Assis l'un en face de l'autre sur le grand lit, ils se caressaient mutuellement, goûtant l'excitation croissante de leur vis-à-vis. Au bout d'un moment le garçon lâcha un soupir.
"Qu'y a-t-il, Poletto ?"
"Je me sens si bien avec vous, Maître."
"Et moi avec toi. Je voudrais ne jamais cesser de te caresser, de te regarder, de te faire l'amour. Et même quand nous sommes à l'entrepôt, j'éprouve de plus en plus souvent le désir de me retirer avec toi dans un coin. Parfois, je regrette de ne pas t'avoir rencontré plus tôt. Toutes les aventures que je te raconte, maintenant que je t'ai, me semblent moins intéressantes qu'avant."
"Mais j'ai grand plaisir à vous écouter me les raconter. Et savez-vous, je crois qu'ainsi, je vous connais mieux. Allez-y, racontez-m'en encore, s'il vous plait."
"Désormais, je n'ai plus qu'une seule histoire à te raconter. Celle de ce soir sera donc la dernière, parce qu'après, la seule chose notable, et aussi la plus belle chose qui me soit arrivé... c'est toi."
"Est-ce donc alors une chose récente ?"
"Oui, c'est arrivé il y a seulement deux ans, et ce fut l'une des grandes joies de ma vie. C'est la vérité, je n'exagère pas. Souvent, les instants de bonheur, quand tu les vis, te semblent les meilleurs. Mais cette fois, c'était vraiment le cas. Mais commençons au commencement.
Il y a deux ans, le nouveau Doge à été élu et, comme tu le sais certainement, se sont tenues ces nombreuses et magnifiques cérémonies qui attirent toujours les puissants de la moitié de l'Europe. Venise était donc pleine d'étrangers et de gens en fête. Un matin, alors que je traversais la Place San Marco en venant du Palais Ducal où j'avais été invité à l'audience du nouveau Doge, je sentis une main se poser sur mon épaule et une voix me demander."
"Lorenzo ?"
Je me tournai et je vis deux visages qui me regardaient avec un léger sourire incrédule. J'eus un moment d'hésitation...
Puis je m'exclamai, "Flavio ? Alain ? Est-ce possible ? Est-ce vraiment vous ?"
"Oui ! Flavio avait raison, c'est vraiment toi, Lorenzo !"
"C'était il y a combien de temps, douze, treize ans ? Et que faîtes-vous maintenant, et comment se fait-il que vous soyez à Venise ? Quelle joie de vous revoir !"
Ils me racontèrent que depuis dix ans environs, ils vivaient en Provence où Flavio, grâce à son expérience passée de janissaire, était devenu le chef de la Garde du Comte de Provence, et Alain le responsable de sa flotte. Il faisaient partie de la suite du Comte à l'occasion de l'investiture du nouveau Doge. Ils vivaient toujours ensemble et ils étaient toujours amoureux. Tous les croyaient frères, et pour justifier leur célibat aux yeux du monde, ils se réclamaient tous deux des Chevaliers du Saint-Esprit, un ordre de moines soldats dont les membres continuaient à vivre dans leur maison, ne se rassemblant que pour des occasions particulières. Et de fait, ils portaient un uniforme pittoresque, blanc, or et rouge avec une grande colombe d'or brodée sur le coté droit de leur manteau.
Je fus immensément heureux de les revoir de nouveau, et eux de me voir. Ils me dirent que comme ils ne se rappelaient pas de mon nom de famille ils n'avaient pas pu me rechercher mais, à l'occasion de leur venue à Venise avec le Comte, se rappelant que c'était la ville dont j'étais originaire, ils espéraient que je sois de retour dans la ville et par-dessus tout être capable de me retrouver et de me reconnaître après toutes ces années.
Je leur demandai où ils logeaient. Ils me répondirent qu'ils étaient au Palazzo Foscari, avec leur Comte, lui-même marié avec une parente de la famille Foscari. Lorsque j'appris qu'ils resteraient à Venise pour toute la durée des cérémonies, je leur demandai s'ils voulaient venir dans mon palazzo et y être mes invités. Ils acceptèrent volontiers, et le même jour, ils vinrent chez moi.
