Poletto regarda pendant longtemps les habits, les caressant des yeux, et les effleurant du bout des doigts. Puis, radieux, il se tourna vers Lorenzo.
"Tous ces merveilleux nouveaux vêtements sont-ils vraiment pour moi ?"
"Bien sûr. Je les ai fait faire spécialement pour toi. Comme tu travailles maintenant avec moi, je veux que tu sois toujours élégant. Veux-tu les essayer ?"
"Immédiatement, Maître."
Le garçon se déshabilla rapidement et passa les nouveaux vêtements.
"Ils me vont parfaitement... Comment avez-vous pu faire une telle chose, sans que le tailleur vienne prendre mes mesures ?"
"Je voulais te faire la surprise, aussi je lui ai donné une de tes livrées comme modèle. Les aimes-tu ?"
"Je me sens même trop élégant, maintenant. En les portant, je ne me sens plus un page, mais un vrai, un parfait gentilhomme."
"Oui, c'est vrai. Et ils te vont vraiment bien. Mais maintenant... laisse-moi te déshabiller. Tu sais que je te préfère tellement quand tu es nu, non ?"
"Vous aussi, Maître, êtes bien plus beau quand vous êtes nu !"
Ils se déshabillèrent l'un l'autre et montèrent sur le lit. Poletto se lova immédiatement contre le corps de l'homme qui frissonna de plaisir à son contact. Lorenzo le caressa, immédiatement imité.
Puis, après lui avoir donné un baiser, il lui, dit, "Voilà, maintenant il me reste très peu à te raconter. Mais veux-tu quand même que je te raconte une de mes histoires ?"
"Bien sûr, je veux tout savoir de vous, jusqu'au jour où vous m'avez pris à votre service..."
"Et bien quand finalement j'arrivai à Venise, je changeai immédiatement ma lettre de crédit. La somme que j'avais amassée, ajoutée à toutes celles que j'avais envoyées sous mon nom à divers marchands de Venise, faisait de moi un homme assez riche. Après que j'ai sans problèmes rassemblé mon argent, je décidai d'acheter un entrepôt sur le port ainsi ce palais en ville et je m'installais confortablement. En moins d'un mois, Venise fut au courant de mon retour et de ma fortune. Mais je ne connaissais personne et je me sentais plutôt seul.
L'aristocratie et la bourgeoisie, ici, à Venise, sont plutôt fermées. Sans doute, avec le temps, je pourrais réussir à me faire accepter et à être invité, mais je savais que cela prendrait très longtemps.
J'étais encore en train d'aménager ce palais quand un messager arriva du Palais Ducal. Le secrétaire particulier du Doge, qui à cette époque était Marco Querini San Polo, me convoquait. Je m'y rendis, quelque peu inquiet. Mon inquiétude s'accrut quand, à peine introduit en sa présence, il m'accueillit en me disant que des enquêtes avaient été conduites sur moi. Je ne comprenais pas où il voulait en venir.
Il me dit que les procès-verbaux des différentes enquêtes étaient maintenant là, en face de lui et qu'il ne dépendait que de lui de les rendre publiques, en tout ou en partie, de les ranger aux archives ou même de les détruire. Je lui demandai alors ce que ces documents contenaient de si important et délicat qu'ils vaillent d'être soit publiés soit détruits.
"Tous les rapports vous décrivent comme un homme aisé, plein d'expérience, rompu au commerce malgré votre âge. Toutes qualités en honneur dans la Sérénissime République, comme vous le savez sûrement. Vous pourriez devenir une des figures illustres de cette cité et aussi, peut-être, dans un futur pas si lointain, être inscrit dans le cercle des patriciens de la République.
"Mais comme vous l'imaginez bien, nous gardons toujours un œil sur nos citoyens potentiellement influents, pour sauvegarder le renom de la Sérénissime et protéger la République des éléments mal intentionnés. Et donc, comme les informations au sujet de votre enfance et de vos réelles origines vénitiennes manquaient, j'ai ordonné une enquête en profondeur dans nos archives, principalement au sujet des années passées, plus précisément celles où vous êtes né et où vous avez vécu dans notre cité bien-aimée.
