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histore originale par Andrej Koymasky


LES ÉPREUVES
DE MODESTE
CHAPITRE 5
LE BROCART CHATOYANT

Ayant laissé le temple en marbre blanc derrière eux, la route se déroulait pénétrant dans une vallée étroite, avec de hautes montagnes aux pics couverts de nuages sur la gauche, et des montagnes basses et arides sur la droite. Ils marchèrent pendant plusieurs heures. Quand ils sentaient le stimulus de la faim, il suffisait de regarder autour et toujours ils voyaient des buissons et des arbres pleins de baies et de fruits de différentes couleurs et de bon goût. Ils traversèrent des ruisseaux, avec des eaux fraîches et pures ainsi ils pouvaient aussi se désaltérer.

Peu à peu, ils se trouvèrent dans une forêt de plus en plus dense, et la route était par endroits presque invisible et difficile à suivre. Le soleil filtrait ici et là avec de forts rayons de lumière ressemblant à des colonnes. Ils continuaient à regarder autour, effrayés mais aussi fascinés. Ils marchèrent pendant des heures, commençant à se sentir un peu fatigués, surtout Sincère qui n'était pas habitué, contrairement à Modeste, à de si longues marches.

"Veux-tu que nous nous arrêtions un peu ?" lui demanda Modeste.

"Pas encore. Mais j'ai de nouveau un peu faim et soif, et ici, il semble qu'il n'y ait ni cours d'eau ni arbres fruitiers. Ah, s'il y avait un arbre fruitier avec des figues, des pommes, des pêches ou de beaux fruits juteux !" dit Sincère.

Et voilà, ils virent un arbre plein de fruits, mais ce qui les frappa était que chaque branche était pleine de toutes sortes de fruits.

"Comment est-il possible que d'un seul arbre naissent des fruits si différents ?" demanda Modeste, surpris.

"Tu oublies que nous sommes dans le Monde Magique, où tout est possible ?" lui demanda Sincère.

"Mais... ce sont vraiment de bon fruits ? Il ne sera pas dangereux d'en manger ?"

"Je ne crois vraiment pas : celui-ci ne semble pas un monde dominé par des puissances négatives. Quoi qu'il en soit, j'ai trop faim..." répondit Sincère.

Il leva une main, prit une belle pêche mûre et y donna une bouchée : elle était douce et juteuse, vraiment bonne ! Modeste alors pris une poire : elle était farineuse et mûre, vraiment savoureuse. Les deux mangèrent à leur faim, donc avec une énergie renouvelée, ils reprirent leur voyage.

Enfin la forêt s'amincit et prit fin, et devant eux il y avait une rivière qui, avec une ample anse, sillonnait une vaste plaine et en elle ils virent un village. La route le traversait, puis pliait vers la droite.

Le village était entouré par une basse palissade de rondins pointus, couverts de plantes grimpantes avec des fleurs de très belles couleurs. Dans le ciel voltigeaient des oiseaux agiles et minces au plumage coloré et aux longues queues flottantes et bariolées, qui jetaient des leurres aigus. Ayant atteint le point où la route franchissait la palissade, ils allèrent pour entrer dans le village, quand ils virent un homme qui poussait un chariot plein de fleurs bariolées.

"Hé, bon homme !" l'apostropha Modeste, "comment s'appelle ce village ?"

"Vous êtes des étrangers ? Tout le monde sait que ceci est le village de Guelon."

Au centre du village se trouvait une maison toute de bois sculpté, plus grande que les autres.

"Qui vit dans cette maison ?" demanda alors Modeste à l'homme.

"Le chef de notre village, l'artisan Évi, avec ses aides." répondit l'homme.

"Et qu'est-ce que cet artisan fait ?"

Sincère, qui avait réfléchi aux réponses de l'homme, dit : "C'est certainement un tisserand. Je parie qu'avec ses aides il tisse le brocart chatoyant qui peint l'avenir !"

L'homme acquiesça hochant la tête.

"Très bien !" dit joyeusement Modeste: "Je dois juste prendre le brocart chatoyant qui peint l'avenir et l'amener à mon roi !"

L'homme secoua la tête : "À ma connaissance, Évi n'a jamais vendu à aucune personne son brocart chatoyant qui peint l'avenir. Mais vous pouvez peut-être acheter d'autres tissus que ses aides font." dit-il, en reprenant à pousser sa charrette, et il s'en alla.

Modeste et Sincère atteignirent la grande maison et frappèrent à la porte. Peu après vint ouvrir un jeune homme, complètement nu, qui les regarda de haut en bas et demanda : "Qu'est-ce que vous voulez et qui êtes vous ?"

