Lorenzo m'a lâché et il est venu devant moi. Je regrattais le contact de ses mains sur mes côtes. Il me regardait en souriant.
"Tu vois que ce n'est pas difficile, Stefano ? Tu bouges bien. Je suis sûr que dès samedi tu vas te lancer et essayer sur la piste." M'a-t-il dit.
"Je ne serai jamais aussi bon que toi..." j'ai répondu.
"Bon mais voyez qui dit ça ! Tu as un beau corps et tu apprends à bien le bouger. Tu es très beau garçon, ils vont tous te regarder... hommes et femmes."
"Moi je ne me lasserai jamais de te regarder..." j'ai dit.
"Je m'en suis aperçu." A-t-il dit en souriant.
"Tu es très beau..." ai-je dit, ému et la voix tremblante.
"Toi aussi tu es très beau. Tu dois avoir un très beau corps sous ces habits... Et tu apprends à le bouger de façon très sensuelle..." ajouta-t-il.
Son compliment m'a fait plaisir. On se regardait dans les yeux en souriant, en dansant toujours ... je le regardais de cap en pieds... il s'est à peine caressé la braguette, d'un geste léger et rapide, comme par inadvertance, et ça m'a envoyé des frissons de plaisir dans tout le corps.
"Tu es beau, Lorenzo..." je murmurais, fasciné.
Toujours en dansant il s'est approché de moi. Je tremblais. Sa main s'est posée sur ma taille et elle m'a presque caressé. J'ai fermé les yeux, troublé. Je l'ai senti me prendre dans ses bras, me serrer contre lui... je soupirais sans rouvrir les yeux. On avait arrêté de danser.
Ses lèvres se sont posées sur les miennes dans un rapide baiser qui m'a laissé tremblant.
Puis je l'ai entendu me dire : "Tu me plais à la folie, Stefano."
"Toi aussi..." je murmurais, la voix rauque.
Il m'a embrassé de nouveau et nos langues ont joué gentiment l'une contre l'autre. Ses mains se sont mises à ouvrir les boutons de ma chemise en jeans et je tremblais encore plus. Il l'a ouverte et tirée hors de mon pantalon. Puis il l'a fait glisser dans mon dos, il a ouvert les boutons des manches et il me l'a enlevée. Je le laissais faire, frémissant. J'ai eu la pensée confuse qu'un miracle se produisait. Il a relevé mon maillot de corps su ma poitrine et j'ai senti ses lèvres sur un de mes tétons.
J'ai lâché un "oh..." d'abandon et de plaisir.
"Tu me plais, Stefano... je te veux..." murmura-t-il et il posa une main sur ma braguette pour apprécier ma raideur. "Je te veux..." répéta-t-il avec passion.
"Oui..." je haletais en pressant mon bassin contre cette main douce et aventureuse.
Et il a recommencé à sucer mon téton, de ses lèvres contractées et sa langue le titillait, ses dents le serraient à peine : il m'a envoyé au ciel.
"Tu veux venir sur mon lit avec moi ?" il m'a demandé.
"Oh oui, s'il te plait..." j'ai répondu très ému.
J'étais presque en transe. Il m'a emmené à son lit.
Il m'a dit gentiment : "Maintenant, déshabille-moi, Stefano."
"Oui..."
Mes mains tremblaient en remontant son pull noir sur sa poitrine. Je lui relevais les bras et je l'enlevais. Puis il a retiré mon T-shirt et j'ai sorti le sien de son pantalon et je le lui ai enlevé à mon tour. Tout cela semblait se passer comme dans un rêve, irréel et magnifique. On s'est caressé la poitrine, les côtés, le dos et nos poitrines se sont frottées doucement l'une contre l'autre. Il m'a embrassé sur la bouche et il a pointé la langue pour chercher la mienne. J'avais l'impression d'être ivre, la tête me tournait. Sa poitrine était complètement glabre, comme la mienne, musclée, finement ciselée. Je me penchais à mon tour pour sucer ses tétons qui se sont vite durcis et dressés entre mes lèvres, doux comme deux bourgeons murs.
