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histoire originale par Andrej Koymasky


pin LE MARCHAND DE VENISE
Ou
LES 24 NUITS DE LORENZO ET POLETTO
TREIZIEME NUIT
LORENZO PREND UNE FEMME

Lorenzo entra dans la chambre et trouva Poletto endormi dans son lit. Le garçon n'avait probablement pas réussi à rester réveillé aussi tard pour l'attendre. Déjà en proie à un subtil désir, il se déshabilla et il se glissa sous les couvertures auprès du garçon.

Celui-ci se réveilla et, navré, lui dit : "Pardonnez-moi Maître, je me suis endormi..."

"Mais maintenant que tu es réveillé, mon beau garçon, je te veux tellement ! Le sais-tu ?"

Poletto posa sa tête sur le bras de Lorenzo, se pelotonnant contre lui, réconforté. Le contact des deux corps nus les excita immédiatement.

"Et donc, mon cher Maître, hier vous n'avez pas repris le cours de votre histoire. Nous brûlions trop, tous deux de désir. Vous sentez-vous en veine de la reprendre, ce soir ?"

L'homme caressa la peau douce et nue du garçon, sous les draps, et demanda, "Avant ou après ?"

"Avant, cher Maître, avant. Comme ça, après, nous pourrons refaire ce que vous allez me raconter."

Lorenzo sourit, "D'accord, petite fripouille. Mais alors enlève ta main de là ou je te prends tout de suite ! Voyons voir. Je te parlais de... Où en étions-nous la nuit avant que je doive partir ?"

"Vous aviez réussi à faire l'amour avec chacun des sept frères, et puis Riza vous avait demandé de quitter Ispahan."

"Oui, c'est ça... J'avais alors vingt-six ans. Avec ma marchandise et trois esclaves supplémentaires que j'avais achetés, après avoir quitté Ispahan, je me joignis à la caravane de Abdullah Rameshi. C'était un mahométan né sur les berges de l'Indus, que j'avais rencontré à Ispahan et qui allait à Kaboul. Nous étions chargés de marchandises et bien armés car nous craignions les attaques de pillards sur la route.

Les pillards étaient terribles, sais-tu, mon Poletto ! Ils apparaissaient à l'improviste, et se lançaient sur les voyageurs, lorsque l'on s'y attendait le moins, avec leurs rapides chevaux. Ils vous entouraient et, avec leurs cimeterres acérés, vous taillaient littéralement en pièces, puis saisissaient vos biens, vos esclaves et vos animaux, et vous laissaient là, mort. Parfois, ils épargnaient les jeunes femmes, les garçons et les enfants, non par pitié, mais pour en faire des esclaves et les vendre.

La caravane avançait lentement, s'étirant le long de la route en long ruban. Abdullah chevauchait à mes cotés, en me racontant une de ses histoires sans fin. Je n'ai jamais su la part de vérité et la part de fantaisie qu'il y ajoutait. A coup sûr, la base de ses histoires était vraie, était vraiment arrivée, mais à chaque fois qu'il les racontait, il les embellissait de mille détails inventés. Mais comme le marchand était bon compteur, comme le sont presque tous les marchands, je les écoutais avec plaisir, de sorte que les heures de voyage passaient plus agréablement.

Lorsque nous arrivâmes à Kaboul, je décidai d'abord de m'y arrêter. Mon commerce était florissant, et mon Ibrahim était devenu pour moi plus qu'un esclave. En plus d'égayer mes nuits avec son immuable impétuosité, je l'avais mis en charge des trois autres esclaves que j'avais achetés, et il était devenu une sorte de conseiller et de régisseur."

"Faisiez-vous aussi l'amour avec les autres esclaves, Maître ?"

"Parfois, mais d'habitude, je préférais Ibrahim. Sa personnalité ressemblait à la tienne, vois-tu, et il me plaisait beaucoup. Et pas seulement pour faire l'amour avec lui, mais parfois juste pour être ensemble."

"Alors... je vous plais un peu aussi, Maître ?"

"En doutes-tu ? Tu le sais bien, non ? Donc comme je disais, je m'arrêtais quelques temps à Kaboul puis je décidais de reprendre ma marche vers l'Orient."