"Mon nom est Modeste, je suis envoyé par le roi Valdemar, et lui c'est Sincère, mon compagnon de voyage. Nous sommes venus pour prendre le brocart chatoyant qui peint l'avenir et l'amener à mon roi."

"Allez-vous en, ne tentez pas un tel exploit. L'artisan Évi ne le donne jamais à personne, et si vous essayez de le prendre, il vous fera un enchantement et vous deviendrez ses esclaves pour toujours."

"Laisse-nous entrer et essayer." dit Sincère. "Je crois que le brocart chatoyant qui peint l'avenir deviendra bientôt nôtre."

"Je vous ai avertis. Tant pis pour vous. Entrez."

La maison avait une seule pièce très grande et très haute, qui avait au centre un long métier à tisser et, tout autour le long des murs, de nombreux petits métiers à tisser, devant lesquels étaient assis beaucoup de beaux jeunes nus qui tissaient tous sans cesse. À côté du long métier à tisser il y avait un homme portant une tunique de plusieurs couleurs, qui regardait la longue toile qui se formait devant lui.

Modeste et Sincère réalisèrent que personne n'était assis à ce métier à tisser, mais les toisons bougeaient en haut et en bas par elles-mêmes et beaucoup de navettes couraient entre les deux sans que personne les lançât.

Ils s'approchèrent du grand et long métier à tisser et ils regardèrent étonnés ce prodige, puis ils regardèrent le brocart et ils virent qu'il avait un dessin polychrome divisé en largeur en treize parties, et en longueur en vingt-huit, formant ainsi de nombreux carrés. La vingt-huitième partie de celui-ci avait été tissé à moitié et était en train de grandir très lentement.

L'artisan Évi les regarda donc et il demanda à son serviteur : "Qui sont-ils, que veulent-ils, et pourquoi tu les as laissés entrer ?"

Modeste répondit pour lui : "Mon nom est Modeste, envoyé par le roi Valdemar, et lui c'est Sincère, mon compagnon de voyage. Nous sommes venus prendre le brocart chatoyant qui peint l'avenir pour l'amener à mon roi." répéta-t-il.

Évi était un homme dans sa pleine maturité ; il avait un regard perçant, un nez droit, une mâchoire carrée et forte ; ses cheveux étaient blonds cuivrés et lui descendaient en boucles sur les épaules. Quand il entendit la réponse de Modeste, il éclata d'un rire retentissant.

"Regardez autour de vous ! Tous ceux que vous voyez sont des imbéciles vaniteux qui croyaient pouvoir avoir mon chef-d'œuvre, mais tous ont échoué et sont ainsi devenus mes esclaves et maintenant ils travaillent pour moi ! Essayez de retirer de mon métier à tisser le brocart chatoyant qui peint l'avenir, et si vous y réussissez, il sera le vôtre. Mais si vous ne réussissez pas, vous serez mes esclaves. Je vous préviens, cependant, que vous ne serez pas en mesure de le retirer de mon métier à tisser avant qu'il ne soit terminé. Et même alors, il n'est pas dit que vous allez y réussir."

Sincère regarda le dessin merveilleux de couleurs vives qui semblaient briller de leur propre lumière, et il comprit immédiatement laquelle des six gemmes qui lui restaient il devait utiliser. Il fouilla dans son sac et en sortit la belle opale multicolore et d'un geste habile la jeta sur le brocart déjà tissé. L'opale rebondit sur la magnifique toile tendue dans le métier à tisser, et commença à sauter du centre d'un carré à l'autre, en les touchant tous. Pendant ce temps, les fils avec des œillets qui déplaçaient en haut et en bas les toisons, commencèrent à se déplacer à une vitesse incroyable, les navettes étendirent les trames de différentes couleurs dardant avant et en arrière si vite qu'il était presque impossible de les voir.

Et quand la dernière ligne du carrée fut achevée le métier à tisser s'arrêta. Évi fronçait les sourcils.

Modeste approcha le beau brocart chatoyant qui peint l'avenir et essaya de le retirer du métier, mais les deux extrémités semblaient sortir directement des rouleaux et il ne vit aucun moyen de les détacher. Il comprenait qu'il ne devait pas couper la toile précieuse et il se demanda comment la sortir.

