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histoire originale par Andrej Koymasky


pin L'HÉRITAGE QUATRIÈME CASSETTE

Dimanche matin on s'est réveillés tard. C'était la première fois que je partageais un lit avec quelqu'un et je trouvais agréable de me réveiller au contact d'un beau corps chaud. C'était une douce intimité que je n'avais jamais connue. Avant de nous lever on s'est caressés et embrassés un peu mais sans recommencer à faire l'amour, juste pour profiter de cette agréable proximité.

Lorenzo m'a dit que j'avais vraiment plu à ses amis, autant Claudio de Dario et il m'a demandé s'ils me plaisaient.

J'ai répondu que oui, puis je lui ai demandé : "Tu as déjà fait l'amour avec eux?"

"Oui, bien sûr."

"Et ils sont comment?"

"Agréables, tous les deux."

"Actifs ou passifs?"

"Claudio n'est que passif, Dario, les deux. Tu aimerais essayer avec eux?"

"Ben, je crois que oui."

"Si tu veux, la prochaine fois, on en invitera un des deux à venir avec nous."

"Pourquoi pas les deux?"

"Je crois que, bien qu'ils soient amis, ils ne sont pas attirés l'un par l'autre."

"Alors on en invitera une fois l'un et une autre fois l'autre..."

"Qui tu préférerais, en premier?"

"Bof, ça m'est égal... Mais ça leur dira de faire ça à trois?"

"Je crois que oui. Alors, on invite Claudio, samedi prochain?"

"Oui, d'accord." J'ai dit en m'en réjouissant à l'avance.

On s'est levés. On a écouté un peu de musique pendant que Lorenzo montait une maquette de maison pour la fac et que je le regardais fasciné. Puis il s'est mis à préparer le déjeuner. Il était bon cuisinier aussi et on a bien mangé. Puis il m'a demandé si je voulais voir un film gay et il a passé une vidéo française. Je l'ai regardée avec délectation : jamais je n'aurais cru qu'il y avait de tels films, avec tant de beaux garçons tout nus qui faisaient l'amour de toutes les façons possibles.

J'étais très excité et, sans y penser, je commençais à me caresser. Lorenzo m'a laissé faire sans rien dire. Mais peu après je me suis aperçu qu'il était excité lui aussi, alors je retirais ma main de ma braguette pour me mettre à le caresser.

"Ils sont beaux, pas vrai?" dit Lorenzo sans bouger les yeux de l'écran, "J'ai dû voir ce film dix fois, mais il m'excite encore."

"Ils sont très beaux. Et l'histoire me plait."

"Tu comprends le français?"

"Un peu, quelques mots. Mais je suis quand même."

Lorenzo s'est agenouillé entre mes jambes et il a frotté son visage contre mon paquet gonflé.

"Mais... tu ne vois pas le film, comme ça..." j'ai dit.

"Je le connais déjà. Je préfère regarder quelque chose de plus réel et de plus concret..." dit-il en commençant à ouvrir mon pantalon.

Moi j'allongeais un peu plus les jambes et je poussais un peu le bassin en avant pour lui faciliter la tâche, tout en continuant à regarder la scène sur le petit écran. Je l'ai senti trafiquer et finalement j'ai senti sa main sur mon sexe dressé. Puis j'ai vite senti ses lèvres et sa langue. C'était magnifique de regarder cette scène tout en éprouvant ces sensations. Je la sentais dure comme je ne l'avais jamais sentie.

Lorenzo ne voulait pas me faire jouir, alors chaque fois qu'il me sentait presque prêt il ralentissait et calmait un peu mon excitation, puis il recommençait à me donner du plaisir. C'était un vrai calvaire et un délice. Parfois je baissais le regard et j'aimais voir mon oiseau dur et luisant de salive glisser et ressortir des lèvres serrées de mon ami, mon amant et mon professeur... mais mes yeux revenaient vite contempler sur l'écran le déroulement de cette histoire érotique.

Le film s'est terminé. Alors Lorenzo a retiré mon pantalon, m'a soulevé les jambes et il a commencé à copieusement me saliver entre les fesses pour me préparer soigneusement en même temps qu'il enlevait son pantalon et son slip. J'étais tout frisson. Mais quand nous avons été tous les deux prêts, au lieu de me prendre dans cette position, assis sur le fauteuil et de face, il m'a dit de venir m'asseoir sur lui.

