"Maître, comme ces cinq jours sans vous en ville ont été longs ! J'ai cru ne jamais en voir la fin !"
"Ça l'a été aussi pour moi, mon garçon. Mais quand je suis dans une autre ville, invité chez quelqu'un, même si je te prenais avec moi, nous ne pourrions pas dormir ensemble, ni faire l'amour, tu le sais bien. Ignorerais-tu qu'à Venise les lois sont très strictes contre ceux qui ont des relations avec une personne du même sexe ? Nous ne pouvons pas prendre le risque d'être dénoncés..."
"Je le sais bien, vous me l'avez déjà expliqué. Mais au moins j'aurais pu vous voir tous les jours. Cela aurait été mieux que rien."
"Mais pour moi, il aurait été trop difficile de t'avoir à mes cotés chaque jour et de ne rien pouvoir faire avec toi."
Poletto sourit, flatté et se serra contre l'homme qui l'enlaça et le caressa.
Alors, après un long baiser, Lorenzo dit, "Sais-tu que j'ai très envie de toi, Poletto ?"
"Je sais, Maître, je le sens. Et j'ai aussi envie de vous."
"Très bien. Ce soir, nous allons récupérer le temps perdu, je te le promets. Mais d'abord, je pense que tu meurs d'envie de savoir comment s'est terminée l'histoire avec les sept frères, n'est-ce pas ?"
"Bien sûr. Je n'ai fais qu'y penser pendant toute la journée. Racontez..."
"Comme tu t'en souviens, il ne restait que deux des sept frères à mettre dans mon lit. A partir de ce moment, ça devenait plus un challenge personnel, plus que le gain des pièces d'or, même s'il était considérable.
Je discutais avec Nàdir et Bahram comment je pourrais réussir, quand Nàdir nous dit, "Sadèq peut nous aider pour y arriver avec Hussein !"
"Je n'ai pas envie d'en parler à d'autre que vous deux. De plus, je ne pense pas que Sadèq fasse quoi que ce soit pour m'aider..."
"Mais non ! Il serait un complice involontaire. Ecoute, Hussein est jaloux de ses femmes, jusqu'à l'obsession. Et je ne pense pas que Sadèq ait encore accepté la punition que tu lui as infligée. S'il avait la possibilité de se venger, je pense qu'il le ferait. Donc je pense que si Sadèq apprenait que tu essayes de te glisser dans la chambre des femmes d'Hussein, il le préviendrait et lui demanderait de te punir de la même façon dont tu l'as puni."
"Oui... Ca pourrait marcher... A condition qu'il ne décide pas de me rosser, de me châtrer ou même de me tuer."
"Mais non, nous l'en empêcherions dans ce cas !" dit Bahram, semblant très excité à cette idée.
Je n'étais pas certain du danger que je pouvais courir, mais restait aussi le problème de le faire devant mes témoins... En fait, comme je te l'ai déjà dit, mon Poletto, les deux garçons ne savaient rien de mon pari. Mais je pensais que Sadèq se vanterait de m'avoir coincé, et que cela pourrait être accepté comme preuve par mes témoins... Aussi, sous le prétexte de réfléchir soigneusement, je gagnais du temps et rassemblais mes huit témoins et leur demandais s'ils accepteraient comme preuve le témoignage d'une autre personne. Les avis divergeaient, les uns l'admettant alors que les autres voulaient qu'au moins l'un d'entre eux fût présent.
A la fin, celui qui avait tenté de coucher avec moi proposa, "Je connais plutôt bien Hussein. Si je suis présent alors qu'il te découvre et te punit, je pense que mon témoignage sera suffisant."
Les autres acceptèrent. Et donc, dès que je rencontrai de nouveau les deux frères, je leur dis que nous pourrions tenter leur plan. D'abord, Nàdir confia à Sadèq qu'il avait appris que j'avais le béguin pour une des femmes d'Hussein. Sadèq, comme les deux frères l'avaient prédit imagina immédiatement une possibilité de revanche sur moi, et donc, demanda à Nàdir de m'encourager dans cette voie. Puis il alla voir Hussein pour le mettre en garde. Ce dernier, apprenant la nouvelle, réagit d'abord très violemment, voulant m'affronter immédiatement.
Mais les deux frères lui dirent, "Tu ne peux pas l'affronter pour quelque chose qu'il n'a pas encore commise. Si l'affaire était portée devant un juge, tu serais totalement en tord. Tu ferais mieux de le prendre la main dans le sac, alors qu'il tente de pénétrer dans ton harem et de le punir à ce moment là."