Ses mains se sont affairées sur ma ceinture qu'elles ont vite ouverte. Puis, un à un il a fait sauter les boutons de ma braguette en me faisant sentir le dos de sa main contre ma frémissante érection. Alors je portais moi aussi les mains à sa ceinture et je l'ouvrais puis, après avoir maîtrisé le bouton du haut, je descendais lentement la fermeture éclair. A travers le léger tissus de son slip, je caressais son membre dressé. Je le voulais en bouche !
Tout doucement, je me suis mis à genoux devant lui, je léchais sa belle poitrine, son ventre ferme, et pendant ce temps mes mains baissaient d'un seul geste son pantalon et son slip sur ses genoux. Je me retrouvais le nez devant son bel oiseau dressé. Je le regardais fasciné : il était beau, appétissant, un empan de chair ferme à la peau douce et veloutée, le bout encore couvert de sa peau. Je le caressais en baissant le prépuce suffisamment pour commencer à dévoiler le gland lisse et violacé que je me suis mis à exciter de la pointe de la langue. Lorenzo a gémi de plaisir et jamais gémissement ne m'avait semblé plus belle musique.
J'insérais la pointe de la langue entre la peau et le gland que je contournais jusqu'à trouver le frein, puis j'ai continué dans l'autre sens. Ça me plaisait, surtout parce que je sentais que ça lui donnait du plaisir à lui aussi. Alors j'ai serré les lèvres autour et j'ai bougé la langue vers le bas, de plus en plus bas, jusqu'à ce que mon nez effleure ses poils pubiens. Je respirais avec bonheur l'odeur un peu musquée qui émanait de sa virilité et qui m'enivrait. Il me caressait la nuque et il a commencé à bouger lentement d'avant en arrière dans ma bouche accueillante et avide.
Après un moment il s'est dégagé et il m'a fait me relever. Il a enlevé ses chaussures puis son pantalon et son slip. Je le regardais de plus en plus enchanté. Il était complètement glabre hormis le buisson en trapèze de ses poils pubiens et un léger duvet clair sur le bas des cuisses et les jambes. Il s'est approché de moi et a achevé de me déshabiller, puis il m'a de nouveau embrassé sur la bouche en frottant son sexe raide contre le mien.
"Viens sur le lit... faisons un beau soixante-neuf..." dit-il en m'attirant à lui.
Il m'a poussé sur le lit et on s'y est étendus sur le côté, tête-bêche et on a commencé à se sucer l'un l'autre. J'ai cru que le plaisir allait me rendre fou, c'était trop bon ! Ses bourses fermes étaient comprimées sous son beau sexe tendu. Je les voyais s'éloigner et se rapprocher à chaque mouvement de ma tête. Je sentais sa bouche chaude et humide collée à mon oiseau le sucer et le lécher avec grande habileté. Je me sentais au paradis. Ses mains me pétrissaient les fesses, inlassables et je l'ai vite imité. Nos corps étaient serrés l'un contre l'autre, frémissants de passion.
Ses lèvres ont laissé mon sexe en feu pour descendre s'occuper de mes testicules, les sucer, les lécher, les embrasser. Puis elles sontdescendues encore et encore et lentement elles ont atteint mon trou palpitant. Il l'a agacé, tout autour, de la pointe de la langue. C'était trop bon. Je quittais moi aussi son bel oiseau et je descendais lui rendre cette attention si plaisante.
Puis Lorenzo s'est détaché de moi, il s'est tourné et m'a fait me coucher sur le dos, il a glissé ses genoux entre mes jambes et les a écartés en me faisant les soulever. Il s'est penché sur moi, il a pris ma tête entre ses mains et il m'a de nouveau embrassé, sa langue bien profondément dans ma bouche. Lentement il a poussé le bassin vers le bas jusqu'à ce que son beau sexe, dur comme une barre d'acier, passe sous mes testicules et se glisse à la recherche de mon trou bien salivé. J'écartais encore les jambes et il les a passées sur ses côtés. Il me regardait dans les yeux pendant que la pointe de son sexe fouillait entre mes fesses. Je le saisissais des mains et je le guidais. J'ai vu dans ses yeux un sourire lumineux, reconnaissant pour mon acceptation. Je le sentais pousser contre mon trou et je me détendais, j'ai senti mon sphincter se dilater et j'ai frémi, je l'ai senti commencer à entrer en moi petit à petit et me pénétrer et je l'accueillais en moi.
