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histore originale par Andrej Koymasky


LES ÉPREUVES
DE MODESTE
CHAPITRE 6
L'OISEAU AUX PLUMES D'ARC-EN-CIEL

Quand Sincère rouvrit les yeux, le soleil était haut dans le ciel à nouveau. Il se redressa et regarda Modeste, qui était encore endormi, couché à côté de lui et il pensa qu'il était très agréable : douloureusement attrayant, car il lui était interdit de se laisser aller avec lui comme tout son corps aspirait.

Il laissait glisser son regard sur le corps du compagnon de voyage, et plus particulièrement sur son visage serein, détendu dans le sommeil. Il sentit le désir de se pencher sur lui et de poser ses lèvres sur celles de son compagnon, qu'il imaginait aussi douces que des plumes et chaudes comme un matin d'été.

Modeste était maintenant entièrement vêtu, mais Sincère l'avait déjà vu nu et non seulement, mais aussi enlacé dans la danse fougueuse de l'union sexuelle et il savait que tout son corps était beau et désirable. Sincère frémit et dût détourner le regard pour ne pas succomber à la tentation, mais l'image du corps nu de son compagnon ne semblait pas vouloir disparaître de son esprit.

"Hey, ça fait longtemps que t'es éveillé, mon ami ?" s'éleva la voix de Modeste.

Sincère se retourna pour le regarder et se sentit fondre au sourire du camarade. "Non, seulement depuis quelques minutes. T'as bien dormi ?"

"Merveilleusement. Je me sens frais et reposé. Qu'en dirais-tu si, avant de reprendre le voyage, nous allions nous baigner ? L'eau de l'océan semble calme et invitante." proposa Modeste, en se mettant assis et en s'étirant voluptueusement.

Sincère pensa qu'il valait mieux lui dire non, en fait, l'idée de le voir nu et à un moment où ils étaient tous deux seuls, raviverait en lui le désir, mais contrairement à tout ce qu'il pensait, il s'entendit répondre avec un "oui !" enthousiaste.

Les deux jeunes hommes se levèrent, rapidement ils s'ôtèrent tous les habits et coururent se plonger dans les vagues de l'océan. Aucun d'eux ne savait nager, donc ils restèrent près de la rive, où ils touchaient encore. Droits debout, ils s'éclaboussaient en riant et plaisantant, se poursuivant l'un l'autre, freinés par la résistance de l'eau autour de leur corps.

Quand ils revinrent au bord, leurs corps ruisselants d'eau scintillaient sous les rayons du soleil comme s'ils étaient couverts par de minuscules diamants liquides. Ils s'étendirent sur le sable fin du couleur de l'or pour se laisser sécher par les rayons du soleil.

"Tu sais que tu es vraiment beau ?" dit Modeste à un certain moment. "Si tu ne m'avais pas dit que tu dois rester vierge pour que notre entreprise soit couronnée de succès, je viendrais sur toi et me mettrais à te faire l'amour !"

Sincère ferma les yeux et pensa que Modeste n'aurait pas du lui dire ces mots. Désirer et ne pouvoir pas faire quoi que ce soit est déjà une chose difficile, mais savoir être désiré et ne pas pouvoir le rendre était encore plus difficile.

Puis, comme pour éloigner la tentation d'eux deux, Sincère lui demanda : "Mais tu ne m'a pas dit que tu es amoureux du roi Valdemar ?"

"Oui, bien sûr que je le suis ! Je n'ai pas dit être amoureux de toi. Dans mon cœur, il n'y a que le roi Valdemar. Mais, étant donné que pour accomplir l'exploit que mon roi m'a demandé de faire, il semble que je doive aussi utiliser le sexe, pourquoi pas aussi avec toi, puisque tu es si beau ? Mais je sais que nous ne pouvons pas le faire, toi et moi, par conséquent, ne t'inquiètes pas."

"Rhabillons-nous et continuons notre chemin." dit Sincère d'une voix basse, comme pour interrompre l'atmosphère d'intimité et de désir qui les enveloppait.

Ils se levèrent. Pendant qu'ils se mettaient de nouveau leurs habits, ils se regardaient, sans se rendre compte que chacun d'eux ressentait un sentiment subtil, presque imperceptible, de regret en voyant disparaître de leurs yeux la belle nudité du compagnon.

