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histore originale par Andrej Koymasky


LES ÉPREUVES
DE MODESTE
CHAPITRE 1
LA GRANDE FORÊT ET LES BÛCHERONS

Dans le centre de la terre de Yapas, où le Fleuve Rapide et le Fleuve Placide confluent avant que, réunis, ils se jettent dans l'Océan Infini, se trouve la belle et riche ville de Florissant, bénie par les sept Grands Dieux et protégée par une palissade ample et robuste.

Florissant s'élève sur deux basses collines entre lesquelles coule le Fleuve Rapide et les deux parties de la ville sont reliées par deux ponts, l'un de bois et l'autre de pierre. Sur la plus haute des collines, il y a le château du roi Valdemar, un puissant carré de murs crénelés avec une tour ronde dans un coin et deux tourelles qui protègent le portail d'accès. À l'intérieur des murs se dresse un bâtiment en L, la résidence du roi et de sa cour.

Sous le château, vers la rivière, s'étend le Bourg Ancien, dont les plus remarquables bâtiments sont l'Auberge du Dragon Dormant et le Temple des Sept Dieux et un peu plus loin, sur le Fleuve Placide, s'élève directement des eaux la tour de Chemin le Magicien.

En passant sur l'un ou l'autre des deux ponts, nous arrivons au Bourg Nouveau. Ici, les deux bâtiments les plus notables sont la Grande Boutique de Chaque Bien et le bâtiment en pierre où vivent et travaillent les Ouvriers des Métaux.

Tout autour de la forte palissade défensive de la ville, seulement interrompue par cinq portes défendues par des tourelles de bois, et dont partent les cinq routes menant aux royaumes environnants, derrière le château se trouve la belle et dense Forêt du Dragon. Derrière le Bourg Nouveau, s'étendent des champs fertiles, et dans chacun d'eux, il y a la maison paysanne de la famille qui les cultive.

La Forêt du Dragon est traversé par deux rues, à partir des quelles partent plusieurs petites routes qui mènent à des clairières où se trouvent les maisons des bûcherons. En général dans chaque clairière vit une famille. L'ancienne coutume de ces hommes est de construire de petites maisons rondes d'une pièce chacune de pierre avec le toit en forme d'oignon en écailles de bois. La plus grande est la cuisine commune, qui a à côté le four à pain.

Chaque couple vit dans une des loges avec les jeunes enfants. Lorsqu'un fils atteint l'âge de procréer, on lui construit une nouvelle maison pendant qu'il va visiter le pays pour chercher une épouse et l'emmener à la nouvelle maison qu'en attendant, les autres lui ont bâtie.

A côté de chaque groupe de maisons dans la zone d'un mur circulaire bas, il y a les tombes des ancêtres, chacune identifié par une borne en bois sculpté. Au centre du groupe de maisons il y a le foyer sacré, où on allume le feu à chaque nouvelle lune pour honorer les sept dieux et les ancêtres.

Dans une de ces clairières vivait la famille du bûcheron Brasfort, avec sa femme Lilas, et leurs quatre fils : Premier, Espéré, Bienvenu et Modeste. Ils étaient tous les quatre sains et forts.

Premier avait déjà sa maison, en fait, il était parti chercher une femme et était revenu avec la fille prospère d'un fermier. L'épouse de Premier était déjà enceinte avec à la satisfaction de Brasfort et de son mari.

Tous ensemble, ils étaient en train de construire la maison pour Espéré, qui était en train de visiter le pays à la recherche d'une femme, et qui était déjà parti depuis onze lunes et qui donc pouvait revenir à tout moment. Ils s'affairaient tous pour la lui préparer : ils avaient déjà presque fini la construction du grand lit, et la mère était en train de tisser la couverture.

Bienvenu aussi n'en pouvait plus d'attendre de partir ; en fait, le jeune homme sentait de plus en plus tyrannique dans ses membres l'appel de la nature, mais la tradition établie par les dieux voulait qu'il ne pouvait pas quitter jusqu'à ce que le frère aîné soit revenu avec sa femme, ou au moins quatre cycles du soleil après qu'il soit parti.

Modeste, enfin, était en train de grandir de plus en plus fort et en bonne santé, et il était sans aucun doute le plus beau des quatre frères. Bien qu'il ait déjà atteint l'âge fertile, son corps était encore en train de se former, il était encore en train de passer de l'enfance à la jeunesse.

Des quatre frères, en plus d'être le plus beau, Modeste était aussi le plus curieux, le plus intelligent et le plus rêveur.

Toutes les treize lunes il y avait la grande fête de la Guérison du Soleil. À cette occasion, tous les mâles des familles des bûcherons se réunissaient dans la Grande Clairière, au centre de laquelle se trouvait le Vénérable Arbre Ancien. Alors, après avoir soigneusement nettoyé la clairière, se déroulaient les rites pour revigorer le soleil, puis les compétitions de jet du tronc, de l'escalade vers le ciel, du lancement de la hache, de la coupe du tronc.