Il m'a fait m'asseoir de façon à lui faire face, en appuyant les cuisses bien écartées sur les accoudoirs du fauteuil et les jambes dans le vide. Puis il m'a guidé en se la tenant bien droite pour m'enfiler sur lui. Les mains posées derrière moi sur les accoudoirs je me laissais descendre lentement pour apprécier cette insolite pénétration. Sa colonne de chair s'insinuait en moi au fur et à mesure que je descendais, solide et frémissante. Alors d'une main il a commencé à me caresser tandis que l'autre titillait mes tétons.

"C'est trop bon, Lorenzo..." je soupirais quand j'ai réalisé que je l'avais accueilli en moi entièrement.

J'allais me mettre à bouger de bas en haut mais il m'a dit de rester immobile. Il m'a fait passer les bras autour de son cou de façon à ce que je sois un peu soulevé et il a commencé à donner des coups vers le haut. A chaque coup mon oiseau rebondissait et mes testicules battaient contre l'épais buisson de ses poils pubiens. C'était vraiment très bon. Nos yeux se regardaient, riaient et souriaient, pleins de plaisir.

"Je ne me lasserai jamais de faire l'amour avec toi..." je lui ai dit.

"Moi non plus, Stefano. Tu me plais vraiment salement." A-t-il répondu en continuant ses vigoureux mouvements de haut en bas en moi.

"Qu'est-ce que tu aimes le plus, chez moi ?" je lui ai demandé.

"La joie avec laquelle tu fais l'amour. Et toi chez moi ?"

"La force et la tendresse et comme tu sais faire durer longtemps ces moments magiques, et ton corps, et ton sourire..."

"Et c'est tout ?" dit-il en plaisantant.

"Non, et ce bel oiseau que tu as qui, au repos doit faire sa dizaine de centimètres mais qui en action doit au moins en faire vingt !"

"Il te plait vraiment ?"

"Oui, beaucoup. Et aussi ta façon de t'en servir."

"Le tien aussi me plait... j'aime le sentir dans ma bouche..."

Ces mots nous excitaient et ajoutaient au plaisir de la déjà si agréable union de nos deux corps.

"Tu le sens, Stefano, comme il bouge en toi ?"

"Oui, et j'aime ça."

"Ça te pèse beaucoup de ne pas me prendre ?"

"Ben... beaucoup, non, même si ça me plairait bien..."

"Mais après, je te suce..."

"Je sais, et j'adore jouir dans ta bouche..."

"Tu sais, moi aussi j'aime beaucoup te sucer."

"Je sais. C'est pour ça que je suis bien avec toi, même si tu ne te laisses pas enculer."

"Tu es un très beau garçon, Stefano."

"Je suis à toi."

"Oui, tu es à moi !" en donnant des coups de buttoir vers le haut dont chacun me faisait rebondir.

"Si mes copains de l'école, ou tes collègues, nous voyaient ainsi... " j'ai dit à un moment, en rigolant.

"Il y en a plusieurs qui feraient la queue..." répondit-il en souriant.

"Pourquoi, tu penses qu'il y a beaucoup de pédés à l'école ?"

"Non. Mais beaucoup vireraient leur cuti en voyant ce que c'est bon !" a-t-il dit.

"Il y en a qui te plaisent parmi tes élèves ?"

"Non, personne d'autant que toi."

Il a continué longtemps et j'étais admiratif et ravi de son endurance. Mais finalement il n'a plus pu se contrôler et il s'est mis à donner des coups désordonnés et violents. J'aimais voir les symptômes d'un plaisir de plus en plus intense apparaître sur son visage, épier la progression de sa jouissance, voir son sourire se figer de plus en plus, son expression devenir plus intense et enfin le voir atteindre le sommet de l'orgasme et le sentir se libérer en moi tandis que son expression s'adoucissait, se détendait et qu'une infinie béatitude envahissait son visage.

Alors il m'a fait me soulever et poser les genoux sur les accoudoirs jusqu'à avoir mon oiseau devant la bouche et ce fut mon tour d'éprouver les sensations dont j'avais contemplé l'arrivée en lui, jusqu'à ce que je jouisse, en gémissant fort l'intensité de mon plaisir qu'il entretenait depuis bien plus d'une heure. Je me suis assis à nouveau sur son giron, on s'est serrés fort et embrassés longtemps, doucement.