Je leur racontai mes voyages et mes aventures après que je les ai quittés, et eux me racontèrent leur voyage vers la Provence et comment ils y avaient rencontré le Comte, entrant à son service. Nous parlâmes longtemps, le premier soir, avant qu'il ne soit l'heure d'aller au lit. Le jour suivant, je reçus une invitation de la famille Foscari pour une fête en l'honneur de leur invité, le Comtede Provence. Je m'y rendis bien évidemment et Flavio me présenta au Comte.
Le Comteconnaissant, évidemment pas dans tous les détails, comment j'avais aidé Flavio à fuir Istanbul pour retrouver son "frère", voulut me remercier parce que, grâce à mon intervention, il avait maintenant à son service deux hommes capables et fidèles comme Flavio et Alain. Il me conféra donc une marque d'honneur, le Collier de Sainte Marie Madeleine. Après la fête, je revins chez moi avec Flavio et Alain.
"Vous ne m'aviez pas dit que vous aviez parlé de moi à votre souverain" leur dis-je.
"C'est bien naturel. Tout au long de ces années, nous avons souvent parlé de toi entre nous. Et pas seulement parce que c'est aussi grâce à toi que nous sommes maintenant ensemble. Mais tu es aussi la seule personne avec laquelle nous ayons tous deux fait l'amour après que nous soyons tombés amoureux. Nous nous rappelons ce détail avec grand plaisir. Et d'ailleurs à ce sujet, la nuit passée Alain et moi nous disions que si nous avions la chance d'être de nouveau tous les trois ensemble, au moins pour quelques jours, et comme nous savons qu'à présent tu n'as pas de compagnon, nous voudrions partager ton toit, mais aussi ton lit... si tu le désires, bien sûr."
"Si je disais que je ne le désire pas, je serais un impardonnable menteur. Vous êtres tous deux plus matures que quand nous nous sommes séparés, plus beaux aussi, d'une certaine manière. De plus, je me sens une grande affection pour vous deux. Vous revoir et vous désirer encore a été tout un, instinctivement, naturellement."
"Flavio et moi nous demandons comment il est possible qu'une personne aussi belle et exceptionnelle que toi n'ait pas d'amant. Nous en avons été vraiment surpris, tu sais ?"
"J'ai eu de nombreuses amours et beaucoup de belles aventures, plein d'expériences avec des hommes de tous âges, de toutes les couleurs, les éducations, les caractères, les religions... Mais je n'ai toujours pas d'amant, c'est vrai. Je n'ai peut-être pas encore trouvé la bonne personne. Les quelques fois où je me suis senti attiré par quelqu'un, où j'ai compris que je tombais amoureux et que mes sentiments étaient partagés, il y a toujours eu un obstacle à mon amour."
"Je ne le crois pas possible. Tu vas tôt ou tard trouver la bonne personne, celle qui te conviendra. Mais à présent, assez de bavardage. Viens ici, Lorenzo. Laisse-nous, Alano et moi, te montrer notre affection."
Je me rapprochai d'eux et tous trois nous enlaçâmes étroitement en nous embrassant. Me sentir si près de ces deux corps virils et aimés me fit immédiatement frissonner d'une intense émotion. Je me laissai aller sous leurs caresses, leurs baisers, et soudainement je me sentis faible, d'une tendre faiblesse, presque comme dans un rêve. Je les laissais me déshabiller et me porter sur le grand lit. Je les vis se déshabiller l'un, l'autre, dans une sorte de rituel d'une beauté érotique, puis je les sentis de nouveau m'inclure dans leur chaude étreinte.
C'était beau. J'avais la claire sensation qu'ils ne faisaient pas l'amour avec moi, mais entre eux, et qu'ils m'avaient inclus dans leur amour. Oui, je pouvais sentir que je faisais réellement partie de leur amour, le comprends-tu ? Nos trois corps nus étaient si étroitement enchevêtrés qu'il était difficile de savoir où commençait l'un et où finissait l'autre et donc la caresse à l'un était également donnée à l'autre.
Ils me faisaient sentir que je n'étais pas un intrus. Je n'étais pas le "troisième". Et moi, j'avais le magnifique sentiment qu'ils n'étaient pas deux, mais une seule entité. Je ne suis pas capable de mieux l'exprimer, mon Poletto, mais ce n'était pas faire l'amour à trois, mais juste à deux. Moi, Lorenzo, avec lui Flavialain. Mais je pense aussi que Flavio faisait l'amour avec Alairenzo, et Alain avec Flavirenzo... Je ne sais pas si je m'exprime clairement, Poletto, mais je ne fais pas de jeux de mots. J'essaie juste d'en dire plus, vois-tu ?