"Il en est ressorti qu'un certain Lorenzo Zorzi a effectivement existé. Et nous avons aussi été assez heureux pour retrouver le beau-père de ce Lorenzo, toujours vivant. Il est actuellement en prison pour meurtre, mais toujours vivant. Je me suis personnellement déplacé pour l'examiner, savez-vous... et il m'a déclaré que le garçon, son beau-fils, se... prostituait auprès d'hommes de la cité et d'étrangers... J'ai ici sa déclaration. Nous savons très bien qu'il pourrait avoir menti, des mensonges qu'il pourrait m'avoir fournis pour d'obscures raisons. Mais comme il m'a communiqué les noms de nobles qui, à l'en croire, auraient fréquenté ce Lorenzo Zorzi, je leur ai demandé, bien sûr sous le sceau d'un total anonymat et de l'immunité, de confirmer ces allégations.
"Et bien certains d'entre eux, voyez-vous, ont confirmé que ce Lorenzo Zorzi se prostituait effectivement... Vous savez que selon nos très justes lois, les mâles ayant commerce sexuel avec leurs semblables sont punis de mort... Bien sûr seulement au cas ou le crime serait porté à la connaissance du public. Et vous savez aussi que au cas où il n'aurait pas de famille, tous ses biens sont confisqués au profit de la Sérénissime République...
"Mais d'autre part, un bon avocat, et il y en a beaucoup dans la cité, pourrait argumenter qu'il ne s'agissait que d'une erreur de jeunesse, et que tant d'années se sont écoulées depuis cette époque... Ou aussi que vous n'êtes pas le même Lorenzo Zorzi et qu'il ne s'agit que d'une regrettable homonymie...
"C'est pourquoi, pour éviter une impardonnable erreur, je devais être certain que non seulement vous étiez le même Lorenzo Zorzi que celui des procès-verbaux, mais aussi que vos crimes n'étaient pas seulement une erreur de jeunesse, mais que vous persistiez à trouver du plaisir aux rapports sexuels avec des gens du même sexe...
"Comme la scrupuleuse personne que je me targue d'être, pour être absolument certain de ne pas me fourvoyer, j'envoyai mes hommes à la recherche des jeunes prostitués qui se pervertissent dans cette cité et, leur assurant ma protection, je leur demandai d'essayer de vérifier si vous aimiez ou non vous unir charnellement avec des hommes... Et voilà leurs témoignages sous serment, tous très cohérents... Vous avez conduit dans votre lit pas moins de onze de ces garçons ces derniers mois ! Avez-vous quelque chose à dire ?"
Je me sentis perdu. Mais l'expérience m'avait appris à ne pas renoncer si facilement. Je réfléchis un moment et pensai qu'il m'avait évidemment convoqué pour me faire une proposition. Si cela n'avait pas été le cas, il ne m'aurait pas envoyé un messager pour me convoquer mais directement des gardes pour m'arrêter.
Je répondis donc, "Excellence, je ne peux pas nier l'évidence des faits. Je suis entre vos mains. Je n'essayerai même pas de me justifier. La seule chose que je puisse dire, c'est que j'ai toujours fait de mon mieux pour ne pas rendre public cette facette de ma vie, de ma personnalité. Mais votre intelligence et votre perspicacité ont pu exhumer ce que je croyais être un secret bien caché. Je suis par conséquent totalement à votre merci."
Il opina et laissa paraître un léger sourire. "Je vois que vous ne manquez pas de sagesse. Si j'avais déjà décidé de vous dénoncer, je ne vous aurais pas convoqué ici au Palais. Non. A présent la suite dépend de vous, et seulement de vous. Mais maintenant que j'ai eu la chance de vous rencontrer... je serais vraiment désolé de devoir poursuivre..."