"Oui, bien sûr ! Alors je lui ferai rompre les os par mes serviteurs avant qu'il ne puisse poser les yeux sur mes femmes." dit Hussein avec férocité.
"Mais non, grand sot ! Un juge pourrait encore lui donner raison si tu lui faisais du mal sur la seule foi d'un soupçon. Rappelle-toi qu'il est étranger et que les juges font toujours grand cas des étrangers." lui dit Nàdir.
Sadèq ajouta immédiatement, "Mais si, par exemple, tu l'humiliais suffisamment pour qu'il ait tellement honte qu'il n'ose même pas s'adresser à un juge, tu le punirais vraiment, ne crois-tu pas, mon frère ?"
"L'humilier ? Que veux-tu dire ?" demanda Hussein, sans comprendre.
"Et bien, par exemple... User de lui comme d'une femme, en face de témoins." Répondit Sadèq en savourant d'avance sa vengeance.
"Tu veux dire que je dois la lui mettre dans le cul ?"
"Bien sûr ! Pense combien c'est humiliant ! Il n'aurait sûrement pas le courage d'aller se plaindre à un juge !" ajouta immédiatement Bahram.
Hussein éclata de rire, "Oui, oui. C'est une bonne idée. Et je vais le faire devant tout le monde, femmes et serviteurs compris !"
"Et... avant... ou après... tu pourrais la lui mettre dans la bouche, pour rendre son humiliation totale..." ajouta Sadèq avec délice.
J'informais alors mes témoins en leur disant quel soir j'essayerais de renter dans la maison de Hussein. Et le même soir, mon témoin alla voir Hussein sous un prétexte quelconque. Puis montant sur mon cheval, je passais par-dessus le mur de son jardin. Je savais que Hussein, ne sachant pas exactement quand et à quelle heure je ferais cette tentative, avait donné l'ordre à ses serviteurs de surveiller sans se faire voir, et de le prévenir dès que j'entrerais, mais sans chercher à m'arrêter, jusqu'à ce que je sois dans le harem.
Et donc, pénétrant dans le jardin, je fis semblant de m'orienter, puis je commençais à escalader un arbre qui se trouvait en face des fenêtres du harem. De là, je sautai à l'intérieur par la fenêtre ouverte. J'avais à peine atterri dans une pièce obscure quand les serviteurs, qui se cachaient là, me sautèrent dessus pour m'immobiliser. Il y eut un grand tumulte, d'autres gens arrivèrent avec des lanternes, et enfin, Hussein, mon témoin, Nàdir et Bahram. Sadèq ne se montra pas, sachant que je le reconnaîtrais.
"Que se passe-t-il ici ?" demanda Hussein en jouant la surprise.
"Maître, cet homme tentait de s'introduire dans le harem et nous l'en avons empêché."
"Mais c'est un étranger ! Peut-être est-ce même un voleur ? Dans ce cas je devrais lui couper les mains !" dit Hussein.
Je me sentis perdu. Je n'avais pas pensé à cette possibilité et j'étais terrifié.
Mais mon complice, se glissant derrière moi, me renifla et dit, "Certainement pas, un voleur ne se parfumerait pas avant de commettre son forfait, et il ne porterait pas d'aussi élégants habits. De plus, pour affirmer que c'est un voleur, tu dois trouver sur lui un objet qui t'appartienne. Et puis un voleur ne s'introduirait pas dans une maison pleine de monde..."
Je lui en fus reconnaissant.
Hussein dit alors, "Je pense que tu as raison. Mais cet homme est entré dans ma maison discrètement, comme un voleur... et il mérite une punition. Que proposez-vous ?"
La comédie se déroulait à présent comme je l'avais imaginé et je me sentis mieux.
En fait, Nàdir dit immédiatement, "A voir comment il est parfumé et habillé, je pense qu'il espérait s'amuser avec tes femmes. Et donc, je te propose de lui donner ce qu'il est venu chercher..."
Hussein éclata d'un gros rire, "Oui, oui, c'est cela ! Il voulait plonger son seau dans le puits d'un autre. Et bien, c'est moi qui vais plonger mon seau dans son puits ! Qu'en pensez-vous ?"
"Oui, mon frère, ça me paraît la juste punition !" répondit Bahram.
"Très bien, déshabillez-le totalement !" ordonna Hussein à ses serviteurs.
Je fis semblant de résister, le suppliant de ne pas le faire, lui promettant de l'argent, mais tous étaient si excités à cette idée, y compris les serviteurs et les habitants de la maison, que chacun lui conseilla de faire comme il en avait décidé.