Sincère dit alors : "Le dessin qui compose le brocart chatoyant qui peint l'avenir est divisé en trois cent soixante-quatre carrées, qui correspondent aux jours d'un an moins un... parce que le trois cent soixante-cinquième jour est le présent. Donc, Modeste, tu peux le prendre seulement si aujourd'hui tu fais ce que tu dois faire, mais ne l'as pas encore fait..."

"Et quoi ?" Modeste demanda, confus, regardant Évi.

Le tisserand fit un sourire narquois : "Je voudrais bien te le dire, je voudrais vraiment, mais tu ne le sauras certainement pas de moi !"

Cette réponse fit clairement comprendre à Sincère que si Évi ne le leur dirait pas, d'autres pouvaient le dire et avec eux il n'y avait que des esclaves du tisserand. Alors à haute voix il demanda : "Hommes ! Que devrait faire mon ami Modeste pour prendre le brocart chatoyant qui peint l'avenir ?"

"Non !" cria Évi.

Mais les esclaves arrêtèrent de tisser, se tournèrent vers eux et dirent en chœur : "Seul celui qui se sera mis sous le grand tisserand Évi et le pénétrera pourra emporter le brocart chatoyant qui peint l'avenir."

Modeste fit un sourire amusé : "Eh bien, si c'est ce que je dois faire pour enlever le brocart chatoyant qui peint l'avenir..." dit-il et il sauta sur Évi.

Le tisserand magique essaya de se libérer, et les deux engagèrent une brève lutte. Évi perdit son équilibre et tomba, cognant la tête contre son métier à tisser, qui résonna comme un tambour, et il perdit connaissance.

Aidé par Sincère, Modeste déshabilla immédiatement Évi et avec ses habits il lui lia les poignets et les chevilles. Puis il se déshabilla, s'étendit sur lui et avec quelques coups bien dirigés, il plongea tout son membre dur entre ses fesses, dans le trou. A ce moment-là, Évi reprit conscience et essaya d'échapper, mais il n'y réussit pas. Modeste commença à bouger en lui, le baisant avec vigueur et des coups rapides. Évi s'immobilisa et incapable de s'y opposer, il le laissa faire. Après quelques minutes, Modeste sentit qu'il était saisi par l'orgasme, il accéléra ses coups et se vida en Évi.

Puis, le laissant étendu sur le plancher, il approcha le brocart chatoyant qui peint l'avenir et essaya de le retirer du métier à tisser, mais ne le put pas. Il regarda Sincère, qui secoua la tête et lui dit qu'il ne savait pas pourquoi il ne pouvait pas le prendre.

Modeste alors demanda aux esclaves : "J'ai fait ce que vous m'avez dit, j'ai joui en lui, mais le brocart chatoyant qui peint l'avenir ne se détache pas encore du métier à tisser."

Les esclaves répondirent en chœur : "Seulement si tu réussis à faire avoir un orgasme au tisserand Évi, tu pourras avoir ce que tu désires. Mais tu dois lui faire atteindre le plaisir et le faire éjaculer seulement en le prenant, sans toucher son membre, ou tu deviendras son esclave."

Modeste haussa les épaules, s'allongea de nouveau sur Évi et recommença à le prendre, à bouger en lui, en prenant soin de lui donner le maximum de plaisir, sans toucher son membre. Pendant qu'il s'agitait en lui, de haut en bas, il lui pinça les tétons, il lui mordilla les oreilles, lécha son cou.

Sincère à cette scène se sentait à nouveau fortement excité, il aurait voulu se déshabiller et prendre la place d'Évi, mais il savait qu'il ne devait pas le faire, s'il ne voulait pas faire faillir l'entreprise de Modeste.

Lentement tous les esclaves nus se rapprochèrent des deux qui continuaient à avoir du sexe sur le plancher, en les entourant en silence. Ils étaient tous très beaux, et leurs membres étaient dressés. Un après l'autre ils se rapprochèrent à l'un des compagnons, ils gisaient sur le plancher, leurs membres s'entrelacèrent, et tous commencèrent à faire du sexe, autour du couple d'Évi et Modeste.

Cela eut le pouvoir d'exciter Modeste encore plus qu'avant, mais cela eut le même effet sur Évi, qui commença à s'agiter sous Modeste, gémissant avec force de l'intensité du plaisir.

Le pauvre Sincère aurait voulu s'en aller, se tourner ou au moins fermer les yeux, mais cela lui était impossible. Il était le seul encore habillé, debout, et cette scène d'accouplements sauvages lui donnait un trouble croissant et le désir de se laisser aller et de se joindre à cette orgie de corps et de sexe. Il dut faire un grand effort pour résister.