Puis, quand le soleil se remettait en force reprenant sa vigueur, on faisait une grande fête, avec des chants, des jeux et des danses, et où les vieux racontaient aux jeunes les vieilles légendes : à partir de celle de la naissance des sept dieux, à celle de l'origine des bûcherons.

Brasfort avait dit à Modeste qu'il avait déjà participé à quinze fêtes ; mais Modeste pouvait se rappeler plus ou moins de cinq, six d'elles. Il aimait ces jours, il aimait chanter et danser, mais surtout il aimait écouter les vieux raconter les légendes.

Cela avait été lors d'une des dernières fêtes que Roxan, le fils du bûcheron Braslarges, lui avait appris quelque chose d'agréable. Ils étaient en train de tourner ensemble entre les arbres pour recueillir les baies pour parfumer le feu sacré, quand Roxan s'était assis sur un tronc d'arbre tombé et couvert de mousse.

"Hé, dis donc, Roxan, t'es déjà fatigué ?" lui avait demandé Modeste, un peu surpris, un peu pour le taquiner.

"Au contraire, je me sens trop plein d'énergie !" lui avait répondu son compagnon, qui avait seulement un soleil de plus que lui.

"Et alors, au lieu de la dépenser à la recherche d'autres baies, tu te reposes ?" lui demanda-t-il, amusé.

"Au contraire. Maintenant, je vais la décharger, pour pouvoir me sentir un peu mieux..." répondit Roxan.

"Décharger... comment ?"

"Ils ne te l'ont pas encore enseigné tes frères ? On fait comme ça..." lui dit le compagnon et, ayant soulevé l'avant de la tunique et délié ses culottes, il en sortit son «piquet» de chair, le saisit à pleine main et commença à le secouer de haut en bas, lentement mais vigoureusement.

Modeste le regardait curieux. Il pensa que le piquet du compagnon était légèrement plus grand que le sien, et qu'il avait un peu plus de poils autour de la racine, mais il savait que c'était juste parce qu'il avait quatorze lunes de plus que lui. Même le sien, ces derniers temps, était en train de grossir presque à vue d'œil, et il lui provoquait parfois des sensations étranges mais bien agréables.

Roxan lui dit : "Tu ne veux pas le faire toi aussi ? Ou peut-être tu n'as pas encore de l'énergie à décharger ?"

"Je n'ai jamais entendu ce discours sur l'énergie à décharger. Et je ne comprends pas comment tu peux la décharger seulement en bougeant ta main en haut et en bas sur ton piquet." lui dit Modeste, amusé.

"Hé, garçonnet ! En remuant ainsi la main sur le piquet, tu fais accumuler les énergies que tu as dans le corps, et quand elles sont toutes accumulées, de ton piquet éclabousse la liqueur de vie qui, en sortant, te fait sentir un grand plaisir, et qui rééquilibre les énergies dans ton corps. La liqueur de vie, si elle tombe dans le sillon que les femmes ont à la place du piquet, peut les rendre enceintes et leur faire grandir le ventre et après environ neuf lunes elles donnent naissance à un bébé, parce qu'elle est pleine d'énergie. Personne ne t'a jamais enseigné ces choses ?"

"Non..." dit Modeste pensivement, et il comprit pourquoi les femmes avaient parfois un gros ventre, puis celui-ci disparaissait et il y avait un nouveau-né. "Et tu dis que lorsque la liqueur de vie sort de là... ça te donne un fort plaisir ?"

"Bien sûr ! Pourquoi tu n'essaies pas, toi aussi ?"

"Bah, je ne ressens vraiment pas toutes ces énergies à perdre..." Modeste lui dit pensivement.

"C'est signe que tu as encore à croître. Mais tu ne te réveilles pas le matin avec ton piquet debout ?"

"Oh oui, ça arrive souvent..."

"Et tu ne te réveilles jamais tout moite là dans la zone de ton piquet ?"

"Cela m'est arrivé seulement quelques fois." admit tranquillement Modeste.

"Et alors c'est un signe que tu es en train de mûrir. Et tu verras que de plus en plus souvent tu sentiras l'énergie s'accumuler trop en toi... et alors... voilà la façon de la décharger, car si tu ne le fais pas, elle va te monter dans la tête et va te faire devenir fou !"

Modeste continua à le regarder s'agiter en haut et en bas le piquet, avec vitesse et énergie croissantes. Puis il vit que le visage de Roxan rougissait, il remarqua qu'il était en train de devenir tout tendu et que son corps vibrait ; il l'entendit émettre un gémissement comme un animal blessé, et de la pointe du piquet voltigea dans l'air une série de jets laiteux qui, ayant achevé un arc, tombèrent au sol.

Roxan sembla presque se dégonfler, secoua le piquet, le remit en ses culottes et se leva, avec une expression satisfaite.

"Et maintenant, tu te sens mieux ?" lui demanda Modeste, un peu surpris.