Hussein fit apporter des tapis et des coussins dans la pièce, je fus déshabillé et allongé sur le ventre pendant que cinq hommes me tenaient immobile. Deux esclaves me tenaient les bras, un autre la poitrine et les deux derniers les jambes largement écartées. Le reste des assistants se tenait autour, illuminant la scène avec des lampes. Hussein appela aussi ses femmes et, s'agenouillant entre mes jambes, découvrit son outil et tenta de me pénétrer d'un coup, violemment. Mais il n'était qu'en demi-érection et n'y réussit pas. Je le sentis s'agiter sans plus de succès.
Un des serviteurs proposa, "Nous pourrions le préparer avec un peu d'onguent, Maître."
Hussein grommela un assentiment et se détacha de moi. Au bout d'un moment, le serviteur revint et je le sentis m'étaler abondamment quelque chose entre les fesses, et aussi m'explorer le trou avec son doigt... Je pensai qu'il aurait peut-être aimé être celui qui me donne la "punition". Hussein reprit sa position et fut enfin capable de me pénétrer. J'entendis un long "ooohhh" venant des spectateurs quand ils comprirent que Hussein était enfin entré en moi.
L'homme commença alors à me baiser avec énergie, pendant qu'il m'abreuvait des plus terribles insultes qu'il connaisse. Je dois dire que son sexe n'était pas très impressionnant et ne me faisait aucun mal. Mais je criais et geignais, juste pour être crédible.
"Non, arrête... Je t'en prie... je t'en conjure... non... Aïe ! Tu me fais mal... Arrête, je t'en supplie... assez... Non, non."
Mes cris semblaient l'exciter et il continua avec encore plus de vigueur.
Il me disait, "N'est-ce pas ce que tu es venu faire ? Et bien tu es servi ! Tu voulais verser ta contribution dans ma maison, pas vrai ? Et bien en fait, c'est moi qui te paye, et ne vois-tu pas combien je suis généreux, chien galeux ? Je te paye avec la même monnaie, es-tu satisfait ? Tu peux me remercier !"
"Par pitié... je t'en supplie..." murmurais-je en essayant de donner à ma voix un ton angoissé.
"Non, étranger, pas de pitié. Tu dois apprendre ce qu'il advient dans ce pays à ceux qui essayent de toucher à la femme d'un autre ! Tu voulais jouer le taureau et te voilà en vache ! Aimes-tu te faire enfiler ? Aimes-tu mon pieu ?"
Je pouvais voir l'expression amusée de Bahram devant mes supposées grimaces de douleur. Etant sûr de ne pas être remarqué, tous ayant les yeux fixés sur moi, il me fit un clin d'œil.
Enfin, avec une sorte de grognement, Hussein se vida en moi. Il était à bout de souffle, tant était furieuse la pénétration qu'il m'avait infligée. Il s'éloigna de moi, arrangea ses vêtements, renvoya ses femmes, et donna l'ordre à ses serviteurs de me jeter dehors, nu comme je l'étais.
Heureusement, j'avais prévu une telle éventualité et, dès que je fus dehors, je sifflai mon cheval qui arriva aussitôt. Je sortis des gibecières une tunique que j'enfilai, sautai sur la selle et, satisfait, rentrai à la maison.
Après environ une heure, mon témoin frappa à ma porte. Quand il fut entré, il me dit, "Tu as réussi une fois encore. Mais ça n'a pas eu l'air très agréable, cette fois. Et les gens vont jaser, et cela en sera pas en ton honneur."
"Mais trente-deux pièces d'or sont bien agréables. Et la réputation de l'homme qui tente d'obtenir les faveurs de la femme d'une autre, ça n'est pas si mal, au fond. Me laisses-tu ton témoignage ?"
"Bien sûr. Et demain, tu auras ton or. Mais fais attention, il ne te reste que deux semaines pour réussir avec le dernier des sept frères. Et de ce que je sais, Riza ne sera pas une cible facile. Il n'a ni femme, ni vice, ni superstitions..."
"Ne t'inquiètes pas, je réussirai avec lui aussi." lui répondis-je.
En fait, je savais que Riza aussi avait un vice secret. C'était un joueur de dés invétéré. Il était très averti, aussi peu de gens se risquaient à jouer contre lui. Je l'avais gardé pour la fin, car j'avais besoin de plus de temps pour être sûr d'avoir le dessus. Et depuis deux jours, je savais que j'étais capable de réussir, et que je l'avais à ma portée avec une presque totale certitude.