"N'avez-vous pas eu de belles aventures amoureuses à Kaboul qui vaillent d'être racontées ?"

"Non, rien de spécial. Les gens là-bas sont surtout des montagnards, des gens un peu frustres, méfiants avec les étrangers. Il n'est pas aisé de s'en faire des amis. Une fois, j'avais essayé avec un garçon qui avait accepté mes avances, et au moment le plus excitant ses frères sont arrivés qui nous ont tous deux rossés. Et donc, ayant entendu qu'Abdullah avait décidé de rentrer en Inde, je me joignis à sa caravane et quittai Kaboul.

La route serpentait, en lacets de plus en plus serrés, escaladant la montagne, cachée dans les bois. Arrivant à un endroit où la vallée s'ouvrait légèrement, la caravane s'arrêta.

"C'est un bon endroit pour passer la nuit." dit Rameshi

"Mais il reste encore au moins deux heures de jours." objectais-je.

"Oui, mais au coucher du soleil, nous serions à un endroit où il n'y aurait pas une place suffisante pour former un cercle et nous défendre. C'est le meilleur endroit de cette portion de piste. Ici, nous pouvons allumer des feux, nous avons de l'eau, et si l'on essaye de nous attaquer, ce devra être en montant, et donc en position de faiblesse. Les nuits sont très froides dans cette vallée. Trouve un coin bien abrité, et surtout, garde ton esclave favori très proche de toi cette nuit." dit Rameshi en riant.

J'acquiesçai en souriant. Puis j'appelai Ibrahim et lui dis, de préparer avec l'aide des autres esclaves un espace bien abrité pour la nuit. Comme d'habitude, les esclaves installèrent un grand carré, un peu plus vaste que ce lit, mettant toutes les marchandises sur les trois côtés, les animaux autour, et nos couvertures à l'intérieur. Enfin, face à l'ouverture, dirigée vers le centre du cercle de la caravane, ils allumèrent un feu et préparèrent à manger.

Tout le camp était fébrile d'activité, Rameshi veillant à ce que chaque chose soit faite correctement. Des nombreux feux s'éleva bientôt une odeur alléchante. Le soleil venait de se coucher quand ils commencèrent à manger, partageant ensemble les plats que chacun avait préparés, suivant la coutume. Puis quelqu'un sortit les instruments de musique et commença à jouer et chanter. Alors, un des esclaves de Rameshi, un très beau garçon, commença à danser et bientôt d'autre se joignirent à lui.

Le jeune garçon dansait d'une manière très sensuelle et je m'aperçus que beaucoup suivaient son mouvement, les yeux brillants de désir. Un de mes esclaves semblait fasciné par le garçon et je me dis avec amusement qu'à ce moment, il devait avoir une fantastique érection. Un peu plus tard, gagné par la fatigue, je souhaitais une bonne nuit à Rameshi et fis signe à Ibrahim de me suivre. Le garçon arriva immédiatement, les yeux brillants, sachant très bien pourquoi je l'appelais.

A l'arrivée à notre camp, un agréable spectacle nous attendait. Un de mes esclaves était assis sur le sol, sa tunique relevée sur la poitrine, son pantalon ouvert, pendant qu'un autre, couché près de lui, la tête posée contre sa cuisse, suçait son large outil turgescent avec ardeur. Je retins Ibrahim de la main, et nous les regardâmes faire pendant un moment, inconscients d'être observés. Après quelques instants, celui qui était assis nous aperçut, eut un hoquet de surprise et repoussa son compagnon.

"Non, ne t'inquiète pas, continue. J'aime bien te regarder. Continue, toi, recommence à le sucer, et déshabillez-vous, ça sera encore mieux..."

"Mais il fait froid..." objecta Ibrahim.

"Non, nous allons les rejoindre et nous réchauffer tous ensemble." lui répondis-je en commençant à me déshabiller.