"Tu es content, Stefano ?"

"Oui, pour l'instant..." j'ai dit l'air espiègle et provocateur, puis j'ai ajouté : "Mais avant de rentrer à la maison, ce soir, je veux qu'on fasse encore l'amour."

"Pourquoi tu ne restes pas dormir cette nuit encore ?"

"Je veux voir un peu Domenico. Je ne veux pas le laisser trop seul."

"Mais tu es avec lui toute la semaine !" a protesté Lorenzo en feignant de me faire la gueule.

"C'est vrai, je suis moins avec toi, mais ce sont des moments très intenses. Il a besoin de ma compagnie, lui..."

Lorenzo n'a pas insisté et je lui en ai été gré. On a passé un après-midi heureux puis, une petite heure avant que je ne m'en aille, on est retournés au lit et on a fait l'amour. C'est vrai que je ne me serais jamais lassé de faire l'amour avec lui, même si je ne pouvais pas aller au bout de mon désir en le pénétrant.

De retour à la maison je trouvais Domenico qui venait de rentrer. Comme d'habitude on a bavardé : j'aimais beaucoup rester avec lui. Malgré notre différence d'âge, on s'entendait bien, aussi et surtout grâce à sa remarquable ouverture d'esprit. Je sentais qu'il me respectait profondément et je pensais qu'il était dommage qu'il n'ait jamais pu avoir de fils : il aurait été un père merveilleux. Je lui étais gré d'avoir voulu de moi comme fils adoptif. Au fond, un fils adoptif c'est presque mieux qu'un fils naturel, parce que comme fils naturel on a ce que la nature ou le destin vous donne, alors que le fils adoptif on l'a accepté et choisi pour ce qu'il est.

J'ai passé le permis et Domenico a voulu m'acheter une voiture pour que je sois indépendant : une Lancia Y10 d'occasion mais presque neuve et très bien entretenue qu'on est allé choisir ensemble. Je continuais à l'aider au magasin et je commençais à comprendre les ficelles du métier d'antiquaire et de restaurateur. A l'école aussi ça marchait bien et je trouvais le rythme des études pas trop pesant.

Avec Lorenzo ça se passait bien. A l'école il se montrait amical avec tous et il se faisait tutoyer par les élèves, alors c'était facile de me comporter en élève sans laisser soupçonner aux autres notre relation, mais sans pour autant devoir porter un masque.

On a invité Claudio à venir faire l'amour avec nous et il a accepté tout de suite et volontiers. Claudio aimait beaucoup être pénétré, aussi j'ai pu enfin éprouver à nouveau ce plaisir. D'ailleurs j'ai adoré pénétrer Claudio pendant que Lorenzo me pénétrait moi ou être pénétré par Lorenzo pendant que Claudio me suçait.

Claudio était sympa et il avait un corps agréable, même si un peu plus velu que mon idéal.

Par la suite on a invité Dario. Dario me plaisait peut-être un peu plus que Claudio, il était plus vivant et physiquement aussi un peu plus agréable, mais je leur préférais Lorenzo sous tous les aspects.

Dario avait compris qu'il était gay six ans plus tôt, quand il avait vingt-deux ans et qu'il commençait à travailler comme maquilleur au théâtre, mais pas grâce à son travail. Son père avait retrouvé un de ses vieux copains, du temps du service militaire et il l'avait hébergé en le faisant dormir dans la chambre de Dario où son frère aîné, jeune marié, avait laissé un lit libre.

L'ami de son père, un homme de quarante six ans, l'avait réveillé une nuit... en lui suçant l'oiseau. Dario avait été très troublé par cet événement : un peu par son côté incongru, mais surtout parce que ça lui avait beaucoup plu.

Il avait déjà couché deux ou trois fois avec des filles, mais ça ne lui avait jamais valu qu'un plaisir modéré, rien à voir avec ce que cet homme lui avait procuré par surprise cette nuit-là. Aussi, quand la nuit suivante l'homme était revenu à la charge, Dario l'avait accueilli presque avec désir. Quand il avait essayé de le pénétrer, après une brève résistance plus motivée par la peur que par autre chose, Dario avait découvert une autre source de plaisir qui l'attirait beaucoup.