"Dis-moi, ça te plait ?" m'a-t-il demandé dans un murmure excité alors qu'il se glissait lentement en moi.
"Oh oui, c'est très bon !" je haletais, pris d'une véritable ivresse.
"Ça te plait comment ?" il m'a demandé tout en continuant sa lente progression.
"Enormément !"
"Ça fait depuis le jour où je t'ai vu que je rêve de te faire mien !" a-t-il murmuré, heureux.
"Moi aussi, Lorenzo..." je haletais plein de bonheur.
Enfin je le sentais tout en moi, jusqu'au bout, ses testicules pressaient contre mes fesses. Alors il a passé les bras sous mes aisselles et posé les mains sur mes épaules, par dessous. Je lui ai passé les bras autour du cou et je l'ai tiré contre moi. Il s'est de nouveau penché pour m'embrasser sur la bouche et, par de savants mouvements du bassin et des coups de reins calibrés, il a commencé à me prendre.
J'aimais trop ça : je le sentais, fort et viril, tambouriner en moi, presque au rythme de la musique qui arrivait encore du séjour. Son piston fourrait mon cylindre de chair, inlassable, sa langue tournait infatigable dans ma bouche et cette double pénétration m'envoyait au ciel. Je pensais qu'il était meilleur que mes copains des alpages, bien meilleur. J'étais très excité et mon oiseau dur et tendu frottait contre son ventre à chacun de ses mouvements et son pubis pressait doucement contre mes testicules gonflées.
Je me sentais de plus en plus proche de l'orgasme et je me suis aperçu que je faisais palpiter mon sphincter. Il a accéléré son rythme et j'ai compris que lui aussi se préparait à l'explosion finale.
Lorenzo était fort, vigoureux, un vrai mâle en rut. Je sentais que sa virilité exaltait la mienne. Je caressais son dos large et musclé, les dorsaux glissants, les côtés doux et fermes. Il a encore poussé le rythme de ses coups et je sentais que j'allais exploser, comme ça, sans m'être touché, rien qu'au frottement contre son ventre et à l'intensité du plaisir que son oiseau de granit suscitait en moi à chaque poussée, en frottant contre ma prostate par dedans.
J'ai joui le premier en le serrant contre moi et en gémissant et cela a paru déchaîner son orgasme et je l'ai senti lancer en moi, jet après jet, son sperme bouillant. Le mien s'était rependu entre nos corps comme une colle d'amour.
D'amour, oui, parce que je sentais que je l'aimais. Maintenant il était couché sur moi, haletant.
"Stefano, que c'était bon..." murmura-t-il et il m'a embrassé doucement sur les paupières.
Tout doucement on se détendait, lui encore en moi, et je le sentais rapetisser et se retirer lentement.
Puis il m'a demandé : "Et toi, ça t'a plu ?"
"Oui, énormément. Tu es un vrai taureau de saillie, toi. Tu me plais..."
"Toi aussi tu me plais. Tu veux être mon copain ?" il m'a demandé d'une voix douce.
"Oh oui, oui bien sûr... Là-haut, au village, je faisais toujours ça avec les copains, et ça me manquait..."
Il s'est retiré de moi et on s'est étendus, tout près.
"Avec les copains ?" il a demandé.
"Oui, on était six. Quand on montait les vaches à l'alpage on ne voyait personne, alors on le faisait, dans les prés ou dans les bois... et l'hiver à la grange ou à l'étable, tous les six ensemble."
"Tu aimais faire ça à autant ?"
"Oui, beaucoup."
"Alors tu aimerais le faire avec moi et quelqu'un d'autre ?"
"Tes amis ?"
"Oui..."
"Ben, je crois que oui."
"Mais tu restes mon copain, d'accord ?"
"Bien sûr, c'est d'accord."
Lorenzo m'a caressé et il a dit : "Je suis content de t'avoir trouvé. Je me demandais si tu étais gay toi aussi ou pas... je n'arrivais pas à me faire mon idée."
"Moi j'avais envie de toi comme un fou mais je ne savais pas comment te le faire comprendre."
"Bah, on s'est compris de toute façon. Tu sais que tu embrasses bien ?"
"Toi tu fais tout bien..." j'ai dit en me lovant contre lui.