Commença alors une vraie orgie, et comme les trois autres esclaves que j'avais achetés à Kaboul arrivèrent peu après et se joignirent à nous, ce fût bientôt un mélange de membres et de corps excités. La frénésie se communiquait de l'un à l'autre et le désir allait croissant. J'étais entouré, couvert, couché sur des corps enchevêtrés. Tant de mains me touchaient, me palpaient, me caressaient, tant de bouches me cherchaient, me suçaient, m'embrassaient. Je touchais des torses musclés aux seins sombres et érigés, des jambes musclées et poilues ou fines et douces, des ventres plats ou tendus, mes mains exploraient de denses buissons de poils sombres, jusqu'à saisir des membres tendus de dimensions variées, mais tous palpitants, empoignant des derrières souples ou fermes, rencontrant des bouches chaudes et humides...

A un moment, alors que je prenais Ibrahim couché sur le dos, ses jambes repliées contre sa poitrine, juste à coté de nous, un de mes esclaves en prenait un autre exactement dans la même position. C'était un peu comme se voir dans un miroir, et je trouvais ça très excitant. Ibrahim tourna la tête et commença à lécher l'oreille de celui qui était couché à ses côtés. A son tour, le garçon tourna la tête et il s'embrassèrent pendant que leurs mains se tendaient pour se masturber mutuellement, secoués tous deux des poussées qu'ils recevaient par derrière.

A côté de nous, presque à nous toucher tant l'espace était réduit, un autre de mes esclaves, à quatre pattes, avait un de ses camarades dans le derrière, et un autre dans la bouche. Mais toutes ces positions changèrent bientôt. Je me mis à enculer l'enculeur à ma droite pendant qu'Ibrahim se glissait sous l'esclave à quatre pattes, commençant un bon soixante-neuf. Je sentis alors le pieu tendu d'un autre fouiller entre mes fesses et j'acceptai avec joie qu'il me pénètre. Quand j'en vis un se mettre debout, je l'attirai près de moi et me mis à sucer son outil avec avidité... Nous poursuivîmes ainsi jusqu'à de que, l'un après l'autre, nous jouissions. Enfin, les rassemblant tous près de moi, et nous couvrant de nos couvertures, nous glissâmes finalement dans le sommeil.

Aux premiers rayons du soleil, je me réveillais en sentant une bouche glisser de haut en bas sur mon membre dur. C'était le plus jeune de mes esclaves, un nubien de seize ans. Je regardais aux alentours, tous les autres étaient déjà partis. Je laissais le garçon finir ce qu'il avait commencé, puis nous nous levâmes aussi.

Après une toilette dans le torrent proche, la marchandise rechargée sur les animaux, nous reprîmes notre place dans la caravane. Bientôt Rameshi vint chevaucher à mes cotés.

"Lorenzo, as-tu entendu la nuit passée ce concert de gémissements et de grognements. J'ai baisé le garçon qui a commencé la danse. Il avait un cul en or, je peux te le garantir !"

"Non, je n'ai rien entendu, j'étais trop occupé avec mes esclaves..."

"As-tu eu des problèmes ?"

"Non, ils m'ont donné du plaisir !"

"Tous ?"

"Oui, tous ensembles. Je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire avec les six à la fois. Ça a été très agréable et amusant."

Rameshi éclata de rire, "Et moi qui pensais te rendre jaloux ! Le mien était seul, mais il a été bon, crois-moi. Mais pas autant qu'une de mes femmes, en tout cas." ajouta-t-il immédiatement, pour tenter de mettre les choses au point.

"Un homme qui sait y faire bat n'importe quelle femme." lui rétorquais-je.

"Oui, je sais que tu préfères les hommes. Chacun ses goûts. Le plus important n'est-il pas d'éviter un lit vide ?"

Nous reprîmes notre voyage.

Quelques jours plus tard, nous descendions les montagnes vers Peshawar, déjà en territoire indien, quand Rameshi se dressa sur ses étriers et se porta à l'avant de la caravane. Ce départ soudain me surprit, et je le suivis au galop. Quand je le rejoignis, il était sur le bord de la route et fouillait du regard le fond de la vallée.

"Que se passe-t-il, Rameshi ?"

"Je ne sais pas... Plusieurs chevaux au galop. Ils courent après quelqu'un."

"Des pillards ?" lui demandais-je, inquiet.

"Non, ça serait étrange. Ils viennent vers nous. Mais il vaudrait mieux nous préparer de toutes façons."