Alors, après son départ, il fallut à peine plus d'une semaine pour que ce soit Dario qui cherche d'autres hommes et il a trouvé ses premiers compagnons justement dans le milieu du spectacle. Cela lui permit aussi de goûter au plaisir de la pénétration active. Dès lors il n'a plus jamais couché avec une femme : il n'avait plus de doutes sur sa préférence pour les hommes.

Et ainsi Lorenzo et moi avons commencé à faire l'amour parfois à trois mais le plus souvent tous les deux. En y repensant aujourd'hui je crois que ce qui nous réunissait était une forte sympathie et de l'affection mutuelle, mais pas vraiment de l'amour. D'ailleurs nous n'avons jamais parlé d'amour. Pourtant, si plaisant qu'il nous ait été de temps en temps d'accueillir un troisième, on se considérait comme un couple fixe, j'étais son copain et lui le mien.

Quand je restais dormir chez Lorenzo, Domenico était convaincu que je passais la nuit avec une fille, mais il ne m'a jamais rien demandé. Il a même arrêté de me demander si j'avais des capotes et si je m'en servais. Avec moi il parlait politique, économie, de mes études, de ce qu'on lisait dans la presse ou on voyait à la télé. C'était un homme cultivé, mais d'une culture qu'il s'était forgée tout seul. D'ailleurs ses études s'étaient arrêté à un BEP de prothésiste dentaire, métier qu'il n'avait jamais exercé.

Mais il avait beaucoup lu et il avait une très belle bibliothèque pleine de livres d'histoire de l'art, d'histoire des meubles, sur la restauration et le métier d'antiquaire. Petit à petit je profitais de sa bibliothèque et j'en lisais tous les livres.

Mais son hobby restait la pêche. Parfois je l'accompagnais à la pêche, surtout les week-ends où Lorenzo allait voir ses parents au village.

Le tribunal a accepté la demande d'adoption et les dernières formalités accomplies je suis devenu légalement et officiellement le fils de Domenico. Franchement, je ne suis jamais arrivé à l'appeler "papa" : j'étais déjà grand et mon père vivait encore, mais il ne me l'a jamais demandé. L'affection qui nous liait était de toute façon très proche de celle qu'il y a entre un père et son fils. Même Tina agissait de façon un peu maternelle envers moi, ce qui était loin de me déplaire.

Un dimanche où j'étais à la montagne à pêcher avec Domenico, pendant qu'il jetait sa ligne je suis allé me promener le long de la rivière, en aval. En rentrant j'ai vu sa casquette flotter dans le courant. Sur le coup j'ai ressenti une grande peur qu'il lui soit arrivé quelque chose et j'ai couru avec l'énergie du désespoir vers l'endroit où je l'avais laissé. Je ne le voyais pas et j'étais vraiment effondré.

Lui par contre il m'a vu arriver agité, pâle et les yeux exorbités, et il m'a demandé : "Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, Stefano ?"

Je me suis retourné et je l'ai vu, souriant, et j'ai lâché un grand soupir de soulagement : "J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose !"

"Mais pourquoi ?"

"J'ai vu ta casquette descendre la rivière et..."

"Ah, c'est donc ça. Je ne la retrouvais pas et j'étais justement en train de la chercher. Donc elle est tombée à l'eau."

"Tu m'as fait une de ces peurs, Domenico !"

"Je le vois. Mais il ne s'est rien passé. Tu vois, je vais bien."

"Oui, grâce à dieu !" j'ai dit, encore un peu secoué.

Domenico me regardait : "Stefano, tu tiens à moi tant que ça ?"

Je le regardais, presque offensé : "Et bien, tu en doutais ?"

"Non, non... mais ça fait plaisir de le voir. Tu es vraiment un fils pour moi, le fils que j'ai tant désiré mais que je n'ai jamais eu..."

"Quel dommage, Domenico. Tu aurais vraiment été un très bon père..."

Domenico m'a souri, il a posé sa cane à pêche, il s'est approché de moi et il m'a pris dans ses bras un instant. Puis, toujours sans un mot, il m'a laissé et il a repris sa cane à pêche.

Le soir, à la maison, Domenico m'a reparlé de ma peur de l'après-midi.

"Stefano, tôt ou tard, je vais mourir. Je suis vieux..."

"Mais tu n'as que soixante sept ans..."

"Presque soixante huit, presque soixante dix."

"Tu peux vivre encore quelques décennies."

"Ou juste quelques jours, qui peut savoir ?"

"Mais ça vaut aussi pour moi."

