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histore originale par Andrej Koymasky


LES ÉPREUVES
DE MODESTE
CHAPITRE 12
DE GRANDS CHANGEMENTS
DANS LE ROYAUME DE YAPAS

Pendant ce temps, le roi Valdemar avait fait préparer dans son château une salle spéciale pour garder les sept trésors. Quand elle fut prête, il y alla avec son amant, Adalbert. Dès qu'ils entrèrent, la lampe éternelle qui dissipe les ténèbres brilla d'une lumière intense et toutes les ombres disparurent de la salle.

Valdemar regarda autour, surpris, et vit son propre reflet sur un miroir qui était sur le mur. Mais il n'aima pas du tout ce qu'il y vit.

En fait, la lampe éternelle qui dissipe les ténèbres, en dispersant les ombres, mettait ainsi en contraste même les côtés les plus cachés de chaque personne, et Valdemar vit dans le miroir tous ses défauts moraux d'une manière claire et impitoyable. Il entendit derrière lui un éclat de rire : c'était Adalbert qui avait vu l'image du roi sur le miroir juste avant que le roi se déplace. Furieux, Valdemar saisit la sphère de verre dans laquelle la flamme brûlait et la jeta contre le miroir de toutes ses forces. La sphère s'écrasa contre le miroir qui se brisa, et la flamme libre s'envola en disparaissant à travers le mur.

Valdemar se tourna vers son amant, avec des yeux flamboyants : "Qu'est-ce qui te fait rire, hein ?" cria-t-il.

"Rien, rien... Je viens seulement de voir que toi et moi sommes très proches. La seule différence entre toi et moi est que je connais bien mes défauts et que je les aime, toi par contre te considérais exempt d'eux, même si t'en est esclave !"

"Je ne suis esclave de rien ni de personne !" cria le roi.

Puis, en se calmant, il regarda les six trésors restants et, tout en regrettant d'en avoir perdu un, il se dit que, de toute façon, il lui restait les autres. Il prit l'épée en acier dans laquelle se reflète le danger, en admira l'étui précieux, puis il en défila la lame. Il venait de la sortir quand il vit, sur sa surface polie et brillante plus qu'un miroir, l'image d'Adalbert.

Valdemar se raidit et pensa que si la magie de cette épée était de refléter le danger, en y voyant l'image de son amant, cela signifiait qu'il était dangereux. En outre, n'avait-il pas ri de lui, d'ailleurs ?

Alors il se retourna avec un mouvement rapide et d'un coup précis donné avec toute son énergie, il coupa net la tête du cou d'Adalbert et elle tomba au sol roulant loin du corps de celui qui avait été pendant des années son amant, et dont le corps sans vie tomba au sol.


Entre temps, Sincère était revenu dans la tour du magicien Chemin, et quand il fut devant lui, il lui raconta toutes ses aventures, comment il était arrivé à être amoureux de Modeste et comment il entendait vivre avec lui.

Le magicien acquiesça en hochant la tête : "Oui, je vous ai suivi tout au long de votre voyage, et j'au vu combien tu as été utile à l'entreprise au-delà de mes prévisions. Tu pourrais devenir un magicien talentueux, mais je comprends ton choix et je n'ai certainement pas l'intention de m'y opposer. Mais tu ne dois pas encore revenir au château..." dit-il, et il lui raconta comment Modeste avait été jeté dans les cachots de la tour.

Sincère se sentit mourir, et demanda au magicien : "Il n'y a pas moyen de le sauver ? Je dois réussir à le sortir de là."

"Attends que sept jours passent, et Valdemar se condamnera tout seul, à cause de son avidité, son irascibilité et son orgueil. Alors tu pourras aller au château et il te sera possible de libérer ton bien-aimé."

"Ces sept jours, me sembleront plus longs que l'année entière passée dans le Monde Magique, qui m'avait semblé au plus être peu de jours !" s'exclama Sincère, désolé.

Valdemar avait tondu le lièvre aux poils d'or et il avait aussi recueilli ses excréments, qui étaient des boules d'or gros comme des noisettes. Mais il lui semblait que tout l'or qu'il en avait obtenu était vraiment très peu, et il se dit que pour accumuler la grande richesse qu'il voulait, il devrait attendre pendant des années et des années. Mais alors il pensa que si pour le lièvre magique, en mangeant des carottes très normales, il déféquait des sphères d'or pur, et ses poils étaient faits de fil d'or, s'il mangeait le lièvre, il pourrait obtenir plus d'or plus rapidement.