Ils reprirent le chemin. Après quelques miles, la route s'éloignait du bord de la mer et s'enfonçait dans une autre forêt. Celle-ci était très différente de la première qu'ils avaient traversée. Les arbres étaient plus espacés, le soleil y pénétrait plus aisément, et elle était animée par de nombreux oiseaux, de formes différentes et de couleurs différentes, et dont les chants étaient également différents, formant un concert joyeux.

Quelques oiseaux étaient petits et avaient le plumage rouge vif comme des étincelles de feu, et ils lançaient des légers sifflements modulées ; d'autres avaient de larges ailes et un corps trapu, couvert de plumes d'une riche couleur orange ténue et leurs chants étaient faits de trois notes qui s'alternaient dans différentes combinaisons; Ensuite, il y avait de grands oiseaux au plumage couleur de l'or, qui faisaient des vols courts en battant lentement leurs ailes pour s'élever dans le ciel, puis ils planaient en lançant une série de brefs sifflements aigus.

Sur les branches des arbres, étaient perchés de grands oiseaux au plumage vert émeraude, qui lançaient des appels brefs et courts ; sur le terrain marchaient des oiseaux qui ressemblent à des paons, mais au plumage d'un turquoise brillant varié ; d'autres oiseaux semblait se poursuivre voletant parmi les branches des arbres, en lançant des appels qui étaient comme des cascades de notes, et leur plumage était d'une riche couleur pourpre digne du manteau d'un roi.

Les deux amis progressaient en regardant autour admiratifs : cet endroit semblait être un morceau de paradis sur terre. Aussi le sous-bois était beau, plein de fougères et de mousses de différentes nuances de vert et de rouge, ornés par d'épais buissons en fleurs, avec de grandes fleurs blanches qui parfumaient l'air. Ici et là, coulaient des ruisseaux qui unissaient leur chant à celui de toute la nature.

La route qu'ils suivaient les amena, presque subitement, dans une très vaste clairière dont le terrain était couvert par un épais tapis de basses herbes, filiformes et d'un vert vif, interrompu par de grandes taches de petit oseille d'un beau vert avec des nuances de rouge qui faisait penser à un tissu précieux.

La route accomplissait une large courbe à gauche, presque en contournant la clairière et, dans la partie où elle recourbait vers la droite, se tenait une grande maison de briques pâles avec des poutres noires en vue et un toit de chaume, duquel se dressaient sept hautes cheminées desquelles ne s'élevait aucune trace de fumée.

Ils étaient presque en face de la maison, quand la porte centrale s'ouvrit et en parut un homme vêtu de vert, qui avait à la main une cage vide, aux barres d'or. L'homme les salua joyeusement : "Bonjour, étrangers, bienvenue à la clairière de Récham. Qu'est-ce qui vous amène à la maison de l'Oiselier Deutrecus ? Est-ce que vous voulez acheter quelques uns de mes beaux oiseaux ?"

Modeste lui dit en réponse : "Salut à toi, Oiselier Deutrecus. Nous sommes venus pour chercher l'oiseau aux plumes des couleurs de l'arc-en-ciel pour l'apporter à mon roi. En arrivant jusqu'ici, nous en avons vus de toutes les couleurs, mais aucun n'avait les plumes des couleurs de l'arc en ciel."

L'homme soudainement perdit son expression souriante, en devenant sérieux. "Ce que vous voulez est presque impossible à obtenir." dit-il en les dévisageant de la tête aux pieds, renfrogné.

Sincère lui dit : "Tu as dit presque, ce n'est donc pas impossible. Ne peux-tu pas nous aider à en capturer un ? Pour toi qui es un oiselier, ça devrait être possible en capturer un."

"Vous aider ? Et pourquoi ? Et en échange de quoi ?" demanda l'homme, fronçant les sourcils.

"Que veux-tu obtenir en retour ? Dis-moi et si je peux, je te le donnerai." lui dit Modeste.

Deutrecus regarda Modeste à plusieurs reprises de la tête aux pieds, tandis que ses yeux brillaient de convoitise, et il lui dit : "Eh bien, si tu me donnes une année de nuits et de jours de sexe, je te ferai trouver l'oiseau avec les plumes de la couleur de l'arc-en-ciel... mais alors ce sera à vous de chercher à le capturer et le mettre dans la cage pour l'emporter... en supposant que vous y réussissiez."

