suis tout à fait conscient. Je veux que Raffaele ait une vie heureuse et sereine, et si le bonheur lui vient de Donato..."
"Mais..." commença à dire Maman, d'une voix altérée. Papa l'arrêta d'une caresse sur le bras, "Gabriella, si tu le désires, on en reparlera plus tard, toi et moi. De toutes façons, merci de nous l'avoir dit, Raffaele. Je veux que tu saches que tu peux tout nous dire sans crainte. Mais il est tard, tu n'irais pas dormir?"
En regardant Maman, j'ai compris que c'était une suggestion de Papa, alors je leur ai souhaité bonne nuit, et je suis rentré dans ma chambre. Mais j'étais toute ouie. Je les entendais parler, mais je ne comprenais pas les paroles. Papa parlait doucement, d'un ton calme, Maman était un peu hystérique, mais se calma peu à peu. Mais elle n'éleva pas le ton.
Le matin suivant, Papa est venu me réveiller. Il s'est assis sur mon lit et m'a dit, "Maman t'aime beaucoup, même si elle aura un peu de mal à accepter que tu sois gay. Quant à moi, je veux seulement que tu vives ta vie avec sérénité, honnêtement..." et il m'a fait un très beau discours sur la sexualité vécue dans l'amour.
Cette fois-là, il ne m'a pas dit qu'il était gay ou bisexuel. Ça n'était pas nécessaire, je pense. Il vivait avec Maman, et ils s'entendaient bien, ils s'aimaient. Il vivait sa sexualité par et pour elle. Et puis, à cet instant, ce n'était pas le problème. Il m'a conseillé de ne pas parler de mon amour, de ma sexualité à Maman, mais de ne pas me cacher.
"Simplement, si tu as besoin de te confier, de parler, de discuter, des questions, besoin de demander conseil, fais-le avec moi, pas avec elle, au moins pour le moment, je pense que c'est mieux comme ça." "D'accord, Papa. Et puis, entre hommes, on se comprend peut-être mieux." ai-je répondu tranquillement, reconnaissant qu'il m'ait accepté de cette façon. Mais la réaction de Maman m'avait remis les pieds sur terre, je savais qu'il n'y avait pas qu'elle qui pouvait avoir une telle réaction, mais la majorité des gens, mes copains, amis, parents, professeurs... presque tout le monde.
Ainsi, de temps en temps après ce jour, lorsque j'en sentais le besoin ou seulement l'envie, je parlais sans problèmes avec Papa de ma vie affective ou sexuelle. Et vite, en rencontrant d'autres garçons comme moi, je me suis aperçu que j'avais de la chance. Progressivement, Maman changea, et finit même par m'accepter, grâce à Papa, je pense.
- Mardi 09/09/1990
- Saint Serge
Au lycée, j'ai revu Livio pendant les cours de dessin. Oui, il me plait beaucoup, mais je préfère Orlando. Livio est beau, plaisant, désirable mais Orlando est plus mûr, alors que Livio est encore gamin. De toutes façons, nous avons fixé deux rendez-vous, un mardi 18, il viendra chez moi pour une leçon de peinture, et un autre le 25, quand nous irons ensemble sur le port, à Gênes et il sera mon guide puisqu'il connaît bien le port. D'ici là, je reverrai sûrement Orlando, et peut-être même Nuccio. Tout est encore possible, même si j'espère vraiment qu'Orlando accepte mon amour et y réponde. Je suis de plus en plus attiré par Orlando, je ne pense qu'à lui. Orlando et son sourire espiègle, sa façon passionnée de faire l'amour, son corps incroyablement désirable, son envie irrésistible de me sentir en lui...
Pourrai-je dire un jour "Mon Orlando" ?
- Samedi 13/09/1990
- Saint Jean Chrisostome
Orlando n'a pas appelé, et après plusieurs appels sans réponse, je l'ai retrouvé chez Gianni. Nous n'avons pas pu trouver d'heure qui nous convienne à tous les deux, cette semaine, et j'ai l'impression qu'il n'a pas fait d'efforts pour trouver le temps de me voir. Ou peut-être qu'étant chez Gianni, il n'a pas voulu qu'il sache pour nous ? Il ne veut pas lui dire qu'on a fait l'amour ensemble ? Il ne veut pas s'engager ? Ce soir, il dînait chez Gianni et aucun des deux ne m'a invité. Qu'est ce que ça veut dire ? Ou bien il en a parlé à Gianni et il n'est pas content qu'on se mette ensemble ? Ou Orlando a-t-il repensé à l'autre jour et il regrette cet instant de faiblesse ? Après tout, il est l'amant de ce Willy, non ? Attendre, il ne me reste qu'à attendre. Les fleurs de la plante d'Orlando sont presque fanées, on dirait un signe...