"Maintenant je me sens comme un lion ! Bien sûr que je me sens mieux. Tu devrais essayer, toi aussi, Modeste, et tu comprendrais. Allez, maintenant essayons de trouver assez de baies !"

Lorsque la fête pour revigorer le soleil fut terminée, et chaque famille retourna à sa clairière, Modeste dit à Bienvenu, le frère un peu plus âgé que lui, ce que Roxan lui avait dit et montré et il lui demanda si c'était vrai ce que le compagnon lui avait expliqué.

Bienvenu hocha la tête : "Oui, ça l'est."

"Alors... tu fais comme Roxan lorsque tu dois décharger tes énergies ?"

"Tous les garçons le font quand ils grandissent et aussi longtemps qu'ils ne peuvent pas se trouver une épouse."

"Donc, toi aussi." conclut Modesto.

"Bien sûr."

"Et c'est vraiment une chose qui procure un fort plaisir ?"

"Bien sûr. En fait, on ne fait pas cela juste pour décharger les énergies, mais aussi seulement pour le plaisir."

" Et... quand est-ce qu'il faut le faire ?"

"Oh, eh bien... je le fais en moyenne une fois par jour. Je ne sais pas les autres. Lorsque le piquet devient dur, c'est un signe qu'il est temps de le faire. Certains jours, je le fais même trois fois, et d'autres jours, je ne le fais pas du tout."

Modeste réfléchit encore sur tout ce qu'il avait appris. Enfin, il décida d'essayer de se secouer le piquet, une fois qu'il lui était venu dur. Au fur et à mesure qu'il procédait, il sentit vraiment l'énergie s'accumuler en lui, et aussi un plaisir vague l'envahir, le saisir, et grandir progressivement.

Quand enfin de son piquet jaillirent quelques gouttes blanchâtres, il sentit un plaisir vif et bref qui le fit trembler par tout le corps, et qui ensuite se transforma en un plaisir plus subtil, mais qui dura assez longtemps. Au début, il lui semblait avoir perdu toute énergie, mais en quelques minutes il se sentit vraiment bien et vigoureux encore plus qu'avant.

La liqueur de vie lui avait mouillé la main, ainsi il la porta à son nez, et en aspira l'odeur : il n'avait jamais rien senti comme ça ; elle semblait légèrement musquée. Il pensa que ce n'était pas mal. Puis, avec le bout de la langue, un peu hésitant, il en goûta un peu. Le goût aussi était complètement nouveau, et il n'était même pas mal du tout.

Passèrent plusieurs lunes. Un jour funeste, alors que Brasfort avec d'autres bûcherons des clairières à proximité coupait des arbres pour en tirer le bois à aller vendre en ville, il arriva un malheur. L'arbre qu'ils coupaient lui tomba dessus et l'homme mourut.

Ils le ramenèrent dans sa clairière et en remirent le corps à sa femme. Lilas apprêta le corps de son mari, le lava et l'enveloppa dans une couverture. Premier sculpta le monument en bois, tandis que les trois autres frères creusaient la tombe de leur père. Ils l'y déposèrent, y mirent dessus toute la terre déplacée, en la tassant bien, et y mirent dessus la borne commémorative.

Ainsi, Premier devint le chef de la famille. Peu de temps après la mort de Brasfort, Espéré eut son deuxième fils et Bienvenu mit enceinte sa jeune femme.

Alors, Premier appela Modeste et lui dit : "Frère, tu es devenu assez grand pour que tu quittes à la recherche de ta fiancée. Lorsque notre mère allumera le feu pour la nouvelle lune, elle offrira un sacrifice aux dieux pour qu'ils te protègent, tu prendras ta hache, un sac de provisions et tu partiras. Ayant trouvé une épouse digne et forte vous reviendrez ici. En vous attendant, nous allons construire la nouvelle maison pour vous accueillir à votre retour."

"Où dois-je aller pour me trouver une épouse ?" demanda Modeste.

"Visite les clairières de la forêt, et vois si tu y trouves une bonne épouse. Si tu ne la trouve pas, visite la ville de Florissant, et si tu n'as pas encore trouvé, visite également les champs qui sont au-delà de la ville."

"Comment puis-je savoir qui sera une bonne épouse ?"

"Ton cœur va battre plus fort, et tu comprendras qu'elle pourrait être celle que les dieux t'ont destiné. Mais ne te laisses pas berner par tes yeux et ton cœur : avant de demander sa main, assure-toi qu'elle soit en bonne santé, forte et de bon caractère. Si elle l'est, propose-lui de partager ta vie et si vous êtes d'accord, amène la ici."

Ainsi, après que dans la nuit de la nouvelle lune la mère eut allumé le feu sacré et prié les dieux de protéger son fils, que Modeste eut fait son offrande aux dieux et aux ancêtres, tôt le matin, il mit la hache sur son épaule, le sac avec les provisions sur l'autre épaule, et il partit à la recherche de la mariée que les dieux lui avaient prédestinée.


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