Alors il prit le lièvre qu'il avait à peine tondu, le porta dans la grande cuisine du château et le confia au chef cuisinier, lui ordonnant de le tuer, le rôtir et le lui servir dès qu'il serait prêt. Craignant que le chef cuisinier ou un de ses assistants puisse en manger un peu à la dérobée, il s'assit à côté de la grande table de la cuisine, regardant attentivement avec des yeux sombres ce que l'homme et ses aides faisaient.

Il mangea tout le lièvre, sans en laisser la plus petite miette. Puis, de retour à ses appartements, il commença à regarder dans le miroir pour voir si ses cheveux devenaient d'or, mais rien ne semblait changer. Il passa des heures à vérifier ses poils, se sentant de plus en plus furieux, sans remarquer le moindre changement. Puis il ressentit le besoin de se vider et se dit qu'il aurait certainement déféqué des lingots d'or. Il s'assit sur l'estrade sous laquelle était le pot de chambre et se vida. Puis il se tourna et se pencha pour vérifier, mais la puanteur et à la fois l'apparence étaient celles de fèces très normales. Furieux, il donna un coup de pied tellement puissant à l'estrade qu'elle chavira avec le pot de chambre qui répandit tout le purin sur le plancher de la chambre.

Valdemar se souvint de comment Modeste lui avait dit que dans le jardin de Morau le jardinier Térélen il y avait des centaines d'arbres qui produisaient les grenades d'or aux grains de rubis, alors il pensa qu'il devait la planter dans son jardin. Il attendit la nuit, pour être sur de n'être vu par personne, craignant que quelqu'un puisse aller la déterrer et la voler, puis il prit la grenade précieuse et se faufila dans le jardin.

Avec une houe il enleva une motte de gazon, puis il fit un trou, il y fit tomber la grenade, la recouvrit de terre et remplaça le gazon et le pressant bien. Puis, pour effacer toutes les traces de l'excavation, il l'arrosa très bien. Le lendemain matin, il alla vérifier dans le jardin que rien ne trahisse l'endroit où il avait enterré la grenade, mais, il réalisa qu'il n'était même plus en mesure de repérer où il l'avait enterrée. Il ne s'en soucia pas : quand l'arbre serait épointé, il le trouverait. Puis il l'entourerait par une grande cage et y mettrait à le garder le plus fiable parmi ses soldats.

La nuit suivante, il ne pouvait pas s'endormir. Il décida donc de se lever pour aller regarder les quatre trésors qu'il avait encore. Il prit une bougie et entra dans la salle. Il vit que la porte était ouverte et les gardes qui étaient là pour empêcher quiconque d'y entrer, étaient à la porte à regarder à l'intérieur. En colère, il entra dans la salle, brandit l'épée d'acier invincible sur laquelle se reflétait le danger et se jeta sur les gardes, qui se mirent rapidement en sécurité, de sorte que les grands fendants que Valdemar frappait avec toute son énergie, heurtaient contre les murs en pierre du château, jusqu'à ce que la lame se casse en deux et il lui resta dans les mains seulement un bout.

Il revint dans la salle, prit la cage dorée avec l'oiseau aux plumes des couleurs de l'arc-en-ciel, le brocart chatoyant qui peint l'avenir et le bol de cristal qui verse l'eau de la vie, et apporta ses trois derniers trésors dans sa propre chambre en s'y fermant dedans.

Mais il était juste en train de s'endormir, lorsque l'oiseau aux plumes d'arc-en-ciel commença à croasser si fort et de manière si désagréable, que Valdemar ne pouvait pas dormir. Il sortit du lit, furieux, et couvrit la cage avec une toile, en espérant qu'il arrêtât, mais le croassement de l'oiseau semblait encore plus fort qu'avant. Encore plus en colère, il donna un fort coup de pied à la cage d'or, qui tomba avec fracas sur le plancher, et enfin l'oiseau se tut.

Valdemar retourna au lit et finalement il put dormir. Mais quand il se réveilla le lendemain matin et se leva, il découvrit que l'oiseau avec les plumes couleur de l'arc-en-ciel était mort. Alors il le fit plumer et avec les plumes il se fit faire une coiffure. Il retourna dans sa chambre à se regarder au miroir et se pavaner. Puis il regarda le brocart chatoyant qui peint l'avenir et il vit qu'il avait été peint une seule scène qui le représentait nu et enchaîné dans les donjons du château.

Tout d'abord, il pensa qu'en réalité elle représentait son frère jumeau, mais il vit, représenté sur le brocart, aussi Aldemar et sa femme qui portaient de beaux vêtements et qui le regardaient et il réalisa que vraiment c'était lui représenté enchaîné. Alors il tira son poignard et commença à frapper l'image de son frère et de l'épouse avec une colère croissante, jusqu'à ce que le magnifique brocart soit réduit en lambeaux et les chaînes et toisons furent coupés, en formant un tas de fils multicolores, mais l'image avait finalement disparue.