Il sentait ses forces le quitter, sa volonté faiblir, quand Évi poussa un grand cri et sursauta : il avait atteint l'orgasme. Le brocart chatoyant qui peint l'avenir se détacha du métier à tisser et tomba au sol.

Tout sembla s'arrêter pendant un moment. Puis, lentement, chaque couple se leva du sol, les esclaves retournèrent à leurs métiers à tisser, en silence, comme si de rien n'était, Modeste se leva et se rhabilla, tandis que Sincère, qui avait réussi à reprendre le contrôle de soi-même, défit les liens qui avaient immobilisé Évi.

Le tisserand se leva tranquillement, se rhabilla et roula le brocart chatoyant qui peint l'avenir, le mit dans un sac de soie et le tendit à Modeste.

"Les dieux t'ont assisté, tu es le premier qui peut enlever le brocart chatoyant qui peint l'avenir et maintenant je devrai recommencer à en tisser un autre. Prends-le et donne-le à ton roi."

Cependant Modeste, qui avait bien observé le brocart, demanda à Évi : "Mais si ce brocard chatoyant peint vraiment l'avenir, pourquoi tu n'as pas vu que je te l'enlèverais ?"

Évi semblait presque étonné qu'il ne connaisse pas la réponse, mais il lui expliqua : "Aucun des trésors que nous produisons dans le Monde Magique prend effet tant qu'il y reste. Tous manifesteront leurs pouvoirs uniquement lorsqu'ils seront introduits dans le monde des mortels ordinaires. En effet, ce qui pour vous mortels communs est magique, pour nous ici est normal, naturel."

"Et pourtant, en venant ici, quand mon ami Sincère et moi on a eu faim ou soif, tout de suite nous avons trouvé un arbre magnifique, plein de bons fruits et de baies ainsi que des ruisseaux de bonne eau douce."

"Ceci est normal ici dans notre monde. Mais si vous apportez un de ces fruits dans votre monde et le plantez, il en poussera seulement un arbre de fruit normal comme vous en avez tant, et pas un arbre comme celui duquel vous avez pris ici ce fruit. Tout ce qui est normal ici devient magique dans votre monde et tout ce qui est normal dans votre monde devient magique ici. Mais aussi, tout ce qui est magique ici devient normal dans votre monde, et tout ce qui est magique dans votre monde deviendrait normal ici."

"Mais dis-moi encore, Évi, quiconque regardera ce brocart pourra voir représenté son avenir ?"

"Non, garçon, seul celui à qui il a été donné. Mais maintenant, allez, vous me fatiguez et je dois retourner au travail immédiatement. Un travail long et fatigant."

"Comment peut-il être fatigant, si ton métier à tisser fait tout, tout seul ?"

"Il ne le fait pas du tout par soi-même. C'est moi qui le commande avec mes pensées ! Allez-vous en, j'ai dit !" cria Évi en colère.

Sincère et Modeste sortirent de la maison du tisserand, reprirent la route et sortirent de l'autre côté du village, marchant vers l'ouest, en côtoyant l'océan. Ils marchèrent pendant plusieurs heures. Le soleil était encore haut dans le ciel, il semblait ne pas changer de position.

"Oh, si la nuit venait tôt !" s'exclama Sincère: "Au moins nous pourrions nous reposer un peu. Je me sens vraiment très fatigué."

Et voici, que le soleil commença à descendre rapidement au delà de l'océan, et en quelques minutes, il faisait sombre, il faisait nuit et le ciel était rempli d'étoiles. Les deux jeunes hommes se regardèrent étonnés par cette fin rapide de la journée.

Modeste dit : "Tu voulais que ce soit la nuit... et elle est venue ! Tu as ce grand pouvoir, Sincère ?"

"Je ne crois pas. Je pense qu'en fait, le soleil s'est couché seulement pour nous et non pas pour ceux qui veulent encore que ce soit le jour..."

"Mais je n'ai exprimé aucun désir, mais il s'est également couché pour moi."

"Probablement parce que tu n'as pas exprimé de désir, ou peut-être parce qu'à l'intérieur de toi, tu partageais le même désir que moi..."

"Donc, si je voulais que le soleil brille encore dans le ciel, crois-tu que tu serais dans la nuit mais pas moi ?"

"Je ne suis pas sûr, mais je pense que cela devrait être ainsi. Mais maintenant... n'exprime pas d'autre désirs, essayons de nous reposer." dit joyeusement Sincère.

Ils s'étendirent sur un endroit de hautes herbes moelleuses à côté de la route et bientôt tous les deux s'endormirent.


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