"Oui, je peux les voir maintenant. Le fugitif a assez d'avance. Penses-tu qu'il parviendra à échapper à ses poursuivants ?"

"Pourquoi ? Tu le soutiens ? Ca pourrait être un criminel..."

"Il est peut-être persécuté..."

"De toute façon, préparons-nous. Qui qu'il soit, cela ne nous regarde pas."

La caravane s'arrêta et tous les hommes armés se postèrent en avant, face à la vallée, attendant.

Je ne sais ce qui me prit, mais, impulsivement, j'éperonnai ma monture en direction du fugitif. J'entendis à peine les appels de Rameshi, les cris des membres de la caravane, j'étais déjà loin. En quelques minutes, je fus assez près du fugitif et je m'arrêtai de nouveau pour regarder. Il venait au galop dans ma direction, ne semblant pas s'apercevoir de ma présence. Je ne le distinguais pas bien. Soudain son cheval fit un écart, j'entendis distinctement son hennissement apeuré, et le cavalier fut projeté au sol où il resta, immobile.

J'éperonnai de nouveau mon cheval et en quelques instants, je rejoignis l'homme à terre. A cet instant, ses poursuivants n'étaient pas visibles. Je sautai de mon cheval, et me penchai sur lui. Il gisait comme un sac, inerte, renversé sur la route. Je le pris par l'épaule et le retournai. C'était un garçon d'environ vingt ans, aux traits fins et délicats, d'une incroyable beauté. Il était évanoui.

Dès ce premier regard je me sentis attiré par lui. Qui qu'il fût, je devais le sauver. Je pourrais peut-être m'en repentir, mais à cet instant, je m'en moquais bien. Mon esprit travaillait incroyablement vite. Je fouettai mon cheval qui, seul, remonta immédiatement la route vers la caravane. Le cheval du garçon avait disparu, peut-être avait-il fui dans la montagne, entre les bouquets d'arbres.

Je me saisis du garçon et le chargeai sur les épaules comme un sac et plongeai dans un proche fourré de buissons, me cachant au milieu. La pente à cet endroit était abrupte et il était difficile de garder l'équilibre. Mais me tournant vers la route, je vis qu'il était impossible de nous voir depuis là. Après quelques instants, j'entendis les poursuivant passer rapidement sur leurs chevaux, dépassant le point où le garçon avait chuté. Je m'enfonçais encore un peu dans cette sorte de gorge sauvage, toujours avec le poids mort du garçon sur les épaules.

Pendant ce temps, Rameshi vit mon cheval revenir seul. L'attrapant, il le confia à Ibrahim. Puis les poursuivants arrivèrent et stoppèrent devant les hommes armés de la caravane.

"Laisse-nous passer !" enjoignit l'un d'eux.

"Qui êtes-vous et que nous voulez-vous ?" demanda Rameshi.

"Nous sommes des soldats du Raja de Rawalpindi et nous poursuivons un fugitif."

"Ah, le cavalier qui est passé voilà un moment. Qui est-ce et qu'a-t-il fait ?"

"Il est passé ici ? Pourquoi ne l'avez-vous pas arrêté ?"

"Que voulez-vous que je sache de vos affaires ? Il était seul et apparemment désarmé, il n'était pour nous ni un problème, ni un danger. Nous l'avons laissé passer."

"Alors laissez-nous aussi passer. Nous devons le rattraper !"

"Mais qui était-ce, et qu'a-t-il fait ?" demanda encore Rameshi

"Ce ne sont pas vos affaires. Laissez-nous passer ou nous forcerons le passage avec nos armes."

"Nous avons plus d'armes et nous sommes plus nombreux que vous... mais vous pouvez passer, je ne veux surtout pas contrarier le Raja de Rawalpindi."

Les soldats recommencèrent leur poursuite. Quand ils eurent dépassé la caravane, Rameshi ordonna de reprendre la route.

Ibrahim, inquiet, lui demanda, "Mais où est mon maître ? Pourquoi son cheval est-il revenu sans lui ? Que lui est-il arrivé ?"

"Je ne sais pas. Descendons et regardons attentivement. Nous pourrons le trouver à terre, il est peut-être tombé de son cheval."