"Un an ?" Modeste demanda, incertain.

"Oui, Modeste ; accepte la demande de Deutrecus. Ce n'est pas grand chose ce qu'il veut de toi. S'il veut trois cent soixante-cinq nuits et autant de jours de sexe avec toi, il peut les avoir..." lui dit Sincère, et il lui cligna l'œil, pour lui faire comprendre qu'il avait un plan en tête.

Modeste haussa les épaules et dit : "Eh bien, d'accord. Prends-moi sur ton lit et commençons tout de suite."

Deutrecus posa la petite cage aux barres d'or à côté de la porte et fit signe aux deux compagnons de le suivre à l'intérieur. Ils traversèrent sept chambres, chacune pleine de cages avec des oiseaux d'une couleur différente, jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la chambre de l'oiselier.

Arrivés ici, Deutrecus et Modeste se déshabillèrent et se mirent sur le lit avec de grands draps verts et là ils s'étendirent, et l'oiselier commença immédiatement à se joindre à Modeste, dans un fougueux soixante-neuf. Par de grandes fenêtres entrait la lumière du soleil.

Et voilà que, alors que les deux sur le lit se donnaient plaisir l'un à l'autre en se suçant et caressant sur tout le corps avec un plaisir croissant, Sincère désira que le soleil se lève et se couche à grande vitesse, et le soleil fila dans le ciel, et se coucha et se leva, se coucha et se leva, ainsi que le jour ne dure que quelques secondes et également durait la nuit. Donc, dans l'espace de temps qui normalement s'écoulait entre deux levers, étaient déjà passé les 365 jours et nuits.

Deutrecus et Modeste, sur le grand lit, avaient atteint l'orgasme seulement deux fois, la première en même temps dans la bouche l'un de l'autre et la deuxième à leur tour, l'un dans le cul de l'autre. En fait, entre l'un et l'autre orgasme les deux s'étaient également reposés trois fois, tandis que les jeunes esclaves nus leur avaient servi de la nourriture savoureuse et des boissons fortes, et avaient dansé pour eux de manière fascinante et séduisante.

Sincère alors annonça : "Voici qu'un an de jours et de nuits est passé. Maintenant Deutrecus tu dois nous trouver l'oiseau avec les plumes couleur de l'arc-en-ciel comme tu l'avais promis !"

L'oiselier comprît avoir été joué, parce qu'il n'avait pas prévu que ces étrangers aient des pouvoirs magiques, et en fait, en l'espace d'une seule journée était passé un an. Il sortit de son lit et se rhabilla.

"Ce que je vous ai promis je dois le maintenir. Mais ne chantez pas encore victoire. Je vais vous faire trouver l'oiseau avec les plumes couleur de l'arc-en-ciel. Mais je ne vous avais pas dit que si vous n'arrivez pas à l'amener dans cette cage de sa volonté, et l'emporter avec vous dans une journée, vous serez transformé en oiseaux, et je vous garderai, vous deux, dans cette cage pour toujours ! " leur dit l'oiselier.

Ils sont tous les trois sortis de la grande maison. Deutrecus prit la cage dorée qu'il avait laissée par la porte et avec les deux amis il alla au centre de la grande clairière. Il mit la cage sur une basse pierre large, plate, ouvrant la porte à trappe, puis il tira de son sac une flûte de roseau et commença à jouer.

Du ciel rejoignit en vol un bel oiseau avec de longues, douces plumes, qui de la tête à la queue allait couvrir toutes les couleurs de l'arc en ciel. L'oiseau avec des plumes multicolores commença à tourner sur eux avec des cercles de plus en plus petits, allant progressivement vers le bas, jusqu'à ce qu'il se pose à côté de la cage, mais du côté opposé de la porte à trappe.

Sincère comprit qu'il devait utiliser une des cinq pierres précieuses qui restaient. Il pensait que l'opale avait en soi toutes les couleurs de l'arc en ciel, mais il l'avait déjà utilisé pour obtenir le brocart précieux. Il sortit les cinq pierres et les regarda, se demandant la quelle il aurait dû utiliser. Un rayon de soleil frappa le diamant et de lui surgit un bref éclair avec toutes les couleurs de l'arc en ciel : Sincère comprit qu'il devait utiliser le diamant.