Je dois d'abord t'expliquer deux choses, Poletto.
La première, c'est que le genre de jeu de dés auquel Riza excellait ne dépendait pas uniquement du hasard, mais demandait du flair dans la pratique des mises et la réalisation de combinaisons. C'était un jeu assez complexe, mais je le maîtrisais bien. Dans ce jeu, la combinaison toujours gagnante comportait quatre uns. A part celle là, pour être gagnantes les autres combinaisons devaient être construites dans un ordre donné.
Enfin, une dernière chose. J'avais su de marchands indiens que des marchands chinois vendaient un étrange métal. L'apparence était semblable à celle du fer, mais il avait la propriété d'attirer les autres objets de fer, les faisant se déplacer sur de courtes distances. Peut-être en as-tu entendu parler, il est employé par les navigateurs pour indiquer le Nord. Par l'intermédiaire d'un autre marchand, j'avais commandé une quantité de ce métal, grosse comme le poing, et quatre dés truqués, à l'apparence parfaitement normale, mais dans lesquels avait été insérée une lame de fer sous la face du six de sorte que si la masse était placée sous la table le six viendrait s'arrêter dessous, présentant l'autre face, celle avec le un. J'ai encore ces dés et si tu le désires, demain, je te les montrerai. Le seul problème était de faire que les dés ne tombent comme ça que lorsque je le voulais. J'avais donc fait construire une table de jeu de dés en marqueterie dans laquelle un bon artisan avait dissimulé une pédale. En la pressant la masse de fer venait en contact avec le plan de la table, par en dessous, mais en la relâchant, les dés n'étaient pas influencés.
Presque personne n'avait entendu parler de cette sorte de fer, et l'artisan qui avait construit cette table exerçait dans une autre ville, de sorte que j'étais sûr que personne ne pourrait découvrir mon truc.
Dès que j'eus reçus ma table, je la testai en jouant avec Ibrahim. Comme je ne lui avais encore rien dit de mon truc, il fut ébahi de voir que, à chaque fois que je lui annonçais quatre uns, ils arrivaient immanquablement.
Dés que j'eus vérifié le fonctionnement correct de mon système, je demandai à Bahram d'organiser un rendez-vous avec son frère Riza pour jouer aux dés. Pour la première partie, à laquelle assistait aussi Bahram, je ne me servis pas du mécanisme secret, et donc je perdis une somme qui sans être énorme n'était pas ridicule. Riza était vraiment excellent à ce jeu. Il savait comment lancer les dés et comment miser. A la fin de le partie, je demandais à Riza une revanche dont je fixais la date au lendemain soir.
Dès que nous fûmes seuls, Bahram me demanda, "Comment penses-tu gagner contre Riza. As-tu vu comme il est bon ?"
"Ne t'inquiètes pas, je vais réussir. Mais le soir ou je vais gagner, je veux être seul avec Riza, parce qu'il n'acceptera jamais de me payer de la façon que je lui demanderai si d'autres sont présents et le savent."
"Mais es-tu si certain de gagner ?"
"J'en suis sûr !"
"Et pourquoi ?"
"J'ai un... talisman... qui provient de Chine."
"Crois-tu aux talismans ?"
"Non. Je ne crois pas à tous les talismans... juste à celui-là." lui répondis-je énigmatiquement.
Le soir suivant, Riza gagna encore, mais seulement quelques pièces. Je le défiai de nouveau, et le garçon sûr de lui, accepta. Nous devions nous rencontrer le mercredi soir. J'avertis donc mes compères. Ils vinrent et se cachèrent comme d'habitude dans ma maison. Bahram, que j'avais averti que c'était le soir décisif n'accompagna pas Riza, comme je le lui avais demandé. Lorsque le garçon arriva, je lui offris une boisson.
Il le huma et me dit, "Non merci. Ne te sens pas offensé, mais un bon Mahométan ne boit pas de vin."
"Je comprends. Est-ce que nous jouons maintenant ?"
"Avec plaisir. Voyons qui tirera le premier tour."
Nous tirâmes un dé chacun et il gagna. Le jeu commença. Je le poussais progressivement à miser des sommes de plus en plus importantes. Au début, il gagnait plus souvent que moi, parce que je n'utilisais pas le mécanisme secret. Je fis semblant de devenir de plus en plus nerveux, augmentant mes mises, de manière classique pour qui veut récupérer ses pertes. Il rentra dans le jeu. Je commençais alors à utiliser la pédale de plus en plus souvent, aussi je me mis à gagner. L'atmosphère devenait surchauffée, Riza voulant gagner coûte que coûte. Quand j'eus gagné tout l'argent qu'il avait amené, et c'était déjà une grosse somme, il me demanda si j'acceptai sur parole, qu'il mise encore.