Au début, je me dis qu'il voulait de l'or, des bijoux, de l'argent. Mais sa dernière phrase me fit penser d'une manière différente. Je n'en étais pas sûr, mais je ne pouvais commettre un impair qui reviendrait à me faire tomber de fièvre en chaud mal.
"Dites-moi, je vous en prie, ce que je dois faire pour être reçu dans la Sérénissime comme un bon fils et un digne citoyen. Guidez-moi, je vous en prie, Très Excellent." lui dis-je donc finalement.
"Ces jeunes... prostitués, que j'ai personnellement interrogés... tous m'ont dit que vous étiez très particulièrement doués pour... les arts de l'amour. Presque tous m'ont chanté vos louanges, savez-vous ? Cette affaire m'a rendu curieux. Etes-vous si... exceptionnel ?"
J'étais de plus en plus sûr d'avoir vu juste. Je répondis, "J'ai une vaste expérience après avoir personnellement testé dans le secret des alcôves le comportement de différents hommes et de différents peuples. Mais, voyez-vous, il n'est pas aisé de se juger soi-même. D'autres le feraient bien mieux que moi."
Le secrétaire se gratta légèrement la tête sous sa perruque, puis me dit avec une sorte de clin d'œil, "Vous me rendez curieux, Lorenzo Zorzi. Oui, vous excitez vraiment ma curiosité. Vous savez... j'ai le pouvoir de faire de vous un condamné à mort ou alors un citoyen de la Sérénissime au-dessus de tout soupçon... Que pouvez-vous me dire pour me convaincre de choisir la seconde hypothèse... et donc de faire disparaître à jamais tous ces papiers compromettants ?"
"Une personne aussi noble, riche, crainte et respectée que vous n'est certainement pas tentée par l'argent, par les richesses... Une telle pensée serait une réelle offense. Mais si votre excellence daigne me montrer sa bénignité... je saurais à mon tour lui montrer ma reconnaissance de tout mon être, même si je sais très bien que, aussi loin que je puisse aller, cela ne sera jamais suffisant pour régler complètement ma dette."
Nous jouâmes ainsi à nous renvoyer la balle, chacun attendant que l'autre dise clairement ce qui était maintenant évident. Cependant, je me demandais comment je pourrais aller au lit avec un homme dont je ne voyais rien d'autre que le visage et les mains, tout le reste étant couvert et dissimulé par sa somptueuse et opulente robe de cérémonie, et sa remarquable perruque. De toutes façons, même si cela ne devait pas être très agréable, j'étais plus que d'accord pour payer ce prix pour sauver ma vie.
Le secrétaire dit alors, "Il est bien évident que je ne laisserais pas l'or ou l'argent me corrompre. Non. Mais je ressens de la sympathie pour vous qui êtes dans la fleur de la virilité et de la vie. Je ne vous le cacherai pas. Et donc... je voudrais pouvoir vous aider, voyez-vous ? Mais vous... Sauriez-vous être discret sur ce sujet. Seriez-vous capable de vous comporter comme un vrai gentilhomme ?"
"Si vous me connaissiez mieux, Très Excellent, vous n'auriez pas le moindre doute à ce sujet. Les gentilshommes que vous avez interrogés à propos de mon adolescence pourront vous le confirmer. Même si j'étais à cette période un très pauvre garçon, ais-je jamais tenté de profiter de leur bienveillance ou de leur protection ?"
"Non, jamais, c'est vrai. Même votre beau-père m'a dit qu'il n'avait découvert vos relations qu'en vous espionnant, mais que vous aviez toujours tout nié. Après tout, celui qui vous voulait du mal a, dans un certain sens, témoigné en votre faveur... En plus d'être bel homme, vous me donnez l'impression d'être un homme de bon sens. Je voudrais avoir l'opportunité de mieux vous connaître, pour prendre à votre sujet les bonnes décisions."
"Je me sentirais heureux et honoré que vous me connaissiez de la façon le plus complète et... intime possible. Dites-moi juste ce que je dois faire..."