"Bien sûr, mais tu es jeune. Je crois vraiment que ça sera mon tour en premier. Tu dois y penser et être prêt."

"Quel sens ça a de penser à la mort ?"

"Bien sûr que ça a du sens : ça fait partie de la vie, comme la naissance. Moi, Stefano, je n'ai pas peur de la mort. Quand elle viendra... elle viendra. J'ai vécu et, somme toute, pas si mal. Désormais chaque jour de plus est comme un cadeau. Et surtout maintenant que je t'ai, je suis plus tranquille. Le travail de toute ma vie ne sera pas gâché, il te servira à toi. Maintenant, quand viendra le moment, je pourrai partir tranquille, grâce à toi."

"J'espère que ça arrivera le plus tard possible, Domenico."

"Tôt ou tard, ça m'est égal."

J'admirais la sérénité avec laquelle il faisait face à l'idée de la mort et avec laquelle il vivait sa vie. Cet homme avait beaucoup à m'apprendre. C'était plus qu'un père pour moi.

Ce qui me stupéfiait chez Domenico c'est qu'il n'avait pas d'amis. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi un homme comme lui n'avait pas une foule d'amis. Alors un jour je le lui ai demandé.

"Je ne sais pas. Peut-être parce que j'attends trop de mes amis. Peut-être parce que je suis incapable d'accepter une amitié qui n'est faite que de bavardage. Peut-être parce que, bien que me sentant parfois seul, avant de t'avoir toi j'aimais plus la solitude que la compagnie de gens superficiels et vains. Je n'ai jamais fui l'amitié. C'est juste qu'elle n'a jamais duré, voire qu'elle n'est jamais née..."

"Moi, au village, j'avais de très bons amis..."

"Au village c'est différent. C'est peut-être l'effet des grandes villes, je ne sais pas. Mais je ne regrette pas de ne pas avoir d'amis, crois-moi. Anselmo est ce que j'ai de plus proche d'un ami."

"Et comment ça se fait qu'Anselmo ne soit pas encore marié ? Il a trente-six ans..."

"C'est un solitaire, comme moi. C'est pour ça, je crois, qu'on s'entend bien. Et puis, je ne sais pas, mais je ne crois pas qu'Anselmo soit attiré par les femmes."

"Tu veux dire qu'il est homosexuel ?"

"Ça je ne sais pas. Peut-être. Mais je ne l'ai jamais vu non plus avec un homme. De toute façon ses préférences sexuelles ne me regardent pas."

"Tu en penses quoi, Domenico, de l'homosexualité ?" je lui demandais alors en sautant sur l'occasion.

"Que devrais-je en penser ? J'en pense juste que la sexualité des autres ne me regarde pas et ne doit pas m'intéresser."

"Même si ton fils était homosexuel ?" je lui demandais anxieux d'obtenir un jugement.

"Je ne crois vraiment pas. Si tu l'étais ça ne me poserait aucun problème..."

Je sentais le besoin de le lui dire, et j'allais le faire quand il a ajouté : "Personne ne doit rendre des comptes à quiconque sur sa sexualité. C'est ce qu'un humain a de plus privé et personnel. Si j'avais une fille, jamais je ne lui demanderais si elle baise et avec qui, ni comment ni combien. J'essaierais de lui faire comprendre que c'est quelque chose d'important, le sexe, qu'il faut utiliser à bon escient et pas à la légère. Alors ta sexualité ne me regarde pas, Stefano. C'est ton domaine. Tout ce que je te dis c'est de la vivre de la façon la plus honnête possible..."

Et ainsi je renonçais à lui parler de moi, de moi et de Lorenzo. Par contre avec Lorenzo je parlais souvent de Domenico.

Vint l'été. J'avais passé l'examen d'entrée en terminale en Juillet, avec 12.5 de moyenne.

On est à nouveau allés à la villa. Cet été-là, quelques jours après notre arrivée sur le Riviera, j'ai rencontré Brad, un garçon australien de dix-neuf ans qui faisait le tour de l'Europe avec sa tente. Il est arrivé à la villa avec un jerrycan à la main pour demander s'il pouvait avoir de l'eau potable. Il ne portait qu'un maillot de bain, un débardeur et des sandales en plastique. Il avait un beau corps, les cheveux blond foncé, les yeux bleu-gris... et l'avant du maillot bien gonflé...