Entre temps, j'avais posé mon fardeau et vérifié qu'il n'avait rien de cassé. Il n'en portait pas les signes. Je l'examinais attentivement quand il ouvrit les yeux, me regardant avec inquiétude, presque apeuré. Il me parla dans un langage inconnu.

Alors, je lui dis en arabe, "N'aie pas peur, Je ne suis pas ton ennemi. Qui es-tu, pourquoi fuis-tu, loin de qui ou de quoi ?"

"Où sont-ils ?" répondit le garçon dans un arabe à peu près compréhensible.

"De qui parles-tu ?"

"Eux, ceux qui me poursuivent."

"Ils ont continué à monter la montagne, ils ne sont plus là."

"Que s'est-il passé ?"

"Ton cheval a fait un écart et t'a éjecté de ta selle. Tu as perdu connaissance. J'ai vu qu'ils te poursuivaient, alors je t'ai caché dans le bois. Ils ne t'ont pas vu et ont continué leur poursuite vers le col."

"Qui es-tu ? Pourquoi m'as-tu caché ?"

"Je suis un marchand de Venise. Je t'ai caché parce qu'ils te poursuivaient."

"Venniz ? Où est-ce ? En Mésopotamie ?"

"Non, beaucoup plus loin. Mais qui es-tu ? Pourquoi te pourchassent-ils ? Qu'as-tu fait ? Qui sont ceux qui te poursuivent ?"

"C'est une longue histoire... Ils ne doivent pas me trouver... Je n'ai rien fait de mal, je te le jure."

"Quel est ton nom ?"

"Hammira Gosvamin. Et le tien, étranger ?"

"Lorenzo Zorzi. Pourquoi ne me dis-tu pas pourquoi ils te poursuivent ?"

Il me raconta alors qu'il était le fils aîné du Raja de Chacval. Il était le dauphin de son père mais ne voulait à aucun prix prendre sa place. Alors son père l'avait confié au Raja de Rawalpindi pour qu'il le persuade. Le Raja de Rawalpindi était un cousin lointain de son père et un homme très puissant. Ce Raja l'avait gardé, presque comme un prisonnier, et lui avait donné le choix. Soit il se mariait avec sa propre fille et montait sur le trône de Chacval à la mort de son père, soit il le châtrait et le vendait comme esclave. Il avait donc décidé de fuir.

"La femme que tu dois épouser est donc tellement affreuse ?" Lui demandais-je sans croire le premier mot de son histoire.

"Je ne sais pas. Je ne l'ai vue que voilée. Mais ça n'est pas le problème. Je ne veux pas devenir Raja. Je veux vivre libre et tranquille."

"Et comment ce fait-il, si tu es un prince, que tu sois vêtu si misérablement ?" Lui demandai-je en montrant ses vêtements pauvres et déchirés.

Le garçon eut un sourire de commisération, "Pour fuir un palais, il vaut mieux se déguiser en serviteur, bien sûr."

"Tu sais, je ne crois pas un mot de ce que tu me racontes. N'es-tu pas un voleur qui tente d'échapper aux gardes ?"

"Crois ce que tu voudras. Tu m'as demandé mon histoire, je te l'ai dite." Le garçon me dit ça avec fierté, tentant de se relever, mais, avec une grimace de douleur, il retomba au sol.

"Qu'y a-t-il ? As-tu mal ?" Lui demandais-je.

"La cheville. Je l'ai peut-être tordue, où même cassée."

"Laisse-moi voir..."

La cheville droite était indéniablement enflée.

"Elle n'est pas cassée. Je t'ai soigneusement examiné tout à l'heure. Mais tu ne pourras pas marcher avant un moment."

"Es-tu médecin ?"

"Non, mais j'ai l'expérience de ces choses."

"Mais il me faut fuir, me cacher. Ils ne doivent pas me trouver."

"Je ne le veux pas non plus, surtout si tu risques d'être châtré. Mais c'est vrai ? Pourquoi ne me racontes-tu pas la vérité ? Je pourrais décider de t'aider..."

"Je te l'ai dite ! Pourquoi ne veux-tu pas me croire ?"

"Tu peux comprendre que ton histoire est complètement absurde, fantaisiste. Quelle preuve as-tu pour me convaincre ?"

"Aucune."