"Ben... avec dix ans d'expérience..." a-t-il dit en me caressant et avec un sourire.
"Dix ans ? Tu as commencé à quatorze ans alors, comme moi."
"Oui, à quatorze ans."
"Et tu as commencé comment ?"
"J'étais au collège. Un copain de seize ans m'a convaincu de le sucer et il m'a montré comment faire. Ça m'a beaucoup plu. Quelques mois après c'est tout juste si on arrivait à se cacher, je le suçais lui et ses amis et ils me suçaient... Puis l'un deux a voulu m'enculer mais ça ne m'a pas plu, alors je ne me suis plus laissé prendre. Mais quand à mon tour j'ai eu seize ans j'ai convaincu un garçon de quinze ans de me laisser l'enculer et là, ça m'a vraiment plu."
"Oh, alors tu ne te fais pas prendre, dommage..."
"Non, je n'aime pas ça. Mais si toi tu aimes, j'ai des amis qui se font volontiers mettre. Moi j'adore sucer et enculer."
"Mais c'est dommage, tu as un beau cul." Dis-je un peu déçu.
Mais je ne voulais pas renoncer à lui pour autant, et d'autant plus qu'il me présenterait ses amis, parce qu'il me plaisait trop.
En parlant on continuait à se caresser, alors peu après on s'est de nouveau excités tous les deux. Alors Lorenzo m'a proposé de refaire un soixante neuf, proposition que je m'empressais d'accepter de bon cœur : j'avais trop de retard à rattraper.
Le corps de Lorenzo me plaisait vraiment beaucoup, je le trouvais incroyablement érotique et sexy. Il s'appliquait à me donner du plaisir de façon vraiment exceptionnelle. Il me léchait, me mordillait, me suçait en provoquant une escalade de sensations extraordinaires. Le fait d'avoir éjaculé peu avant rendait d'une part le corps plus sensible à ces expertes sollicitations et de l'autre, cela retardait agréablement la montée de la jouissance.
J'adorais donner du plaisir à ce corps qui lui-même m'en donnait comme dans résonance explosive. Ses mains erraient sur mon corps, parfois légères comme une plume, et parfois montrant les griffes, mais toujours justes et expertes à trouver où et comment me toucher. C'était une fête de tous les sens. Et ces lèvres, cette bouche et cette langue faisaient des miracles sur toute la longueur de mon sexe dressé et hypersensible.
Et il semblait lui aussi apprécier mes attentions, au moins autant. Je le sentais frémir, se tendre et se détendre, vibrer, trembler et gémir en proie à une escalade de plaisir. Je m'enivrais à la seule idée que sous peu je pourrais sentir son goût. Je me sentais comme un veau affamé qui tête sa mère... j'étais euphorique, enchanté et heureux.
Soudain un frémissement jaillit de la base de mon sexe, remonta toute mon épine dorsale en se renforçant et se démultipliant, en s'amplifiant jusqu'à atteindre ma nuque. Sous le coup ce fut comme si un éclair aveuglant remplissait mon cerveau, et ce fut comme si la foudre redescendait mon dos et ressortait à la base de mon sexe et remontait le long de mon oiseau prisonnier de sa bouche chaude et humide. Mes jambes se raidirent et mon dos aussi et j'éjaculais. Je sentis alors Lorenzo décharger toute sa douce liqueur directement dans ma gorge prête à la recevoir, jet après jet, jusqu'à la dernière goutte savoureuse, jusqu'à ce que son sexe, en même temps que le mien, commence à doucement revenir au repos, dans la paix du devoir accompli.
Lorenzo se tourna et il me prit de nouveau dans ses bras : "Oui, je veux que tu sois mon copain, Stefano." Me dit-il tendrement et m'embrassa doucement sur la bouche.
"Je le suis, Lorenzo, je le suis." J'ai répondu en me sentant le garçon le plus heureux du monde.
Je sentais qu'avec Lorenzo c'était différent d'avec mes copains de Préa. Avec eux le sexe n'était que l'expression d'une amitié virile. Avec Lorenzo il y avait autre chose, la volonté d'être réunis, le souhait d'être l'un à l'autre. Il y avait une tendresse spéciale, nouvelle et magnifique.