J'avais prévu d'aller ce soir au Triangle, mais à présent, je n'ai plus envie de sortir. Et, après tout, j'ai encore espoir qu'Orlando m'appelle quand il rentrera ce soir, même si je n'y crois pas trop. Pourtant, je ne pense qu'à lui, et tous les autres garçons que je vois, même s'ils sont beaux me semblent moins attirants que lui... Je tombe vraiment amoureux de lui. Est-ce un amour sans issue ? Un parmi tant d'autres ? Je ne sais pas, mais je me sens si triste. Il a plu toute la journée, cela a peut-être ajouté à ma tristesse.
Il est 19 heures 47 et j'ai envie de me coucher. Je pense que je devrais le faire. Au moins, je n'aurais pas à y penser, et le temps passerait plus vite. L'autre jour, après avoir fait l'amour, Orlando m'a demandé si Gianni serait mécontent s'il savait pour nous. Je lui ai dit qu'il n'y avait rien entre Gianni et moi et que donc je ne voyais pas ce qu'il pourrait trouver à y redire. Mais peut-être voulait-il parler de Willy, parce que Gianni est l'ami de Willy ? Trop de questions sans réponse... Il vaudrait mieux que j'aille au lit. J'espère que je pourrai dormir.
Je tombe vraiment amoureux d'Orlando, et j'ai envie de pleurer. Mais peut-être que je suis stupide, peut-être qu'Orlando pense encore à moi et que ça n'est qu'une question de temps. Ou je me trompe ? Je ne sais pas quoi penser. Et dehors, il pleut, il pleut, comme dans mon cœur. Quelle tristesse !
- Mardi 16/09/1990
- Saints Cornélius et Cyprien
Orlando m'a téléphoné! Il s'est excusé d'avoir été si laconique pendant qu'il était chez Giannni, mais il m'a expliqué que c'était juste parce qu'il ne voulait pas que Gianni se doute pour nous deux. Je lui ai dit que j'avais changé le programme et que je serai libre demain après-midi. Orlando m'a tout de suite demandé, (comme je l'espérais) si nous pourrions nous rencontrer. Comme il aime prendre une douche après le travail, il m'a invité chez lui. Il a dit qu'on pourrait la prendre ensemble (tout un programme, non ?) et puis faire quelques courses et dîner. Et puis regarder des vidéos... en somme, passer la soirée ensemble.
J'espère seulement que son colocataire sicilien ne sera pas là. J'ai vraiment envie de faire l'amour avec lui. Il dit qu'il n'a rien dit de nous à Gianni mais qu'il ferait peut-être mieux de lui en parler. Je lui ai dit que pendant tous ces jours, je n'avais pensé qu'à lui, et il a eu l'air heureux. Il était gentil et doux comme d'habitude. Il semble que mes angoisses étaient inutiles.
J'ai vraiment bien fait de renoncer à la leçon de demain dans l'espoir de le voir. Mais c'est dommage que ma douche soit cassée, j'aurai préféré qu'il vienne ici. Mais ça ne me gêne pas d'aller chez lui, au moins une fois. J'aime l'idée de voir où et comment il vit. Il faudra que je lui fasse un petit cadeau, peut-être ce petit briquet qui lui plaisait tant. Je lui donnerai le petit paysage que j'ai peint à une autre occasion. Ou peut-être aussi une plante ?
Bon, la sérénité est de retour. A présent je peux aller me coucher tranquille et couver ce bonheur jusqu'à notre rencontre de demain 5 heures 30. On se retrouvera à l'entrée de la station de bus pour aller ensemble jusque chez lui. On se retrouve dans dix huit heures, non, moins que ça. J'espère que le temps va passer vite, je suis si heureux ! ! !