"Oui, je pense vraiment que cela doit valoir la peine de vous connaître plus intimement. Et... j'espère aussi que c'est une expérience plaisante..."
"Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour la rendre plaisante, Très Excellent."
Le secrétaire sembla soudain perdre toute prudence. Il me regarda droit dans les yeux et dit, "Lorenzo, ne me déçois pas au lit et ma protection ne te manquera jamais. J'aime les hommes, pas les garçons. Montre-moi que tu es vraiment un homme. Les garçons m'ont dit que tu étais bien monté et que tu savais bien t'en servir. Est-ce vrai ?"
"En voulez-vous la preuve dès maintenant ?"
"Non, pas ici. Mais viens plus près, je veux la sentir sous tes vêtements. Oui, c'est bon... La nature a été généreuse avec toi, je peux m'en apercevoir. J'en ai l'eau à la bouche. J'ai aussi entendu dire que tu peux le faire plusieurs fois de suite... Est-ce vrai ?"
"Bien sûr, Très Excellent."
"Bien, bien. Et que préfères-tu faire ?"
"En fait, tout, très Excellent."
"Aimes-tu la rentrer dans un cul avide ?"
"Bien sûr, Très Excellent, j'aime la rentrer jusqu'au fond et puis pistonner énergiquement."
"Et où aimes-tu aussi la mettre ?"
"Dans une bouche vorace et brûlante, Très Excellent."
Pendant que nous échangions ces propos, il continuait à me tripoter entre les jambes, me la faisant grossir entre ses doigts. Il en bavait presque. Je compris ce qu'il attendait de moi et je lui tendis une perche. Il aimait les choses crues, pas les causeries romantiques.
"Et que lui ferais-tu, à mon oiseau, Lorenzo ?"
"Je lui ferais rendre du lait, Très Excellent."
"Mais comment, Lorenzo ? Dis-moi, avec les mains ou... avec quoi ?"
"Avec ma bouche, Très Excellent. Je serais ravi d'être autorisé à lécher et sucer votre oiseau, jusqu'à ce que tout son lait s'en échappe sous l'effet du plaisir."
Il arrêta de me tripoter, fit un rouleau des papiers me concernant, se leva, me prit par le bras et me dit, me regardant droit dans les yeux, "Et quand me donneras-tu du plaisir avec ta virilité ?"
"Chaque fois que vous voudrez... Dès maintenant par exemple..."
"Alors cessons de perdre du temps. Viens avec moi dans mon palais, mon cher Lorenzo. Je brûle de te mettre à l'essai." Il tira sur le cordon de soie d'une sonnette et un valet entra aussitôt. "Fais préparer ma gondole. J'ai fini pour aujourd'hui. Dis leur que je suis pressé, je descends." Puis, s'adressant à moi, il dit, "Attends-moi quelques instants, je vais enlever cette robe et nous y allons."
Dès que nous fûmes dans son palais, nous allâmes dans ses appartements où il donna instructions à ses serviteurs de ne le déranger sous aucun prétexte, et de n'autoriser personne à pénétrer dans ses appartements, pas même sa femme ni ses filles. Ainsi, ayant soigneusement verrouillé la porte, il me guida vers sa somptueuse chambre à coucher et commença à se déshabiller, m'invitant à en faire autant. Pendant qu'il se déshabillait, je l'observais. Son corps n'était pas si mal pour un homme de son âge, et la toison argentée qui couvrait son torse sec lui donnait une certaine sensualité. Je pensai alors que les choses seraient moins pires que ce que j'avais imaginé. Entre ses jambes pendait un battant qui bien que n'étant pas exceptionnel, était loin d'être ridicule. Lui aussi regardait mon corps avec une évidente satisfaction, à mesure que je le lui révélais, et quant il vit mon gourdin à moitié érigé, il fit part de son appréciation.
"Magnifique, magnifique ! Viens là, bel étalon !"
"Oui, Très Excellent."
"Assez, plus d'excellence ! Maintenant que nous sommes nus, tu peux me tutoyer. Et comme tu es à l'essai, dis-moi comment tu compte commencer, vilain garçon !"