Je poussai devant lui tout l'argent, le mien et celui que je lui avais gagné, et lui dit, "Très bien, prends-le. Il suffira que tu me signes une reconnaissance de dette et que tu mettes ton sceau dessus."
La somme était énorme, mais il accepta sans battre un cil. Le jeu reprit, et après quelques petits gains, il perdit tout de nouveau. A ce moment, Riza me dit qu'il devait arrêter.
Il était ébranlé. "J'aurai des gros problèmes à te payer une telle somme... Je ne sais comment la justifier devant mon père. Il ne veut pas qu'on joue d'argent... De toute façon je te payerai d'une façon ou d'une autre, sois tranquille. Mais maintenant il vaut mieux qu'on cesse de jouer. Malheureusement, je ne peux pas risquer plus d'argent. Même si c'est dommage..."
"Oui, c'est vraiment dommage. Mais tu me plais, Riza et je veux t'aider. Je ne veux pas te faire avoir des ennuis avec ton père. Ce soir tu as seulement eus quelques coups de malchance... Ecoute, je suis disposé à jouer toute ta dette en échange d'une seule chose. Regarde, maintenant je fais quatre tas de l'argent que tu me dois et je les mise ainsi. Le premier tas je le jouerai en échange de tes habits. Le second tas, en échange de tes sous-vêtements. En échange du troisième tas, tu me laisseras te caresser et t'embrasser. Le quatrième représente une nuit d'amour avec toi, pendant laquelle tu me serviras de femme. Au cas ou tu perdrais tout, après la nuit d'amour je déchirerai ta déclaration de dette et tu ne me devras plus rien. Si, au contraire, c'est toi qui gagne, tu déchireras la déclaration et tu ne me devras rien. Seulement quatre coups de dés. Tu y es ?"
Riza me regarda en fronçant les sourcils, "Et si je perds, je te laisse me pénétrer ?"
"Pas seulement ça, mais tu devras aussi me satisfaire en tout ce que je te demanderai, mais seulement pour cette nuit."
"Cette nuit ?"
"C'est cela."
"Je ne pense pas que j'ai vraiment le choix. Soit je dois affronter le courroux de mon père, soit je me soumets à toi."
"Que crains-tu le plus ? Le courroux de ton père ou un peu de douleur physique ? La décision est tienne."
"Même enfant, je n'ai jamais autorisé un homme à me toucher, à me pénétrer. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je suis le préféré de mon père. Mais s'il savait que j'ai perdu une telle somme aux dés... il payerait ma dette... mais il me jetterait sûrement hors de sa maison."
"Si tu acceptes ma proposition, ton père ne saura jamais, ni que tu as perdu aux dés, ni que tu as laissé un homme te posséder. Et de plus, la seconde possibilité n'est pas si terrible... beaucoup d'homme le font..."
"Tu ne me donnes pas d'autre choix que d'accepter. Et puis qui dit que la chance ne va pas tourner pour moi. Jouer encore est un risque mineur. Prépare les quatre parts d'argent et tirons des quatre parties."
Cela prit peu de temps. Bien sûr, je gagnais les quatre parties. Riza était terriblement abattu. Je le regrettais un peu, mais je ne m'arrêtais pas. De plus, quand je le vis nu, Riza, avec ses dix-neuf ans, était de loin le plus beau des sept frères. Je lui indiquai mon lit.
Il se coucha dessus et me demanda, "Peux-tu, au moins, éteindre la lampe ?"
"Non, Riza. J'aime regarder, quand je fais l'amour."
Je me déshabillai et le rejoignis sur le lit. Je commençai immédiatement à caresser son corps magnifique, viril mais si doux en même temps, et je fus immédiatement excité. Immobile, inerte, il me laissait faire. Mais lui aussi, petit à petit, commença visiblement à être excité. Son membre, fort et érigé, palpitait. Epiant son expression, je vis qu'il était torturé entre le plaisir et la honte.
"Suce-moi, toi aussi, comme je vais le faire avec toi." lui dis-je.
