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histore originale par Andrej Koymasky


LA LABORIEUSE EXTINCTION
DES DINOSAURES
CHAPITRE 8
L'HISTOIRE SE REPÈTE

Austin aimait bien plus travailler comme serveur qu'il ne l'aurait imaginé. Un de ses anciens copains de l'université découvrit ce qu'il faisait, et alors petit à petit un bon nombre d'universitaires commencèrent à venir manger à l'auberge de "La bella Napule".

Avec Corrado, les choses allaient bien. Quelques fois encore ils se contentèrent de s'embrasser, de se caresser, de sentir et faire sentir à l'autre leur excitation et leur désir. Austin était content, parce que cela lui rappelait un peu la façon dont il en était arrivé à établir une relation avec son Quentin. La différence était que si entre eux cela avait été Austin qui guidait l'évolution de leur relation, maintenant par contre c'était Corrado, et Austin prenait plaisir à se laisser guider par ce fougueux garçon...

Quand enfin ils en arrivèrent à partager leurs effusions sans ne plus rien porter, Austin n'arriva plus à se retenir.

"Corrado... s'il te plait... prends-moi ! J'ai besoin de toi !"

Le garçon sourit : "Tu me veux en toi ?" demanda-t-il en lui faisant une caresse intime.

"À mourir !"

"Mais moi aussi... pourquoi tu ne me prends pas d'abord ?"

"Parce que... parce que je t'ai demandé le premier !"

"Ben... c'est une bonne raison, d'accord."

"Comment veux-tu que je me mette ?"

"Mets-toi à genoux...avec les mains sur la tête du lit... pour commencer. Si ça fait quatre ans que tu ne fais plus rien, ce sera moins difficile pour toi, comme ça."

Austin acquiesça et se prépara. Corrado s'agenouilla derrière lui, entre ses jambes, le saisit par la taille et poussa pour le pénétrer. Austin le sentit commencer à presser et, avec un petit soupir de plaisir, il se détendit pour l'accueillir et poussa le bassin en arrière. Il se sentit se dilater lentement, n'ayant plus l'habitude, il éprouva un légère gêne, mais il savait que tout irait bien après.

Passée la première résistance naturelle, il le sentit entrer peu à peu, glisser en lui, une avancée forte et régulière, le remplir agréablement, et il ferma les yeux pour mieux savourer cette invasion tant attendue. Quand enfin Corrado fut complètement en lui, jusqu'à la racine, il passa un bras sous sa poitrine et le tira fort contre lui, pressant son dos contre sa poitrine pour se nicher à fond en lui et il lâcha un bref gémissement.

"Tout va bien ?" demanda Corrado dans un soupir à l'oreille du jeune homme qu'il faisait sien.

"Au mieux... C'est bon de te sentir en moi."

"Et pour moi, d'être enfin en toi. Tu es si étroit, si chaud, si... à moi !" lui dit-il sans bouger, mais en faisant palpiter en lui sa verge dure, puis il lui mordilla le lobe de l'oreille.

Austin bougea un peu le bassin et l'encouragea : "Allez... fais-le-moi goûter pour de bon... fais moi sentir l'étalon que tu es..."

Le garçon se redressa, le serra par la taille et recommença à bouger d'avant en arrière, d'abord avec de lents et calmes va-et-vient, puis très progressivement, avec des poussée plus rapides et plus vigoureuses.

"Oh... oui... c'est bon... comme ça... comme ça..." l'encourageait Austin proie à un plaisir croissant, bien que ses encouragements soient loin d'être nécessaires.

Le rythme auquel Corrado le prenait se faisait de plus en plus rapide, il se cassa et fit place à de forts coups désordonnés et enfin le garçon déchargea en lui dans une série de vigoureuses poussées, qu'Austin accentuait en se pressant contre lui. Un instant tous deux s'immobilisèrent. Corrado respirait bruyamment, et il caressait le dos et les côtés de son compagnon. Puis, lentement, il se retira de lui, le fit se tourner et s'asseoir sur le lit, il le prit entre ses bras et l'embrassa avec force, encore tremblant de l'intensité de son orgasme.

"Ça a été... grand !" dit-il, puis après un profond soupir, "Vraiment grand !"

"Pour moi aussi, Corrado. Mais la prochaine fois, tu me prendras par devant, je veux regarder ton visage quand tu jouis en moi."

"Comme tu veux. Mais maintenant c'est ton tour de me faire tien..." dit le beau napolitain en caressant le membre encore fièrement dressé de son compagnon.