"Couche-toi sur le lit, je vais commencer par te lécher le battant, jusqu'à te faire crier de plaisir, et le faire devenir plus dur que le sceptre du Doge !"
"Oui, gros cochon, et puis ?"
"Et puis je vais te lécher le trou du cul jusqu'à ce que tu me supplies de te l'enfoncer."
"Oui, mon étalon en rut... et puis ?"
"Et puis je vais te la pousser toute dedans, et pistonner comme un pilon dans un mortier, jusqu'à ce que tu te tortilles et te cabres comme une jument en chaleur."
"Oh oui, bien, oui, et puis ?"
"Et alors tu rendras mon battant encore plus dur en le léchant et en le suçant avec ta bouche cochonne, et je te le pousserai au fond de la bouche, et je te noierai de mon bon lait de mâle en rut."
"Bien, bien. Et alors ? Et alors ?"
"Alors j'y retournerai encore, je pousserai mon battant dans ce four brûlant qu'est ton cul, et je te baiserai de toutes mes forces jusqu'à ce que ce que je remplisse tes tripes de mon foutre. Et enfin je sucerai ton battant et je l'enroulerai et l'épuiserai jusqu'à ce que tu gicles sur ma figure..."
Il se coucha, les jambes bien écartées, et je commençais ce programme. Au bout de très peu de temps, il était complètement parti. Quand le pénétrai, je notai avec plaisir que son cul était encore ferme, et assez étroit, et qu'il était agréable de le prendre. Je fus fidèle à mon programme, et quand enfin il jouit pour la seconde fois, il était exténué mais heureux. Il me donna un tissu pour me nettoyer.
Pendant que je me rhabillai, il me dit, "Bien, bien. Tu es le meilleur mâle que j'ai jamais eu. Tu es encore meilleur que je l'avais rêvé. Continue comme ça et ces documents resteront cachés dans mon coffre personnel."
"Merci Très Excellent. Considérez-moi comme votre dévoué serviteur."
Heureusement, il ne me fit venir dans son palais qu'une fois par semaine, toujours le mercredi soir, à l'heure des vêpres. Après que je sois venu cinq ou six fois chez lui pour lui faire l'amour, il me montra qu'il déchirait tous mes papiers et les jetait dans le feu.
"Maintenant, si tu le désire, tu peux aussi choisir de ne plus venir ici, quand je t'enverrai chercher."
"Son Excellence est-elle fatiguée de moi ?"
"Non, pas moi. Mais ton problème est résolu. Tu n'as plus besoin de venir ici pour mon plaisir..."
"Très Excellent, j'aimerais continuer, si ça ne vous gêne pas. Je ne venais pas seulement à cause du problème des papiers compromettants, mais aussi parce que je vous suis aussi tout dévoué."
"Alors tu continueras à venir me voir ?"
"Chaque fois que le Très Excellent le désirera. Pour moi, continuer le mercredi est parfait."
"Lorenzo, si je n'avais pas une femme et des enfants, je te prendrais ici, pour vivre avec moi. Tu ne peux pas imaginer à quel point je te suis reconnaissant. Mais je vais te le montrer. Cette fois, je vais vraiment brûler tous tes papiers ou plutôt, je vais te les remettre, comme cela, tu pourras les brûler toi-même."
En dépit de toute mon expérience, je n'aurais jamais pensé qu'il me mettait ainsi à l'épreuve, et je remerciai silencieusement ma bonne étoile. Malgré cela, une fois que j'eus moi-même brûlé tous ces papiers, je continuai à le visiter. Et il me prouva toute sa gratitude. Il m'invitait à toutes les fêtes, et me présentait dans le beau monde de Venise, de sorte qu'en peu de temps, je commençais à être accepté dans les meilleurs salons et être invité dans les plus grandes familles.