Il s'exécuta sans un murmure. Il était un peu maladroit mais la chaleur de sa bouche était agréable. Lorsque je me sentis pleinement excité, je le fis se retourner et mettre à quatre pattes, et commençai à lui lécher l'anus, pendant un bon moment, jusqu'à ce que je sente qu'il commençait à frémir de plaisir. J'en excitais le passage en alternant le doigt la pointe de la langue. Finalement, incapable de résister davantage, je le saisis, et me mettant au-dessus de lui, tentais de le pénétrer. Il était très étroit, et aussi très excitant. Graduellement, petit à petit, je réussis à le pénétrer pendant que mes mains le masturbaient et caressaient son corps magnifique, ferme et musclé, à la peau lisse et sans poils, fraîche comme une soie précieuse. Lorsque je fus complètement en lui, je commençais de longues et tranquilles poussées, profitant de cette virginité conquise, jouissant de cette union si agréable. Immobile, il me laissait faire.
Quand je me sentis au bord de l'explosion, je ralentis. Je ne voulais pas jouir trop vite, je voulais profiter de lui le plus longtemps possible. Quand mon excitation redevint supportable, je recommençais à bouger en lui, attentif à lui donner aussi du plaisir. Sa respiration de plus en plus rapide, haletante, me disait que je réussissais à lui donner des sensations intenses. Cette chevauchée joyeuse dura un grand moment, jusqu'à ce que je ne sois plus capable de me contrôler et que je jouisse en lui. Pendant les dernières poussées, alors que je le remplissais de ma semence, son membre que je tenais toujours en main se mit à palpiter fortement et bientôt, il jouit à son tour.
Enfin, repu, je me séparai de lui. Il restait immobile, toujours à quatre pattes.
"Reposons-nous un moment... Assieds-toi, je veux t'embrasser" lui dis-je.
Il se tourna et s'assit, mais je m'aperçus que ses yeux étaient pleins de larmes.
"T'ai-je fais mal, Riza ?" Lui demandais-je, désolé.
"Non, pas vraiment."
"Alors, pourquoi ces larmes ?"
"Parce que je me sens humilié. Je ne me sens plus un homme, maintenant. Tu as tué mon âme."
"Ne penses-tu pas que tu exagères ?"
"NON ! Je ne suis plus un homme."
"Mais personne ne le saura jamais." Lui mentis-je, pensant à mes amis cachés à coté.
"Je sais que c'est arrivé, et ça me suffit."
"Mais tu es le même qu'avant, Riza. Quel est le problème ?"
"Non."
"Je ne comprends pas. Pourquoi..."
"Pourquoi ? Parce que j'ai découvert que... après tout, j'aimais ce que tu me faisais. Si je n'avais pas aimé, je n'aurais jamais eu d'orgasme, vois-tu ? Et donc, je ne suis pas un homme."
"Sornettes ! Le corps est le corps, et il répond aux sollicitations, c'est la nature. Et je t'ai masturbé, n'est-ce pas ? Bien sûr que tu as joui. Non ! Tu es toujours le même Riza qu'avant."
"Non, non. Peut-être que rien de pareil n'arrivera de nouveau, mais je sais maintenant que j'ai aimé être pris par un homme, et j'aurais à jamais honte de ça. Non, je ne suis plus le même qu'avant."
"Ecoute, si maintenant tu me prenais, te sentirais-tu mieux ? Si c'est ça, je suis prêt à te laisser me prendre."
"Non, merci. Ça ne changerais rien."
"Es-tu en colère contre moi ?"
"Non. Si j'ai aimé, ça n'est pas ta faute."
"Peut-être que si. J'ai fais tout ce qu'il fallait pour te le rendre agréable. Et c'est aussi moi qui t'ai amené à accepter un rapport avec un homme. Maintenant, je me sens responsable."
"La nuit est longue. Que veux-tu que je fasse, maintenant ? Veux-tu me prendre encore. Ou veux-tu que je te donne du plaisir avec ma bouche ?"
"Non, Riza. Arrêtons-nous là. Si tu veux encore refaire l'amour avec moi, tu reviendras plus tard, si tu le souhaites. Maintenant tu es libre. Regarde, je déchire ta reconnaissance de dette. Tu l'as payée, et même au-delà."
"Mais... aimes-tu les hommes ? "
"Oui, beaucoup. Et tu me plais beaucoup. Tu es un des plus beaux hommes que j'ai jamais eus, un des plus désirables."
"En as-tu eu beaucoup ?
"Oui. En dix ans, j'ai eu de nombreuses expériences."
"Si tu me dis que je suis libre de partir, je vais y aller. Mais j'aimerais revenir pour parler avec toi..."
"Tant que tu voudras, Riza. Je voudrais être ton ami... si tu le peux."