"Tu vois bien ! C'est dommage, parce que tu es un beau garçon et que tu me plais. Mais je ne peux pas te croire seulement parce que tu es beau."

Le garçon resta silencieux, les yeux baissés. Je caressais ses cheveux, qu'il portait longs, mais serrés en chignon sur la nuque. Ils étaient doux comme une soie précieuse.

"Il y a une chose qui n'est pas convaincante dans ton histoire. Pourquoi le Raja voudrait-il te châtrer si tu ne veux pas te marier et régner ?"

"Parce qu'il dit que si je refuse, je ne suis pas un vrai homme, et seuls les vrais hommes ont besoin de leurs attributs."

"C'est tellement absurde que ça doit être vrai. Pourquoi refuses-tu de régner ? Sais-tu combien de garçons donneraient un œil pour devenir roi ?"

"J'ai vécu toute mon enfance pour devenir Raja un jour. Et je n'aime pas ça. Le Raja est en réalité l'esclave de sa cour, des brahmanes, de ses femmes. Je n'aime pas ça. Il doit régner par l'astuce et la ruse, trahissant ses amis pour devenir encore plus puissant. Je n'aime pas ça. Il doit régner par la force et la terreur pour garder son peuple soumis. Je n'aime pas ça. Il doit lutter contre les Mahométans parce qu'ils ont choisi une autre religion, mais aussi contre ses frères Hindous, pour devenir plus puissant et il doit se méfier de tous... Et je n'aime vraiment pas ça !"

"Mais il vit dans le luxe et l'abondance. Il est puissant, honoré et respecté."

"Je m'en fiche."

"Et que voudrais-tu faire, alors ?"

"Être poète errant. Ou alors marchand, comme toi. Ou acteur... peut-être... Mais pas Raja ! Non, pas Raja !"

"Ecoute, je ne sais pas si ton histoire est vraie, mais tu es presque convaincant. Si tu veux, tu peux venir avec moi."

"Pour devenir marchand ?"

"Pourquoi pas ? Ne viens-tu pas de me dire que ça te plairait ?"

"Et vers où te diriges-tu ?"

"D'abord vers Peshawar, puis vers Lahore, et enfin vers Delhi."

"Nous devrons passer près des territoires de mon père, puis par Rawalpindi. Et c'est le contraire que je veux faire."

"S'ils te cherchent, ils ne penseront pas que tu puisses être sous leur nez. Et puis, tu peux te déguiser encore mieux, comme ça ils ne pourront pas te reconnaître."

"Tu as peut-être raison. Mais comment me déguiser ? Les gardes pourraient fouiller la caravane et me reconnaître."

"Si tu es déguisé en femme, en musulmane, voilée... Je pourrais dire que tu es ma femme... Je ne pense pas qu'ils oseraient poser la main sur toi."

Le garçon me regarda avec une expression étrange, "Tu as peut-être raison. Mais... ne serait-ce pas parce que tu veux gagner une récompense en me ramenant ?"

"Tu veux que je te croie et tu n'as pas confiance en moi ? "

"De toutes façons, maintenant que je suis à pied et boiteux, j'ai besoin de ton aide. Je l'accepte et je me fierai à toi."

J'entendais à présent le bruit de la caravane qui passait lentement sur la route, descendant vers la vallée. Je lui dis de ne pas bouger et je revins vers mes compagnons pour chercher de l'aide.

J'appelais Ibrahim, je lui demandai de me suivre avec deux chevaux et des vêtements de femme que j'avais dans mes marchandises. J'avais décidé de faire passer le garçon pour une femme devant le reste de la caravane. J'avais confiance en Ibrahim, je savais qu'il pouvait garder un secret, mais j'avais peur qu'un autre puisse le trahir, et donc il était plus simple que tout le monde croie que le garçon était une femme.

De retour à la cachette, aidé par mon esclave de confiance, nous déshabillâmes Hammira, et après lui avoir fait un bandage serré à la cheville, nous l'habillâmes en femme, voilant sa face. Tout en lui enlevant ses anciens vêtements et en lui mettant les nouveaux, j'en profitai pour le toucher à plusieurs reprises entre les jambes. La première fois il réagit avec un coup d'œil surpris, et un léger mouvement en arrière, mais il ne dit rien. La seconde fois, il me regarda de nouveau, et comme je continuais de le toucher, gardant mes yeux fixés dans les siens, il rougit et baissa le regard, mais sans bouger. La troisième fois, je le sentis légèrement excité, le membre palpitant, et j'en souris, satisfait.