Je pense que je n'ai jamais, de toute ma vie, ressenti une aussi belle impression, une telle sensation de fusion. Et puis la suave impétuosité avec laquelle nous nous donnions du plaisir l'un à l'autre, avec laquelle nous exprimions la joie de cette retrouvaille, une fois encore transpirait de nos corps avec tellement de naturel qu'elle faisait de cette union passionnée un poème d'amour. Et pour la première fois depuis une éternité, je ne pensais pas à comment donner du plaisir, je n'utilisais pas mon savoir faire, mais j'étais instinctif, vivant spontanément ces moments, ou plutôt ces heures de douce fusion.
Le même soir, ému par le torrent d'amour, qu'ils avaient tous deux déversé sur moi, je me sentis obligé de dire à Flavio comment j'avais fait tout ce qui était possible pour le conquérir, là-bas, à Istanbul, quand il s'appelait encore Abdul. Je lui confessais l'agression simulée que j'avais imaginée pour qu'il me conduise dans ma chambre et qu'il me touche, et aussi l'arrangement secret avec Guy, le matelot français. Et je lui demandais de me pardonner.
Flavio sourit, "Tu as été vraiment rusé, je dois l'admettre. Mais, bien évidement, tu es pardonné, pas seulement parce que tu as abandonné de si bon gré ta place à mon Alain, mais aussi parce que tu nous as aidés à nous échapper. Et parce que, si ça n'avait pas été Alain qui te demandait de lui faire l'amour la dernière nuit à Alexandrie, en Egypte, en dépit de ton désir pour lui, tu ne l'aurais pas touché du bout des doigts, même si vous dormiez dans le même lit. J'ai toujours pensé que tu étais quelqu'un d'exceptionnel, nous le pensons tous les deux. Et la sincérité dont tu fais preuve ce soir ne fait que nous le confirmer."
"Merci. Maintenant que je n'ai plus de secrets pour vous, vous voir m'accepter encore de la même façon, je me sens mieux, comme si j'étais... libéré."
Alain m'enlaça tendrement, et murmura, "Avec nous, tu dois toujours et seulement être bien. Tu es ce que nous avons de plus cher au monde, ne l'oublie jamais !"
Après cette nuit, durant la journée, je les emmenais voir les merveilles de la cité ou nous participions aux cérémonies, rites et fêtes, ou nous étions invités dans les palais des nombreux nobles et marchands fortunés pour des fêtes qui rivalisaient d'opulence et d'élégance. Mais le soir, de retour dans mon palais, après que les serviteurs se soient retirés dans leurs quartiers, nous nous rencontrions tous les trois dans la chambre que je leur avait attribuée, et nous y passions ensemble toute la nuit, un peu à faire l'amour, un peu à parler entre nous, un peu à dormir, jusqu'à ce que le jour nouveau nous replonge de nouveau dans la vie mondaine.
Quelles merveilleuses nuits c'étaient ! Après tout, même si nous dormions très peu, comme tu peux l'imaginer, aucun d'entre nous ne montrait le moindre signe de fatigue
J'avais remarqué une chose. Leur façon de faire l'amour avait gagné en maturité, était différente de celle dont je me rappelais. Elle dégageait à présent une douceur virile, et était si semblable que, si je fermais les yeux, je ne pouvais deviner qui me pénétrait ou qui s'offrait à moi, qui m'embrassait ou me caressait. Quand je recevais leurs membres puissants, un dans la bouche et l'autre dans le derrière, c'était comme si le même membre, mystérieusement, m'avait pénétré simultanément par les deux cotés. Et quand j'en suçais un et que je pénétrais l'autre, c'était comme si j'avais pénétré et sucé la même personne en même temps. Et aussi quand l'un me suçait et que l'autre me pénétrait, c'était comme si c'était un seul qui me pénétrait et me suçait à la fois. C'était merveilleux.
A côté des différences physiques, les cheveux, les figures, le membre circoncis et droit de Flavio, et celui, intact et légèrement courbe d'Alain, le torse glabre de Flavio marquée par la longue et sensuelle cicatrice, et celui recouvert d'une toison douce comme de la soie d'Alain... A côté de ça, ils faisaient maintenant l'amour d'une manière identique, merveilleuse. Ils étaient, et je le sentais, comme une unique entité. Quand on dit que deux deviennent un seul, et bien c'est ce qui s'était vraiment passé avec eux.