Il remit dans son sac les quatre autres pierres, puis posa sa main sur la porte de la cage, et avec un léger coup d'un doigt, il fit rouler le diamant au centre de la base, avec un léger bruit. L'oiseau aux plumes couleur de l'arc-en-ciel, à ce léger bruit se retourna pour regarder dans la cage et vit le diamant briller. Il essaya de mettre sa tête entre les barreaux pour le prendre avec son bec, mais il ne put pas l'atteindre.

Alors, l'oiseau avec les plumes couleur arc-en-ciel, essaya à nouveau, à plusieurs reprises, se déplaçant progressivement tout autour de la cage circulaire, chaque fois en vain, jusqu'à ce qu'il arrive au point où il y avait la petite porte à trappe ouverte. Arrivé ici, l'oiseau avec les plumes multicolores entra dans la cage et prit le diamant avec son bec, mais à peine entré dedans, la petite porte retomba, l'emprisonnant dans la cage.

Sincère triomphalement souleva la cage dorée saisissant la bague qu'elle avait au sommet, et dit : "Voilà fait ! Adieu Deutrecus, nous devons maintenant continuer notre voyage. Ne te fâches pas trop, tu avais essayé de nous tromper en ne nous ayant pas dit le risque que nous courions, mais les sept dieux nous ont protégé."

Alors que l'oiselier, vaincu et en silence, rentra frustré à sa maison, les deux amis traversèrent la grande clairière jusqu'à trouver le chemin que s'enfonçait à nouveau dans les bois.

Avant d'y entrer, ils s'assirent sur une pierre à sa lisière.

"Je n'aurais jamais pensé, avant de commencer cette aventure, d'avoir à faire à chaque fois du sexe avec les gardiens des trésors." Modeste murmura pensivement. "Je ne peux pas dire que chaque fois ne soit pas agréable, physiquement, mais le sexe sans amour laisse un sentiment de vide en moi. Si je n'étais pas tellement amoureux du roi Valdemar, je ne l'aurais jamais accepté. Pour moi, c'est un sacrifice, mais je l'accomplis volontiers."

Sincère le regarda sans parler, mais il pensa que pour lui c'était encore plus difficile, parce qu'il était conscient qu'il était éperdument amoureux du beau Modeste. Il se dit que même quand ils reviendraient dans le monde normal, il pourrait théoriquement avoir du sexe avec lui, mais que, Modeste étant amoureux de son roi, il n'avait aucune chance. Il se demandait pourquoi le magicien Chemin lui avait imposé ce voyage.

"Nous avons encore à trouver quatre trésors." continua Modeste. "La grenade d'or aux grains de rubis, symbole de l'amour, le lièvre à la fourrure d'or, qui donne la richesse, l'épée invincible d'acier sur laquelle se reflète le danger, et la lampe éternelle que disperse les ténèbres. Et enfin, nous pourrons revenir en arrière et le roi me gardera toujours à côté de lui, comme je le désire et comme il m'a promis."

"Tu crois que le roi gardera sa parole ?" lui demanda Sincère.

"Un roi ne peut pas manquer à la parole qu'il a donné solennellement, ou les sept dieux le puniraient en déversant des grandes calamités sur lui et sur son royaume. Tu le sais bien, Sincère, et même le roi Valdemar le sait." dit Modeste.

"Tu ne t'es jamais dit, Modeste, que le roi peut t'avoir envoyé ici pour cette entreprise, parce qu'il savait que personne n'était jamais revenu vivant du Monde Magique ?" lui demanda Sincère.

Modeste parut surpris, et répondit à voix basse : "Non, je ne l'ai jamais pensé... mais je ne le crois pas, ça me semble impossible. Pourquoi aurait-il eu à me demander quoi que ce soit qui m'aurait éloigné à jamais de lui ?"

"Tout simplement parce que probablement le roi n'est pas amoureux de toi. Il t'a jamais dit qu'il t'aime ?"

Modeste secoua la tête pensivement. "Non, il ne me l'as jamais dit."

"Quel sens aurait-il pour toi de rester à côté de lui comme il te l'a promis, s'il ne t'aimes pas ?"

"Mais je l'aime. Par conséquent j'accepterais également cette éventualité." dit Modeste, en retrouvant son sourire.


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