Finalement on est sortis du lit. On a pris une douche rapide ensemble. Pendant ce temps, dehors, le ciel s'était assombri et il fallut allumer. On s'est rhabillés.
"Tu as déjà eu un copain avant moi ?" je lui ai demandé pendant qu'il me versait à boire.
"Non, jamais. Beaucoup d'amis, beaucoup d'aventures, mais jamais un copain fixe, tu es le premier."
"Tu es content ?"
"Oui, très. Tu m'as attiré depuis le premier jour."
"Pourquoi ? Il y a d'autres beaux garçon en classe ou en boîte."
"Tu as un regard clair, un visage pur. Tu es simple et spontané. Et puis tu es beau. Et tu es content que je sois ton copain ?"
"Oui. Tu es fort et délicat en même temps et tu me touches et tu me fais l'amour d'une manière qui me fais me sentir... important. Et tu me regarde de façon à me faire me sentir beau. Et j'aime te regarder, que tu sois nu ou habillé... mais je te préfère nu."
Plus tard je rentrais à la maison. A la porte, avant que je sorte, il m'a de nouveau embrassé. Je regrettais de devoir déjà le quitter.
"On se voit mardi, à l'école." Je lui ai dit sur le palier.
"Oui. J'espère rêver de toi cette nuit..." dit-il en me souriant.
Je descendais les escaliers en me sentant très léger. Je rentrais à la maison. J'étais dans ma chambre quand j'ai entendu mon oncle rentrer. J'allais tout de suite à sa rencontre.
"Tu as passé une bonne journée, Domenico ?" je lui demandais.
"Oui, parfaite. Regarde tout ce que j'ai pris !" dit-il fièrement en me montrant son panier, puis il m'a demandé : "Et toi, tu t'es amusé ?"
"Oui, beaucoup. J'apprends à danser et ça me plait."
"Tu parles ! Quand j'étais jeune moi aussi j'allais danser tout le temps. C'est comme ça que j'ai rencontré ma femme."
"Comment elle est morte, ma tante ?" je lui ai alors demandé.
"Elle est morte en couches, avec notre bébé. Elle n'avait que vingt-quatre ans."
"Mon Dieu ! Ça a dû être un coup terrible, pour toi !"
"Ça l'a été. Mais la vie a continué et, lentement, les blessures se sont refermées..."
"Mais tu étais encore jeune..."
"J'avais vingt-six ans."
"Pourquoi tu ne t'es pas remarié ?"
"J'ai connu une femme, quatre ans après. Mais elle était mariée et elle ne voulait pas quitter sa famille. On a été ensemble une dizaine d'années. Puis elle a voulu arrêter."
"Mais pourquoi donc ?"
"Elle a découvert qu'elle préférait son mari à moi..."
"Et elle a mis dix ans à le découvrir ?" je demandais, stupéfait.
"Bah... parfois les femmes sont très difficiles à comprendre."
"Bon, mais tu n'avais que quarante ans, c'est encore jeune. Et après ?" je lui demandais, fasciné par l'histoire de mon oncle.
"Après... quelques aventures, rien de sérieux. A quarante-cinq ans... Ça faisait trois ans que j'avais comme gouvernante une femme de dix ans de moins que moi. Elle s'appelait Sandra. Elle était très belle, joyeuse et sympathique. Peu à peu je me suis entiché d'elle et, justement trois ans après l'avoir embauchée, j'ai commencé à lui faire la cour... jusqu'à ce qu'elle cède. Et on s'est mis à faire l'amour. Mais elle n'a jamais voulu s'installer pour vivre avec moi, parce qu'il fallait qu'elle s'occupe de sa vieille mère. Je lui ai dit que je voulais l'épouser... Alors elle m'a avoué qu'elle était séparée de son mari mais qu'étant catholique elle ne voulait pas divorcer... Mais elle couchait quand même avec moi et elle prenait la pilule même si le pape disait que c'était pécher... Enfin, nous avons continuer à faire l'amour pendant sept ans. Puis un jour elle m'a dit vouloir démissionner et me quitter parce que sa mère voulait retourner au village et qu'elle allait l'y accompagner. Et je me suis retrouvé seul à nouveau."
"Tu avais cinquante deux ans... tu pouvais encore trouver..."