Je pense que s'ils étaient restés plus longtemps à Venise, je serais certainement tombé amoureux d'eux. Je veux dire pas de l'un d'entre eux, mais des deux ensembles. Je sentais aussi qu'il n'était pas simplement question pour eux de simples relations physiques avec moi, mais plutôt de me montrer dans sa totalité la profonde affection qu'ils ressentaient pour moi. C'était vraiment quelque chose de sublime.
Ce moment, pour moi, à coté d'être une magnifique expérience, a également été magnifique parce qu'il m'a fait comprendre à quel point toutes mes fameuses pratiques amoureuses n'étaient rien s'il n'y avait pas aussi ce sentiment merveilleux. Cela me plongea dans une profonde nostalgie d'un amour vrai. Oui, je pouvais toujours trouver des douzaines de corps de beaux mâles avec lesquels jouir, mais ce dont j'avais vraiment besoin, ce dont tout homme a besoin, c'est quelqu'un à aimer.
Oui, bien sûr, mon Poletto, sucer un bel outil, l'avoir dans l'un ou l'autre trou ou le mettre, est réellement beau et agréable. Mais le sucer par amour, le mettre ou le prendre par amour, même si physiquement, c'est le même geste, le même mouvement, devient quelque chose de totalement différent et de bien plus beau. Dans toute relation sexuelle, au-delà de l'aspect physique, il y a toujours au moins un peu d'amour. Si ça n'était pas comme ça, cela ne serait qu'un acte purement physique qui, après l'illusion du moment, te laisserait vide, assoiffé, et même plus qu'auparavant. Mais s'il y a un amour vrai, un amour total, alors le geste est transfiguré. Après tous cela, je peux t'assurer en toute sincérité que j'ai aimé tous ceux avec lesquels je me suis uni, mais je n'ai jamais rencontré la grâce du grand amour, et maintenant que je m'en suis aperçu, j'en ressens le manque.
Je l'ai confié à Alain et Flavio. Ils me dirent qu'ils pouvaient me comprendre, et que c'était vrai, mais de ne pas m'inquiéter, et qu'un jour je trouverais sûrement l'amour vrai, si j'étais seulement capable de le reconnaître à temps. Et bien... De toutes façons, j'ai passé avec eux des jours inoubliables, d'une beauté et d'une densité inhabituelle pour moi.
Un jour, alors qu'ils faisaient une visite dans mon entrepôt, je leur demandais s'ils ne préfèreraient pas, au moins par moment, se retrouver seuls ensemble. Ils me répondirent que non, tant qu'ils étaient à Venise, ils me voulaient avec eux.
"Pendant toutes ces années, depuis que nous avons quitté Alexandrie, et jusqu'à maintenant, aucun d'entre nous deux n'a fait l'amour avec un autre, même si nous n'avons pas manqué d'occasions. Il n'y a pas de place entre nous pour un autre. Mais toi... tu n'es pas quelqu'un d'autre, tu es notre Lorenzo. T'exclure en ce moment serait comme manquer quelque chose. Te faire une place dans notre amour nous semble le plus simple, le plus naturel, et la juste façon de te faire comprendre à quel point tu es important pour nous."
Oui, tous deux avaient indubitablement le même sentiment pour moi. Nous continuâmes donc à faire l'amour avec joie, jours après jours, dans un crescendo d'émotions. J'étais toujours entre eux. C'était beau, Poletto, crois-moi, de pénétrer le trou délicat d'Alain tout en étant pénétré par le membre puissant de Flavio ou de pilonner entre les fesses fermes de Flavio pendant qu'Alain dansait entre les miennes. C'était bon de se sucer simultanément dans un doux triangle de passion virile. C'était bon de s'endormir, rassasié entre ces deux corps virils et d'être de nouveau réveillé au cœur de la nuit, encore plein de désir, sentant deux bouches sur mon outil déjà excité ou sur mes seins érigés par le plaisir. C'était beau d'ouvrir grand la bouche pour recevoir ces beaux membres turgides unis ensembles jusqu'à ce qu'ils crachent tous deux leur charge que je buvais à longs traits, comme le voyageur qui trouve enfin la source où il pourra étancher sa soif. Et de ne pas pouvoir distinguer le goût de l'un de celui de l'autre.