- Mercredi 17/09/1990
- Saint Charles
Comment ça s'est passé? Prenons dans l'ordre. Nous devions nous voir à 5 heures 30 et on s'est retrouvé à 6 heures 07. On s'attendait à deux endroits différents, mais heureusement on a fini par se retrouver. Il m'a alors dit que son colocataire dînerait avec nous, et il avait aussi invité son copain, Paolo et un de ses amis, Martino. Alors, on ne serait pas seuls. J'étais un peu déçu, mais je pourrais quand même passer du temps avec Orlando. Après être arrivé chez lui, il a appelé Gianni et l'a invité pour le dîner, et lui a demandé s'il voulait rester dormir... J'étais un peu jaloux... J'aurais voulu que ce soit moi qu'il invite à dormir avec lui. J'ai vu le coloc sicilien, Michele (surnommé Mik) il est sympa. Et puis Paolo et Martino sont arrivés, et enfin Gianni. J'ai donné à Orlando une enveloppe en forme de petit cœur avec le mini briquet à l'intérieur. Il a paru très content. Et puis on s'est mis à la cuisine. Je suis venu dans la petite cuisine pour aider Orlando pendant que les quatre autres discutaient dans le salon. Et là, j'ai eu la première surprise. Orlando, pendant que les autres ne pouvaient pas nous voir, m'a embrassé, un baiser sur la bouche, profond, plein de passion et de désir. Puis tout en continuant la cuisine, il m'a encore embrassé trois ou quatre fois, chaque fois qu'on était seul. Alors je lui ai demandé s'il voulait venir chez moi, samedi après-midi après le travail, et il a tout de suite accepté. J'ai glissé la main sous son chandail et j'ai caressé sa poitrine, et il s'est serré contre moi, tout content.
Et bien, je ne peux pas dire qu'il soit amoureux de moi, mais au moins, il a envie de faire l'amour avec moi. Je lui plais. De temps en temps, il me souriait de ce sourire qui me fait fondre, et j'ai remarqué qu'il ne sourit pas comme ça aux autres, seulement à moi. Et pendant le dîner, il était toujours très attentif à ce que je mangeais et il me choisissait même les meilleurs morceaux. Et ça aussi, seulement pour moi...
Orlando me plaît de plus en plus. Et plus je regarde les autres garçons, plus Orlando me plaît. Il les surpasse en tout. Même si parfois je vois de magnifiques garçons, je trouve qu'ils manquent d'un truc qu'a Orlando. Surtout son merveilleux sourire. Et je ressens un grand désir pour lui.
Je regardais sa nuque, ses bras, son corps pendant qu'il cuisinait, et j'avais envie de faire l'amour avec lui, là, dans cette étroite cuisine... Il m'excite tellement, et en même temps, il m'inspire tant de tendresse ! Il est radieux, doux, simple et si sexy. J'adore son sourire avec les yeux plissés, et la large bouche, si douce à embrasser. J'adore quand il me regarde, avant et après s'être embrassés, un regard plein de désir qui me fait frissonner. Et pendant les baisers, sa langue qui cherche la mienne...
Je l'aime, et peut-être, en réalité, il est aussi tombé amoureux de moi... Je le désire, je regrette de ne pas pouvoir l'avoir tout pour moi, et de ne pas lui faire l'amour ce soir.
Quand, avec les autres, il nous a raccompagnés à l'arrêt de bus, pendant qu'ils n'écoutaient pas, je lui ai demandé si nous nous verrions samedi, il a répondu "Bien sûr" avec un sourire coquin. "Je te l'ai promis, non ?"
Bon. Je suis à la maison, à présent. Il est 2 heures 13 et je vais me coucher. Même si je n'ai pas pu lui faire l'amour, je suis content de cette soirée avec lui. Vraiment heureux parce que j'ai compris qu'il me traite différemment des autres, que je suis important pour lui.
Demain, Livio viendra déjeuner. On verra comment vont les choses sur ce front. Mais je sens que je deviens vraiment amoureux fou d'Orlando et que donc je resterai seulement ami avec Livio. Et puis, il est hétéro, j'ai vu la petite avec laquelle il sort, et ils vont bien ensemble. Mais quand même, Livio m'attire. Moins qu'Orlando, mais il me plait.
Je pense que cette nuit là, les petits traitements spéciaux dont Orlando l'avait fait bénéficier et l'expression de son désir pour lui, avaient conquis Papa. Ces lignes où il décrit le comportement d'Orlando sont la clé pour comprendre Papa, spécialement quand il écrit "et qu'il me choisissait même les meilleurs morceaux et il ne le faisait que pour moi."
Cela me rappèle la manière dont Papa m'a appris que lui aussi était gay.