Il se coucha sur le dos, releva ses jambes sur la poitrine et s'offrit avec un sourire invitant. Austin s'exécuta avec plaisir et, guidé par Corrado, il le prit avec une vigueur contrôlée. Et pendant qu'il glissait à fond en lui, le beau visage virile de Corrado se coloria d'un sourire béat.

"Oh, Austin... oh Austin... tu es à moi !" murmura-t-il tandis que son visage rosissait de plaisir.

Le fait que Corrado, alors qu'il accueillait en lui le fort membre d'Austin le sente 'à lui', cela procura à ce dernier un plaisir particulier. Au fond, se dit-il, c'était vrai, "prendre" l'autre était se donner à lui, du moins quand c'était fait avec amour. Et il sentait bien maintenant que c'était de l'amour ce qui l'unissait à son compagnon. Et quand lui aussi eut joui en lui, il sentit que ce n'était pas que son sperme qu'il lui donnait, mais tout son être et tout son amour.

Etendus sur le côté face à face, les membres enlacés, Austin dit à Corrado tout ce qu'il avait éprouvé, pensé, senti pendant ce premier et magnifique rapport. Corrado acquiesça.

"Je suis d'accord avec toi. C'est tout à fait comme tu dis. La différence est toute là : le faire pour s'amuser ou pour se démonter notre amour. Moi, jusqu'à ce jour, j'ai eu deux ou trois aventures, mais aucune n'a provoqué l'intensité de ce que j'ai éprouvé avec toi. Ce n'était que du plaisir, l'envie de s'amuser..."

"Tu me parlerais de ces histoires d'avant que tu ne me rencontres ?" lui demanda Austin.

Corrado secoua la tête en lui souriant : "Non, pas maintenant du moins. Peut-être que je te les raconterai un jour, mais pas maintenant. Elles sont trop peu importantes, par rapport à ce qu'on vient de faire, à ce qu'il y a entre nous. Il me semble que t'en parler gâcherait la beauté de ce moment."

"Comme tu veux, mon amour."

"Oh, enfin. Je me demandais quand tu allais me dire mon amour..."

Austin sourit : "Mais toi te ne m'as pas encore appelé..."

"Je ne peux pas, maintenant."

"Pourquoi ?" lui demanda Austin, surpris et curieux.

"Parce que maintenant tu me l'as demandé, et ça ne viendrait pas de mon cœur, mais de ma tête. Mais je sens que je t'aime, alors ça viendra, tôt ou tard, et de mon cœur..." lui répondit-il avec douceur.

Austin, sans le vouloir, compara encore Quentin et Corrado. Quentin avait un air doux, gentil, pas efféminé mais délicat. Corrado par contre avait l'air viril, mâle, et pourtant il était aussi doux. Il se dit qu'il avait été deux fois bénit : les deux garçons de sa vie, ses deux amants, étaient si différents mais si semblables... Et il se dit que cette fois il défendrait son amour même au prix de sa propre vie.

Corrado se détacha de lui : "Je dois me rhabiller et rentrer..." dit-il sur le ton de celui qui demande pardon.

"Malheureusement. Je descendrai moi aussi, plus tard..."

Ils se rhabillèrent, en se regardant de temps en temps, en échangeant un sourire. Austin l'accompagna à la porte et, avant de le laisser partir, il se serra contre lui et l'embrassa de nouveau. Il sentit que Corrado était de nouveau excité et ça lui fit plaisir.

"Laisse-moi partir... s'il te plait," murmura-t-il, "ou papa sera furieux contre moi."

"Oui, vas-y..."

"Je regrette... je voudrais tant retourner avec toi, mon amour, mais je ne peux pas..."

"Va, va... je le sais." lui dit Austin en ouvrant la porte.

Corrado descendit les marches quatre à quatre, vite, comme s'il craignait que lui manque la force de se séparer de son amant.

Avec le temps leur relation se renforça et ils en étaient de plus en plus heureux. Comme avant, parfois ils faisaient une promenade ensemble, mais parfois ils se réfugiaient dans l'appartement d'Austin pour se montrer avec tout leur corps l'intensité de leur amour.