Il se sentait épuisé, affaibli pour avoir mal dormi et l'adversité qui semblait le hanter, après avoir perdu presque tous les trésors que Modeste lui avait apporté du Monde Magique. Puis il se rappela qu'il avait toujours la coupe de cristal qui verse l'eau de la vie, à laquelle boire procure pleine santé et vigueur.

Il alla prendre la coupe, la porta à ses lèvres et en jaillit l'eau de la vie, que Valdemar but en grandes gorgées, en s'en versant aussi sur lui-même. Comme il buvait, il sentait la force revenir de nouveau en lui, et il se sentait satisfait. Il était sur le point de poser la coupe, mais il pensa que peut-être il devait en boire plus, donc il la ramena à ses lèvres et se remit à boire : il n'avait jamais été aussi fort dans sa vie. Hilare, il but, but et but dans de grandes lampées, et il sentit tous ses muscles frémir, avec de plus en plus d'énergie. Et alors ses mains qui tenaient la coupe, la serrant un peu plus que d'habitude, cassèrent la coupe en mille morceaux.

Valdemar poussa un cri surhumain, en regardant ses mains qui saignaient à cause des fragments tranchants de la coupe de cristal. Les plaies se cicatrisèrent immédiatement devant ses yeux ; mais maintenant Valdemar tremblait, bouleversé par une colère grandissante. Il commença à tout détruire autour de lui, en proie à une folie croissante, qui lui faisait perdre la bave de ses lèvres et lui faisait jeter des cris furieux.

Les gardes arrivèrent en courant, mais quand ils réalisèrent que Valdemar était en proie à une folie destructrice et qu'il allait se jeter sur eux, en hâte ils fermèrent la porte et la barricadèrent en poussant contre elle les meubles les plus lourds des autres chambres, emprisonnant ainsi le roi dans sa chambre.

A ce moment le magicien Chemin, accompagné par Sincère, se présenta à la porte du château. Dès qu'il fut reconnu, le grand chambellan alla vers lui et lui parla de la folie qui avait pris possession de Valdemar et lui demanda ce qu'il pouvait faire.

Chemin répondit : "Je sais tout ce qui est en train de se passer et c'est pourquoi je suis venu ici. La seule chance que nous avons est de faire endormir Valdemar, puis l'enchaîner et l'emprisonner dans les donjons du château de sorte qu'il ne puisse plus nuire à personne."

"Mais il est le roi... comment allons-nous faire, car il n'a pas d'héritiers ? Qui pourra légitimement prendre sa place ?"

"Ne sais-tu pas que le roi légitime, son jumeau Aldemar, a été enfermé dans le donjon du château par Valdemar ? Le trône et la couronne doivent revenir à lui, comme ça aurait dû être. Mais d'abord vous devez neutraliser Valdemar. Pour cela je vais entrer avec mon assistant Sincère dans la chambre de Valdemar et lui jeter un sort afin que le sommeil le saisisse pendant toute une journée. Mais vous devez d'abord préparer les chaînes les plus fortes pour l'immobiliser avant qu'il reprenne conscience."

"Je savais qu'Aldemar était mort et que par conséquent Valdemar lui avait légitimement succédé." dit le grand chambellan, confus.

"Non, c'était un mensonge. En fait, les jumeaux sont liés par la vie et la mort, et si l'un d'eux meurt, l'autre va mourir. Aldemar est vivant, prisonnier dans les cachots du château."

Le grand chambellan donna immédiatement l'ordre de préparer les chaînes les plus fortes de telle sorte que Valdemar, malgré la puissance incroyable qu'il avait acquise, ne puisse pas se libérer. Les forgerons du royaume travaillèrent sans cesse pendant une journée entière. Quand tout fut prêt, le magicien Chemin et Sincère firent enlever la barricade qui bloquait la porte de la chambre de Valdemar et ils ouvrirent la porte en lourd bois massif.

Valdemar était assis sur le plancher, une expression féroce sur son visage, les yeux rouges de colère, parmi les bouts de meubles et des bibelots qu'il avait détruits en essayant de défoncer la porte. À peine il entendit la porte s'ouvrir, il sauta sur ses pieds, mais le magicien Chemin prononça un enchantement et Valdemar s'arrêta, tremblant de rage.

"Que veux-tu ici, magicien ? Où sont ces traîtres qui m'ont emprisonné ici ? Je dois avoir leurs têtes !"