"Non, dans un sens j'étais fatigué. J'aurais aimé avoir un fils mais aucune des femmes que j'avais eu n'avait voulu ou pu m'en donner un..."
"Maintenant tu m'as..." je lui ai dit du fond du cœur.
Il m'a souri et il m'a dit : "Tu veux vraiment devenir mon fils ?"
"Bien sûr, je suis très bien, avec toi."
"Je pensais t'adopter, comme ça à ma mort tout ce que j'ai te reviendra..."
"Ce n'est pas pour ça que je veux être avec toi. C'est parce que ça me plait." Ai-je dit sincèrement.
"Non, je l'avais promis et je vais le faire. Si tu es d'accord, je vais rapidement faire le nécessaire pour lancer les démarches."
"On a le temps, Domenico..."
"Non, on ne sait jamais. Nul ne sait combien il lui reste."
Tina avait laissé le dîner prêt, juste à réchauffer au micro-onde, alors, pendant que mon oncle se douchait et se changeait, je le préparais. On a dîné. Mon oncle m'a raconté d'autres détails de sa vie et comment il avait transformé l'affaire de brocante de son père pour en faire le magasin d'antiquités qu'il avait maintenant. Il m'a raconté les arnaques dont il avait été victime, mais aussi les bonnes affaires qui l'avaient retapé. Il savait raconter les choses de façon si fascinante que je serais resté des heures à l'écouter.
D'ailleurs on est allé dormir tard, de toute façon le lundi matin on pouvait dormir tard. Le lendemain matin mon oncle est allé voir son avocat pour lancer les démarches d'adoption. J'avais à présent dix-huit ans et l'autorisation de mes parents n'était plus nécessaire, mais mon oncle a dit qu'il la voulait quand même, par courtoisie. Alors il a fait préparer une déclaration par son avocat et le jeudi il a laissé le magasin à Anselmo et on est parti en voiture chez mes parents à Préa.
Ces derniers m'ont seulement demandé si j'en étais content et, sur mon oui, ils ont tout de suite signé tous les deux, dès que mon oncle eut complété la feuille de leur référence. On est restés déjeuner. Je n'ai pas eu le temps, cette fois-la, de revoir mes copains parce qu'on est rentrés à Turin dès la fin du repas.
Le soir, à l'école, je racontais à Lorenzo que mon oncle faisait des démarches pour m'adopter.
"Alors tu vas changer de nom ?"
"Non, mon oncle s'appelle Boetto, comme moi."
On s'est mis d'accord pour aller en boîte le samedi et Lorenzo m'a demandé si, après, je voulais rester dormir chez lui.
"Ce serait bien, mais il faut que je demande d'abord à mon oncle..." j'ai répondu.
Quand j'en parlais à mon oncle, en lui demandant juste si je pouvais, samedi soir, passer la nuit dehors, il ne m'a demandé ni où ni chez qui.
"Bien sûr que tu peux, Stefano. Tu n'as pas à me le demander. Quand il t'arrive de vouloir dormir ailleurs, il te suffit de m'appeler pour me dire que tu ne rentres pas, pour que je ne m'en fasse pas."
"Merci, Domenico."
"Mais non. J'ai été jeune, moi aussi. Mais dis-moi plutôt, tu as encore des préservatifs ?"
"Oui, merci. Et si besoin j'irai en acheter à la pharmacie, ne t'en fais pas."
"Aies-en toujours avec toi, en poche, on ne sait jamais. Parfois l'occasion se présente quand tu t'y attends le moins. Si tu n'en as pas sur toi, tu pourrais être tenté de le faire quand même et ce pourrait être dangereux."
"Bien sûr, Domenico, sois tranquille." Lui ai-je dit en souriant.
Mais, vraiment inconscient, je ne pensais pas le moins du monde qu'il fallait aussi en utiliser avec un homme. Pour moi ça servait surtout à éviter le risque de mettre une fille enceinte et j'étais sûr de ne rien craindre de tel. Quant aux MST, je croyais que c'était les femmes qui infectaient les hommes... J'étais vraiment ingénu...