Quand ils étaient ensemble en public, et aussi à l'auberge, ils arrivaient à ne pas trahir le lien qu'il y avait réellement entre eux, ils se comportaient comme de simples amis. Ou du moins le croyaient-ils. Mais malheureusement une suite de petits indices mit la mère de Corrado sur le qui-vive. Au début elle ne dit rien, parce que bien que soupçonnant ce qu'il y avait vraiment entre le serveur et son fils, elle ne pouvait pas en être sure et elle craignait, ou plutôt elle espérait, se tromper.

Mais le doute la rongeait, l'idée d'avoir mis au monde un fils "malheureux" l'épouvantait. Elle comprenait qu'elle ne pouvait pas affronter Corrado, et moins encore Austin, en leur exposant ses soupçons. Mais elle n'arrivait pas non plus à se rassurer. Elle se creusait la tête à se demander comment elle pouvait trancher un doute aussi affreux...

Parfois elle se disait qu'elle voyait le mal là où il n'éait pas, mais à d'autres moments il lui semblait voir ce que les autres n'arrivaient pas à voir. Une chose surtout alimentait ses soupçons : alors que le cadet, Francesco, qui n'avait pourtant que dix-huit ans, était déjà clairement attiré par les filles et leur faisait les yeux doux et parfois l'idiot devant elles, Corrado, bien qu'il ait vingt ans, ne semblait même pas s'apercevoir de l'existence des filles. Et il en était de même pour Austin, qui avait vingt-quatre ans ! "C'est vrai," se disait-elle, "que les anglais ont l'air plus froids et plus réservés que nous les napolitains... mais Corrado, même s'il a grandi ici en Angleterre, il a le sang napolitain..."

Aussi un jour, quand Corrado était monté chez Austin "pour jouer aux échecs" comme il disait d'habitude, sa mère attendit une petite heure puis monta elle aussi et sonna à la porte en appelant son fils : "Corrado ! Corrado, ouvre !"

Les deux garçon, qui étaient en pleine action, se détachèrent en blêmissant, se rhabillèrent en toute hâte, puis ils allèrent ouvrir la porte.

Lucia Renzulli entra comme une furie : "Pourquoi avez-vous mis si longtemps à répondre ?" demanda-t-elle furieuse et, écartant son fils, elle entra dans la chambre à coucher où le lit était défait avec les draps en désordre. "Ah ! C'est là que vous jouez aux échecs, malheureux ? Hein ? Et toi, que j'ai pris presque comme un fils, tu as dévoyé mon fils, cochon !" cria-t-elle et elle cracha sur Austin.

"Maman ! Je ne vous permets pas..." dit Corrado en napolitain.

Ils eurent une discussion animée, Austin n'en comprenait pas un mot, mais il ne comprenait que trop clairement que le cauchemar recommençait. Pâle, il les regardait se disputer, en se demandant ce qu'il devait faire, ce qu'il pouvait faire. Il aurait tant voulu comprendre l'italien, ou qu'ils parlent anglais...

Il essaya d'intervenir : "Madame Lucia, je voudrais..."

Elle le foudroya du regard et lui siffla en anglais : "Toi, ta gueule !" et elle recommença à parler à son fils.

Austin ne put qu'admirer comme le garçon tenait tête à sa furie de mère, avec force, vigueur, sûr de lui, mais sans jamais recourir à une attitude agressive. Puis sa mère sortit comme une furie de l'appartement, comme elle était entrée.

Alors Corrado dit à Austin : "Toi, tu m'attends ici. Ne bouge pas. Je reviens dès que possible."

"Mais... tu vas faire quoi ?"

"Il va falloir que j'affronte toute la famille, maintenant. Ou ils nous laissent en paix... ou nous devrons partir. Je ne vois pas d'autre solution. Tu es prêt à venir avec moi, si c'est le cas, pas vrai?"

"Oui, bien sûr... mais je voudrais descendre moi aussi affronter ta famille..." dit Austin désolé.

Corrado sourit : "Si tu parlais italien, peut-être... Fais-moi confiance !"

"Bon dieu, Corrado... je regrette tant... je voudrais... je ne veux pas que ça finisse comme..."

"Non ! Ça ne finira pas mal, je te le jure. Fais-moi confiance." répéta Corrado, il fit un rapide baiser à son amant et il descendit affronter sa famille.

Austin s'assit à la cuisine, très secoué. Oui, bien sûr, il était prêt à partir avec Corrado, au bout du monde s'il le fallait... Mais il aurait voulu être à côté de son amant, maintenant, pour se battre à ses côtés.