"Maintenant, un lien spécial nous unit. Tu m'as révélé à moi-même. Et tu es le seul à le savoir."
"Ne dis pas ça. Tu es seulement troublé. Demain, tu verras les choses sous un autre angle. Rentre chez toi, maintenant."
Riza se rhabilla et quitta ma maison. Alors mes témoins sortirent de derrière le rideau.
Nous remplissions le dernier reçu quand je dis, "Je me sens désolé pour Riza. Cette victoire me pèse..."
"Pourquoi ça ? Et de toute façon, ce qui est fait est fait. Tu as droit à tes soixante-quatre pièces d'or, tu les as gagnées."
"Je ne veux en aucun cas qu'on sache que Riza à couché avec moi. J'abandonnerais plutôt ces soixante-quatre pièces."
"Même si tu le faisais, tu ne pourrais jamais être certain qu'aucun de nous n'irait parler à tord et à travers..."
"Mais si vous jurez tous, oui, je vous croirais. Je sais que tous, vous avez le sens de l'honneur."
"Hé, tu n'es pas en train de tomber amoureux de Riza, par hasard ?"
"Non... Mais je regrette de l'avoir blessé."
"Ce qui est fait est fait, Lorenzo. Chacun de nous à déjà juré, dés le début, de ne jamais révéler le secret de tes conquêtes, et si tu nous le demande, nous répéterons aussi ce serment pour Riza, si cela doit te tranquilliser. Cette affaire était la nôtre, non ? Et donc, voilà ton dernier reçu avec lequel demain tu pourras avoir les soixante-quatre pièces d'or que tu as gagnées. Je n'aurais jamais cru que tu pourrais faire l'amour, en quelques semaines avec les sept fils d'Ismail Egbal. Mais tu as réussi et gagné le pari. Je ne te promets pas que cette histoire restera secrète, elle est trop extraordinaire. Mais je te promets, en notre nom à tous, que personne ne prononcera le nom des sept frères. Nous ne révélerons jamais de détails qui pourraient révéler qui étaient tes conquêtes, ni qui tu es. Mais pendant des années, ton histoire sera chuchotée entre marchands."
"Alors, dites juste que j'étais un marchand arabe nommé Khaleb, et que les sept frères étaient des princes, fils d'un émir arabe. Et cette histoire s'est passée il y a des années, avant que nous même et aussi nos pères ne soient nés. En faites-vous la promesse ?"
"Nous le jurons, Lorenzo. Adieu et bonne chance."
J'étais maintenant riche, mais je n'étais pas satisfait.
Deux jours plus tard, Riza vint me voir. Nous parlâmes longtemps et je fis de mon mieux pour lui faire entendre raison, le rassurer.
Il me dit, "Tu m'as dit que tu avais vraiment aimé me prendre..."
"C'est vrai. Mais je regrette de t'avoir blessé."
"Pourquoi ?"
"Parce que... si toi aussi tu aimais les hommes... je crois que je pourrais tomber amoureux de toi. Tu es un homme splendide, Riza."
"Je ne me sens plus comme un homme, et encore moins splendide."
"Puis-je y remédier, d'une quelconque façon ?"
"Non, ce qui est fait est fait."
"Mais... ça t'a plût, n'est-ce pas ?"
"Oui, et le problème est là. Non, je ne suis pas en colère contre toi. Tu aimes les hommes et tu m'aimes. Tu as juste profité d'une occasion qui se présentait. J'aurais pu faire la même chose, à ta place. Mais maintenant... j'ai une faveur à te demander."
"Dis-moi. Si je peux, je ferais tout ce que tu me demanderas."
"Je... chaque fois que je te verrai ou que j'entendrai parler de toi... cette blessure se rouvrira, comprends-tu ? J'aimerais... j'aimerais que tu quittes Ispahan et... peut-être... un jour, cette blessure se refermera."
"Oui, volontiers. Je partirai dès que je pourrai, si cela peut te soulager."
"Vraiment ? Je pensais que tu n'accepterais pas... Je te remercie. Alors, avant que tu ne partes... Je voudrais essayer de faire encore une fois l'amour avec toi. " dit Riza en rougissant légèrement. Puis il ajouta, "Tout de suite si tu veux."
Nous fîmes alors l'amour de nouveau, et toute la nuit cette fois.