Je l'emmenais au robinet derrière le garage où il a commencé à remplir son jerrycan. Je le regardais, il me regardait.

"Tu as quel âge ?" il m'a demandé.

"Dix-neuf ans."

"Comme moi. Tu es étudiant ou tu travailles ?"

"Les deux, je suis étudiant et je travaille." Je lui ai répondu.

"Et où tu trouves le temps de faire l'amour ?" il m'a demandé.

J'ai souri et je lui ai dit que j'y arrivais quand même, le week-end.

Il m'a dit : "Moi ça ne me suffirait pas. Là ça fait déjà quatre jours que je ne baise pas et je me sens déjà plein d'envie..."

"Quatre jours ? Une italienne ?" je lui ai demandé.

Il m'a regardé droit dans les yeux et il a dit : "J'étais en France il y a quatre jours. Je n'ai pas encore fait l'amour en Italie. On dit que vous êtes très chauds, les italiens, c'est vrai ?"

Je me demandais si c'était une proposition ou pas. On aurait pu croire, à sa façon de dire, mais je n'étais pas sûr.

Alors je lui ai répondu : "Je crois que moi je suis plutôt chaud. J'aime beaucoup faire l'amour."

"Ah oui ? Moi aussi, j'adore. Tu as des préjugés, toi ?"

Cette fois c'était plutôt direct.

"Non, aucun préjugé. Le cul c'est le cul de toute façon." Ai-je répondu en le regardant à nouveau de la tête aux pieds puis j'ai ajouté : "J'aimerais bien voir comment baise un australien..."

"Tu es seul ici ?"

"Non. Il y a aussi Tina et Domenico..."

"Alors, si tu venais à ma tente ? C'est tout près d'ici..."

"D'accord." J'ai dit et je me sentais déjà excité.

Brad a pris le jerrycan plein et je l'ai suivi. Il avait une belle tente igloo verte et bleue. Il a posé le jerrycan à l'ombre et il a ouvert la glissière en me faisant signe d'entrer. J'enlevais mes mocassins et j'entrais pieds nus. Il est entré derrière moi et il a soigneusement refermé. Je m'étais assis sur le matelas de sol. Il s'est assis à côté de moi et m'a poussé sur la poitrine pour que je m'étende, puis il a déboutonné ma chemise. Je ne portais rien dessous et il s'est penché sur moi et il s'est mis à m'embrasser sur la poitrine et le ventre et à sucer mes tétons tandis que sa main se posait sur ma braguette gonflée.

Il a ouvert ma ceinture et mon pantalon. J'ai arqué le dos et soulevé le bassin et il a baissé du même geste mon pantalon et mon slip, libérant ainsi mon oiseau qui a jailli, droit et dur. Il l'a caressé mais, contrairement à ce à quoi je m'attendais, il ne l'a pas touché des lèvres. Il s'est déshabillé rapidement, il a fini de m'enlever mes habits et il s'est accroupi au dessus de mes cuisses. Il a commencé à me masser sur tout le corps et son massage était à la fois relaxant et érotique, si bien que mon érection ne diminuait pas. Il était très habile et je me laissais faire en savourant les sensations qu'il m'offrait.

Quand, machinalement, j'ai essayé de le caresser il m'a dit de rester immobile et de ne plus bouger.

"C'est difficile..." j'ai dit, "je suis très excité."

Il a souri : "Je sais, je le sens. Quand je t'aurai amené juste là où je veux, je te dirai quoi faire. Laisse-moi faire et, pour l'instant, ne fais rien."

Je regardais son membre circoncis, grand et beau, dur et dressé vers son nombril, presque collé à son ventre plat et ferme. Il continuait à me faire ce bon massage érotique qui m'excitait de plus en plus. On aurait presque dit qu'il modelait tout mon corps, sexe compris. Son regard me disait que mon corps lui plaisait. Ses mains habiles étaient expertes pour découvrir toutes mes zones érogènes et en tirer le maximum de plaisir. J'étais très excité et il m'était de plus en plus difficile de rester immobile. Brad continuait. Même lorsqu'il me massa les mains et les pieds cela a provoqué en moi d'intenses sensations érotiques. Je me sentais en feu. Je voulais le toucher, je devais le toucher. Et enfin il s'est arrêté, il a pris un flacon en verre, il l'a ouvert et d'un doigt il en a pris du gel lubrifiant qu'il s'est étalé entre les fesses. Puis il a pris un sachet, l'a déchiré et il en a sorti une capote qu'il a enfilé sur mon sexe que je sentais brûler. Puis il s'est couché près de moi, sur le ventre.