Le samedi soir j'allais en boîte avec Lorenzo. Cette fois on est sortis de Turin, à l'Epic, une boîte gay. L'idée qu'il existe des boîtes rien que pour les gays me plaisait. Au moins on pouvait y être sûr des goûts et préférences de qui on y rencontrait et surtout on pouvait y danser tranquillement avec son copain. Ce soir-là j'ai aussi découvert l'existence des lesbiennes et des travestis et je me suis senti un vrai plouc.
Ce soir-là Lorenzo m'a présenté à deux de ses amis, Claudio et Dario. Claudio tenait une librairie. Il avait trente ans, des cheveux frisés et foncés, des lunettes rondes, un grand sourire. Il devait faire un mètre soixante-cinq et il était de corpulence moyenne. Dario par contre avait vingt ans, il était maquilleur à la télé, faisait un mètre quatre-vingt, fin, presque maigre. Il avait des cheveux châtain plats et courts, la raie à droite, les yeux brun, un nez un peu aquilin, la lèvre un peu gonflée. Ils avaient tous les deux l'air sympathiques.
On a discuté un peu puis on est allé danser. Au début je me sentais un peu gauche, timide et gêné, j'avais l'impression que tout le monde me regardait. Puis je remarquais deux choses : d'abord que l'on ne me regardait pas plus moi que les autres jeunes, et puis que beaucoup dansaient plus mal que moi. Alors je reprenais confiance et j'ai commencé à bouger avec plus de désinvolture, et à m'amuser.
Quand je retournais m'asseoir avec ces amis, j'avais chaud, j'étais un peu fatigué mais satisfait. Lorenzo m'a fait compliment.
"Avec un prof comme toi..." j'ai répondu.
"C'est toi qui lui as appris ?" a demandé Claudio.
"Oui, bien sûr."
"Tu lui as donné combien de leçons ?"
"Une seule." A répondu Lorenzo.
"Oh, alors c'est un garçon très doué !" a dit Claudio, puis il a ajouté : "J'aimerais voir quels autres dons il cache..." ce à quoi tout le monde a ri.
Lorenzo a dit : "Je t'assure que ses dons cachés sont remarquables !"
"Allez, raconte..." dit Claudio, intéressé.
"Moi, plutôt que de me les faire raconter, je préférerais les expérimenter..." dit malicieusement Dario en me caressant une cuisse.
Me trouver ainsi au centre de l'attention était gênant mais excitant. Je me demandais avec lequel des deux j'aurais aimé coucher et je les étudiais un peu. J'ai fini par conclure qu'aucun des deux ne me déplaisait, mais que Lorenzo remportait la palme sans problème.
On a encore dansé. J'ai réalisé que chacun dansait pour soi-même, pour le plaisir de bouger et d'être regardé, mais que de temps en temps des couples se formaient, ils se regardaient dans les yeux ainsi que tout leur corps l'air complices et séducteurs. Alors je me suis mis devant Lorenzo et j'ai dansé de cette façon pour lui. Je voulais lui dire comme ça qu'il était celui qui me plaisait le plus... et je crois qu'il l'a compris. En le regardant je remarquais que son pantalon était tendu à la braguette, trahissant ainsi l'excitation que lui valait ma danse pour lui. J'étais content et satisfait, c'était comme si j'avais découvert que j'avais un pouvoir sur lui.
Quand, vers deux heures, il m'a demandé si je voulais rentrer ou rester un peu, j'ai lu le désir évident dans ses yeux et je lui ai répondu que j'avais hâte d'être seul avec lui, dans son lit.
Alors on a salué ses deux amis, on est partis et on a couru chez lui. Etre sur sa moto derrière lui et me tenir à lui les bras autour de son corps était très agréable. Je me suis amusé à lui faire sentir mon érection contre ses fesses et à descendre ma main pour vérifier la sienne.
"Stefano, si tu continues," il m'a crié, "je jouis dans mon slip !"
Alors j'ai retiré ma main mais il m'a crié : "Non, laisse-la là, j'aime ça. Mais ne la frotte pas trop sinon je jouis vraiment !"
Enfin on est arrivés dans sa cour, il a mis la chaîne à la moto et on s'est précipités chez lui. On était très excités tous les deux. On s'est fébrilement libérés de nos habits en les laissant épars par terre et on est allés sur son lit, enlacés et en s'embrassant, fous de désir et de passion. Une passion qui a duré jusqu'à l'aube, et le jour nous a trouvés béat et épuisés.