Pendant les jours suivants, je soldai mes affaires et dis au revoir à tous mes amis. Puis, avec mes marchandises, je me joignis à une caravane, après avoir confié mon or à un marchand de Pise pour qu'il le dépose à Venise, sur un compte à mon nom. Enfin, avec Ibrahim et deux autres esclaves achetés à Ispahan, je quittai la ville."
"C'est dommage que Riza n'ait pas aimé les hommes, n'est-ce pas Maître ?"
"Chacun est comme il est. Et puis, qui sait si nous aurions bien été ensemble ?"
"N'avez vous gardé aucun souvenir de Riza ?"
"Seulement les dés que j'ai utilisés contre lui."
"Et la dernière nuit que vous avez passée avec Riza, fut-elle belle ? En conservez-vous un bon souvenir ?"
"Oui. Peut-être parce que Riza, pour mieux se comprendre lui-même, peut-être par gratitude parce que j'avais accepté de m'en aller, fit l'amour avec moi sans réserves, avec beaucoup de spontanéité, jusqu'à l'aube du jour suivant."
"Qui sait si après, il a pu faire encore l'amour avec un homme ?"
"Je n'en ai pas idée. S'il l'a fait, peut-être a-t-il retrouvé sa vraie nature. S'il ne l'a pas fait, peut-être a-t-il retrouvé l'image de lui qu'il s'était construite. J'espère seulement que, quelle qu'elle soit, sa vie lui plaise."
"Maître ?"
"Dis-moi, Poletto ?"
"Comment m'aimez-vous ?"
"Je vais te l'expliquer..." répondit Lorenzo en prenant tendrement le garçon dans ses bras. Cette explication dura très longtemps...
Après qu'ils aient fait l'amour, même si c'était le milieu de la nuit, ils parlèrent encore.
Au bout d'un moment, Lorenzo dit au garçon, "Poletto, je voudrais que tu t'amuses mon garçon."
"Mais je m'amuse, Maître, toutes les nuits !"
"Petite fripouille, ne fais pas semblant de ne pas comprendre. Pendant le jour, je veux dire. Tu devrais passer plus de temps avec des garçons de ton âge."
"Mais maintenant que vous me laissez du temps libre, c'est ce que je fais, Maître."
"Ah. Très bien ! Et comment passes-tu ta journée ?"
"Je vais dans les églises pour y voir les merveilleuses peintures, je me promène en ville pour regarder les belles maisons et les beaux bateaux dans le port. Je m'arrête pour regarder les acrobates, les vendeurs ambulants et les charlatans. Je m'attarde aux vitrines des échoppes de produits précieux ou qui viennent de pays lointains."
"C'est bien beau. Mais trouves-tu le temps de jouer avec des garçons comme toi, de bavarder avec des gens de ton âge ?"
"Parfois. Mais je voudrais pouvoir leur dire à quel point je suis heureux avec vous, toutes les nuits, mais vous savez que je ne peux pas. Alors comme je ne peux pas leur parler de ce qui est le plus important pour moi, j'ai bien peu de choses à leur dire. Et puis... les garçons de mon âge ne parlent que d'argent, de filles ou de bagarre... toutes choses qui ne m'intéressent pas et m'ennuient plutôt."
"Mais un jour au l'autre, tu finiras bien par rencontrer des garçons qui comme toi, aiment faire l'amour entre hommes. Ainsi tu pourrais en trouver de jolis et aimables avec lesquels tu pourrais faire l'amour, tu ne crois pas ?"
"Peut-être. Mais pas pour faire l'amour, Maître ! Le faire avec d'autre ne m'attire pas, je vous l'ai déjà dit."
"Bah, attends juste de trouver le bon, et tu verras à quelle vitesse tu changeras d'avis... Crois-moi."
"Je... je pense que j'ai déjà trouvé la bonne personne, vous, mon cher Maître. Mais peut-être êtes-vous fatigué de moi ?"
"Mais non, gros bêta ! Comment pourrais-je me fatiguer d'un splendide garçon comme toi, doux et sincère, affectueux et disponible, ardent et tendre tout en même temps ?"
"Alors si vous êtes content de moi, pourquoi essayez-vous toujours de me pousser à faire l'amour avec d'autres ?"
"Pour ton bien, mon garçon."
"Je sais où est mon bien, Maître, c'est vous. Et pas parce que vous êtes mon Maître, ni même parce que vous êtes riche, honoré et respecté. Si vous étiez un mendiant, je mendierai avec vous dans la rue, juste pour être avec vous."
"D'accord, Poletto. Cessons de nous poser des problèmes. Allons dormir. Bonne nuit, fais de beaux rêves."
"Bonne nuit mon cher Maître."