Il avait quarante quatre ans quand Maman est morte d'une leucémie. Papa l'assista avec amour jusqu'à la fin, et souffrit beaucoup de sa mort.
Quelques mois plus tard, je demandais à Papa si mon compagnon du moment, Ugo, pouvait venir habiter avec nous. Maintenant que Maman n'était plus là, ça ne devrait pas être un problème. En fait, Papa accepta immédiatement et accueillit Ugo avec affection.
S'étant déjà rencontrés, Papa et Ugo se connaissaient, et ils s'aimaient bien. J'avais dix-huit ans à cette époque, et Ugo vingt cinq. Le lit de ma chambre fut changé pour un lit double, c'était le cadeau que Papa nous faisait.
Ugo traitait Papa avec affection et attention, et aussi avec gratitude pour nous avoir acceptés. J'aimais bien les voir ensemble, j'en étais vraiment heureux. Ugo avait pour son "beau-père" comme il l'appelait parfois mille petites attentions, mais aussi Papa pour Ugo. A la table du dîner, Ugo voulait toujours que Papa se serve le premier et prenne les meilleurs morceaux, et Papa appréciait ces attentions.
Mais un jour où Ugo était au travail, Papa me dit qu'il voulait me parler. Il me demanda si je ne préfèrerais pas un appartement rien que pour nous. Je l'ai regardé avec surprise, et j'ai répondu que nous étions très bien comme ça, avec lui.
Mais Papa a dit, "Vois-tu, Raffaele, il y a un problème et ça serait mieux qu'Ugo ne continue pas à vivre dans cette maison..." "Il a fait quelque chose que..." "Non." Il m'a coupé avec un sourire, "Ugo est vraiment un garçon charmant, il est parfait. C'est juste, tu vois... le problème, c'est que je me suis aperçu que je le désire de plus en plus et que ça devient difficile de résister à cette fascination, mais je ne veux pas me mettre entre toi et lui."
Je l'ai regardé ,incrédule, "Toi, tu désires Ugo ?" "Oui, parce que moi aussi, je suis gay, Raffaele, et Ugo est exactement mon genre. Et sa gentillesse, son affection pour moi, le fait de le voir comme ça, à moitié nu m'excite beaucoup." "Mais Papa, tu es gay ? Tu as toujours aimé Maman, tu étais heureux avec elle..." ai-je ajouté, toujours aussi incrédule, et puis aussi, "et tu ne m'as jamais rien dit, rien fait comprendre."
"Etre gay ne m'empêchait pas d'aimer ta mère et de lui être fidèle. Je l'aimais, et physiquement, je m'entendais bien avec elle. L'amour que je ressentais pour elle m'évitait de me sentir attiré par les autres. Mais maintenant que malheureusement elle nous a quittés, le désir de trouver un compagnon s'est réveillé, et fortement. J'ai besoin de sentir que je suis important pour quelqu'un qui me le rende. Et Ugo m'attire dangereusement. Alors, tu comprends... Quand tu m'as dit que tu étais gay, je n'ai pas pensé qu'il soit utile ou nécessaire de t'en parler. Non pas que j'en aie honte, mais je me sentais bien avec Gabriella et je n'avais pas de problèmes. Mais maintenant, il fallait que tu le saches, que tu comprennes que si je veux que vous viviez seuls, ce n'est pas la faute d'Ugo, mais la mienne. Alors je te l'ai dit."
Nous avons parlé longtemps. Maintenant que je savais, je me sentais encore plus proche de lui. J'avais même l'impression que je l'aimais encore plus qu'avant. Plus tard, j'ai parlé avec Ugo, et il m'a dit qu'il avait "senti" le désir de Papa, et que lui aussi pensait qu'il valait mieux se trouver un petit appartement juste pour nous deux, et il a ajouté, "Ton père est un homme fascinant, et je ne voudrais pas, tôt ou tard, ressentir du désir pour lui..."
Le talon d'Achille de Papa était précisément là, le besoin de se sentir important, d'être désiré par quelqu'un. Je pense que Maman lui donnait ces deux facettes d'un amour vrai, et c'est pour ça qu'il s'est senti bien avec elle, si longtemps. Mais Papa, au fond de lui, a toujours préféré les hommes, et maintenant, ces désirs anciens c'étaient réveillés en lui. Et c'est ce qui s'était passé avec Orlando. Et probablement Orlando, même s'il avait déjà un amant, était complètement fasciné par Papa...
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