Plus le temps passait, plus Austin se sentait mal. Il se demandait ce qui pouvait bien se passer, là en-bas... comment Corrado s'en sortait... Il imagina des scènes de violence physique et il voulait courir descendre, mais Corrado lui avait dit de ne pas bouger. Finalement il ne put plus résister, il avait passé trop de temps. Il se leva, ouvrit la porte pour descendre, mais il vit Corrado qui montait l'escalier.

"Amour..." murmura Austin en s'écartant pour le faire entrer. "Alors ?"

Le garçon le regarda de ses yeux de braise, mais il lui sourit : "On s'en va, mon amour. Mes parents n'ont pas voulu entendre raison. Seul Francesco a essayé à prendre notre parti, et il s'est pris une gifle de papa... Papa a dit que je ne suis pas encore majeur et que je ne peux donc pas décider par moi-même. Je lui ai dit qu'il me fasse arrêter par la police..."

"Il peut le faire..."

"Mais il ne le fera pas... Comme il ne te dénoncera pas pour détournement de mineur, comme il m'en a menacé. Parce que je lui ai dit quelle terrible publicité ce serait si toute la ville en venait à savoir que son auberge était l'auberge "du beau ricchione", le mot napolitain pour dire homosexuel. Il a compris qu'il ne fallait pas, et il a fini par m'ordonner de disparaître... Et nous allons disparaître, hein, mon amour, disparaître ensemble."

"Oui, bien sûr. Bon dieu, j'ai eu si peur pour toi... j'ai craint qu'ils te tabassent... qu'ils te séquestrent, qu'ils te séparent de moi..."

"Mon père n'a essayé qu'une fois de lever la main sur moi... Je l'ai arrêté par le poignet et je l'ai forcé à baisser le bras... je suis plus fort que lui."

"J'aurais tant voulu être à tes côtés... j'ai cru mourir ici, sans savoir ce qui t'arrivait là en dessous..."

"Je sais, mon amour, je sais. Mais je te sentais proche de moi, et j'ai eu notre force à tous deux, pour nous deux. Cette nuit je dors ici, avec toi... enfin nous pouvons passer toute une nuit ensemble, comme on en a rêvé depuis toujours. Et demain on fait nos valises et on s'en va. Que penses-tu d'aller à Londres ? On s'y cherchera du travail et on y refera notre vie ?"

"Oui, mon amour. Pour moi peu importe où, si c'est avec toi."

"Ma mère nous a interrompus au meilleur moment... et si on reprenait... notre partie d'échecs ?" demanda Corrado avec un sourire provocateur.

"Tu en as envie, mon amour ?"

"Non, pas envie : besoin. Pour sentir que la vie est belle, malgré tout..." lui dit Corrado en l'attirant vers la chambre.

Le lendemain matin, alors qu'ils faisaient les valises, on sonna à la porte. Ils se regardèrent inquiets, puis Corrado dit : "Je vais ouvrir."

C'était Francesco. "Corra, je suis arrivé à trouver les sous de tes pourboires, j'y ai mis les miens et je suis arrivé à convaincre Anna d'y mettre aussi les siens... ce n'est pas énorme, mais ça vous sera utile..." dit-il en lui tendant une petite boîte en bois.

"Entre, Francesco, et parle anglais, qu'Austin comprenne."

Le garçon se tourna vers Austin : "Je regrette, tu sais, je regrette pour vous deux. Si vous vous aimez bien, comme le dit Corrado, pour moi il n'y a rien à redire. On vit dans un monde de merde, Austin, malheureusement. Vous pensez faire quoi, maintenant ?"

"On fait nos bagages. On va à Londres chercher un travail..." répondit Austin.

"Que dieu vous aide. Vous partez quand ?"

"Je crois avant le déjeuner. Enfin... nous ne pouvons pas venir déjeuner en bas, non ?" demanda ironiquement Corrado.

"Tu as été fort, hier, Corrado, pour tenir tête tout seul à papa et maman. Et à Anna."

"Je regrette que papa t'ai giflé..." dit son frère.

"Ça fait depuis que j'avais quatorze ans qu'il n'avait plus levé la main sur moi... Mais pour moi, qu'il me gifle tant qu'il veut, je serai toujours de ton côté, Corrado. Si tu es pédé, ce n'est pas ta faute. Et si Austin est pédé, il reste un type bien comme avant. Et si vous êtes bien ensemble, je suis content pour vous. Mais maintenant il vaut mieux que je retourne en bas, je m'en vais rechercher le non sens. Adieu, mon frère, adieu, Austin, et bonne chance."


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