Il savait qu'en plus de lui, j'avais des aventures avec d'autres hommes, et non seulement il ne me l'interdit pas, mais il voulait également que je lui raconte en détail ce que je faisais avec les autres, hommes ou garçons, et cela l'excitait beaucoup. L'un dans l'autre, c'était un agréable compagnon, et j'avais conçu de l'affection pour lui.
Nous continuâmes à nous rencontrer pendant un peu plus d'un an. Il me confia qu'il se faisait prendre aussi par son gondolier et son valet de chambre, mais il ajouta que j'étais et je resterais le meilleur. Grâce à son amitié et à sa protection, je reçus une aide considérable dans mon commerce et je devins encore plus fortuné qu'avant.
Pour son soixante-sixième anniversaire, pour lui montrer ma gratitude et mon amitié, je l'invitai dans mon palais. J'avais organisé pour lui une petite orgie dans ma chambre, payant les jeunes prostitués les plus beaux et les plus doués de la cité. Je pense que de toute sa vie, il n'avait jamais vu autant de sexes à la fois.
J'avais soigneusement indiqué aux garçons ce qu'ils devaient faire, et comme eux, je fis de mon mieux pour qu'il en retire le plus de plaisir. Comme je l'avais espéré, le final l'excita beaucoup. Pendant que je le pénétrais, un des garçons le pompait avec sa bouche, pendant que tous les autres, l'entourant, se masturbaient, faisant en sorte de jouir tous ensemble, le couvrant de leur sperme. Il en fut tellement excité qu'il jouit à son tour, sans même se toucher. Les garçons le soulevèrent alors du lit, et le portant dans un grand baquet d'eau chaude préparé derrière un écran, le lavèrent et le séchèrent. Puis ils se retirèrent dans la pièce voisine ou ils se rhabillèrent. Puis ils partirent, nous laissant seuls.
"Lorenzo, tu veux ma mort ! C'était vraiment bon toutes ces petites queues, toutes ces mains, toutes ces bouches ! C'est le plus bel anniversaire de ma vie, mais je me fais vieux. L'année prochaine, fais-moi un cadeau plus... tranquille." dit Marco, encore hors d'haleine.
Mais un an plus tard, je ne pus lui faire aucun cadeau. En fait, il est mort trois mois plus tard, d'une crise cardiaque alors qu'il travaillait dans le Palais Ducal."
"Mais alors, Maître, vous avez organisé une orgie, dans ce même lit ?"
"Oui, Poletto, ici même !"
Poletto regarda autour de lui et demanda, "Mais quand vous payiez un garçon, vous l'ameniez toujours ici ?"
"Non, très rarement. Normalement, les garçons qui font ça, ont une petite chambre, où un petit appartement où ils peuvent conduire leurs clients."
"Mais y a-t-il beaucoup de garçons qui font ça contre des sequins ?"
"Dans une ville comme Venise, pleine d'étrangers et de gens riches, ils sont nombreux, bien sûr. En plus des marins, je veux dire."
"Et comment les reconnaît-on ?
"D'abord tu dois comprendre qu'ils sont prêt à coucher avec toi. Alors, quand tu leur demande s'ils sont d'accord, ils te diront qu'ils le font pour de l'argent."
"Et ils font bien l'amour ?"
"Certains oui, d'autres non. Ça dépend. Ça dépend surtout de savoir s'ils le font juste pour l'argent ou parce qu'ils aiment ça. Et puis ça dépend aussi de leur expérience, de leur caractère. Quelques-uns d'entre eux, avec lesquels j'ai été, le faisaient vraiment très bien."
"Et si vous me voyiez dans la rue, m'offririez-vous des sequins pour faire l'amour avec moi ?
"Non, pas un seul."
"Même pas un ?"
"Non. Je t'enlèverai et je ferais de toi mon prisonnier pour toujours."
"Vous me mettriez des chaînes ?"
"Non. Je te mettrais dans une cage... une cage en or."
Ils continuèrent à plaisanter de la sorte, mais cessèrent bientôt, leur désir mutuel les poussant sans les bras l'un de l'autre.