"Ne t'inquiète pas, Valdemar, tout ira de la meilleure des façons. Mais maintenant, s'il te plaît, calme-toi, je suis venu te voir dès que j'ai entendu ce qui t'était arrivé, pour te faire retrouver la paix."

"La paix, que dis-tu ? Cela fait sept jours que je n'ai plus de paix. Il semble que tous les dieux m'ont tourné le dos, tout est en train d'aller de la pire des façons ! Que peux-tu faire pour moi, magicien ?"

Le magicien Chemin tira de sa bourse un flacon de verre irisé, et le tendit à Valdemar : " Ouvre-le, et aspire-en le parfum. Tu sentiras la paix descendre sur toi."

Valdemar saisit avec une telle énergie le flacon qu'il éclata dans ses mains, répandant autour un arôme suave. L'homme porta les mains au nez et il aspira bruyamment, une fois, deux fois, trois fois. Son visage semblait se détendre, le roi aspira encore de ses mains et chancela légèrement. Il se rassit sur le plancher, en continuant à aspirer encore l'arôme de ses mains et lentement se coucha sur le sol et bientôt il était plongé dans un profond sommeil.

"Va appeler les hommes avec les chaînes, Sincère !" lui ordonna alors le magicien, à voix basse.

Sincère sortit et revint bientôt avec six armés portant les lourdes chaînes et le grand chambellan. Chemin lui dit d'aller libérer Aldemar et la reine, et aussi le jeune Modeste qui avait été enfermé avec lui. Le chambellan alla en personne pour faire libérer les trois prisonniers, suivi par Sincère, qui était encore en peine pour son Modeste.

Pendant ce temps, les guerriers avaient mis les chaînes sur les poignets, les chevilles, le cou et la taille de Valdemar puis, le soulevant de poids, le portèrent dans les cachots. Sur la porte ils croisèrent Aldemar et la reine, suivis par le grand chambellan, puis par Modeste et Sincère qui se tenaient la main, enfin souriants et sereins.

Le roi Aldemar demanda aux deux jeunes amants ce qu'ils voulaient comme récompense. Modeste lui répondit que leur récompense était d'être de nouveau ensemble et il demanda au roi la permission d'aller dans la forêt. Aldemar y consentit de bon gré et il leur dit qu'à la cour ils seraient toujours les bienvenus.

Sortis par la porte arrière du château, les deux amants entrèrent dans la Forêt du Dragon et en marchant à un bon rythme, ils atteignirent la clairière où étaient les maisons de la famille de Modeste. Lorsque ses frères et sa mère le reconnurent, ils lui firent une grande fête et l'amenèrent à la nouvelle maisonnette qu'ils avaient préparée pour lui et son épouse. Mais ils lui demandèrent pourquoi il n'avait pas apporté avec lui une femme.

"Chère mère, chers frères, celui-ci est Sincère et il sera le compagnon de ma vie. Il vivra et travaillera avec moi et avec vous. Un amour fort nous lie, et au nom de cet amour, je vous demande de l'accueillir avec la même affection avec laquelle vous auriez accueilli ma femme."

"Ça sera donc ainsi !" dit la mère et les frères acquiescèrent. "Bienvenue dans ta nouvelle famille, Sincère." ajouta la mère et tous les frères répétèrent : "Bienvenue !" et leurs femmes et leurs enfants en chœur dirent : "Bienvenue !"

Modeste et Sincère entrèrent dans la maisonnette qui leur était assignée et les autres s'arrêtèrent à la porte, ils leur firent leurs meilleurs vœux et leur dirent qu'ils les attendaient au coucher du soleil pour le dîner commun.

Modeste ferma la porte et dit : "Voici ta nouvelle maison, Sincère. Ce n'est pas le palais d'un roi, mais ici nous pourrons vivre notre amour." Puis il lui indiqua le grand lit que les frères avaient construit et dit : "Avant qu'ils nous appellent pour le dîner et pour célébrer notre venue, tu veux que, après tant de jours d'attente, nous nous disions tout notre amour même avec notre corps ?"

"Bien sûr que je le veux !" dit Sincère en souriant et s'approchant de lui, il commença à le déshabiller.

"Je te promets, mon Sincère, qu'à partir de maintenant je vais toujours et seulement être à toi."

"Et pour toujours je vais rester à toi seul !" lui répondit l'amant, rayonnant.

Ils échangèrent un longue, tendre mais passionné baiser et bientôt ils étaient tous deux nus, enlacés sur le grand lit, se caressant et s'embrassant en se préparant à s'unir, après tant de jours, dans une nouvelle étreinte pleine de passion et d'amour.


F I N


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17eEtagère

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