Mais enfin arriva malheureusement le moment inévitable d'une nouvelle séparation.
"Vous me manquerez, mes amis."
"Tu ne nous manqueras pas, car tu seras toujours dans notre cœur."
Ces mots furent leur dernière leçon. Nous nous séparâmes. Physiquement. Mais je sais maintenant que j'ai toujours dans un repli secret de mon cœur mon Flavialain.
Nous fîmes une dernière fois l'amour, goûtant chaque moment de cette douce nuit de mutuelle dévotion. L'aube nous trouva encore unis dans cette triple étreinte, et ce n'est que quand le soleil fut haut dans le ciel, après avoir laissé une dernière fois libre cours à notre désir réciproque, que nous séparant à contre cœur, nous nous rhabillâmes.
Mais ne penses-tu pas que je sombre dans la sensiblerie, Poletto ?"
Le garçon regardait Lorenzo avec des yeux songeurs et lui répondit par un long soupir. L'homme lui ébouriffa les cheveux dans un geste affectueux et lui caressa la joue. Poletto répondit par un doux sourire, puis se pencha en avant et l'embrassa fougueusement, se serrant contre son corps, frottant son ventre plat et ferme contre l'érection croissante de l'homme. Il poussa alors un autre profond soupir.
"Pourquoi tous ces profonds soupirs, mon garçon. A quoi penses-tu ?" demanda alors Lorenzo.
"Je ne suis pas Flavialain, Maître. Mais j'ai pour vous une telle affection."
"Ah oui ? Et pourquoi une telle affection ? Parce que ma façon de faire l'amour te plait ? Parce qu'avec moi tu peux t'amuser et prendre du plaisir ?"
"Parce que vous êtes l'homme le plus exceptionnel que j'ai rencontré de ma vie. Et même si vous arrêtiez de me faire l'amour, je vous adorerais pour toujours. Je serai à vous toute ma vie, Maître, comme si vous m'aviez acheté. Et même quand vous trouverez votre vrai amant et que vous m'oublierez, je continuerai à vous servir avec la même dévotion et le même amour. Je jure que je ne ferai plus jamais l'amour avec personne d'autre, maintenant que je vous connais et que j'ai été à vous. Depuis que je suis avec vous, je n'ai fait l'amour avec personne d'autre, le saviez-vous ?"
Lorenzo sourit tendrement, "C'est presque une déclaration d'amour que tu viens de me faire. Mais tu es si jeune. Attends de rencontrer un beau garçon qui te fera tourner la tête et tu m'oublieras. C'est naturel, la vie est comme ça."
"Oh non, Maître. Il y a peut-être dans le monde quelqu'un de plus beau que vous, de plus excitant que vous, plus généreux que vous, oui, peut-être, même si j'en doute vraiment. Mais je ne le verrais même pas, parce que personne d'autre que vous ne m'intéresse, maintenant que je vous connais.
"Avant, pour moi, vous étiez juste le Maître, rien d'autre, mais ensuite vous êtes devenu ce bel homme avec lequel il était si bon de faire l'amour. Mais maintenant que vous m'avez ouvert votre cœur, que vous avez partagé vos souvenirs et vos sentiments les plus intimes avec moi, vous m'avez compètent conquis.
"Je suis maintenant votre esclave. Et le jour où vous voudrez me rejeter, le jour où vous ne voudrez plus que je reste à votre service, je me laisserai mourir... mourir d'inanition."
"Des mots, ce sont des mots, mon Poletto. Je ne dis pas que tu mens, non, mais que tu te fais des illusions. Quand tu sentiras les douleurs de la faim, tu changeras tout de suite d'avis", répondit Lorenzo en souriant.
Le garçon ne répondit rien. Lorenzo l'embrassa encore, lui faisant sentir son désir, et le jeune serviteur s'ouvrit joyeusement à cette étreinte virile, et il firent l'amour avec ardeur. Lorenzo, sentant la passion que le garçon y mettait, décida de lui donner le meilleur de lui-même, l'amena à cette extase qu'il était seul à savoir lui donner. Il fit longtemps l'amour à Poletto, avec une passion éreintante. Quand enfin le garçon hurla son plaisir, au sommet de l'orgasme, l'homme se vida en lui, partageant le même intense plaisir. Alors, abandonnés dans les bras l'un de l'autre, épuisés mais comblés, ils se laissèrent glisser dans un sommeil heureux.