"Prends-moi, maintenant !" m'a-t-il dit.

Je me suis retourné et mis sur lui, j'ai glissé mes jambes entre les siennes, que j'ai écartées et, avec une impatience proche de l'urgence, je m'enfonçais en lui et je glissait d'un seul coup au fond en pesant sur lui de tout mon corps. Je le serrais fort contre ma poitrine et, appuyé sur mes genoux, je commençais à le prendre avec une série de coups puissants et passionnés, tout en lui léchant le cou et les oreilles dont je mordillais aussi le lobe. J'étais déchaîné comme jamais je ne l'avais été. Toute l'énergie qu'il avait savamment accumulée en moi se libérait maintenant dans cette baise pleine d'ardeur.

"Oui, comme ça... tu es super..." gémissait-il, excité et appréciant à l'évidence mes assauts.

Il tournait légèrement le bassin, faisait palpiter son anus et relevait ses fesse petites et fermes à chacun de mes à-fonds. Je sentais la transpiration entre ma poitrine, mon ventre et son dos et même ça c'était une sensation agréable.

On haletait, ses halètements répondaient aux miens comme en écho, et son plaisir évident augmentait le mien.

"Allez, oui... comme ça... plus fort..." il m'encourageait la voix rauque.

"Tu me plais..." je lui ai dit en haletant encore plus.

"Toi aussi..."

Au fur et à mesure que l'excitation se renforçait en moi et en lui, je me poussais en lui avec toute mon énergie. Quand Brad a senti que mon orgasme approchait il a tourné la tête vers moi et il m'a demandé de l'embrasser. Nos bouches se sont réunies, nos langues ont fouillé l'une contre l'autre et j'ai senti ma vigueur qui montait et je me lançais dans une espèce de cavalcade sauvage jusqu'à ce que chaque à-fond soit accompagné d'un fort jet et je jouissais en lui avec en gémissant avec force toute ma passion et mon plaisir. Ce fut un orgasme déchirant, très puissant.

Je continuais à bouger en lui mais mon rythme se calmait graduellement, jusqu'à me laisser retomber, inerte, sur lui et nos bouches se sont séparées. Notre respiration essoufflée se calmait lentement et mon sexe commençait à se retirer de ce canal chaud et étroit qu'il avait envahi et dominé jusque là. Je glissais sur le côté et je le fis se tourner.

"Maintenant c'est moi qui te fais jouir..." je lui ai dit.

Il a souri : "J'ai déjà joui... Tu as vraiment été grand. C'est pas des connerie que les italiens sont chauds. Tu m'as mis comme je n'en avais jamais rêvé. Tu as été super..."

"C'est toi qui m'as chargé à fond..." je lui ai dit, "il faut rendre à César ce qui est à César."

"Oui, mais souvent les mecs jouissent vite... Toi pas !"

"Et toi tu n'aimes pas enculer ? Ou sucer ?"

"Non, moi j'aime bien comme ça. Ça ne te va pas?"

"Oh si, c'est super. Tu sais faire des massages et bouger le cul... je te dis pas..."

"Je sais, je suis le masseur de l'équipe de rugby de mon collège. Et après le massage il y a un paquet de joueurs qui s'amusent à me masser le cul comme tu viens de le faire. Mais ils sont rares à avoir ton endurance, il ne doit pas y en avoir deux qui te valent."

"Ils sont tous gays tes rugbymen ?" j'ai demandé stupéfait.

"Oh non, juste trois d'entre eux. Mais rares sont ceux qui refusent de me prendre, tant que ça ne se sait pas. Ils ont une copine, mais ils le font volontiers avec moi aussi. D'ailleurs aussi parce que les filles ne se laissent pas toutes baiser... alors ils sont tous pleins de désir."

"Je te crois. Et d'ailleurs tes massages feraient même bander un mort !"

Brad est resté camper près de notre villa une dizaine de jours et je suis allé le voir tous les jours. C'est lui qui m'a expliqué l'importance de la capote même entre hommes et depuis j'en ai toujours scrupuleusement fait usage. Brad et moi on a toujours fait l'amour de la même façon, mais je ne m'en suis jamais lassé le moins du monde.


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