Je dis alors, comme me parlant à moi-même, "Oui, il fera comme s'il était ma femme. C'est vraiment une bonne idée."

"J'espère que ce permettra au moins de me sauver..." murmura-t-il sans me regarder.

Je le mis sur ma selle pendant qu'Ibrahim nous suivait sur l'autre monture, et nous rejoignîmes la caravane. Bientôt des curieux commencèrent à poser des questions, comme je m'y attendais. Je leur répondis que c'était la femme que j'avais achetée depuis un moment grâce à un intermédiaire et qu'elle venait d'arriver. Dans tous ces pays, il est habituel d'acheter une femme et donc personne ne trouva ça bizarre et Maya, comme j'avais décidé d'appeler le prince fut accepté par tous comme ma femme.

Seul Rameshi vint près de moi et dit, "Cette femme, Maya m'as-tu dis, c'est la fugitive et tu en profites, n'est-ce pas? Tu peux me le dire, Je suis capable de garder le secret..."

"Tu as raison, elle fuyait le harem du Raja de Rawalpindi, dont elle n'était qu'une concubine subalterne... Mais elle est si belle que j'ai décidé de l'aider. Je veux vraiment la prendre pour femme."

Rameshi sourit, hocha la tête et ne posa pas d'autres questions.

L'escouade des poursuivants du prince repassa bientôt, dans l'autre sens, sans poser de questions. Nous continuâmes donc notre paisible progression. Le soir, nous nous arrêtions pour la dernière fois avant de pénétrer dans la ville. Ibrahim avait préparé une place isolée pour moi et "ma femme", et une autre pour lui et les autres esclaves. Après le dîner, je me retirais pour la nuit avec Hammira.

Le garçon me regarda pendant que je me déshabillais, et quand je me couchai près de lui, il me demanda, "Tu veux me prendre, c'est ça ?"

"Bien sûr, Maya, ma chère femme. C'est bien naturel qu'un mari couche avec sa femme, n'est-ce pas ? Prépare-toi, ça va être une nuit de plaisir."

Le garçon, sous la couverture qui nous enveloppait, se libéra de ses vêtements, et commença aussitôt à caresser mon membre qui durcit bien vite, palpitant.

Il me murmura alors, "Dis-moi, marchand, je te plais même si je suis un garçon ?"

"Oui, tu ne sens pas ?"

"Je l'ai deviné dès que tu m'as touché de cette façon, dans le bois."

"Cà ne te plait pas que je te désire ?" lui demandais-je.

Sa réponse fut une autre question, "M'enfileras-tu tout ce glaive ?"

"Bien sûr, après que tu l'aies bien préparé avec cette belle et sensuelle bouche."

"Je vais te faire jouir comme tu n'as jamais joui. Mais ne me trahis pas, tu me le promets ?"

"Si tu tiens ta promesse, je serais fou de te trahir. Allez, vas-y, oui, active-toi !"

Le garçon, qui jusque là avait paru timide et maladroit, se déchaîna. Il était vraiment plus qu'expert à donner du plaisir. Il savait susciter en moi le feu de la passion, m'emmener au paradis des plaisirs. Quand il vit que mon excitation était suffisante, il s'empala de lui-même sur mon pieu frémissant et, assis dessus, il le monta en cavalier accompli, rebondissant au grand trot sur la selle.

Pendant ce temps, ses mains courraient sur les parties les plus sensibles de mon corps, excitant des plaisirs subtils. Il ne m'avait pas menti. Le beau fugitif tenait pleinement ses promesses. Et à en juger par l'expression de ses traits que je distinguais à peine, lui aussi connaissait les joies du paradis.

Nous arrivâmes ensemble à l'orgasme, nous vidant en longs jets passionnés, moi à l'intérieur de lui, et lui, arrosant tout mon corps, atteignant même ma figure. Quelques gouttes atterrirent sur mes lèvres, que je léchai d'instinct, elles avaient le goût de l'eau de rose ! Le garçon me nettoya tendrement avant de se coucher sur moi, encore haletant.

"Es-tu content de la femme que tu t'es trouvée, marchand ?" murmura-t-il.

"Oui. Tu es l'un des garçons les plus excitants que j'ai jamais rencontré. Mais toi... ce n'est manifestement pas la première fois que tu fais ça avec un homme, tu es bien trop expert..."

"C'est un des esclaves de la cour de mon père, un garçon de Cochinchine, mon masseur personnel, le fils du masseur de mon père, qui m'enseigné l'amour entre hommes, quand j'avais quinze ans, et lui seize... Avec lui, j'ai eu des rapports enflammés, magnifiques. Il m'a appris comment contrôler les orgasmes et comment les déchaîner. Il m'a montré les points les plus sensibles du corps des hommes et comment les toucher."

"Etais-tu amoureux de lui ?"

"Non, mais je me sentais très bien avec lui, j'aimais beaucoup lui faire l'amour."

"As-tu été avec des femmes ?"

"Bien sûr. Mon père m'a donné en cadeau des esclaves juste pour ça. Elles me plaisaient bien, mais pas autant que mon Toung-chi. Il était mon vrai jardin des délices. J'ai été triste de le perdre quand mon père m'a envoyé à Peshawar. Sa compagnie me manquait pendant mes longues nuits solitaires."

"Est-ce la raison pour laquelle tu ne veux pas te marier ? Préfères-tu les hommes aux femmes ?"

"Peut-être aussi à cause de ça."

"Et à Peshawar, as-tu trouvé un autre garçon ?"

"Non, dans cette cour, j'étais tout le temps surveillé. De toute ma vie, tu es le deuxième homme avec lequel je peux faire l'amour. Tu n'es pas Tuong-chi, mais je t'aime bien."

"Plus ou moins que cet esclave ?"

"Ni plus ni moins. Tu es différent. Il était un garçon, comme moi. Toi, tu es un homme. Mais tu fais bien, très bien l'amour quand même. J'en avais vraiment besoin, merci !"

Quand nous rejoignîmes la caravane qui reprenait la route de la ville, Rameshi vint vers moi et me demanda, "Alors ce n'est pas vrai que les grâces féminines te laissent totalement indifférent comme je le pensais."

"Quand on trouve la femme qui convient, pourquoi mépriser ses charmes ?"

"Et cette... femme que tu t'es trouvée, est-ce la bonne ?"

"Oh oui, j'ai eu de la chance. Elle a du feu dans les veines, même si elle est encore jeune. Et elle sait y faire. Dans le harem du roi, ils lui ont bien enseigné comment donner du plaisir à un homme."

"Ha ! Tu as de la chance. Je languis de retrouver ma femme !" Conclut Rameshi en s'éloignant au petit trot."

"Mais Maître, Rameshi n'a jamais soupçonné que Hammira était en fait un garçon ?"

"Ni lui ni personne. Seul Ibrahim le savait."

"Et alors, avez-vous arrêté de faire l'amour avec Ibrahim ?"

"Je n'ai pas arrêté, et nous l'avons même quelque fois fait à trois."

"Et c'est bon de le faire à plusieurs ?'

"Parfois. Mais quand tu aimes vraiment quelqu'un, c'est bien mieux de le faire à deux. En fait coucher à trois, c'est agréable, mais pour faire l'amour, il ne faut être que deux, comprends-tu ?"

"Aimeriez-vous le faire avec moi et d'autres, tous ensembles ?"

"Je pense vraiment pas, Poletto, et toi ?"

"Oh non ! A moins que vous ne le désiriez, Maître..."

"Non, mon garçon. Je te préfère seul. Je ne veux pas te partager avec un autre !"

"Me laisserez-vous faire comme le bel Hammira fit la première fois ?"

"Tu sais bien que tu n'as pas à me le demander. Toutes les façons dont tu voudras me faire l'amour seront toujours merveilleuses pour moi. Tu sais qu'il me suffit de penser à toi pour te désirer, de te voir pour être excité, de te toucher pour te vouloir, de t'avoir pour être heureux."


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